Accueil Blog Page 601

TURQUIE. Le 8 mars, des féministes et des politiciennes se rendent au chevet des femmes touchées par le séisme

0

TURQUIE / KURDISTAN – Le Mouvement des femmes kurdes (Tevgera Jinên Azad-TJA) et l’Assemblée des femmes du Parti HDP ont annoncé qu’elles se rendront auprès des femmes sinistrées du séisme à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars.

Le TJA et l’Assemblée des femmes du Parti HDP ont annoncé qu’ils organiseront des actions dans les 10 villes touchées par les tremblements de terre du 6 février, précisant que cette année, le slogan du 8 mars sera « La solidarité des femmes maintient en vie ». L’Assemblée des femmes du HDP a lancé son programme avec le slogan « Nous ne sommes pas seules, nous sommes ensemble – Jin, Jiyan, Azadi ».

Les membres du TJA et l’Assemblée des femmes du parti démocratique des peuples (HDP) apporteront avec elles les kits qu’elles ont préparés pour les femmes sinistrées du séisme. Au départ des régions de la mer Egée, de Marmara, d’Anatolie centrale, de Serhat et d’Amed, des femmes organiseront des activités de solidarité avec les femmes à Hatay, Antep (Dilok), Maraş (Gurgum), Adiyaman (Semsûr), Malatya (Meleti), Urfa (Riha), Adana, Diyarbakir (Amed), Kilis et Osmaniye.

Voici le programme du 8 mars du TJA et de l’assemblée des femmes d’HDP:

* Les femmes de TJA, qui se réuniront à Serhat, seront à Malatya le 1er mars avec les députées HDP Dilan Diet Taşdemir, Gülistan Kılıç Koçyiğit et Şevin Coşkun.

* Les membres du TJA de la région égéenne et les députées HDP Tülay Hatimoğulları et Serpil Kemalbay seront à Hatay le 3 mars.

* La co-présidente du HDP Pervin Buldan, la porte-parole de l’Assemblée des femmes HDP Ayşe Acar Başaran seront à Hatay le 4 mars.

* Des femmes des villes d’Anatolie centrale seront à Antep le 4 mars avec la vice-présidente du groupe HDP, Meral Danış Beştaş, les députées Filiz Kerestecioğlu et Muazzez Orhan.

* Des femmes de la région de Marmara seront à Maraş le 6 mars avec les députées HDP Oya Ersoy, Hüda Kaya, Züleyha Gülüm et Dilşat Canbaz.

* Les femmes de la TJA, ainsi que la députée HDP Feleknas Uca, seront à Urfa le 1er mars, tandis qu’à Amed le 3 mars, les femmes seront rejointes par Dersim Dağ et Remziye Tosun. Les femmes seront à Siirt le 5 mars avec la députée Nuran İmir. La porte-parole du HDP Ebru Günay et la députée Pero Dündar partiront de Mardin (Merdin) pour Adiyaman le 4 mars.

* Dans le cadre du programme, la coprésidente du HDP, Pervin Buldan, s’exprimera lors de la réunion du groupe parlementaire des femmes le 7 mars.

* En outre, le TJA organisera des marches à Van, Batman, Siirt, Şirnak et Mardin le 8 mars.

ANF

FRANCE. Les femmes kurdes préparent le 8 mars sous le slogan « Femme Vie Liberté »

0

PARIS – Chaque année, les femmes kurdes de France organisent et participent en masse aux événements et manifestations liés à la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Cette année, elles seront dans la rue sous le slogan « Jin, jiyan, azadî » (femme, vie, liberté) en hommage à la révolution féministe en Iran provoquée par le meurtre de Jina Mahsa Amini, une jeune Kurde tuée par la police des mœurs à Téhéran le 16 septembre 2022 pour un voile « mal porté ».

Le Mouvement des femmes kurdes en France (Tevgera Jînen Kurd li Fransa – TJK-F) a annoncé qu’elles organiseront une conférence de presse ce mercredi 1er mars, devant le siège du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) où Evin Goyi fut abattue avec deux autres militants kurdes lors de l’attaque terroriste du 23 décembre 2022.

Le TJK-F a joint à son annonce une image des militantes kurdes exécutées par les services secrets turcs à Paris le 9 janvier 2013 (Sakine Cansiz, Fidan Dogan, Leyla Saylemez) et le 23 décembre 2022 (Evin Goyî).

Voici l’annonce du TJK-F:

« Du Kurdistan au monde entier, Femme Vie Liberté!
Dans le cadre du 8 Mars 2023, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le Mouvement des femmes kurdes organise un communiqué presse le mercredi 1er mars à 14h devant le Centre Démocratique Kurde* (…). »

Le TJK-F qui a organisé de nombreux événements caritatifs en soutien aux victimes du séisme qui a frappé le Kurdistan le 6 février dernier participera aux défilé du 8 mars avec son propre cortège et ses pancartes et slogans.

*Le centre culturel kurde Ahmet Kaya
16 Rue d’Enghien
75010 PARIS

L’artiste kurde, Runak Rasoulpour est à Paris pour une expo-atelier

0

PARIS – L’Institut kurde de Paris accueille la graphiste et illustratrice Runak Rasoulpour pour une exposition et un atelier de fabrication de pommes aux clous de girofle symbolisant l’amour et la paix.

Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, l’Institut kurde de Paris accueille une exposition des œuvres de Runak Rasoulpour, illustratrice et graphiste kurde originaire du Kurdistan iranien d’où est parti la révolution  « Jin jiyan azadi » (femme, vie, liberté) suite au meurtre de Jina Mahsa Amini par la police des mœurs à Téhéran à cause d’un voile « mal porté ».

Pomme aux clous de girofle: Symbole d’amour et de paix

La pomme aux clous de girofle (en kurde, Sêva Mêxekrêj) est une ancienne tradition kurde symbolisant l’amour et la paix. Les amoureux en fabriquent et les offrent à leurs bien-aimé.e.s pour déclarer leur amour. Une autre signification est qu’elle symbolise la paix. Les personnes offensées les unes par les autres expriment leurs vœux de paix en offrant des pommes avec des clous de girofle.

Pommes aux clous de girofle, photo via Seywan Saeidian

Le compagnon de vie de Runak Rasoulpour, peintre et sculpteur Seywan Saeidian travaille depuis près de 20 ans pour faire connaître et internationaliser cette tradition kurde en organisant des ateliers à travers le monde pendant la Saint-Valentin. Cette année, les deux artistes ont dédié la pomme aux clous de girofle aux prisonniers politiques et aux familles des martyrs de la révolution « Femme, Vie, Liberté » en Iran.

Quelques heures avant le vernissage de son exposition, Runak Rasoulpour animera un atelier de fabrication de pomme aux clous de girofle, toujours au siège de l’Institut kurde de Paris.

L’atelier de fabrication de pommes aux clous de girofle a lieu le samedi 4 mars, à 14 heures, au siège de l’Institut kurde de Paris, 106, rue La Fayette, 75010 Paris.

Le Vernissage de l’exposition de Runak Rasoulpour aura lieu à 17h

Exposition ouverte au public du 4 au 18 mars
du lundi au vendredi de 14h à 18h

La vie artistique d’une famille qui a fui le régime iranien

Chez le couple d’artistes originaires de Mahabad, Runak Rasoulpour et Seywan Saedian l’art est devenue une affaire de famille. En effet, étant l’enfant d’un père sculpteur, peintre, photographe, graphiste, cinéaste, poète et d’une mère graphiste, illustratrice, artiste travaillant la céramique, le petit Passari n’a pas dû réfléchir longtemps avant de se lancer à son tour dans le travail artistique en créant notamment des sculptures métalliques ou participant aux créations de films d’animation aux côtés de sa mère.

Runak Rasoulpour est graphiste, illustratrice, artiste travaillant également la céramique.

Seywan Saedian est sculpteur, peintre, photographe, designer, cinéaste, poète. Il est spécialisé dans la réalisation de sculptures en métal par la ferraille.

Passari, 12 ans, a fait ses premiers pas dans l’art à travers la sculpture mais travaille surtout autour de l’animation aux côtés de sa mère Runak.

Pour plus d’information sur le travail de Runak Rasoulpour, Seywan Saeidian et leur fils Passari, visitez leur site Pasari Art Production https://pasariartproduction.com/seva-mexekrej

IRAK. La Turquie tue deux commandants yézidis à Shengal

0

IRAK / SHENGAL – Malgré le séisme mortel qui a frappé la Turquie, Erdogan continue à attaquer la Syrie et l’Irak où il massacre les Kurdes et les Yézidis.

Les commandants des forces yézidies YBŞ, Pîr Çeko et Agir Cefrî ont été tués et une autre personne a été blessée par une attaque de drone turc aujourd’hui à Shengal. Le YBŞ tient la Turquie pour responsable de la poursuite du génocide de l’EI contre la communauté yézidie.

Le commandement général des unités de résistance de Shengal (YBŞ) a publié une déclaration sur l’attaque de drone d’aujourd’hui à Behrava, annonçant la mort des commandants de YBŞ Pîr Çeko et Agir Cefrî et la blessure d’une autre personne.

« Le 27 février 2023 à 11h35, l’État fasciste turc a mené une attaque de drone contre un véhicule. Deux de nos commandants ont été tués et un de nos compagnons a été blessé. Nos trois amis étaient en route pour rendre une visite de condoléances à un famille qui a perdu deux jeunes.

Les attaques de l’État turc sont une continuation du génocide contre les Yézidis. C’est une attaque contre le droit à l’autodétermination et à l’autodéfense de la communauté yézidie. De sales plans sont mis en œuvre à Shengal par le biais d’agents et de traîtres. Nous sommes déterminés à résister et à persister dans notre lutte. A nos martyrs et à notre peuple, nous donnons notre parole que nous continuerons la résistance et la lutte jusqu’à la victoire », a déclaré le commandement général des Unités de résistance de Sinjar (kurde : Yekîneyên Berxwedana Şengalê – YBŞ).

Selon la déclaration de YBŞ, le vrai nom de Pîr Çeko était Tohum Ali Bedel et il a rejoint le YBŞ depuis Zakho en 2016. En 2017, il a participé à l’offensive de libération contre l’Etat islamique à Raqqa. Il est ensuite venu à Shengal avec l’expérience de combat qu’il y a acquise. Il était l’un des principaux commandants du YBŞ et était connu pour son humilité et son courage.

Le vrai nom d’Agir Cefrî était Xeyrî Xidir Xelef et il a rejoint la lutte en 2014 après l’attaque de l’Etat islamique à Khanasor (Xanesor). Il a été témoin du génocide du peuple yézidi et s’est battu avec un grand dévouement pour la libération de Shengal.

ANF

Les femmes sinistrées du séisme ne seront pas oubliées le 8 mars

0

TURQUIE / KURDISTAN – Les femmes du parti HDP ont débuté leurs activités liées à la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars sous le slogan kurde « Jin, jiyan, azadî » (femme, vie, liberté). A cette occasion, elles ont annoncé qu’elles mèneraient leurs activités également dans les régions frappées par le séisme du 6 février où les enfants et les femmes souffrent le plus.

Le Conseil des femmes du HDP a lancé le programme d’activités liées à la Journée internationale de la femme du 8 mars avec une action à Istanbul devant la jetée de Beşiktaş à Kadıköy. « Nous ne sommes pas seules, nous sommes ensemble ! » ont déclaré les femmes en scandant le slogan « Jin jiyan azadi » et en lançant le programme d’activités du 8 mars.

Les membres du Conseil des femmes du Parti démocratique du peuple (HDP) portaient une banderole sur laquelle on pouvait lire « Nous sommes ensemble » et les noms des villes où le tremblement de terre s’est produit avec des photographies reflétant la destruction.

Esengül Demir, co-porte-parole du Congrès démocratique des peuples (HDK), Ayşe Acar Başaran, porte-parole de l’Assemblée des femmes du HDP, Saliha Aydeniz, co-présidente du Parti des régions démocratiques (DBP), Çiğdem Kılıçgün Uçar, co-porte-parole du Parti de la gauche verte, membres du Conseil des mères de la paix et de nombreuses femmes ont assisté à l’action d’Istanbul.

La porte-parole du Conseil des femmes du HDP, Ayşe Acar Başaran, a déclaré : « Nous ne sommes pas seules. Nous nous lèverons avec nos propres forces et nous serons dans la rue le 8 mars avec notre organisation. Toute la société a été affectée par ce processus. Mais, comme toujours, nous avons vu que les femmes, les enfants et les autres groupes défavorisés étaient les plus touchés par cette crise. Tout en essayant de se dresser contre cette catastrophe, d’une part, les femmes ont lutté pour survivre en tirant leurs proches des décombres. D’autre part D’autre part, elles ont connu de grandes difficultés car le gouvernement n’a pas pu résoudre le problème du logement, de l’hygiène, de l’eau, du chauffage et de la nourriture. »

Başaran a souligné qu’elles iront dans la région du tremblement de terre pour y être solidaires avec les femmes le 8 mars, et a ajouté : « Nous avons tenu la main de nos amies, d’Adıyaman à Maraş, d’Antep à Hatay et de là à Malatya, et dit qu’elles ne sont pas seules. Nous réitérons que nous ne laisserons personne à la merci de ce gouvernement. Personne ne devrait perdre espoir. Nous serons sur le terrain avec notre organisation la plus solide. La lutte commune des femmes mettra fin à cet ordre pourri. Les femmes seront en première ligne pour s’assurer que les responsables seront arrêtés. »

ANF

Séisme en Turquie. Le Croissant rouge turc vend 2000 tentes à une ONG au lieu de les donner aux sinistrés

0

CORRUPTION. Le Croissant turc (Kizilay) a vendu plus de deux mille tentes à l’ONG AHBAP au lieu de les distribuer aux sinistrés du séisme qui a frappé le sud-est du pays (région à majorité kurde-alévie). Cet énième scandale éclaboussant le régime d’Erdogan a été révélé hier, par le journaliste Murat Ağırel.

Le chroniqueur de Cumhuriyet, Murat Ağırel a révélé que le troisième jour du séisme, Kızılay, l’une des institutions turques critiquées pour leur intervention tardive dans la zone du séisme, a vendu 2050 tentes à l’ONG Ahbap du rockeur Haluk Levent. Ce dernier a dû avouer le coup de passe-passe valant 46 millions de livres turques (2,3 millions d’euros) suite aux révélations d’Ağırel.

Les Turcs qui ne font plus confiance aux autorités turques et leurs institutions s’étaient retournés vers AHBAP pour les dons aux sinistrés. Aujourd’hui, ils se sentent trahis par Ahbab qui a filé leur argent à Kizilay (qui a l’obligation de distribuer gratuitement ses tentes (déjà payées par l’argent public) aux sinistrés)… En Turquie, ce n’est pas le séisme qui a tué ces dizaines de milliers de personnes, mais la corruption qui a rongé la moelle épinière de l’État turc.

TURQUIE. Les survivants du séisme en prise avec les épidémies

0

TURQUIE / KURDISTAN – Les survivants du séisme du 6 février font face à des épidémies, dont la gale, et aux maladies respiratoires, digestives et infections urinaires, ont déclaré les médecins qui se sont déplacés sur les lieux du séisme dans le sud-est de la Turquie (régions à majorité kurde/alévie). Les mauvaises conditions d’hébergement et l’accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement aggravent les problèmes. Par ailleurs, les femmes enceintes, les nouveau-nés, les personnes malades et âgées sont particulièrement touchés par l’absence d’hygiène et de logements décents.

Les mauvaises conditions d’hébergement et l’accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement aggravent les problèmes de santé publique, avec plusieurs types de maladies fréquemment observées, a averti l’Association médicale turque (Türk Tabipleri Birliği – TTB).

Les services de soins de santé primaires n’ont pas encore été pleinement mis en œuvre dans les régions touchées par les puissants tremblements de terre du 6 février, a déclaré l’Association médicale turque dans un rapport:

« Les centres de santé familiale ne fournissent toujours pas de services à Hatay. À Maraş et Adıyaman, les services de soins primaires sont très limités.

Dans les zones d’abris temporaires, des infirmeries ont été partiellement mises en place, mais la vaccination, le dépistage sanguin au talon et le suivi des femmes enceintes et des bébés sont effectués à certains endroits et partiellement.

Les survivants du tremblement de terre qui n’ont pas quitté leurs lieux de vie, notamment ceux des villages, ne peuvent pas bénéficier de services de soins de santé appropriés. Lors de nos visites sur le terrain dans la région, des enfants sous-vaccinés, des femmes nouvellement enceintes et des grossesses à risque gênantes ont été détectés et ils ont été référé aux [institutions compétentes]. »

Mauvaises conditions d’hygiène

Dans les zones d’abris temporaires, froides et surpeuplées, l’eau potable et les toilettes et les installations d’hygiène ne sont pas encore entièrement fournies, ce qui présente un risque pour la santé publique, a observé l’association.

Un autre risque pour la santé publique est la poussière émise lors des efforts d’enlèvement et de démolition des épaves, selon le rapport. « L’inhalation possible d’amiante entraîne un risque de cancer du poumon et d’asbestose. »

Maladies

Les survivants du tremblement de terre dans la région ont un besoin intense de services de soins de santé, car les maladies des voies respiratoires supérieures, les maladies de l’estomac, la gale et les infections des voies urinaires sont fréquentes, ont en outre noté les médecins. Les mauvaises conditions d’hébergement et l’accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement aggravent les problèmes.

Le ministre de la Santé Fahrettin Koca a déclaré le 19 février qu’aucune épidémie n’avait été détectée dans la région. Cependant, il avait averti les habitants de la région de ne pas boire l’eau du robinet jusqu’à nouvel ordre.

Le 6 février, deux tremblements de terre d’une magnitude de 7,7 et 7,6 ont frappé la ville méridionale de Maraş.

Les tremblements de terre ont causé des destructions dans 10 villes du sud et du sud-est de la Turquie, ainsi que dans le nord de la Syrie.

Le bilan officiel des tremblements de terre s’élève à plus de 42 000 et devrait encore augmenter, car plus de 160 000 bâtiments ont été complètement détruits ou gravement endommagés.

Plus de 400 000 survivants du tremblement de terre ont été transférés dans d’autres villes tandis que des centaines de milliers d’autres restent dans des villes de tentes installées dans les régions touchées par le séisme.

Bianet

 

Image Agence Mezopotamya

TURQUIE. Mort suspecte d’un jeune Kurde dans un poste de police

0

TURQUIE / KURDISTAN – Un jeune Kurde du nom d’Ahmet Bugrur se serait suicidé au poste de police d’Agri/Doğubazit où il était détenu pour s’être disputé avec un imam. Sa famille a saisi l’Association des Droits de l’Homme (IHD) pour qu’elle mène une enquête sur cette mort suspecte. En Turquie, les morts suspectes des Kurdes en détention ou en prison sont devenues monnaie courante ces dernières années.

Les autorités turques prétendent qu’Ahmet Bugrur (37 ans), père de trois enfants, qui a été arrêté à Agirî / Bazîd (Doğubayazıt) hier matin, s’est suicidé avec son manteau alors qu’il se trouvait dans le département de police de Doğubayazıt.

Selon les informations reçues, Bugrur s’est disputé avec un imam devant une mosquée du district hier matin. À la suite de la discussion, Bugrur et l’imam, dont le nom n’a pas été connu, ont été emmenés par la police au département de police cité plus haut. Bugrur aurait giflé l’imam lors de la discussion au poste de police et aurait été placé en garde à vue. Le corps de Bugrur a ensuite été remis à sa famille au motif qu’il s’était suicidé.

Suite à la mort suspecte de Bugrur, sa famille a saisi la branche de l’association İHD (İnsan Hakları Derneği) Ağrı. Le frère Resul Bugrur a déclaré : « Je demande que la situation fasse l’objet d’une enquête après la mort suspecte de mon frère Ahmet Bugrur. »

ANF

La fille de Qazi Muhammed meurt en exil

0

Suheyla Qazi, la fille de Qazi Muhammad, Président de la République kurde de Mahabad exécuté par le régime iranien, est décédée en Allemagne, sans avoir pu réaliser son rêve de retourner au Kurdistan.

Suheyla Qazi, née à Mahabad le 11 juillet 1941, est décédée en exil à Bonn, en Allemagne, où elle vivait depuis 40 ans.

Süheyla Qazi, venue à Amed pour assister à la Conférence des femmes kurdes organisée par le Mouvement démocratique des femmes libres (DÖKH) en 2010, a déclaré dans une interview à l’agence de presse Dicle (DIHA), fermée par la suite par décret statutaire (KHK) : « Je j’attends avec impatience le jour où je retournerai dans mon pays ».

Süheyla Qazi, qui avait 7 ans lorsque son père a été exécuté, a déclaré qu’elle se souvenait très peu de cette période. Déclarant qu’elle pouvait à peine se souvenir du visage de son père parce qu’elle était trop petite, Qazi a déclaré : « Je me souviens de mon père comme dans les photos qui ont été laissées et publiées après son exécution. Après qu’il ait été tué, la pression sur la famille ne s’est jamais relâchée. Nous avons traversé des moments très difficiles. Les soldats iraniens pillaient constamment notre maison. Parfois pendant des semaines. Ils restaient autour de notre maison. Ils ne nous laissaient même pas aller chercher de l’eau de l’extérieur. Ils ne permettaient à personne de venir chez nous et nous contacter. »

Leurs maisons ont été pillées, a déclaré Qazi, ajoutant que même ses biens avaient été emportés. « Ils ont confisqué toutes les archives de la République de Mahabat. Ils ont pris toutes sortes de documents, photos, cartes, etc. qui peuvent être comptés comme notre mémoire. »

« Ma nation est ma féminité »

Qazi a déclaré: « Mon père a dit un jour que chaque fois qu’on me demandait quelle était ma nation, je devais répondre « ma féminité ». Maintenant, quand j’y pense, je comprends mieux. Cela montre à quel point il appréciait les femmes. Les gens avaient de l’amour pour notre famille. Ils étaient serviables. Ma mère était une personne courageuse. »

À cette époque, non seulement l’État iranien mais aussi de nombreuses autres puissances avaient les yeux rivés sur la famille. Surtout les Etats-Unis, l’Angleterre et d’autres pays voisins. « 

« Les Etats-Unis voulaient nous emmener dans leurs pays »

Süheyla Qazi a déclaré qu’elle avait appris plus tard que des responsables américains étaient venus dans sa famille après l’exécution de Qazi Muhammed, car ils voulaient emmener la famille aux États-Unis.

Qazi a déclaré: « Ils ont demandé à ma mère la permission de nous emmener dans leur pays. La même demande est venue d’Angleterre. Ils ont promis de donner toutes sortes d’aide. Ils voulaient nous séparer de notre peuple. Bien sûr, ils ont aussi d’autres objectifs. Cependant, ma mère a refusé parce qu’elle voulait que ses enfants grandissent parmi le peuple kurde. Parce que ma mère était très dévouée au peuple. Elle était fière du peuple kurde. C’était une chance pour moi. Parce que j’ai grandi parmi les enfants kurdes. »

« Ils se vengeaient de nous à cause de mon père »

Qazi a déclaré que sa sœur était également morte dans un attentat à la bombe en Suède, et a ajouté que sa mère, Mina Qazi, avait été arrêtée à l’âge de 85 ans. « Nous n’avons pas entendu parler d’elle pendant un an. Ils ont torturé ma mère. Ils arrêtaient constamment des membres de notre famille. Les mêmes questions qu’ils ont posées aux membres de la famille qui sont restés en prison pendant des années. Ils ont toujours dit : « Ce problème ne se serait pas produit s’il n’y avait pas eu Qazi Muhammed. » Ils se vengeaient de lui. Ils disaient que mon père avait tracé une très « mauvaise » voie pour les Kurdes. » Signalant que les pressions n’ont pas diminué même après 20 ans, Qazi a déclaré qu’elle n’avait pas résisté à ces pressions après son mariage et qu’elle avait dû s’exiler en 1979 en raison du risque d’être tuée.

« Nous réussirons si nous nous unissons »

Dans l’interview, Qazi a déclaré qu’elle avait quitté son pays et vécu en exil pendant 31 ans. « Ils ne nous ont pas laissé vivre un seul jour paisible. Parce que l’exil n’offre pas une vie paisible. Je vis tout le temps avec le désir de mon pays. Cependant, je ne peux toujours pas retourner dans mon pays. Je crois que le peuple kurde gagnera ses droits. Si nous assurons notre unité et notre solidarité, nous réussirons. »

ANF

 

SYRIE. Les services secrets turcs assassinent un responsable kurde à Alep

0

SYRIE – Hier, un attentat à la bombe mené par les services secrets turcs (MIT) a visé une équipe du Comité économique dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud (Şêxmeqsûd) à Alep. Hemze Kobanê, un haut cadre du mouvement kurde, a perdu la vie dans l’attaque tandis que trois autres personnes ont été blessées.

L’explosion s’est produite vendredi après-midi dans la région d’Al-Shaqif (Şiqeyêf), au nord de Sheikh Maqsoud. L’équipe du Comité économique du Conseil populaire mixte dans les quartiers autonomes de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyah (Eşrefiyê) était sortie pour inspecter les bâtiments suite à la série séismes dévastatrices qui ont frappé la région frontalière turco-syrienne le 6 février.

Le Conseil populaire des deux districts autonomes accuse les services secrets turcs du MIT d’être responsables de l’attaque. Selon les informations, la victime est Mehmed Yildirim (Hemze Kobanê), membre du Comité économique.

Dans un communiqué publié après l’attaque, le Conseil populaire souligne que malgré le tremblement de terre, la Turquie continue d’attaquer la population civile et les institutions civiles et qu’il existe un embargo strict contre les districts de Şêxmeqsûd et Eşrefiyê. Néanmoins, les autorités de l’Administration autonome et en particulier le comité économique ont réagi immédiatement après le tremblement de terre et ont aidé les personnes touchées.

Concernant l’attentat de vendredi, le Conseil populaire a déclaré : « Notre compagnon Hemze Kobanê, membre du Comité économique, a été attaqué par un groupe appartenant au MIT avec une voiture piégée. Hemze Kobanê travaillait jour et nuit pour la population et subvenait à ses besoins dans des circonstances les plus difficiles. Notre camarade a rejoint la caravane des martyrs. Trois autres personnes ont été blessées dans l’attaque, dont une grièvement. »

Le Conseil populaire a condamné l’État turc pour l’attaque et a déclaré qu’elle visait la population des quartiers autonomes de Sheikh Maqsoud (Şêxmeqsûd) et Ashrafiyah (Eşrefiyê).

Depuis des années, la Turquie attaque les zones autonomes du Rojava, dans le nord et de l’est de la Syrie en violation du droit international. Les attaques visent les représentants administratifs , les combattantes et la population civile. Il y a deux jours à peine, un civil a été tué lors d’une attaque de drones turcs à Qamishlo.

Sources: ANF et Twitter

Image via ALÎŞÊR ROJAVA شير روجافا

SYRIE. Attentat mortel dans un quartier kurde d’Alep

0

SYRIE – Un attentat visant Cheikh Maqsoud, un quartier kurde d’Alep, a tué une personne et blessé deux autres. On soupçonne les services secrets turcs (MIT) d’être derrière l’attentat terroriste.

Un attentat a ciblé un véhicule appartenant au Comité économique dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud (Şêxmeqsûd) à Alep. Une personne a été tuée, deux autres ont été blessées. Selon les premières informations des forces de sécurité, un engin explosif a explosé dans le véhicule.

L’explosion s’est produite vendredi après-midi dans la région d’Al-Shaqif (Şiqeyêf), au nord de Sheikh Maqsoud. L’équipe du Comité économique du Conseil populaire mixte dans les quartiers autonomes de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyah (Eşrefiyê) était sortie pour inspecter les bâtiments suite à la série séismes dévastatrices qui ont frappé la région frontalière turco-syrienne le 6 février.

Le Conseil populaire n’a pas encore donné d’informations sur l’identité des victimes. Il n’y a pas non plus d’indications de suspects possibles pour le moment. Les milieux de la sécurité soupçonnent qu’il s’agit d’une attaque menée par les services secrets turcs (MIT).

Depuis des années, la Turquie attaque les zones autonomes du Rojava, dans le nord et de l’est de la Syrie en violation du droit international. Les attaques visent les représentants administratifs , les combattantes et la population civile. Il y a deux jours à peine, un civil a été tué lors d’une attaque de drones turcs à Qamishlo.

ANF

LYON. Réunion / débat sur le massacre des Kurdes à Cizre en hiver 2015-2016

0

LYON – Le 1er mars 2023, l’association Amitiés kurdes de Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes organise une réunion/débat à l’occasion du 7e anniversaire du massacre des civils commis par l’armée turque à Cizre, un district de la province kurde de Şırnak.

« En août 2015, de nombreuses villes du Kurdistan de Turquie, dont Cizre, proclament une « autonomie démocratique », inadmissible pour l’État. De décembre 2015 à juin 2016 ces villes sont encerclées et bombardées par l’armée et les forces « spéciales » turques qui emploient les grands moyens (artillerie lourde, chars d’assaut). (…) Cizre subira plusieurs couvre-feux, de plus en plus violents, et à chaque fois sans foi ni loi. Le pire de tous a eu lieu du 14 décembre 2015 au 2 mars 2016.

Le bilan (non officiel évidemment) conclura à 251 morts « militaires » pendant le siège (Kurdes et soldats turcs) et 175 morts dans les sous-sols, dont 150 cadavres calcinés. La Présidente de la Fondation Turque pour les Droits de l’Homme, Şebnem Korur Fincancı, conclura à une « intention génocidaire ».

Intervenants :

Thierry Lamberthod, président d’Amitiés kurdes de Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes, pour le discours d’ouverture
Gilles Lemée, membre d’Amitiés kurdes (…)
Leyla İmret, ancienne co-maire de Cizre
Nurcan Baysal, défenseuse des droits humains et journaliste

Traduction :

Tuna Altinel, membre d’Amitiés kurdes de Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes

RDV le mercredi 1er mars 2023, 19h
Salle des conférence, PALAIS DU TRAVAIL
9, place Lazare Goujon
69100 – VILLEURBANNE