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TURQUIE. Ankara va livrer à Téhéran un activiste kurde condamné à mort en Iran

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TURQUIE – Le défenseur kurde des droits humains condamné à mort en Iran, Soran Aram, a été détenu à Ankara et envoyé dans un centre de rapatriement malgré le fait qu’il ait obtenu le statut de réfugié auprès de l’ONU et que le Canada lui ait accordé l’asile.

Le militant kurde Soran Aram, qui risque la peine de mort en Iran, a été arrêté par la police de l’immigration à Ankara et envoyé au centre de rapatriement (GGM) malgré ses documents de réfugié approuvés par les Nations Unies (ONU) et sa carte d’identité valide.

Dans un message vidéo enregistré au GGM où il a été emmené, Aram a contacté des militants et des organisations des droits humains, dont l’ambassade du Canada, et leur a demandé d’accélérer le processus de transfert pour lui et sa famille.

Selon certaines informations, les agents des services de renseignement iraniens exercent une pression systématique sur la famille d’Aram depuis des années. Des membres du Bureau de renseignement d’Ourmia auraient convoqué la famille à de multiples entretiens, exigeant qu’elle le persuade de retourner en Iran. Ils auraient également exercé une pression psychologique sur la famille, la menaçant de lourdes sanctions en cas de refus de coopérer.

KURDISTAN. Hommage à la journaliste kurde Gurbetelli Ersöz

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KURDISTAN – La journaliste kurde Gurbetelli Ersöz, a été la première femme rédactrice en chef de Turquie. Le 8 octobre 1997, elle est tombée martyre lors d’affrontements avec le PDK.

Chimiste de formation, Gurbetelli Ersöz a été marquée par la catastrophe de Tchernobyl de 1986 et l’attaque chimique à Halabja en 1988. Par la suite, elle s’est impliquée dans la politique. Elle a été condamnée à la prison par le régime turc en 1990 pour avoir soutenu le PKK. Elle est restée en prison pendant deux ans.
 

En 2021, l’Union de la communication des femmes du Kurdistan (RAJIN) avait rendu hommage à Gurbetelli Ersöz à l’occasion du 24e anniversaire de sa disparition.

La RAJIN a souligné que Gurbetelli Ersöz a laissé un héritage important à la presse libre

« A l’occasion de l’anniversaire du martyre de Gurbetelli Ersöz et de la Journée des femmes journalistes du Kurdistan, nous commémorons une fois de plus nos camarades martyres Gurbetelli Ersoz, Şîlan Baqî, Şevîn Bingöl, Gülnaz Ege, Deniz Fırat, Nûjiyan Erhan, Dilîşan, Dilovan et des dizaines de journalistes martyres. »

Gurbetelli Ersöz a été la première femme rédactrice en chef de Turquie. Elle est née dans le village d’Akbulut du district de Palu d’Elazığ. Quand elle est née, son père était ouvrier en Allemagne et c’est pourquoi elle s’appelait Gurbetelli (lieu étranger). Quand elle était élève de troisième année à l’école primaire, sa différence avec ses amis et ses professeurs était sa langue. Elle a commencé à demander pourquoi, comment à ce moment-là. Elle a étudié la chimie à l’université de Çukurova. Plus tard, elle a travaillé comme assistante à l’Université de Çukurova. Elle a commencé à s’impliquer activement dans la politique.

Gurbetelli Ersöz est alors devenue journaliste et elle a été arrêtée le 10 décembre 1990. Elle a été maintenue en détention pendant 15 jours et torturée. Après avoir été détenue pendant 15 jours, elle a été envoyée à la prison de Malatya et détenue en prison pendant deux ans. Après sa libération, elle a continué à faire du journalisme. Le 23 avril 1993, elle a commencé à travailler pour le journal Özgür Gündem. Ensuite, elle est devenue rédactrice en chef du journal et est devenue la première femme rédactrice en chef de Turquie.

Le 10 décembre 1993, le bâtiment du journal a été perquisitionné par des centaines de policiers. Gurbetelli Ersöz était l’un des journalistes détenus. Après avoir été détenue pendant 13 jours, elle a été envoyée à la prison de Sağmalcılar. Elle a été libérée de prison lors de la première audience du procès ouvert contre elle en juin 1994. Elle a continué à travailler comme journaliste pendant un certain temps mais elle a ensuite décidé de mener son combat dans un autre domaine. Elle a rejoint la lutte armée dans les rangs du PKK. Le 8 octobre 1997, elle est tombée martyre dans un affrontement avec le Parti démocratique kurde (PDK).

 

ROJAVA. Les livres kurdes interdits retrouvent les rayons des librairies

SYRIE / ROJAVA – La révolution du Rojava a permis aux livres kurdes longtemps interdits par le régime baasiste, de retrouver les rayons des librairies et du centre culturel Şilêr.

Le peuple kurde, dont l’identité, la langue et la culture ont longtemps été niées, poursuit sa résistance culturelle malgré des siècles de politiques d’assimilation. Au Rojava (Kurdistan occidental), où ces politiques ont été les plus durement ressenties, les livres kurdes ont été interdits et brûlés pendant des années, l’État cherchant à couper le lien du peuple avec sa propre histoire.

La révolution du Rojava a marqué un tournant. Fondée sur les principes de libération des femmes et d’une société démocratique, elle a également ouvert la voie à la renaissance culturelle du peuple kurde.

Une étape clé de ce renouveau fut la création de la bibliothèque Şilêr. Le 4 septembre 2025, l’Union des écrivains du Nord et de l’Est de la Syrie a inauguré le café-bibliothèque Şilêr au sein du Centre littéraire du Nord et de l’Est de la Syrie, situé dans le quartier de Siyahi à Qamishlo, dans le canton de Jazira (Cizîrê).

Un centre culturel avec 7 500 livres

La bibliothèque Şilêr abrite 7 500 livres en plusieurs langues, dont les œuvres d’Abdullah Öcalan. Parmi eux, 765 sont en kurde, 70 en langues étrangères et 7 095 en arabe. Ces ouvrages s’adressent à des lecteurs de nombreux domaines, notamment la littérature jeunesse, les romans, les nouvelles, l’histoire, le folklore, la poésie, les études féministes, l’art, la politique, la philosophie, la psychologie, le droit, la sociologie, les sciences et la médecine.

En outre, la maison d’édition Şilêr a publié 870 livres en kurde, en arabe et en turc, contribuant ainsi davantage au paysage littéraire multilingue de la région.

Promouvoir une culture de la lecture

Fidan Muhammed, membre du conseil d’administration de la bibliothèque et du café Şilêr, a expliqué à l’ANF le processus de création de la bibliothèque et a décrit son objectif en ces termes : « La bibliothèque Şilêr propose des livres dans toutes les langues. Notre objectif est de cultiver la culture de la lecture au sein de la société, notamment auprès des jeunes, et d’intégrer la lecture au quotidien. La bibliothèque est un espace où chacun peut se concentrer en silence et se connecter au savoir. »

Rattaché à la bibliothèque, le Café Şilêr est également un lieu où les lecteurs peuvent discuter de livres et participer à des activités intellectuelles. Ainsi, la bibliothèque est devenue non seulement un espace de lecture, mais aussi un lieu d’échanges culturels et de partage d’idées.

Un coin spécial pour les enfants

Fidan Muhammed a souligné que la bibliothèque comprend également un espace dédié aux enfants : « Dans notre espace enfants, il n’y a que des livres et des histoires pour enfants. Les enseignants viennent souvent emprunter des livres pour leurs élèves. »

Fort intérêt public de la part de tous les segments de la société

Bien que récemment inaugurée, la bibliothèque et le café Şilêr ont suscité un vif enthousiasme auprès des habitants de Qamishlo. Des étudiants aux écrivains, des enseignants aux intellectuels, des personnes de tous horizons fréquentent la bibliothèque. Fidan Muhammed décrit ainsi cet intérêt : « Même pendant la phase de préparation, les étudiants visitaient la bibliothèque avec curiosité. Aujourd’hui, la bibliothèque Şilêr est devenue un lieu de rencontre où différentes cultures se rencontrent et où chacun apprend à se connaître. » (ANF)

 

SYRIE. Un jeune tué sous la torture dans une prison du régime syrien

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SYRIE – Un jeune de Homs kidnappé il y a plus de huit mois est mort sous la torture dans une prison géré par le gouvernement de Damas, signale l’agence kurde ANHA.

Un jeune homme du quartier de Karam al-Louz à Homs est mort sous la torture dans un centre de détention géré par le gouvernement intérimaire syrien, après avoir été victime d’une disparition forcée pendant plus de huit mois suite à son arrestation au poste de contrôle d’al-Fakhoura. Cet incident met en lumière les violations persistantes dans les prisons malgré le changement de pouvoir.

La famille du jeune homme de Karam al-Louz a rapporté sa mort sous la torture dans l’un des centres de détention du gouvernement intérimaire après sa disparition forcée pendant plus de huit mois, attirant une attention renouvelée sur les abus continus dans les prisons qui rappellent les pratiques du régime d’Assad.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que le jeune homme avait été arrêté le 31 janvier 2025 au poste de contrôle d’al-Fakhoura à Homs, où il avait été brusquement sorti de sa voiture avant que tout contact avec lui ne soit rompu. Malgré les efforts persistants de sa famille, les services de sécurité les ont informés qu’il avait été transféré entre la prison centrale et la prison d’al-Balouna, sans autorisation de visites ni de communication.

La famille a indiqué que les autorités lui avaient conseillé de ne pas rendre l’affaire publique. Plus tard, elle a reçu des informations confirmant sa mort sous la torture et son inhumation dans une fosse commune du quartier de Tel al-Nasr. Son portrait a ensuite été identifié à l’hôpital al-Waer.

Selon l’Observatoire, le nombre de détenus morts sous la torture dans les prisons du gouvernement intérimaire s’élève à 59 depuis le début de l’année, la plupart d’entre eux étant originaires de la province de Homs.

TURQUIE. Mort suspecte d’un autre prisonnier kurde

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TURQUIE – Les autorités pénitentiaires de la prison de Kirikkale affirment que le prisonnier kurde malade, Abdülkadir Tatlı s’est suicidé.
 
Abdülkadir Tatlı, qui figurait sur la liste des prisonniers malades de l’Association des droits de l’homme (İHD), se serait suicidé dans la prison de type F de Kırıkkale, d’après les autorités pénitentiaires.
 
Arrêté en 1999, Tatlı suivait apparemment un traitement intensif. Son corps a été transporté à l’hôpital d’État de Kırıkkale pour une autopsie. En suite, le corps sera transféré à Farqîn (Silvan), Amed. Tatlı, emprisonné depuis plus de 25 ans et souffrant de diverses maladies, était détenu seul dans une cellule pour trois.
 
En 2024, sur 818 prisonniers morts en détention, 68 se seraient suicidés
 
Nevroz Uysal Aslan, députée de Şırnak pour le Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM), a partagé une publication sur son compte X à ce sujet. Dans sa publication, Newroz Uysal Aslan a déclaré : « Un autre décès en prison ! Nous avons été informés qu’Abdülkadir Tatlı, détenu à la prison de type F de Kırıkkale, s’est suicidé. Ce détenu, emprisonné depuis plus de 25 ans et souffrant de diverses maladies, était détenu seul dans une cellule pour trois personnes. Selon les données du ministère de la Justice, 818 prisonniers ont perdu la vie rien qu’en 2024, dont 68 se sont suicidés. » Ce cas n’est pas isolé ; il s’agit d’une crise systémique [responsable] des morts suspectes à de prisonniers gravement malades. Les prisons sont devenues des lieux où la mort est devenue monnaie courante, sous l’effet de l’oppression, de l’isolement et de la négligence. Il faut maintenant mettre un terme à ces décès ; l’État doit assumer la responsabilité de la vie qu’il a le devoir de protéger. (…) »

 

SYRIE. Réunion de haut niveau entre les Kurdes du Rojava et le régime syrien

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SYRIE / ROJAVA – Une réunion de haut niveau entre la délégation de l’administration du Rojava, dirigée par le chef des FDS Mazloum Abdi, et le gouvernement syrien, dirigé par le président Ahmed al-Sharaa, a lieu à Damas, rapporte l’agence de presse ANHA.

Actuellement, dans la capitale syrienne de Damas, il y a une rencontre réunissant une délégation de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie / Rojava et des représentants du gouvernement de transition, dans le cadre des efforts en cours pour mettre en œuvre les dispositions de l’accord du 10 mars signé entre la direction des Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement de transition.

La réunion comprend le commandant général des FDS Mazloum Abdi, la coprésidente du département des relations étrangères Ilham Ahmed et la commandante des unités de protection des femmes (YPJ) Rojhilat Afrin, ainsi que le chef du gouvernement de transition Ahmad al-Sharaa (Jolani) et le ministre des Affaires étrangères Asaad al-Shaibani. 

Cette étape fait suite à une réunion tenue le 6 octobre, à laquelle ont participé Mazloum Abdi, Ilham Ahmed, Rojhilat Afrin, le co-vice-président du Conseil démocratique syrien Ghassan al-Yousef et le chef du parti Future Syrie Abdul Hamid al-Mehbash, ainsi que l’envoyé américain en Syrie Tom Barrack et le commandant du Commandement central américain (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, à la tête d’une délégation de la Coalition internationale.

IRAN. Inquiétudes pour la vie d’un activiste kurde blessé détenu dans un lieu secret

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IRAN / ROJHILAT – L’ancien prisonnier politique kurde, Houshyar Shabani a été blessé aux jambes par les tirs des forces de sécurités iraniennes et arrêté il y a plus de 45 jours. Depuis, la famille de Houshyar Shabani – qui n’a plus de nouvelles de lui – s’inquiète pour sa vie. 

L’état de santé du militant kurde et ancien prisonnier politique Houshyar Shabani, détenu au secret depuis plus de six semaines après son arrestation par des agents du ministère du Renseignement, suscite une inquiétude croissante. Malgré les tentatives répétées de sa famille à Baneh, Saqqez et Sanandaj (Sînê) pour obtenir des informations, les autorités ont refusé de divulguer son état de santé et le lieu où il se trouve.

Selon les informations reçues par l’ONG Hengaw, quarante-sept jours se sont écoulés depuis l’arrestation de Shabani, et son sort et son lieu de détention restent inconnus.

Une source fiable a déclaré à Hengaw que la famille de Shabani, y compris ses parents âgés, ont effectué de nombreuses visites aux bureaux de renseignement et de sécurité, mais n’ont reçu aucune réponse concernant sa situation ou sa santé physique.

Depuis son arrestation, Shabani s’est vu refuser l’accès à son avocat et tout contact régulier avec sa famille. Il n’a eu droit qu’à un bref appel téléphonique à sa mère après sa visite au bureau des renseignements de Sanandaj (Sînê), au cours duquel il a confirmé son identité, mais n’a pas été autorisé à parler de son état de santé ni de son lieu de résidence.

Hengaw a appris que Shabani avait reçu trois balles dans les jambes lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur son véhicule au moment de son arrestation. Sa famille n’a pas été informée de son accès aux soins médicaux, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à son bien-être.

Shabani a été arrêté le mercredi 20 août 2025 dans la région de Kani-Sur à Baneh après que des agents des services de renseignement ont tiré sur sa voiture en mouvement et l’ont détenu alors qu’il était blessé.

Il a déjà été arrêté et poursuivi à plusieurs reprises pour ses activités civiques. Entre 2017 et 2022, Shabani a été arrêté pour avoir participé à des campagnes citoyennes, notamment des initiatives de soutien aux kolbars (porteurs transfrontaliers) et à des grèves ouvrières, et a été condamné à au moins deux peines de prison. (Hengaw) 

SYRIE. Les Kurdes d’Alep redoutent d’être massacrés comme les Alaouites et Druzes

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SYRIE – Depuis hier, les quartiers kurdes d’Alep sont assiégés par des gangs djihadistes affiliés à Damas qui ont ouvert le feu sur les manifestants civils, faisant plus de 15 blessés. Les habitants des deux quartiers assiégés craignent d’être massacrés comme les Alaouites des côtes syriennes et les Druzes de Soueïda.

Nuri Sheikho, coprésident du Conseil de quartier de Sheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh à Alep, dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré mardi que les habitants craignent une répétition des scénarios violents observés récemment sur la côte syrienne et dans la ville méridionale de Soueïda, dans un contexte de tension sécuritaire croissante dans la région.

Cheikho a déclaré que les Forces de sécurité intérieure (Asayish), chargées de maintenir la sécurité dans les deux quartiers kurdes, continuent de protéger les résidents et d’empêcher toute nouvelle escalade.

Il a averti que si la situation se détériore, il existe de sérieuses craintes de massacres potentiels contre les civils.

Il a ajouté que plusieurs civils ont été tués et d’autres blessés dans des attaques menées par les forces gouvernementales, sans toutefois fournir le nombre exact de victimes.

Cheikho a décrit la situation à Cheikh Maqsoud et Achrafieh comme « exceptionnelle et dangereuse », notant que les deux quartiers ont été complètement coupés du reste d’Alep.

Lundi soir, les deux quartiers kurdes ont connu des affrontements entre les forces Asayish et les forces de sécurité du gouvernement de transition après que ces dernières ont fermé toutes les entrées des quartiers, empêchant quiconque d’entrer ou de sortir. (North Press Agency)

TURQUIE. Le centre MKM défend la culture kurde malgré un sacrifice élevé

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TURQUIE / KURDISTAN – Le Centre culturel kurde, MKM préserve et fait progresser l’art et la culture kurdes grâce à un esprit révolutionnaire et à un grand sacrifice.

Le Centre culturel de Mésopotamie (en kurde : Navenda Çanda Mezopotamya; NÇM) a été fondé à Istanbul dans les années 1990, une période marquée par une guerre intense et une répression étatique maximale, par un groupe d’intellectuels kurde, dont Feqî Hüseyin Sağnıç et Apê Musa (Musa Anter). Depuis 34 ans, le MKM représente à la fois un rempart solide contre l’assimilation et l’un des centres les plus puissants où la langue kurde rencontre la culture et l’art.

Apparaissant sur la scène historique comme l’un des premiers pas d’un peuple dont le nom, la langue et les chants étaient interdits, dont les mélodies étaient turquisées et déformées, et dont les histoires avaient été volées, le MKM a rapidement dépassé la mission qu’il s’était initialement assignée. Face aux politiques d’assimilation et d’annihilation de l’État turc contre les Kurdes et la langue kurde, le MKM est devenu un front culturel et linguistique durant les années les plus difficiles de la guerre, prouvant, par l’art, la force pérenne de la langue kurde elle-même.

Une nouvelle ère a commencé

Le MKM est né à une époque où la langue kurde était interdite et totalement niée, marquant la fin d’une époque et le début d’une nouvelle en Turquie. Ayant débuté à Tarlabaşı, à Istanbul, le combat culturel kurde s’est depuis profondément enraciné, à tel point qu’il est désormais impossible de le déraciner, que ce soit en Turquie, au Kurdistan ou dans le monde. Au début des années 1990, alors que des villages étaient incendiés au Kurdistan, que des personnes étaient victimes de disparitions en détention, que des puits d’acide et des massacres s’abattaient sur le territoire et que des oreilles étaient coupées, une puissante résistance se développait au sein de la population. Au cœur de cette obscurité, le MKM est apparu sur la scène de la plus grande métropole turque, fruit de la résistance populaire. Depuis, il a perdu des dizaines de ses membres, subi des centaines de raids et vu des milliers de ses événements interdits. Pourtant, malgré toutes les pressions et tous les obstacles, il a démontré que la culture kurde est une culture ancienne qui occupe une place légitime et durable dans l’histoire de l’humanité.

Cela fait partie de la lutte pour la liberté

Le développement de la culture et de l’art kurdes aujourd’hui doit beaucoup au combat mené par le MKM depuis plus de trente ans. Jouant un rôle crucial dans le développement de l’art révolutionnaire au Kurdistan, le MKM, grâce à ses artistes et à son travail créatif, a contribué à faire connaître la lutte pour la liberté des Kurdes à un public plus large. Les artistes du MKM ont adopté comme principe directeur la responsabilité d’être les artistes du peuple. Ils ont montré aux Kurdes contraints de migrer vers les métropoles après les vagues de répression et de massacres au Kurdistan qu’ils n’étaient pas seuls. Soutenant non seulement les Kurdes, mais aussi tous les peuples et communautés opprimés, ils ont démontré le véritable sens de l’art révolutionnaire.

Cela a déclenché l’essor de la musique kurde

À une époque où chanter en kurde était considéré comme un meurtre, le MKM s’est opposé à cette oppression par le biais de ses collectifs musicaux, les KOM. Avec ces KOM, le MKM a démontré à tous l’existence de la musique et de l’art révolutionnaire kurdes.

À leur époque, les KOM ont attiré des milliers de personnes à leurs concerts et vendu des albums par millions. Malgré la répression, ils ont produit certaines des chansons les plus appréciées du peuple kurde, des chansons encore largement écoutées aujourd’hui. Le MKM a également offert une tribune aux artistes kurdes qui se voyaient refuser l’accès à la scène et l’autorisation de chanter dans leur langue, agissant ainsi comme un jalon majeur pour le développement et la reconnaissance du kurde. Des groupes tels que Koma Amed, Koma Çiya, Koma Agirê Jiyan et Koma Rewşen, qui ont tous débuté leur parcours artistique dans le climat sombre des années 1990 au sein du MKM, ont ensuite façonné l’évolution de la musique kurde. Parmi ceux qui ont porté cette lutte pour la survie de la musique kurde au sein du MKM figurent également des artistes qui ont ensuite rejoint le Mouvement pour la liberté kurde et sont tombés en martyrs.

Parmi les artistes et KOM issus de MKM et qui continuent d’être écoutés par des millions de personnes, citons Koma Çiya, Koma Amed, Koma Gulên Xerzan, Koma Rojhilat, Koma Agirê Jiyan, Venge Sodirî, Koma Rewşen, Koma Mezrabotan, Koma Azad, Koma Jiyana Welat, l’Orchestre de Mésopotamie, Çarnewa, Şahiya Stranan et Koma. Asmin.

La tradition des KOM demeure un héritage essentiel de la musique kurde, car elle a établi une forme collective et communautaire de création artistique. Nombre d’artistes se produisant aujourd’hui sous l’égide du MKM étaient autrefois membres de ces KOM, où ils ont appris l’essence et la nécessité d’un art révolutionnaire.

Il a jeté les bases du théâtre kurde contemporain

Au-delà de la musique, le MKM a réussi à produire des œuvres créatives dans tous les domaines de l’art kurde, devenant une institution pionnière à l’origine de nombreuses réalisations majeures. Malgré toutes les difficultés, le MKM a cherché à prouver que l’art kurde ne se limitait pas à la musique. En développant son action dans le théâtre, il a fondé et soutenu des groupes tels que Teatra Jiyana Nû, Şanoya Hêlîn et Şanoya Hêvî, formant ainsi de nombreux artistes. Aujourd’hui, nombre des figures marquantes du théâtre kurde ont fait leurs débuts sur scène au sein du MKM.

Le Teatra Jiyana Nû, qui a monté des dizaines de pièces, continue d’occuper une place essentielle dans le théâtre kurde. Ses pièces ont été interdites, ses acteurs arrêtés, et même leurs costumes ont servi de prétexte à des fermetures. Parmi eux, Sarya (Nursen İnce) a rejoint les rangs du Mouvement pour la liberté kurde, où elle est tombée en martyre.

Un autre membre, Başak Kanat, a été tué dans une attaque armée contre le bus dans lequel elle voyageait d’Ankara à Istanbul au début de 1994. Après le meurtre d’Helin Başak Kanat, 18 ans, Teatra Jiyana Nû a fondé une nouvelle troupe nommée Şanoya Hêlîn pour garder vivante sa mémoire.

Govend a été ravivé et a grandi avec son essence

Au-delà du théâtre et de la musique, le MKM a également joué un rôle majeur dans la renaissance des danses folkloriques kurdes, redonnant vie au govend (danse folklorique kurde) sous toutes ses formes. En présentant le govend dans les rues, lors de festivals et de rassemblements culturels, le MKM a contribué à redonner leur juste place aux danses folkloriques kurdes, poussées vers l’assimilation ou l’oubli. Dès ses débuts, des groupes de danse tels que Koma Serhildan, Koma Kendal et Koma Govenda Şoreş ont été créés au sein du MKM. Ne se limitant pas aux seules danses folkloriques, le MKM a également créé des spectacles de danse et des comédies musicales de grande envergure, posant ainsi les premiers jalons de la préservation et de la modernisation de la place de l’art kurde à l’époque contemporaine.

Magazine culturel et artistique Rewşen

Par ailleurs, Rewşen, premier magazine culturel et artistique entièrement en kurde, a débuté sa publication au sein du MKM. Animé par la grande mission de faire revivre la culture kurde et de lui rendre son respect longtemps bafoué, le MKM s’est inscrit dans l’histoire comme un espace de résistance pour la culture kurde. Aujourd’hui, avec son enseigne de nouveau accrochée à ses nouveaux locaux après de nombreuses années, le MKM renoue avec la population, accélère ses activités et continue d’apporter de nouvelles dimensions au développement de la culture kurde dans cette nouvelle ère.

À mesure que la production augmentait, la répression augmentait également

Le MKM a toujours été une cible de l’État. Ses artistes ont été arrêtés, ses événements interdits et même ses scènes de théâtre ont été mises sous scellés. Ses antennes en Turquie et au Kurdistan ont subi des dizaines de perquisitions. Ses archives et ses costumes ont été confisqués, mais à chaque fois, ils ont réussi à reprendre leur création. Même lorsqu’ils n’avaient plus rien, ils ont continué à produire de l’art kurde. Les perquisitions et les interdictions ont atteint un tel niveau que le MKM, dont les concerts et événements culturels avaient été interdits pour l’empêcher de créer, a finalement été fermé par un décret-loi pris sous l’état d’urgence le 15 juillet 2016. Malgré cela, l’institution a persévéré dans ses activités, malgré l’interdiction de toutes ses activités. Rien qu’au cours des dix dernières années, près d’une centaine d’événements du MKM ont été interdits, ses artistes arrêtés et de nombreuses poursuites judiciaires ont été engagées contre eux.

L’artiste du peuple est le combattant du peuple

Les 34 années de lutte du MKM ne se résument pas à des pressions, des interdictions ou des arrestations. Le MKM a perduré, une institution qui n’a jamais reculé face aux attaques généralisées de l’État, poursuivant sa production créative même dans les moments les plus difficiles. Cette tradition de résistance perdure aujourd’hui grâce au sacrifice des martyrs. La lutte culturelle kurde doit son existence à la mort de dizaines de personnes.

Beaucoup de ceux qui ont commencé cette lutte au sein du MKM et sont devenus des pionniers de l’art kurde se sont ensuite tournés vers les rangs du Mouvement de libération kurde, combinant leur travail artistique avec la lutte de libération de leur peuple.

En fait, l’histoire du MKM peut être mieux décrite par les mots du cinéaste et artiste kurde Yılmaz Güney, qui a déclaré : « L’artiste du peuple est le combattant du peuple. » Tout au long de ses 34 années d’existence, le MKM a incarné cette philosophie, devenant l’expression vivante de la vision de Güney et se révélant le véritable héritier de son héritage.

Parmi les artistes qui ont travaillé au sein du MKM et sont tombés plus tard en martyrs figurent Hozan Hogir, Hozan Mizgîn, Sarya (Nursen İnce), Ali Temel, Helin Başak Kanat, Evdilmelik Şêxbekir, Argeş et Xıdır Çelik. (ANF)

SYRIE. Les gangs djihadistes déployés autour des quartiers kurdes d’Alep

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SYRIE – Les gangs sous commandement d’al-Sharaa (Jolani) restent déployées autour des quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Ashrafiyeh à Alep, après une offensive à grande échelle de la nuit dernière qui comprenait des bombardements aveugles et des tentatives d’incursions, provoquant la colère de la population dans les deux quartiers.

Lundi vers 17 heures, les forces gouvernementales de transition syriennes ont bouclé toutes les entrées et sorties de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh, quelques jours après avoir érigé des barrières en terre et fermé plusieurs voies d’accès. Cette mesure a été suivie d’attaques de drones et de tentatives d’assaut des quartiers par des blindés. Les habitants sont descendus dans la rue pour défendre leurs quartiers, tandis que les Forces de sécurité intérieure (asayish) repoussaient les assauts.

Les affrontements se sont poursuivis tard dans la nuit avant que les forces gouvernementales de transition ne soient finalement contraintes de se retirer.

Selon les premiers rapports, les attaques et les bombardements visant les civils ont fait plusieurs morts et blessés parmi les civils.

Actuellement, un calme tendu règne dans les deux quartiers alors que les forces du gouvernement de transition continuent de maintenir leurs positions autour d’eux, suscitant de sérieuses craintes qu’une escalade militaire puisse éclater à nouveau à tout moment. (ANHA)

SYRIE. Les forces de Jolani attaquent les Kurdes d’Alep

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SYRIE – Ce soir, les forces sous commandement d’al-Sharaa (Jolani) ont ouvert le feu sur les civils des quartiers kurdes d’Alep qui protestaient contre le blocus imposé à leur quartiers. On signale qu’il y a des victimes.

Des dizaines d’habitants des quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh à Alep ont été victimes d’asphyxie après que les forces syriennes ont ciblé les manifestants avec des gaz lacrymogènes et des balles réelles.

Les forces de sécurité (Asayish) des quartiers de Şêxmeqsûd et d’Eşrefiyê ripostent aux attaques des forces de Damas. De violents affrontements éclatent autour des deux quartiers. Il y a des victimes.

Selon les rapports sur place, les forces du gouvernement intérimaire ont tenté de disperser la foule rassemblée près des monticules en terre et des points de contrôle érigés plus tôt dans la journée par les forces de Damas pour bloquer l’accès aux deux quartiers.

Des témoins oculaires ont confirmé que les forces de sécurité ont utilisé des balles réelles et des gaz lacrymogènes contre les manifestants, provoquant de nombreux cas d’asphyxie parmi les civils.

Les habitants des deux quartiers, kurdes et arabes, s’étaient rassemblés aux points de contrôle et aux barrières pour exprimer leur rejet des fermetures de routes et exiger la réouverture des routes.

TURQUIE. La police confisque des dessins d’enfants lors d’une fête kurde

TURQUIE / KURDISTAN – Lors d’une fête d’enfants organisée dans la province kurde de Diyarbakir (Amed), la police a confisqué les dessins des enfants. Şerko Kanîwar, coordinateur du Centre de musique Ma, a déclaré que cette attaque constituait une provocation au processus de paix.

Dans le quartier d’Ergani (Erxeni) à Diyarbakır, lors du 2e Festival d’histoire, de culture et de gastronomie, l’initiative GerokMa a organisé un atelier de dessins réalisés par des enfants. Les enfants voulaient dessiner ce qu’ils avaient envie de dessiner, ce qui leur tenait à cœur, sur le thème de la « liberté ». Ils ont dessiné les mots « Femmes, Vie, Liberté », « Kurdistan » et divers autres dessins. Une fois leurs dessins terminés, ils les ont accrochés sur la place. Cependant, la police a bloqué le passage et a récupéré les dessins des enfants.

« Chanter des chansons kurdes avec les enfants »

Şêrko Kanîwar, coordinateur du Centre Ma Music, a déclaré que cette attaque constituait une provocation au processus de paix et de société démocratique. Il a ajouté : « En tant que groupe GerokMa, nous étions présents aujourd’hui sous le nom de Ma Music, dans un cadre culturel et artistique. Tout comme nous parcourons le monde et allons à la rencontre des enfants avec la philosophie que la musique est partout et pour tous en kurde, dans notre langue maternelle, nous, GerokMa, étions aujourd’hui avec les enfants d’Erxeniyê. Nous avons chanté des chansons kurdes avec eux et joué à des jeux. »

« La police ne voulait pas que les photos des enfants soient publiées »

Şerko Kanîwar a réagi à l’interdiction d’accrocher des photos d’enfants et a conclu son discours ainsi : « Parallèlement, dans nos ateliers GerokMa, nous dessinons sur une toile blanche à notre guise. Aujourd’hui, notre atelier a continué comme d’habitude, mais une fois les dessins terminés, nous avons remarqué que les agents de sécurité d’Erxeniyê avaient pris des photos dessinées par les enfants, dont le thème était « Liberté ». Nous ignorons ce que les enfants ont dessiné. Mais la police ne voulait pas que les dessins des enfants soient accrochés. (…) En ces temps où la paix est débattue au plus haut niveau politique en Turquie, nous n’acceptons pas et condamnons l’intolérance des agents de sécurité et de la police dans le district de Diyarbakır. Nous disons que ce service est une provocation envers le processus de paix et de société démocratique. Que personne n’ait peur des dessins d’enfants. Nous condamnons ces politiques sécuritaires. »

L’initiative GerokMa a déclaré qu’après la fin de leur programme, la police a confisqué leurs cartes d’identité et les a soumis à un contrôle d’identité.