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TURQUIE. Un autre otage kurde décède en prison

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TURQUIE / KURDISTAN – Le prisonnier politique kurde gravement malade, Abdulkadir Kuday est décédé dans la prison de Metris, à Istanbul. Chaque années, des dizaines de prisonniers malades meurent en Turquie.

Abdulkadir Kuday, détenu dans la prison de type Metris R malgré ses graves maladies, a perdu la vie. Son frère Salih Kuday a annoncé que son frère était décédé ce matin.

IRAN. Les grèves de la faim se propagent dans les prisons

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En Iran, y compris dans les provinces kurdes, les grèves de la faim sont organisées chaque mardi pour protester contre la peine de mort.
 
Les grèves de la faim de la campagne « Mardi sans exécution », qui est entrée dans sa 36e semaine, se sont étendues à 22 prisons.
 
Plus récemment, les prisonniers politiques de la prison d’Arak ont ​​annoncé qu’ils entameraient une grève de la faim tous les mardis.
 
Les prisons où la grève de la faim contre la peine de mort se poursuit sont les suivantes : la prison d’Evin, la prison de Qezal Hesar, la prison centrale de Karaj, la prison du Grand Téhéran, la prison de Khorramabad, la prison de Nizam à Shiraz, la prison d’Asadabad à Ispahan, la prison de Bam, la prison de Mashhad, la prison de Lakan à Rasht, la prison de Qaimshahr, la prison d’Ardabil, la prison de Tabriz, la prison d’Urmia, la prison de Salmas, la prison de Khoi, la prison de Naqdeh, la prison de Saqqez, la prison de Baneh, la prison de Marivan, la prison de Kamiyaran et la prison d’Arak.

PARIS. « La fabrique de la féminité: Afghanistan, Rojava, Iran, Inde et Pakistan »

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PARIS – Le 10 octobre prochain, à l’occasion de la Journée Internationale de la Fille célébrée le 11 octobre, la Mairie du Xème arrondissement de Paris accueillera une conférence sur l’éducation des filles dans les régimes totalitaires / religieux du Moyen – Orient où seul le Rojava offre un modèle éducatif permettant aux filles de s’émanciper.

La conférence « La fabrique de la féminité: Afghanistan, Rojava, Iran, Inde et Pakistan », coorganisé par le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) et l’association FemAid, réunira des militantes d’Afghanistan, du Rojava / Kurdistan, d’Iran, d’Inde et du Pakistan.

En présence de :

Carol Mann, chercheuse spécialisée dans le domaine du genre et conflits armés, activiste et directrice de FemAid* (Afghanistan)

Gulistan Sido, ancienne membre du comité de l’administration du Nord et de l’Est la Syrie, doctorante à l’INALCO (Rojava)

Sohaila Shahriari doctorante en science politique (Kurde d’Iran)

Shreya Parikh, docteure en sciences politiques (Sciences Po) (Inde)

Sara Farid, photographe, artiste, activiste (Pakistan)

*FemAid est une association Loi 1901 qui a mis en place avec l’association Nayestane et leurs ami.e.s afghan.e.s en exil un réseau d’écoles alternatives en Afghanistan destinées aux filles interdites de scolarités

 

RDV le 10 octobre, dès 18h30

ROJAVA. Les enfants ont repris le chemin de l’école malgré la menace turque

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SYRIE / ROJAVA – Le 9 septembre dernier, plus de 850 000 élèves ont repris le chemin de l’école dans le nord et l’est de la Syrie dirigée par une admiration arabo-kurde. L’administration autonome fait face à de nombreux défis dans l’éducation des enfants et des jeunes de la région, au premier rang desquels les attaques de la Turquie.

La nouvelle année scolaire a commencé le 9 septembre dans les régions de Syrie administrées par l’Administration autonome, avec plus de 850 000 élèves inscrits, selon le Conseil de l’éducation. Et ce, malgré les difficultés rencontrées par l’administration pour faciliter l’éducation de tous les jeunes de la région, en particulier les attaques turques.

Les attaques turques, sous forme d’attaques d’artillerie et de frappes aériennes, ont partiellement ou totalement détruit 20 écoles de la région, privant environ 3 000 élèves d’éducation. Les déplacements provoqués par les attaques ont également poussé des milliers de familles à fuir vers d’autres régions de Syrie, submergeant les écoles d’autres régions aux ressources limitées. Certaines familles se retrouvent alors dans l’obligation de transporter leurs enfants sur de longues distances pour les inscrire à l’école, ou de ne pas les inscrire du tout.

Malgré ces difficultés, le système éducatif du nord-est de la Syrie offre des opportunités qui étaient inédites sous le régime baathiste, comme l’enseignement des langues kurde, arménienne et syriaque pour les minorités de la région, en plus de l’arabe et de l’anglais. À partir de la 9e année, les élèves reçoivent également un enseignement sur toutes les principales religions du monde. Néanmoins, il est probable que les difficultés persisteront tant que la guerre se poursuivra, la fuite des cerveaux et l’embargo économique limitant les opportunités pour la population de la région.

CULTURE AU FEMININ. « Amed Surfest Festival » se poursuit

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TURQUIE / KURDISTAN – Depuis le 26 septembre, Sur, quartier historique de Diyarbakir (Amed), accueille « Amed Surfest Festival » organisé par l’association culturelle féminine KASED.
 
Lors de la deuxième journée du festival Amed Surfest, organisé par l’Association de la culture, de l’art et de la littérature des femmes (Komeleya Çand, Huner û Wêjeyê ya Jinan – KASED), un atelier de contes pour enfants a eu lieu dans le local de l’association. Les membres de KASED ont parcouru les rues accompagnées de dafs et se sont rendus au bâtiment de l’association avec les enfants participant à l’atelier organisé par Zeycan Ateş, comédienne et membre de KASED, qui a lu le conte « Rovî û pîrê » (Le renard et la vieille).

La deuxième journée du Amed Surfest Festival s’est poursuivie avec un atelier d’histoires kurdes pour les enfants
 
Aujourd’hui, le festival se poursuit avec un atelier « Jeux traditionnels de rue » qui sera organisé pour les enfants au centre ÇAND MA.
 
Le festival met à l’honneur les femmes qui présentent des événements culturels et artistiques dans leur langue maternelle et propose également des événements pour enfants. KASED vise à réunir les langues maternelles et à préserver la mémoire historique et culturelle de Sur avec le festival.
 
Le festival a débuté par des mélodies arméniennes et kurdes interprétées par des femmes dans l’église arménienne historique de Surp Giragos à Sur. Le festival s’achèvera par un concert qui sera donné le 5 octobre, date de la fondation de KASED.

LIBAN. Un Kurde parmi les victimes des bombardements israéliens

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LIBAN – Parmi les victimes des bombardements israéliens ciblant le Liban figure un Kurde du Rojava: Xidir Ehmed, alias Abou Hisam. Son corps enseveli sous les gravats n’a toujours pas été retrouvé.
 
Ehmed était originaire de Qamishlo et vivait au Liban depuis plus de 20 ans. Il a perdu la vie à cause des bombardements et son corps n’a toujours pas été retrouvé.
 
On rapporte que Xidir Ehmed est le premier Kurde à être tué dans des attaques israéliennes ciblant le Liban.

ALLEMAGNE. Attaque armée contre une association kurde de Hambourg

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ALLEMAGNE – Une attaque armée a visé un centre culturel kurde de Hambourg lundi matin, endommageant les fenêtres du local. Depuis des années, la communauté kurde d’Allemagne est dans le viseur des fascistes turcs Bozkurtlar (Loups Gris*) et le nouvel accord signé entre Berlin et Ankara prévoyant la déportation massive des migrants kurdes dont la demande d’asile a été rejetée ne fait que jeter l’huile sur le feu.
 
Dans la matinée de 30 septembre, des inconnus ont tiré sur le bâtiment d’une association culturelle kurde à St. Pauli, dans la Silbersacktwiete, à Hambourg. La police de Hambourg a déclaré qu’au moins trois coups de feu avaient été tirés sur la façade du bâtiment tôt lundi matin, endommageant les fenêtres. Personne ne se trouvait dans les locaux du club à ce moment-là. Les assaillants auraient pris la fuite. (Information donnée par le site allemand Tagesschau)
 

*L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom complet est « Foyers idéalistes », en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus. L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes » et « externes » s’étend des Kurdes, aux Grecs, Arméniens, Juifs, aux Occidentaux et aux Chinois…

 

Le Rojava accueille les Syriens fuyant la guerre au Liban

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SYRIE / ROJAVA – Des milliers de réfugiés syriens fuyant le conflit armé opposant l’Israël au Hezbollah libanais retournent dans les zones syriennes sous contrôles des forces arabo-kurdes.

En raison de la guerre entre Israël et le Hezbollah, qui s’est intensifiée depuis le 23 septembre, des dizaines de milliers de Syriens et de Libanais tentent de traverser la frontière vers le nord et l’est de la Syrie. L’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie a mis en place hier un bureau de crise pour accueillir les rapatriés du Liban et a établi des centres d’accueil pour ceux qui viennent de l’extérieur de la région. Le bureau de crise aux postes-frontières de Tahiyê et Tabqa à Manbij continue d’accueillir les réfugiés du Liban.

Au cours des deux derniers jours, 847 hommes, 1 093 femmes, 402 enfants et 11 Libanais ont traversé la frontière vers le nord et l’est de la Syrie par le poste frontière de Tabqa. Par ailleurs, 887 personnes ont traversé la frontière vers le nord-est de la Syrie par le poste frontière de Tahiye à Manbij. Les corps de sept personnes ont également été transportés dans la région depuis ces deux points.

Le Bureau de crise fournit des services en construisant des camps pour les personnes en provenance du Liban. Les réfugiés qui ne peuvent pas bénéficier des services de la région seront envoyés dans des camps de l’Administration autonome.

TURQUIE. Libération des musiciens kurdes détenu⸱e⸱s à Diyarbakir

TURQUIE / KURDISTAN – Des membres du groupe kurde, Koma Hevra avaient été arrêté⸱e⸱s en raison de chansons kurdes qu’ils ont chantées lors d’un concert à Diyarbakir (Amed) hier soir.
 
Les membres du groupe de musique kurde Koma Hevra se sont produits lors d’un concert auquel ont assisté des milliers de personnes sur la place Şêx Sêîd à Amed (Diyarbakır) dimanche 20 septembre.
 
Les musiciens ont effectué une visite de solidarité à l’Association de recherche sur la langue et la culture de Mésopotamie (MED-DER) après le concert.
 
Après avoir quitté l’association, les membres du groupe de musique ont été interceptés par la police et détenus.
 
Les membres du groupe, Zeynep Doğan, Gencay Morkoç et Yusuf Keleş ont été relâchés après avoir été auditionné.e.s.

IRAN. Deuxième anniversaire du « Vendredi sanglant » de Zahedan et Khash

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IRAN – Il y a deux ans jour pour jour, le régime iranien commettait un massacre contre les Baloutches du Sistan et du Baloutchistan qui protestaient dans le cadre des manifestations anti-gouvernementales déclenchées par le meurtre de Jina Mahsa Amini à cause d’un voile « non-conforme ». A l’occasion du deuxième anniversaire du « vendredi sanglant » de Zahedan et Khash ciblant les Baloutches, l’ONG kurde de défense des droits humains, Hengaw a publié un communiqué dans lequel, elle rappelle que ces massacres « ne sont pas des incidents isolés mais font partie d’une lutte plus large contre la répression structurelle, la discrimination nationale, ethnique et religieuse et les violations généralisées des droits humains en Iran », et appelle à la solidarité des peuples d’Iran pour « parvenir à un avenir juste et libre pour l’Iran et le monde ».

Voici le communiqué de HENGAW:

À l’occasion du deuxième anniversaire du massacre du Vendredi sanglant à Zahedan et Khash, l’Organisation Hengaw pour les droits humains exprime ses plus sincères condoléances aux familles des victimes, aux blessés et aux prisonniers, tout en appelant une fois de plus à la justice et à la poursuite des responsables de cette atrocité.

Le 30 septembre 2022, les habitants de Zahedan et Khash sont descendus dans la rue pour protester contre l’agression sexuelle d’une jeune fille de 15 ans de Chabahar par un commandant de police, ainsi que contre les années de discrimination systémique et de répression structurelle contre la population du Sistan et du Baloutchistan en Iran.

Ces manifestations pacifiques, qui ont émergé dans le contexte plus large du mouvement national « Femme, vie, liberté » et en réponse à l’agression sexuelle sur une mineure, ont été violemment réprimées par les forces de sécurité au moyen d’une militarisation excessive. Les forces gouvernementales ont ouvert le feu sur des civils non armés et sans défense en utilisant des balles réelles. Des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées et des centaines d’autres blessées. Ce massacre brutal, connu sous le nom de « Vendredi sanglant de Zahedan », constitue un exemple clair de « crime contre l’humanité ».

Hengaw estime que le recours excessif à la violence et aux armes létales par la République islamique d’Iran contre des manifestants non armés constitue une grave violation du droit à la vie et du droit de réunion pacifique, consacrés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. De plus, compte tenu de son caractère généralisé et systématique, ainsi que de l’autorisation apparente donnée à de hauts responsables du gouvernement de cibler une population civile, cet acte est qualifié de crime contre l’humanité au sens de l’article 7 du Statut de Rome, ce qui nécessite la poursuite des auteurs devant des tribunaux nationaux et internationaux.

Hengaw souligne également que cette tragédie viole non seulement les droits individuels et humains des habitants de Zahedan et Khash, mais symbolise également la répression systématique des minorités nationales, ethniques et religieuses en Iran. Le peuple baloutche, longtemps victime de discrimination, de pauvreté et de privations, a une fois de plus été violemment pris pour cible par l’État. Cette répression s’inscrit dans un modèle systémique plus large d’oppression qui perdure depuis des décennies contre les minorités nationales, ethniques et religieuses marginalisées en Iran.

Le mouvement « Femme, vie, liberté », né en réponse au meurtre de Jina Amini en septembre 2022, est devenu un mouvement national et mondial contre la discrimination et la répression dans tous les secteurs de la société iranienne. En mettant l’accent sur les droits des femmes, de la communauté LGBTQ+, des minorités nationales, ethniques et religieuses et d’autres groupes marginalisés, ce mouvement représente un tournant décisif dans la lutte du peuple iranien pour la liberté.

Hengaw appelle la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme et les Nations Unies à prendre des mesures urgentes et concrètes pour que justice soit rendue et pour poursuivre les responsables de ces crimes. Ne pas traduire les auteurs en justice constituerait une violation des obligations internationales en matière de droits de l’homme. La communauté internationale doit veiller à ce que la République islamique d’Iran soit traduite en justice pour ses actes criminels contre son peuple, en particulier contre les minorités nationales, ethniques et religieuses.

Hengaw souligne que les événements du Vendredi sanglant de Zahedan et Khash ne sont pas des incidents isolés mais font partie d’une lutte plus large contre la répression structurelle, la discrimination nationale, ethnique et religieuse et les violations généralisées des droits de l’homme en Iran. Nous soulignons l’importance de la solidarité entre les peuples d’Iran, du Kurdistan au Baloutchistan, et affirmons que ce n’est que par l’unité et la lutte collective, fondées sur les principes des droits de l’homme, que l’on pourra parvenir à un avenir juste et libre pour l’Iran et le monde – un avenir dans lequel aucun individu ne sera opprimé ou discriminé en raison de son sexe, de son orientation sexuelle, de son identité nationale, ethnique ou religieuse, de son athéisme ou de ses convictions politiques.

IRAN. La prisonnière politique kurde Zeinab Jalalian privée de visites familiales

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IRAN – La prisonnière politique kurde Zeinab Jalalian, condamnée à la réclusion à perpétuité par l’Iran et emprisonnée depuis 17 ans, s’est vu refuser le droit de visites familiales sur instruction du ministère de l’Information.
 
Zeinab Jalalian, transférée à la prison de Yazd il y a quatre ans, n’a pu voir sa famille qu’une seule fois.
 
Selon les informations fournies par le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN), après que Zeinab Jalalian a demandé à rencontrer sa famille au début de la semaine dernière, les autorités pénitentiaires ont déclaré que les visites étaient interdites sur instruction du ministère de l’Information.
 
La famille, qui s’était rendue de Maku à Yazd pour voir Zeinab, a été obligée de rentrer chez elle sans l’avoir vue.
 
On a également appris que Zeinab Jalalian, qui a été emmenée à l’hôpital la semaine dernière, a été invitée à être examinée menottée malgré toutes les objections et n’a pas été soignée parce qu’elle a refusé. (ANF)

IRAN. Le « projet de loi sur le hijab et la chasteté » renforce l’apartheid sexuel

IRAN – « Le nouveau projet de loi sur le « hijab et la chasteté », présenté comme un plan gouvernemental par la Commission judiciaire du Parlement en réponse au mouvement de protestation ‘Jin, Jiyan, Azadi (Femme, vie; liberté)’, approuvé par le Conseil des gardiens de la République islamique va accroître les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes et les minorités sexuelles en Iran (…) », écrit l’ONG kurde de défense des droits humains Hengaw.
 
Dans ce projet de loi, en plus de l’application violente du hijab obligatoire pour les femmes et la communauté homosexuelle, l’accent est mis sur l’expansion de la « ségrégation de genre » dans les universités, les centres administratifs et éducatifs, les parcs, les espaces récréatifs et même dans les services de soins hospitaliers.
 
Le projet de loi, qui contient 69 articles, accorde à trois agences de renseignement – le ministère du Renseignement, l’Organisation du renseignement du CGRI et l’Organisation du renseignement du commandement des forces de l’ordre – ainsi qu’au commandement des forces de l’ordre, au Basij et au Siège pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, l’autorité de s’engager dans des « confrontations sur le terrain » avec des femmes.
 
De plus, ce projet de loi, en imposant de nouvelles sanctions financières aux femmes et à la communauté homosexuelle qui refusent de se conformer au hijab, les place dans un état de subjugation économique encore pire. En même temps, dans le cadre du renforcement de la sécurité de la République islamique, les sanctions liées à la question du hijab commencent par l’arrestation, la flagellation et des peines de prison. Dans les affaires de sécurité, si l’accusation spécifique de « corruption sur Terre » est portée, elle peut légalement aller jusqu’à la peine de mort en vertu du Code pénal islamique de la République islamique.
 
L’article 38 de ce projet de loi stipule que « toute personne qui, en collaboration avec des gouvernements, des réseaux, des médias, des groupes ou des organisations d’opposition étrangers, ou de manière organisée, promeut la nudité, l’immoralité, le non-respect du hijab ou une tenue vestimentaire inappropriée » sera condamnée à une peine d’emprisonnement de quatrième degré et à une amende. L’amende de quatrième degré est fixée entre 50 millions de tomans et 100 millions de tomans.
 
L’article 49 de ce projet de loi ne limite pas la définition de « tenue vestimentaire inappropriée » en public aux vêtements des femmes. Il aborde également la libre expression sexuelle et de genre des hommes, compte tenu de la visibilité accrue de la communauté queer en Iran ces dernières années, en particulier pendant le mouvement « Jin, Jiyan, Azadi ». L’article 49 précise que les personnes accusées de tenue vestimentaire inappropriée seront passibles d’une amende maximale de sixième degré pour la première infraction et d’une amende de cinquième degré pour les infractions suivantes.
 
La définition de tenue vestimentaire inappropriée pour les hommes dans cet article est la suivante : « Porter des vêtements qui contredisent la décence publique, comme des vêtements révélateurs ou des vêtements qui exposent une partie du corps en dessous de la poitrine ou au-dessus du mollet ou de l’épaule. » Bien que ce type de tenue vestimentaire pour hommes ne puisse pas être uniquement attribué aux hommes homosexuels, la criminalisation de la libre expression de genre cible clairement cette section de la société en raison du genre associé aux hommes.
 
Le même article définit la tenue vestimentaire inappropriée des femmes en public comme suit : « Porter des vêtements qui violent la décence publique, tels que des vêtements serrés ou transparents, ou des vêtements qui exposent des parties du corps sous le cou, au-dessus des chevilles ou au-dessus des avant-bras ».
 
La République islamique mobilise également d’autres pans de la société contre les femmes et la communauté homosexuelle en imposant des amendes et en fermant les entreprises qui fournissent des services aux personnes sans hijab ou considérées comme « mal voilées ».
 
Selon l’article 41, « les propriétaires d’entreprises, de professions et de lieux de travail virtuels ou non virtuels qui encouragent l’absence de hijab sur leur lieu de travail » seront passibles d’amendes de troisième degré ou seront tenus de payer trois mois de bénéfices de leur entreprise et, à la discrétion du juge, seront interdits de quitter le pays pendant six mois à deux ans.
 
Ce projet de loi définit également des sanctions pour les personnalités influentes sur les réseaux sociaux, précisant que les personnalités éminentes qui militent dans le domaine des libertés liées à l’habillement seront confrontées à de nouvelles formes de criminalisation.
 
L’article 43 stipule : « Si une personne ayant une renommée ou une influence sociale commet des délits liés à cette loi dans des espaces virtuels ou non virtuels, en plus d’être condamnée à la peine prévue, elle sera condamnée à une amende de deuxième degré ou à 10 % de son patrimoine total (à l’exclusion des dettes exonérées), selon le montant le plus élevé, et à une interdiction d’activités professionnelles ou professionnelles pendant six mois à cinq ans ». À la discrétion du juge, il peut également lui être interdit de quitter le pays pendant deux ans, de mener des activités publiques dans les espaces virtuels pendant six mois à deux ans et de supprimer les contenus antérieurs qui violaient la loi, avec révocation de toutes les réductions, exemptions et privilèges accordés.
 
L’escalade des sanctions contre les personnalités influentes opposées au hijab obligatoire vise clairement à réprimer le mouvement qui a émergé après l’assassinat de Jina Amini, un mouvement qui s’est propagé en raison des réactions et de la solidarité de nombreuses personnalités éminentes contre le hijab obligatoire.
 
Dès le début de sa formation, la République islamique a mobilisé la société patriarcale iranienne contre les femmes et la communauté homosexuelle.
 
La criminalisation de la vie et de la libre expression des femmes et des minorités sexuelles et de genre commence par la question des vêtements et de la libre expression du genre et va jusqu’à la criminalisation complète de la vie humaine dans la communauté homosexuelle. La marginalisation économique des femmes est observable non seulement à travers l’indice d’écart entre les sexes de 143 pour l’Iran parmi 146 pays dans le monde, mais aussi à travers les statistiques très faibles d’emploi des femmes, qui atteignent un maximum de 18 pour cent, et le manque de statistiques précises sur la situation économique de la communauté homosexuelle en Iran, qui vit dans un état de pathologisation et de criminalisation absolue, est une autre manifestation de la marginalisation économique de ces deux sections de la société ; qui constituent plus de la moitié de la société.
 
L’organisation Hengaw (…) considère que l’intensification des crimes économiques et sécuritaires liés au port obligatoire du hijab fait partie de la consolidation de l’apartheid sexuel en République islamique. Hengaw condamne fermement cette action de la République islamique et appelle la communauté internationale des droits de l’homme à qualifier la République islamique de régime d’apartheid sexuel.
 
Hengaw appelle également les organisations internationales travaillant dans le domaine du droit international à inclure la définition de l’apartheid de genre dans le système juridique international et à classer sous ce titre les régimes comme la République islamique, qui discriminent systématiquement et légalement les femmes et la communauté homosexuelle, de la criminalisation aux meurtres commandités par l’État. (Hengaw)