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KURDISTAN. Décès de la femme politique kurde Berivan Kutlu

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TURQUIE / KURDISTAN – Berivan Kutlu, ancienne co-maire de Cizre et militante du mouvement féministe kurde TJA, est décédée dans un hôpital d’Adana des suites d’une grave maladie. Ses obsèques auront lieu mardi à Silopi.

a femme politique kurde Berivan Kutlu est décédée à l’âge de 44 ans. Selon des sources proches de sa famille, l’ancienne co-maire de Cizre a succombé à un cancer lundi dans le service d’oncologie de l’hôpital public Balcalı d’Adana, dans le sud de la Turquie. Mme Kutlu était soignée pour un cancer du sein depuis environ cinq mois. Ses obsèques auront lieu mardi à Silopiyah, dans la province de Şırnak.

Berivan Kutlu est née en 1981 dans le village de Navyan, près de Şirnex. Depuis le début des années 2000, elle milite au sein des partis politiques kurdes, notamment au HADEP. Lors des élections locales de 2014, elle a été élue co-maire de la municipalité de Dêrgul (Kumçatı), mais a perdu son mandat en 2017 suite à la mise en place d’une administration provisoire.

Lors des élections locales de mars 2019, Kutlu a été élue co-maire de Cizîr, mais a ensuite été destituée par décret d’État. Plus récemment, elle s’est présentée comme candidate tête de liste du parti DEM aux élections locales de mars 2024 pour la mairie de Şirnex.

En mars 2021, Berivan Kutlu a été condamnée à plus de sept ans de prison  lors du procès dit « KCK de Silopiya » pour appartenance présumée au PKK. Quelques mois auparavant, elle avait été agressée  à son domicile par des agents masqués d’une unité spéciale de police. Outre son engagement politique, Kutlu était également active au sein du mouvement féministe kurde Tevgera Jinen Azad (TJA). (ANF)

IRAN. La police iranienne a abattu un civil kurde

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IRAN / ROJHILAT – Hier, la police iranienne a abattu un civil kurde du nom Milad Karami à l’entrée de la ville de Tekab, signale l’ONG de défense des droits humains Hengaw. 

Milad Karami, un Kurde originaire de Sanandaj (Sine), a été abattu par la police iranienne à l’entrée de Tekab. Des images reçues par Hengaw montrent que les forces de sécurité ont tiré directement sur sa poitrine.

D’après les informations obtenues par l’ONG Hengaw, Karami, 39 ans, père de deux enfants originaire de Sanandaj, a été mortellement abattu vers midi 16 novembre 2025 par des policiers en poste au point de contrôle à l’entrée de la ville.

Selon une source bien informée, les policiers ont ouvert le feu sur le véhicule Pride de Karami. Ce dernier a été tué, et son passager, Mokhtar Gudarzi, a été blessé et placé en garde à vue.

Deux frères kurdes de Khoy, Khalis Parvizi et Yousef Parvizi, ont également été abattus dans la zone frontalière de Qotur le samedi 15 novembre par les forces de l’Organisation du renseignement, et tous deux sont morts sur les lieux.

IRAN. Le Kurdistan oriental frappé par une crise de l’eau

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IRAN / ROJHILAT – Le Kurdistan de l’Est est menacé par une catastrophe imminente à cause de la sécheresse extrême qui sévit dans l’ouest de l’Iran, signale l’agence kurde ANF. Le lac Ourmia (Ûrmiyê) est presque rayé de la carte, les sources d’eau sont à sec et les villages se vident de leurs habitants. Les experts mettent en garde contre une crise existentielle aux conséquences irréversibles.

L’une des pires sécheresses de l’histoire de l’Iran menace le Kurdistan oriental (Rojhilat) et l’ensemble du bassin versant d’Urmia (Ûrmiye) de catastrophes écologiques et sociales. Selon des données récentes d’institutions spécialisées et d’organisations internationales, la forte diminution des précipitations, la mauvaise gestion de l’eau et des années de négligence politique sont les principaux facteurs de l’aggravation de cette crise.

Les précipitations ont diminué jusqu’à 90 %, l’agriculture est à bout de souffle.

Dans plusieurs provinces du Kurdistan oriental – notamment Sînê, Saqqez, Bokan et Hawraman– les précipitations ont diminué jusqu’à 90 % par rapport à la moyenne de long terme. Dans certaines régions, les cumuls mensuels sont inférieurs à deux millimètres, selon les rapports du ministère iranien des Ressources en eau. La moyenne nationale est d’environ 56 millimètres.

Les conséquences sont dramatiques : la production agricole est quasiment à l’arrêt, les rivières sont à sec et, dans de nombreux villages, le niveau des nappes phréatiques est descendu en dessous des seuils critiques. L’eau potable n’est souvent distribuée que par camion-citerne, fréquemment avec plusieurs jours de retard.

Le lac Ûrmiye s’est presque asséché.

La situation du lac Ûrmiye est particulièrement préoccupante. Autrefois le deuxième plus grand lac salé du monde, il couvrait environ 5 000 kilomètres carrés, soit dix fois la superficie du lac de Constance. D’après de récentes images satellites de la NASA, le lac est aujourd’hui presque entièrement asséché. Son niveau d’eau a baissé d’environ 95 % par rapport aux années 1970, et de vastes portions de son bassin se sont transformées en désert de sel.

 

La principale cause serait la construction de dizaines de barrages sur les affluents du lac, notamment sur les rivières Zarrineh et Simineh, qui fournissent à elles seules plus de la moitié de l’approvisionnement en eau du bassin d’Ûrmiye. Des sources scientifiques recensent une cinquantaine de barrages dans le bassin versant, dont certains ont de graves conséquences sur la disponibilité de l’eau.

Les tempêtes salées, une nouvelle menace

Avec l’assèchement du lac, un nouveau problème de santé publique et environnemental se pose : les tempêtes de sel. La poussière de sel, soulevée par le vent, se dépose sur les terres agricoles, réduisant la fertilité des sols et aggravant les maladies respiratoires, notamment chez les enfants. Selon des études sanitaires menées dans la région, le nombre de cas d’asthme et d’allergies est en forte augmentation.

Perte des moyens de subsistance agricoles et émigration

L’agriculture représente environ 92 % de la consommation d’eau de l’Iran. Au Kurdistan oriental, région déjà structurellement défavorisée, la crise frappe particulièrement durement les petites exploitations agricoles. Le bétail est vendu, le matériel agricole abandonné et les champs laissés en jachère. Dans de nombreux villages, les jeunes, notamment ceux âgés de 18 à 35 ans, ont déjà émigré, principalement vers Sînê (Sanandaj), Merîwan et Bokan. Certains villages sont complètement désertés pendant l’été, et leurs habitants ne reviennent qu’à la saison des pluies. Les sociologues parlent de « désintégration du tissu social » et de perte de continuité culturelle.

Répartition inégale de l’eau due à des raisons politiques

Outre la crise climatique, les organisations locales dénoncent les inégalités structurelles dans la répartition des ressources en eau. Alors que les centres urbains et les grandes entreprises publiques sont privilégiés, les villages kurdes ne reçoivent souvent que les miettes.

Des études menées par des centres de recherche internationaux, dont l’Institut international de l’eau de Stockholm (SIWI), confirment que la distribution de l’eau suit des priorités politiques et économiques, les régions minoritaires comme le Kurdistan oriental étant systématiquement désavantagées.

Les organisations internationales mettent en garde contre un effondrement

D’après des analyses conjointes de la Banque mondiale et du Programme des Nations Unies pour l’environnement, le niveau des nappes phréatiques dans les bassins du nord-ouest de l’Iran, notamment à Ûrmiye, baisse de plus d’un mètre par an. Dans certaines régions de l’est du Kurdistan, le taux de salinisation et de désertification des sols dépasse déjà 40 %.

Une étude de l’Université d’Oxford met en garde contre un point de basculement qui s’accélère : l’effondrement complet de l’écosystème d’Ûrmiye pourrait avoir des conséquences considérables s’étendant jusqu’à 100 kilomètres – allant de pertes de récoltes à grande échelle à des exodes forcés liés au climat.

La réhabilitation a échoué, le gouvernement reste inactif

Bien que le gouvernement iranien ait annoncé un programme de sauvetage du lac Ûrmiye dès 2016, aucun progrès concret ne s’est concrétisé. Selon les chiffres officiels, seulement 35 % environ des fonds promis ont été effectivement utilisés. Plus des deux tiers des mesures prévues restent à ce jour lettre morte.

Revendications : Accès à l’eau, participation locale, aide internationale

Les militants écologistes et les communautés locales réclament des réformes urgentes : une répartition équitable des ressources en eau, l’inclusion des acteurs locaux dans l’élaboration des politiques de l’eau, la transition vers des systèmes d’irrigation modernes et la mise en œuvre intégrale des programmes de protection et de réhabilitation. Sans une réorientation structurelle, préviennent les experts, une grande partie du Kurdistan oriental ne sera plus habitable de façon permanente d’ici 2035. (ANF)

TURQUIE. Le kurde entre enfin dans les procès-verbaux du parlement turc

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TURQUIE – Pour la première fois de l’histoire moderne turque, des mots kurdes prononcés par deux députés du DEM Parti ont été inclus dans les procès-verbaux du parlement turc. Jusqu’à présent, la langue kurde était qualifiée de « langue inconnue » ou « langue X » dans les dédits procès verbaux.

 
 
 
Les discussions sur le projet de loi de finances central pour 2026 se poursuivent au sein de la Commission parlementaire de la planification et du budget. Aujourd’hui, la commission examinait les budgets du ministère de l’Intérieur et de ses services rattachés.
 
Lors des réunions, Mehmet Rüştü Tiryaki, du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti), a réagi en pointant du doigt les administrateurs nommés dans les villes kurdes et leurs agissements. Il a également signalé que le nom kurde de la municipalité de Halféti (« Şaredariya Xalfetî ») avait été retirée du compte de presse en ligne de la municipalité d’Urfa / Halfeti.
 
Les mots kurdes, « Şaredariya Khalfeti » prononcés par Tiryaki ont été consignés dans le procès-verbal de la commission comme étant kurdes. Auparavant, le Parlement avait noté les mots kurdes par « (…) » ou « mots non turques ». Or, cette fois-ci, il a inclus des mots kurdes. C’était la première fois que le Parlement incluait des expressions kurdes dans son procès-verbal.
 
De plus, le slogan « Jin jiyan azadî » (femme, vie, liberté), qui figurait dans le discours prononcé par la députée du parti DEM Urfa (Riha), Dilan Kunt Ayan, n’a pas été inclus, tandis que les expressions « Jin kart » (carte femme) et « Xale Behçet » (oncle Behçet) ont été incluses dans le procès-verbal. (Agence Mezopotamya)

TURQUIE. Savaş Çelik : Un otage kurde torturé et détenu injustement

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TURQUIE / KURDISTAN – Enlevé au Liban et torturé pendant trois mois, l’otage kurde Savaş Çelik n’est toujours pas libéré, même si toutes les accusations portées contre lui se sont révélées infondées, signale l’agence ANF.

Savaş Çelik a d’abord été arrêté au Liban, puis remis à l’Organisation nationale du renseignement turc (MIT). Pendant trois mois, il a été détenu dans un lieu inconnu, sans qu’aucun document officiel ne soit établi, et soumis à des tortures intenses et systématiques. Bien que des documents officiels aient par la suite affirmé qu’il avait été appréhendé « par hasard » par des gendarmes lors d’un contrôle routier à Muş, le ministère de l’Intérieur a annoncé publiquement qu’il avait en réalité été capturé à l’étranger lors d’une opération du MIT.

Lorsque Savaş Çelik a été arrêté par les autorités libanaises et remis au MIT, c’était en avril 2022. Cependant, dans un communiqué diffusé par l’agence Anadolu, le MIT a affirmé que Çelik avait été appréhendé en juillet lors d’un contrôle routier à Muş. Ce qui lui est arrivé durant les trois mois de détention et les traitements illégaux qu’il a subis n’ont été révélés qu’à l’ouverture de son procès.

La vie de Savaş Çelik a basculé après l’attaque contre le major de la gendarmerie Arslan Kulaksız le 27 juillet 2015 à Muş. Çelik figurait parmi les personnes interpellées lors de la première vague d’opérations menées suite à cet incident. Libéré après l’enquête préliminaire, il a néanmoins continué à être harcelé par des soldats.

Sous la pression des soldats et des gardes du village, Çelik partit pour la Syrie avec sa famille. Après un séjour sur place, il se rendit au Liban dans l’intention de rejoindre l’Europe. Durant son séjour au Liban, il fut arrêté par la police libanaise pour « vol ».

Sa famille avait d’abord été informée de sa libération imminente. Or, il s’est avéré par la suite que les autorités libanaises l’avaient secrètement remis à des membres du MIT. Trois mois après cette remise, en avril 2022, le MIT a fait publier dans la presse un article intitulé : « Le dernier auteur de l’attentat contre le major Kulaksız a été capturé. »

Mais qu’est-il arrivé à Çelik pendant ces trois mois où personne n’a eu de ses nouvelles ?

Des mois de torture qui ont commencé au Liban et se sont poursuivis en Turquie

Les tortures infligées à Savaş Çelik ont ​​commencé au Liban. La police libanaise l’a soumis non seulement à des coups et à des sévices psychologiques, mais aussi à des manipulations. Pendant les 24 jours de sa détention au Liban, Çelik a été systématiquement exposé à des violences physiques.

Le 24 avril, à l’aéroport de Lebanon, il a été remis aux membres du MIT, les mains et les yeux liés.

Les séances de torture s’intensifièrent une fois qu’il fut emmené en Turquie. Après avoir été transféré par le MIT vers un lieu inconnu, Çelik subit d’abord des pressions pour devenir un informateur, mais il refusa.

Il a décrit plus tard cette période à ses avocats, en disant : « Ils m’ont fait pression pour que je devienne un informateur. Ils ont dit que si je refusais, ils commenceraient un processus de torture en cinq étapes. »

Le processus de torture, décrit par le MIT comme étant en « cinq étapes », s’est poursuivi pendant trois mois. Ce qui avait commencé par des coups s’est intensifié de jour en jour.

D’après son témoignage, durant ces trois mois, il a subi d’extrêmes tortures physiques et psychologiques. Il a raconté avoir été jeté à terre dans l’avion, les yeux bandés, et roué de coups par des membres du MIT. Il a été détenu dans une cellule, les mains et les yeux liés, privé de nourriture pendant de longues périodes et d’accès à l’hygiène et aux toilettes, ce qui l’a contraint à se soulager dans sa cellule.

Il a déclaré avoir subi des traitements dégradants et inhumains, notamment des menaces de viol contre sa famille, des décharges électriques sur différentes parties du corps et des tortures à l’aide d’eau sous pression. Il a également affirmé avoir été enchaîné lors des interrogatoires.

Çelik a déclaré à ses avocats que des médecins étaient venus périodiquement pendant ces mois, mais qu’au lieu de lui prodiguer des soins, ils l’avaient également battu, insulté et avaient participé aux sévices.

Les tortures n’ont pas cessé après la fin de l’interrogatoire mené par le MIT. Lors d’une remise simulée, lorsque le MIT a livré Çelik aux forces de gendarmerie de Muş, il a subi de nouvelles violences physiques et des insultes à l’intérieur du véhicule de transport, pendant son transfert au tribunal et à l’hôpital.

Bien que ses avocats aient insisté pour obtenir des rapports médicaux attestant des actes de torture, les autorités ont refusé tout traitement jusqu’à ce que les marques sur son corps disparaissent. Lorsqu’il a été transféré à l’Institut de médecine légale, la plupart des traces de torture avaient disparu. Le rapport précisait néanmoins : « Il n’y a pas de signes visibles de torture ; cependant, le temps écoulé depuis les faits présumés doit être pris en compte. »

Un homme que tous accusaient, mais que personne ne connaissait vraiment.

Plusieurs actes d’accusation furent dressés contre Savaş Çelik : l’un pour le meurtre du commandant Arslan Kulaksız, un autre pour enlèvement au profit d’une organisation, et un troisième fondé sur des appels téléphoniques. Des dizaines de personnes citées dans ces actes d’accusation furent entendues comme témoins ou suspects. Pourtant, au moment où le procès commença, presque tous ceux qui avaient précédemment témoigné contre Çelik modifièrent leurs déclarations.

Dans les trois actes d’accusation, y compris dans l’affaire principale concernant le meurtre du commandant Kulaksız, les personnes ayant témoigné ont clairement indiqué au tribunal qu’elles ne connaissaient pas Çelik. Les rares personnes qui prétendaient le connaître n’ont pu présenter aucune preuve concrète le reliant aux crimes présumés.

Dans l’affaire Major Kulaksız, Sibel Kulaksız, présente sur les lieux de l’attaque et aux côtés de son mari au moment de son décès, n’a pas identifié Çelik dans ses premières déclarations. Malgré des tentatives répétées pour obtenir son identification, elle a continué d’affirmer ne pas le reconnaître. Malgré les demandes insistantes de la défense, le tribunal n’a toujours pas officiellement enregistré son témoignage.

Presque toutes les personnes mises en cause dans l’acte d’accusation ont prouvé qu’elles se trouvaient ailleurs au moment des faits.

Le second acte d’accusation reprochait à Çelik « enlèvement et agression commis au nom d’une organisation ». Le scénario était identique à celui de la première affaire. Nombreux furent ceux qui, ayant initialement témoigné, avouèrent par la suite devant le tribunal avoir fait des déclarations sous la contrainte. Les contradictions dans les témoignages de ceux qui affirmaient l’implication de Çelik restèrent insolubles et, comme lors du premier acte d’accusation, la plupart finirent par déclarer ne pas le connaître.

Le troisième acte d’accusation reposait sur des conversations téléphoniques. Bien que l’accusation ait tenté d’utiliser ces appels comme preuve d’appartenance à une organisation, les personnes avec lesquelles Çelik avait parlé ont comparu devant le tribunal et ont témoigné que les conversations portaient sur des sujets courants et quotidiens. Leurs déclarations ont par ailleurs mis en évidence le manque de fondement de l’acte d’accusation.

Une « organisation illégale » où tout le monde semble se connaître.

Un autre point frappant des actes d’accusation est que, dans les trois cas, les personnes qualifiées de « membres de l’organisation [PKK] » ou de « complices de l’organisation » étaient des personnalités bien connues de la région. Selon les trois actes d’accusation, presque tout le monde, y compris les villageois, connaissait les individus accusés d’appartenir à l’organisation. Dans le premier acte d’accusation, il est même affirmé que la quasi-totalité de la ville de Muş était au courant du complot d’assassinat présumé contre le commandant Kulaksız ; pourtant, tous ont déclaré l’avoir seulement « entendu par hasard » ou l’avoir simplement « lu dans la presse ».

Trois mises en accusation et 78 audiences en trois ans

Depuis juillet 2022, trois actes d’accusation distincts ont été déposés contre Savaş Çelik. Au total, 78 audiences ont eu lieu dans le cadre de ces affaires. Bien que les avocats de la défense aient systématiquement réfuté les accusations à chaque audience, de nouvelles charges ont été ajoutées à plusieurs reprises. Presque tous les incidents survenus entre 2014 et 2015 sont imputés à Çelik. Dans la seule affaire du major Kulaksız, 12 personnes, dont des gardes du village, un chef de la garde et un soldat, sont actuellement jugées. (ANF)

KURDISTAN. Les guérilleros kurdes se retirent de la région de Zap

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IRAK / KURDISTAN – Le PKK a retiré ses forces d’une zone militairement sensible de la région de Zap. L’objectif est de minimiser les risques d’affrontements et de contribuer à la résolution de la question kurde.

Le mouvement de libération kurde (nouveau nom du PKK) a redéployé ses combattants d’une zone particulièrement touchée par le conflit dans la région de Zap. Comme l’a annoncé la direction du mouvement lundi, l’opération est terminée. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de désescalade et de promotion d’une solution à la question kurde.

Le communiqué indiquait que ce redéploiement avait totalement éliminé tout « risque réel d’affrontements militaires ». Les forces avaient été transférées vers des « régions alternatives appropriées ». Lors d’une conférence de presse tenue environ trois semaines auparavant, en présence de 25 combattants ayant quitté le territoire turc, le mouvement kurde avait déjà annoncé son intention de procéder à des « ajustements » en conséquence dans les régions frontalières où un risque d’escalade existait.

« Par cette mesure, nous apportons une contribution concrète au processus de paix et d’instauration d’une société démocratique initié par Abdullah Öcalan », poursuit le communiqué. Elle est perçue comme un signe de détermination à trouver une solution politique à la question kurde et à démocratiser la Turquie.

Lors d’une conférence de presse le 26 octobre, le mouvement kurde a annoncé le retrait de ses unités de guérilla armées des zones frontalières avec la Turquie vers les zones de défense de Medya, au Kurdistan du Sud. Cette nouvelle annonce est considérée comme une étape supplémentaire dans ce processus. (ANF)

ROJAVA. Les gangs de la Turquie chassent les Kurdes de Girê Spî et de Serê Kaniyê

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie et ses gangs consolident leur présence en « achetant » les propriétés des personnes déplacées de Ras al-Aïn / Serê Kaniyê et de Tal Abyad/Gire Spi par l’invasion turque, signale l’agence kurde ANHA.

Six ans après l’occupation de Ras al-Aïn / Serê Kaniyê et de Tal Abyad/Gire Spi, les violations des droits des civils se poursuivent. Des bombardements aveugles ont forcé des milliers d’habitants à se réfugier dans les zones sécurisées de l’Administration autonome, où ils sont dispersés dans les camps de Washokani et de Ras al-Aïn. L’avocat Mahmoud Jamil, porte-parole du Comité des personnes déplacées de Ras al-Aïn, a détaillé ces violations.

Jamil a expliqué que lorsque les personnes déplacées ont été contraintes de se réfugier dans les zones sécurisées sous l’autorité de l’Administration autonome, elles ont abandonné leurs maisons et leurs biens, mais ont emporté les documents attestant de leur propriété. Aujourd’hui, par l’intermédiaire d’agents turcs, des mercenaires contactent les habitants déplacés de Ras al-Aïn et des villages environnants afin de les forcer à vendre leurs maisons et leurs biens, mais ces derniers résistent et refusent de vendre.

Mahmoud Jamil a expliqué qu’après l’échec de ses plans d’occupation, l’occupation turque et ses mercenaires ont eu recours à de nouvelles manœuvres. Il a déclaré : « Nous avons averti et informé notre peuple des politiques d’occupation et de ses tentatives de changement démographique dans notre région. Cependant, ils ont mis en place un nouveau système d’achat et de vente. »

Cette fois-ci, ils contactent les habitants de Ras al-Aïn, notamment les Kurdes, par l’intermédiaire de responsables communautaires et cherchent à les inciter à vendre leurs maisons et leurs biens. Cependant, les habitants déplacés de Ras al-Aïn, et même ceux qui y sont restés, ne se sont pas laissés berner par cette arnaque. Il a ajouté : « D’après les informations que nous avons reçues, ils ont contacté dix familles pour leur proposer des sommes importantes pour racheter leurs maisons et leurs biens, mais ces dernières ont refusé de vendre. »

Les maisons et les biens des personnes déplacées ne peuvent être vendus car les documents et les contrats sont en leur possession.

Il a souligné que les personnes déplacées avaient emporté tous leurs papiers d’identité et que, par conséquent, ce qui se passe dans la région est illégal et illégitime. Tous les documents sont en leur possession, et les familles des mercenaires se partagent les maisons et les terres des déplacés, sans que ces derniers n’aient à vendre les leurs. Ces transactions sont donc totalement illégales. « Dans les zones occupées, le processus de transformation démographique se poursuit sans cesse. »

 

Jamil a expliqué que l’État occupant turc et ses mercenaires savent que les personnes déplacées retourneront un jour chez elles et tentent donc de racheter leurs maisons et leurs biens pour les empêcher de revenir. En vendant leurs propriétés, les personnes déplacées deviennent des collaborateurs de l’État turc et de ses mercenaires. Moins il y a de Kurdes à Ras al-Aïn et dans ses villages, plus le processus de modification démographique leur est facile. Par ce plan, ils tentent de légitimer leur occupation de Ras al-Aïn et de poursuivre ce processus.

Mahmoud Jamil a conclu sa déclaration ainsi : « Nous parcourons la population pour l’avertir et la sensibiliser. Nous n’abandonnerons jamais nos foyers et nos biens, et nous continuerons d’attendre un retour en toute sécurité, car l’espoir est un droit légitime et certain. » (ANHA)

SYRIE. Des terroristes tuent un membre des Asayishs à Deir ez-Zor

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SYRIE / ROJAVA – Les forces de sécurité intérieure (en kurde : Asayîş) ont annoncé qu’un de leurs membres avait été tué lors d’une attaque armée menée par un groupe « terroriste » dans la campagne de Deir ez-Zor.

Le commandement général des forces de sécurité intérieure du nord et de l’est de la Syrie a publié aujourd’hui un communiqué annonçant qu’un de ses membres a été tué lors d’une attaque armée dans la ville de Moheimida, dans le canton de Deir ez-Zor. 

Le communiqué a déclaré que : « Ce matin, à dix heures précises, l’un de nos membres a été la cible de plusieurs tirs d’un groupe terroriste alors qu’il rentrait chez lui par l’autoroute dans la ville de Moheimida, ce qui a entraîné sa mort.

Nos forces ont lancé des enquêtes et commencé à recueillir les preuves nécessaires pour identifier les auteurs de ces actes et les traduire en justice. Le commandement général des forces de sécurité intérieure réaffirme son engagement à protéger la sécurité de la région et à garantir la sûreté des citoyens. De tels crimes odieux ne sauraient ébranler la détermination de nos hommes ni leur devoir de préserver la stabilité. »

Le commandement des asayishs a appelé tous les citoyens à rester vigilants et à coopérer avec les forces de sécurité en fournissant toute information susceptible d’aider à identifier les auteurs de ces actes et à assurer le maintien de la sécurité et de la stabilité dans la région, réaffirmant son engagement constant à protéger la communauté et à préserver la paix civile. (ANHA)

PARIS. La diaspora kurde commémore Ahmet Kaya

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PARIS – Cet après-midi, la communauté kurde s’est recueillie sur la tombe du chanteur kurde Ahmet Kaya à l’occasion du 25e anniversaire de sa disparition.

La cérémonie d’hommage a débuté avec le discours de Gulten Kaya, veuve d’Ahmet Kaya. Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris, a de son côté rappelé la résistance artistique d’Ahmet Kaya dont les chansons sont très écoutées par toutes les générations de Kurdes, 25 ans après sa disparition.

Gulten Kaya et Kendal Nazan

Après les discours de Kendal Nazan et de Madame Kaya, Nuarîn et Deza Amed ont salué l’œuvre et la résistance d’Ahmet Kaya au nom du centre culturel kurde de Paris, avant de chanter avec leurs camardes deux chansons de Kaya…

Nuarin et Deza Amed
Musiciens du Centre culturel kurde de Paris

Le 16 novembre 2000, le chanteur kurde, Ahmet Kaya décédait en exil à Paris, à des milliers de kilomètres de son pays natal (Kurdistan). Quelques jours après son décès, des milliers de Kurdes étaient venus de toute l’Europe faire leurs adieux à Ahmet Kaya au cimetière de Père Lachaise, situé dans le 20e arrondissement de Paris où d’autres Kurdes morts en exil, dont le cinéaste Yilmaz Guney, le politicien Abdul Rahman Ghassemlou, sont enterrés.
 
Le musicien Ferhat Tunç était parmi les nombreuses personnalités kurdes également présentes à la cérémonie d’adieux au légendaire musicien kurde, dont l’aura dépassait les frontières du Kurdistan et de la Turquie. Lors de la prise de parole, Tunç avait rendu un hommage vibrant à son collègue et compatriote mort en exil, loin de son pays chéri. Aujourd’hui, Tunç lui-même, comme tant d’autres artistes, intellectuels, universitaires, militants ou journalistes kurdes, est exilé en Europe pour les mêmes raisons qui ont chassé Ahmet Kaya de sa patrie…
 
Qui était Ahmet Kaya ?
 
Né le 28 octobre 1957 à Malatya, Ahmet Kaya était chanteur, écrivain et compositeur kurde, originaire d’Adiyaman.
 
Chanteur de la musique contestataire, Kaya a dédié sa courte vie à la paix et à la musique au milieux des persécutions étatiques en Turquie. Il se disait « Kurde de Turquie ».
Plusieurs des albums de Kaya ont battu des records de ventes. Avec plus de 20 albums, Kaya est de loin l’un des artistes les plus influents et les plus controversés contemporains en Turquie, qui s’était engagé sur des questions sociales et politiques.

Ahmet Kaya a dû fuir la Turquie pour avoir dit qu’il allait sortir un album en kurde. Il est mort à Paris en 2000. Une élégie « Ya beni sarsa memleket hasreti / Et si le mal du pays me prenait » raconte l’histoire de son agonie, de ses souffrances, de son désir pour son peuple et sa patrie dont il a été arraché.

Ahmet Kaya a payé cher son souhait de « chanter en kurde » lors d’une cérémonie de remise des prix en direct à la télévision en 1999. Les autorités turques ont lancé des poursuite à son encontre. Les journaux et les chaînes de télévision de tout le pays l’ont pris pour cible avec des informations fabriquées de toutes pièces le qualifiant de « traître » et de « terroriste ». Les médias turcs ont dépeint Kaya comme « faisant partie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour avoir déclaré qu’il était kurde.

 

La tombe d’Ahmet Kaya, avant sa profanation – Paris

 

La tombe d’Ahmet Kaya se trouve au cimetière parisien du Père-Lachaise, 71ème division, 1ère ligne face à la 72ème division.

IRAN. Les pasdarans tuent deux civils kurdes et volent les corps

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IRAN / ROJHILAT – Hier, les pasdarans ont tué Khalis Parvizi et Youssef Parvizi, deux frères kurdes originaires de Khoy, avec plus de 30 balles tirées sur leur véhicule. Ils ont ensuite pris les corps des victimes qui n’ont toujours pas été remis à leurs familles.

Deux frères kurdes originaires de la ville de Khoy, nommés Khalis Parvizi et Yousef Parvizi, ont été tués par des tirs directs du Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdarans ou CGRI).

Selon le rapport reçu par l’ONG Hangaw, le samedi 15 novembre 2025 au matin, Khalis Parvizi, 30 ans, et Yusif Parvizi, 40 ans, tous deux agriculteurs et pères de plusieurs enfants et résidents du village de Qanle dans la ville de Khoy, ont été tués par des tirs directs des forces de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran.

Selon une source bien informée proche des familles de Khalis et Yusif Parwizi, ces frères ont été pris pour cible par des tirs directs des forces Spah alors qu’ils circulaient à bord de leur véhicule à la frontière du district de Kotol, près de la ville de Khoy, et ont perdu la vie sur place.

Cette source a indiqué que les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique ont emporté les corps de ces deux jeunes hommes et que ces derniers n’ont pas encore été remis à leurs familles.

ROJAVA. L’AANES se montre optimiste après la visite d’al-Sharaa à Washington

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SYRIE / ROJAVA – L’administration arabo-kurde du Rojava, l’AANES se montre optimiste après la visite d’al-Charaa à Washington.

Yasser al-Suleiman, porte-parole du Comité de négociation de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), a déclaré dimanche à North Press que les responsables étaient optimistes quant aux résultats de la récente visite du président syrien de transition, Ahmad al-Sharaa, à Washington.

« Nous sommes optimistes quant aux résultats de la visite du président al-Sharaa à Washington, au cours de laquelle il a réaffirmé que le processus d’intégration devait être mené à terme sous la supervision directe des États-Unis », a déclaré al-Suleiman.

Al-Suleiman a souligné que l’AANES s’est toujours déclarée pleinement disposée à mettre en œuvre les dispositions de l’accord du 10 mars, qui définit l’intégration militaire, sécuritaire, administrative et civile dans un cadre d’unité nationale. « Nous n’avons jamais fait obstacle à sa mise en œuvre », a-t-il insisté. 

Il a ajouté que l’AANES reste attachée à tous les efforts visant à promouvoir l’harmonie et le consensus entre les Syriens, à protéger leurs droits et leur dignité, et à empêcher l’exclusion ou la marginalisation de toute composante de la population.

La semaine dernière, le président américain Donald Trump a reçu al-Sharaa à la Maison-Blanche. À l’issue de cette rencontre, al-Sharaa a déclaré au Washington Post que le moyen le plus efficace de faire progresser l’accord avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) était que les forces américaines en Syrie supervisent leur intégration aux institutions de l’État syrien. 

L’intégration des FDS aux institutions de l’État syrien a été un enjeu central des négociations politiques d’après-guerre. L’accord du 10 mars entre le gouvernement de transition syrien et l’AANES définit un processus progressif de fusion des structures militaires, sécuritaires et administratives afin de constituer un cadre national unifié.

Toutefois, sa mise en œuvre a été retardée par la méfiance politique, les intérêts régionaux concurrents et les divergences de vues quant à la future gouvernance de la Syrie. L’implication des États-Unis a longtemps été perçue comme un facteur de stabilisation, notamment en raison du partenariat militaire de Washington avec les FDS dans la lutte contre Daech.

La récente visite du président Ahmad al-Sharaa à Washington et son appel à une supervision américaine du processus d’intégration ont ravivé l’espoir, parmi les responsables de l’AANES, que l’accord puisse aller de l’avant.

L’AANES souligne que la réussite de l’intégration est essentielle à l’unité nationale, à la stabilité et à la prévention de nouveaux conflits dans tout le pays. (North Press Agency)

IRAN. Disparition forcée d’un civil kurde kidnappé par le régime il y a trois ans

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IRAN / ROJHILAT – Trois ans se sont écoulés depuis la disparition forcée d’Osman Mameh, un Kurde originaire de Bukan, arrêté lors du mouvement Femme, Vie, Liberté (Jin, Jiyan, Azadi). Durant cette période, aucune institution étatique n’a reconnu sa responsabilité dans sa disparition, et la vie de sa famille a été profondément bouleversée.

D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, Mameh, né en 1968 et père de deux enfants, a été arrêté lors du mouvement Femme, Vie, Liberté et figure depuis lors sur la liste des disparitions forcées en Iran.

Son fils, Ardalan Mameh, affirme que la réponse la plus récente des autorités sécuritaires et judiciaires iraniennes a été que « l’affaire relève du ministère du Renseignement », qui a refusé de fournir toute information supplémentaire.

Durant la même période, son épouse, Shahin Abdolghaderi, âgée de 54 ans, a été touchée par près de 300 plombs le 29 septembre 2022, en pleine vague de manifestations nationales. Elle souffre encore aujourd’hui de séquelles physiques et psychologiques à long terme.

Ardalan Mameh a également été blessé, touché par plus de 20 plombs tirés par les forces gouvernementales. Le retard dans sa prise en charge médicale a entraîné des séquelles durables.

La famille de Mameh a finalement été contrainte de fuir l’Iran, mais les pressions, les convocations et les tortures infligées par les services de sécurité continuent d’affecter leur vie.

Mameh n’a passé aucun appel téléphonique à sa famille, et aucun document, trace ou information officielle n’a émergé depuis son enlèvement par les forces de sécurité de la République islamique d’Iran.

Peu avant sa disparition, Mameh travaillait comme ouvrier agricole dans une ferme avicole de la ville de Dukan, dans la région du Kurdistan.

Mameh, un habitant de Bukan, a été enlevé par les forces de sécurité iraniennes le soir du 18 novembre 2022, alors qu’il rentrait chez lui. On ignore ce qu’il est advenu de lui.

La disparition forcée est reconnue comme un crime contre l’humanité. Elle se produit lorsqu’une personne est détenue par l’État ou des groupes politiques, puis cachée sans que sa famille ni le public ne soient informés de son sort ou du lieu où elle se trouve.