IRAK / KURDISTAN – Les écoles et universités de la région autonome kurde d’Irak resteront fermées à cause de la guerre opposant l’Iran à l’Israël et aux États unis…
IRAK / KURDISTAN – Les écoles et universités de la région autonome kurde d’Irak resteront fermées à cause de la guerre opposant l’Iran à l’Israël et aux États unis…
SYRIE / ROJAVA – Les familles des otages kurdes exhortent les autorités du Rojava à faire libérer immédiatement les centaines (ou milliers selon certaines sources) des soldats et civils (dont des femmes et des enfants) capturés par les gangs de Damas en janvier et février 2026.
Au Rojava, la pression monte : sans libération rapide des otages et restitution des corps, la confiance dans le processus d’intégration risque de s’effondrer définitivement, menaçant la fragile stabilité post-conflit. Le temps presse, et les voix kurdes le rappellent avec urgence : la paix ne se construira pas sur le silence des geôles.
SYRIE / ROJAVA – Les forces gouvernementales syriennes utilisent à nouveau le stratagème de l’« armée tribale » et ont lancé un appel à la mobilisation contre les Kurdes.
En ce 7 mars 2026, près de deux mois après la signature d’un accord historique censé intégrer les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans les structures étatiques syriennes, la situation dans le nord-est de la Syrie reste explosive. Les forces gouvernementales syriennes utilisent à nouveau le stratagème de l’armée tribale et ont lancé un appel à la mobilisation contre les Kurdes, alors que tous les accords concernant les droits des Kurdes ou la libération des otages kurdes signés par Damas sont restés lettre morte.
Le 30 janvier 2026, sous médiation américaine, le président de transition Ahmed al-Sharaa et le commandant des FDS Mazloum Abdi ont paraphé un accord-cadre ambitieux. Celui-ci prévoyait :
* Mathieu d’Édesse ou Mattéos Ourhayetsi est un moine-poète, originaire d’Édesse, mais aussi un chroniqueur arménien des Croisades. Sa chronique couvre les années 926-1136.
SYRIE / ROJAVA – Dans un contexte de menaces croissantes contre les populations kurdes en Syrie, des factions affiliées au gouvernement de transition syrien ont arrêté trois civils kurdes dans la campagne de Kobanê, illustrant la vulnérabilité persistante des Kurdes face à un régime déterminé à consolider son autorité au détriment des minorités. Cet incident, survenu le 4 mars 2026, s’inscrit dans une série d’exactions qui s’inscrivent dans la continuité d’un nettoyage ethnique et de répression systématique contre les Kurdes du Rojava et au-delà.

Un incident emblématique des persécutions en cours
Avant de se retirer des villages entourant Kobanê, des factions affiliées au gouvernement intérimaire syrien, dirigé par Ahmed al-Charaa, ont arrêté trois jeunes hommes de la famille Barkal dans le village de Jakhr, situé au sud-est de Kobanê. Les détenus, identifiés comme Ismail Muhammad Haj Barkal (né en 1971), Salman Mustafa Haj Barkal (né en 1981) et Saleh Muhammad Haj Barkal (né en 1988), ont été emmenés vers une destination inconnue à 17 heures locales. Selon des sources locales bien informées, une entité se présentant comme la Direction générale de la sécurité est responsable de ces arrestations, qui ont eu lieu dans un village au sud de l’autoroute internationale M4.
À ce jour, leur sort reste inconnu, alimentant l’angoisse des familles et des communautés locales qui exigent leur libération immédiate.
Cet enlèvement n’est pas isolé. Des témoignages rapportent que des mères kurdes reçoivent des appels menaçants de soldats affiliés à Damas, affirmant avoir exécuté leurs fils et jeté leurs corps aux chiens, comme dans un cas récent où une femme a été contactée via le téléphone de son enfant capturé.
Ces actes s’ajoutent à une vague de saisies de biens, d’arrestations arbitraires et d’exactions documentées contre les Kurdes, particulièrement dans les zones autrefois autonomes comme Afrîn, occupée par des forces pro-turques.
Les menaces globales pesant sur les Kurdes au Rojava et en Syrie
Le Rojava, région autonome kurde du nord-est syrien établie pendant la guerre civile, fait face à une offensive multiforme qui menace son existence même. Depuis janvier 2026, le gouvernement de transition syrien a lancé une campagne militaire qui a abouti à la reprise des provinces de Raqqa et Deir ez-Zor, forçant les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, à se replier vers des bastions comme Kobanê et Hassaké.
Cet accord du 30 janvier 2026, imposé sous la pression, acte la fin du rêve d’autonomie kurde en intégrant les FDS à l’armée syrienne et en restaurant l’autorité centrale de Damas sur le Nord-Est, y compris sur les ressources pétrolières vitales.
Les menaces sont multiples :
Offensives militaires et sièges : Kobanê, symbole de la résistance kurde contre l’État islamique (EI), est assiégée par des gangs affiliés à Damas et à la Turquie, privant les civils d’eau potable, de nourriture, de médicaments et transformant les écoles en abris pour réfugiés.
Des centaines de milliers de Kurdes ont été déplacés, blessés ou tués lors d’attaques ciblant civils et infrastructures.
Soutien turc et nettoyage ethnique : La Turquie, percevant l’autonomie kurde au Rojava comme une menace existentielle, soutient , voire dirige, ces opérations pour affaiblir les Kurdes. Des rapports indiquent un risque de génocide, avec des exactions par des milices pro-turques, incluant la libération potentielle de milliers de djihadistes détenus par les Kurdes.
Abandon international : Les Kurdes, autrefois alliés des Occidentaux contre l’EI, sont lâchés par les États-Unis, la France et d’autres, qui priorisent la stabilité régionale au détriment des minorités. Cet abandon ravive les craintes de massacres, similaires à ceux contre les Alaouites et Druzes en 2025.
Violences sectaires et humanitaires : En Syrie en général, les Kurdes font face à une répression accrue, avec des arrestations massives et des disparitions forcées. Des familles manifestent pour la libération d’otages capturés en janvier et février 2026, soulignant une crise humanitaire où des milliers sont en danger de mort imminente.
Ces événements marquent une défaite majeure pour le mouvement kurde, qui a sacrifié des milliers de vies contre l’EI, seulement pour voir son projet pluraliste et féministe écrasé par un régime soutenu par des puissances régionales et internationales.
Face à ces menaces, des appels internationaux et locaux se multiplient pour défendre le Rojava et protéger les Kurdes. Des manifestations de familles kurdes exigent la libération des otages, tandis que des observateurs avertissent d’un risque de violence sectaire effroyable si la transition syrienne ne garantit pas les droits de tous les peuples qui ne sont pas arabe et sunnites (hormis les mercenaires djihadistes ramenés d’autres régions du monde).
IRAK / KURDISTAN – Le régime iranien – très probablement par l’intermédiaire de ses forces supplétives en Irak – a lancé une frappe de drone contre l’hôtel Rotana (également connu sous le nom d’Arjaan Rotana) dans la ville kurde d’Hawler (Erbil).
Cette attaque représente un tournant majeur et particulièrement alarmant dans les agressions répétées visant la Région autonome du Kurdistan (KRG). Pour la première fois de manière aussi directe, une infrastructure civile en plein cœur d’Erbil a été visée.
Le prétexte invoqué – la présence supposée de forces américaines ou de personnels liés aux États-Unis – ne peut en aucun cas excuser le ciblage délibéré de sites civils au sein du KRG. Cette frappe ne saurait être justifiée par le conflit en cours entre l’Iran et les États-Unis/Israël.
Au fil des années, la population kurde s’était habituée à des attaques visant principalement :
Ces incidents, bien que condamnables, étaient perçus comme entrant dans une logique de tensions régionales. En revanche, frapper des infrastructures purement civiles constitue une escalade claire et inacceptable : il s’agit d’une agression directe contre le peuple kurde et contre la stabilité de la Région autonome du Kurdistan.
Cette frappe sur un hôtel fréquenté par des civils, des expatriés et potentiellement des visiteurs étrangers marque un franchissement de ligne rouge. Elle expose davantage la population kurde aux conséquences d’un conflit dont elle n’est pas partie prenante, et risque d’aggraver la crise humanitaire et sécuritaire dans la région.
La communauté internationale doit condamner fermement ces attaques indiscriminées et exiger que les civils kurdes cessent d’être pris pour cible dans cette escalade régionale.
COLONIALISME. Les Kurdes qui revendiquent l’unification du Kurdistan ne sont pas des « séparatistes ». Les vrais séparatistes sont les États turc, perse et arabes car ce sont eux qui ont divisé le Kurdistan en quatre avec des frontières coloniales qui ont défiguré le pays des Kurdes.
Mais il n’est pas étonnant, malgré cette longue et douloureuse histoire de trahison, que vous ne sachiez toujours pas qui nous sommes. Les opprimés gardent le souvenir de chaque blessure, mais l’oppresseur oublie les cicatrices qu’il a infligées.
*Les accords d’Alger signés en 1975 entre le Chah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi et Saddam Hussein (vice-président de l’Irak et l’homme fort du régime baasiste) représentent l’un des tournants les plus sombres de l’histoire moderne du peuple kurde. Ce n’était pas un traité de paix au sens noble, mais un calcul cynique où les Kurdes ont servi de monnaie d’échange.
Pour les Kurdes d’Irak, les conséquences furent immédiates et catastrophiques.
L’arrêt du soutien logistique : Du jour au lendemain, le Chah a fermé la frontière et coupé l’approvisionnement en munitions et en vivres. La CIA, qui finançait également le mouvement via l’Iran, a cessé toute aide.
L’effondrement de la révolte (Aylul) : La résistance de Mustafa Barzani, qui contrôlait de vastes zones, s’est écroulée en moins de deux semaines. Le mouvement a dû ordonner l’arrêt des combats pour éviter un massacre total.
Déportations et Arabisation : Libéré de la menace militaire kurde, Saddam Hussein a intensifié sa politique de « ceinture arabe », déportant des milliers de Kurdes vers le sud de l’Irak et remplaçant les populations locales par des colons arabes, notamment autour de Kirkouk.
Scission politique : L’échec de 1975 a provoqué une rupture majeure dans le mouvement kurde, menant à la création de l’UPK (Union Patriotique du Kurdistan) par Jalal Talabani en 1975, marquant le début d’une rivalité historique avec le PDK.
Contrairement au Bashur, il n’y avait pas de conflit armé de grande ampleur au Rojhilat en 1975, mais l’accord a verrouillé la région.
L’Irak s’est engagé à ne plus soutenir les groupes d’opposition iraniens (dont les Kurdes du PDKI). Le Chah a pu ainsi concentrer la redoutable SAVAK (police secrète) sur la surveillance interne du Rojhilat.
Plus de 100 000 Kurdes du Bashur ont fui vers l’Iran. Le Chah les a parqués dans des camps sous contrôle militaire, craignant que leur idéologie nationaliste ne « contamine » les Kurdes d’Iran.
La trahison du Chah a poussé une partie de l’intelligentsia kurde d’Iran à se détourner de la diplomatie régionale et à se rapprocher des mouvements de gauche clandestins, ce qui préparera le terrain pour la révolte de 1979.
KURDISTAN – Le Kurdistan agressé de toute part incarne une nouvelle tragédie dans une histoire déjà trop longue de promesses trahies et de pressions écrasantes.
En ce début mars 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait rage depuis plusieurs jours, la Région autonome du Kurdistan irakien se retrouve une fois de plus au cœur d’un étau mortel. D’un côté, l’Iran – via ses Gardiens de la Révolution et ses proxies – multiplie les frappes de missiles et de drones sur Erbil et ses environs, ciblant explicitement les bases et quartiers généraux de groupes kurdes iraniens exilés (Komala, PDKI, PAK et autres). Téhéran justifie ces attaques en accusant ces mouvements d’être des « séparatistes terroristes » soutenus par les « ennemis américain et sioniste », et en affirmant vouloir empêcher toute incursion transfrontalière. Des dizaines de ces bombardements ont déjà eu lieu depuis fin février, touchant parfois des zones civiles et semant la peur dans une population qui n’a rien demandé.
De l’autre côté, les États-Unis – sous la présidence Trump – exercent une pression croissante sur les autorités kurdes irakiennes (KRG) pour qu’elles s’alignent plus activement dans le conflit contre l’Iran. Des appels directs ont été rapportés entre Donald Trump et des leaders comme Masoud Barzani ou Bafel Talabani. Washington et la CIA explorent ouvertement l’idée d’armer et de soutenir des groupes kurdes iraniens basés en Irak pour ouvrir un nouveau front terrestre, étirer les forces iraniennes et peut-être déclencher une révolte interne. Certains rapports évoquent même un possible soutien logistique ou aérien américain à une telle opération.
Le résultat ? Les Kurdes d’Irak se retrouvent coincés entre deux feux : les représailles iraniennes qui les bombardent pour les punir d’abriter (ou de tolérer) des opposants iraniens, et les demandes américaines qui les somment de choisir un camp – au risque de perdre leur fragile autonomie, leur stabilité relative et les acquis arrachés depuis 1991. Les autorités kurdes irakiennes, par la voix de Masrour Barzani notamment, ont tenté de proclamer une neutralité, mais dans ce genre de guerre régionale, la neutralité n’existe presque plus.
Cette situation n’est pas nouvelle. Elle répète un schéma tragique : les Kurdes sont courtisés quand ils peuvent servir d’alliés tactiques contre un ennemi commun (Saddam hier, Daech plus récemment, Téhéran aujourd’hui), puis abandonnés ou punis quand les priorités géopolitiques changent. Leur aspiration à l’autodétermination – ou même simplement à la sécurité – est systématiquement instrumentalisée, jamais réellement respectée.
Aujourd’hui, le Kurdistan irakien paie le prix de sa position géographique stratégique, de ses ressources pétrolières et de son rôle de refuge pour les opposants kurdes iraniens. Mais au fond, ce sont les civils kurdes – à Erbil, Sulaymaniyah ou ailleurs – qui subissent les conséquences : sirènes, explosions, infrastructures touchées, avenir incertain.
Le hashtag #IranWar résume une escalade où les grandes puissances jouent aux échecs avec des peuples entiers. Pour les Kurdes, c’est une énième démonstration que leur sort dépend rarement d’eux-mêmes, mais presque toujours des calculs et des rivalités des autres.
Espérons que cette fois, la voix kurde – trop souvent réduite au rôle de pion – parviendra à s’imposer comme sujet et non comme simple objet de la géopolitique régionale.
IRAN / ROJHILAT – Depuis le début de la guerre entre l’Iran et l’alliance israélo-américaine, ces dernier ont frappé plus de 125 cibles au Kurdistan oriental (Rojhelat) régions kurdes d’Iran.

Principaux types de cibles