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SYRIE. Une délégation kurde va se rendre à Damas

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SYRIE / ROJAVA – Une délégation kurde va se rendre à Damas après l’Aïd pour discuter avec le régime syrien.

La délégation kurde, formée suite à la conférence « Unité des rangs et position kurde au Rojava », a publié un communiqué de presse mentionnant les noms de ses membres pour dialoguer avec les autorités de Damas, les partis internationaux et les entités kurdes. Qui sont donc les membres et les coprésidents de cette délégation ?

La délégation kurde qui doit se rendre à Damas après l’Aïd

Dans un communiqué de presse écrit, la coprésidence de la délégation kurde, formée sur la base de la décision de la conférence « Unité des rangs et position kurde au Rojava Kurdistan » tenue le 26 avril à Qamishlo, a révélé les noms des coprésidents et des membres de la délégation.

Selon le communiqué, la délégation a tenu sa réunion constitutive le 4 juin, à laquelle ont participé Mazloum Abdi, le commandant général des Forces démocratiques syriennes, Rohilat Afrin, et Ilham Ahmed, membre du bureau de la conférence.

Qui sont les membres et les coprésidents de la délégation et quels sont leurs rôles ?

Coprésidence : 

Barwin Yusuf, coprésidente du Parti de l’Union démocratique (PYD). 

Mohammad Ismail, président du Conseil national kurde en Syrie (ENKS).

Membres de la délégation : 

Aldar Khalil, membre du Conseil présidentiel du Parti de l’union démocratique (PYD). 

Rihan Loqo, porte-parole du Kongra Star. 

Ahmed Suleiman, secrétaire adjoint du Parti démocratique progressiste kurde en Syrie. 

Suleiman Oso, membre du Conseil présidentiel du Conseil national kurde en Syrie (ENKS). 

Salah Darwish, secrétaire du Parti démocratique progressiste kurde en Syrie. 

Nasruddin Ibrahim, secrétaire du Parti démocratique kurde en Syrie (Parti). 

Faisal Yusuf, porte-parole du Conseil national kurde en Syrie (ENKS).

ANHA

Mouvement des femmes kurdes : du groupe de filles à la confédération démocratique

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SYRIE / ROJAVA – Le parcours de la Confédération démocratique des femmes a connu de nombreuses phases, parallèlement au mouvement de libération kurde. Ce qui a débuté comme un petit groupe de jeunes femmes révolutionnaires s’est développé en un système structuré aujourd’hui connu sous le nom d’Union des femmes kurdes.

Ocalan et un groupe des femmes ayant rejoint le PKK

Le 27 février dernier, le leader Abdullah Öcalan, par l’intermédiaire d’une délégation du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples, a publié une déclaration historique intitulée « Appel à la paix et à une société démocratique ». Dans cette déclaration, il a exhorté le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à convoquer son congrès et à se dissoudre officiellement. Il a déclaré : « Le deuxième siècle de la République [turque] ne peut être marqué par l’unité et la continuité que s’il est couronné par la démocratie. Il n’y a pas d’autre voie que de rechercher et de mettre en œuvre des systèmes démocratiques. Le consensus démocratique est l’approche fondamentale. Dans ce processus, j’appelle à la fin de la lutte armée et j’assume la responsabilité historique de cet appel. »

Suite à cet appel, des discussions et des évaluations ont été lancées dans tout le Kurdistan et dans le monde. Le 1er mars, le PKK a annoncé un cessez-le-feu, tenu son 12e congrès du 5 au 7 mai, puis déclaré sa dissolution.

Le groupe des filles

En 1974, aux premiers stades de la formation du PKK, les femmes participaient aux efforts d’organisation, d’éducation et de promotion en tant que jeunes filles révolutionnaires. Le leader Abdullah Öcalan les appelait le « Groupe des filles ». Ces activités se déroulaient principalement à Dersim, Elazig, Marash, Dilok, Gulek, Gumgum, Riha, dans la région de Serhad et à Ankara.

26-27 novembre 1978 : Fondation du PKK

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a été officiellement fondé lors d’un congrès tenu dans le village de Fis, dans le district de Lice à Amed. Bien que 25 délégués aient été invités, seuls 22 étaient présents. Parmi eux, seules deux femmes ont participé au congrès fondateur : Sakine Cansız et Kesire Yildirim.

Suite à cela, plusieurs femmes éminentes – telles que Sakine Karakoçan, Bese Anuş, Sultan Yavuz, Rahime Kahraman, Hanım Yaverkaya, Sakine Kirmizitoprak et Saime Aşkan – ont continué la lutte pour la liberté aux côtés du PKK, s’organisant socialement, politiquement et structurellement.

Organisation des femmes kurdes

Lors du troisième congrès du PKK, il fut décidé de créer une structure féminine indépendante. Après les préparatifs initiaux, le congrès fondateur de l’Union des femmes patriotes kurdes (en kurde: Yekitiya Azadiya Jinên Kurdistan, YAJK)) se tint à Hanovre, en Allemagne, du 31 octobre au 1er novembre 1987, avec la participation de 80 déléguées.

Le 1er novembre 1993, sous la direction du chef Abdullah Öcalan, les forces féminines ont commencé à former leurs propres unités militaires. Dans le cadre de la transition vers une structure militaire indépendante, les femmes ont établi leurs propres bases militaires et ont commencé à participer aux opérations armées de manière autonome.

Mars 1995 : Premier Congrès des femmes et fondation du YAJK

Le 8 mars 1995, le premier congrès des femmes s’est tenu dans le quartier de Gulka à Metina. À cette occasion, l’Union des femmes libres du Kurdistan (en kurde: Yekitiya Azadiya Jinên Kurdistan, YAJK) a été officiellement créée et le premier conseil des femmes a été élu. La création de l’armée des femmes en 1995 a marqué une étape importante, offrant aux femmes une expérience et un élan précieux.

La formation du conseil a suscité un grand enthousiasme parmi les femmes. YAJK a redéfini ses activités et s’est restructuré directement en accord avec la philosophie et l’idéologie du leader Abdullah Ocalan, donnant naissance à une identité idéologique et organisationnelle claire pour les femmes.

Le leader Öcalan a posé les principes fondateurs de l’Union des femmes libres du Kurdistan : patriotisme, lutte, organisation et résistance. L’YAJK est née de l’expérience des femmes militarisées et a joué un rôle essentiel dans la consolidation de l’identité du mouvement des femmes kurdes.

Idéologie de la libération des femmes

Des Flammes de la Résistance à la Confédération Démocratique des Femmes

Le 8 mars 1998, le leader kurde, Abdullah Öcalan a officiellement proclamé l’idéologie de la libération des femmes lors d’un discours télévisé sur Med TV. Quelques jours plus tard, le 21 mars 1998, la grande révolutionnaire et militante Sema Yüce a mené un puissant acte de protestation alors qu’elle était emprisonnée à la prison de Çanakkale. Au mépris des politiques génocidaires visant le peuple kurde, elle s’est immolée par le feu en déclarant : « Je veux faire de mon corps un pont de feu du 8 au 21 mars. »

Elle succomba plus tard à ses blessures et fut martyrisée le 17 juin 1998.

Le leader Abdullah Öcalan a formulé l’idéologie de la libération des femmes comme fondement d’un nouveau modèle de révolution sociale menée par les femmes. Le 8 mars 1998, il en a défini les principes fondamentaux : patriotisme, intelligence, libre arbitre, organisation, lutte, éthique et beauté. Ces principes visaient à libérer les femmes, à transformer les hommes et à remodeler la société.

Femmes et organisation politique

Sur la base de cette idéologie, le Parti des femmes travailleuses kurdes (PJKK) a été créé entre le 1er et le 12 mars 1999. Il s’agissait du premier parti politique fondé par des femmes kurdes et marquait le début d’une nouvelle perspective dans la confrontation avec la civilisation patriarcale et ses pratiques systémiques.

Lors de son troisième congrès, qui s’est tenu du 29 juillet au 21 août 2000, le parti a changé de nom pour devenir le Parti des femmes libres (PJA). Cette transformation a coïncidé avec la création d’académies féminines, notamment l’Académie Zeynep Kınacı, afin d’approfondir et d’institutionnaliser le développement idéologique du pouvoir et de la libération des femmes.

Analysant les évolutions historiques, la civilisation étatique centralisée et les crises et désordres actuels, le dirigeant Öcalan a souligné que la démocratie européenne n’était pas issue d’un tel chaos. Il a donc appelé à la création d’une nouvelle civilisation démocratique et a souligné que celle-ci pouvait se concrétiser au Moyen-Orient par la résolution de la question kurde dans le cadre du projet « Un Kurdistan libre – Un Moyen-Orient démocratique ».

La force idéologique dominante

En 2004, le parti a été rebaptisé Parti pour la liberté des femmes du Kurdistan (PAJK). Son leader, Abdullah Öcalan, a décrit le PAJK comme une force nécessaire, produisant un contenu idéologique et philosophique et formant ses cadres en conséquence. Il a déclaré : « L’existence d’un parti qui éduque et organise autour de cette idéologie est essentielle à la lutte pour la liberté des femmes. »

Il a défini ses membres comme des femmes qui ne possèdent rien d’autre que la liberté et une vie libre, ajoutant : « Partout où des femmes libres existent et développent leur personnalité, une société libre émerge. »

Il a ainsi fermement établi le principe suivant : « La liberté de la société passe par la liberté des femmes. »

Création de la Confédération des femmes

Le 20 avril 2005, la Confédération des femmes a été créée sous l’égide de la Haute Assemblée des femmes (KJB). Cet organisme a regroupé des organisations de femmes du Kurdistan et de la diaspora. Au sein de la structure confédérale de la KJB :

Le PAJK fonctionne comme un corps idéologique,

Les Unités de Femmes Libres (YJA) servent de front d’organisation de masse,

Les Unités de Femmes Libres – Etoile (en kurde: Yekîneyên Jinên Azad ên Star, YJA-Star) et les organisations de jeunes femmes fonctionnent dans le domaine de la légitime défense.

Du 15 au 22 septembre 2008, le PAJK a tenu son congrès sous le slogan :

« La liberté du leader Abdullah Öcalan est la liberté des femmes. »

Ce congrès a produit une résolution puissante liant la libération des femmes à la libération d’Öcalan et a souligné les dimensions idéologiques de la lutte pour la liberté des femmes, aboutissant à des décisions stratégiques clés.

Visant à atteindre toutes les femmes du monde

En 2014, le Système des femmes kurdes (KJK) a été créé comme expression concrète du cadre organisationnel des femmes existant, dans le but de construire une organisation confédérale démocratique des femmes à travers le Kurdistan.

En élaborant un Contrat social des femmes, le KJK s’est efforcé de bâtir des organisations de femmes fondées sur des normes claires. Son combat était centré sur la transformation des mentalités dominantes et la diffusion de l’idéologie de la libération des femmes dans le tissu social.

KJK se considère comme responsable de la direction et de la mise en œuvre d’une stratégie d’unité nationale démocratique enracinée dans le confédéralisme démocratique pour les femmes – une vision qui place l’auto-organisation et la démocratisation sociale au cœur de sa mission. (ANHA) 

L’UE accordera des visas Erasmus+ aux étudiants syriens, dont ceux d’Idlib

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SYRIE / ROJAVA – L’ancien combattant internationaliste des YPG kurdes ayant combattu DAECH au Rojava, Karim Franceschi vient de partager une vidéo d’une conférence de presse coorganisée à Damas par la commissaire européenne Dubravka Suica et Assaad al-Chaibani, ministre des affaires étrangères avec le commentaire suivant:
 
« L’UE accorde des visas Erasmus+ aux étudiants fraîchement sortis des madrasas de style taliban d’Idlib… dirigées par un régime composé de restes d’Al-Qaïda et de l’EI.
 
Pendant ce temps, les écoles populaires du Rojava ou les coopératives dirigées par des femmes ne reçoivent rien.
 
Ça finira mal. Et ils le savent. »
 
 

SYRIE. Un Kurde kidnappé et torturé par un groupe armé qui exige une rançon

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SYRIE – Un jeune Kurde a été kidnappé par un groupe armé près de la frontière libanaise. Ses ravisseurs l’ont torturé et envoyé sa photo à la famille en exigeant une rançon pour sa libération.
 
 
Emine Cemil Mustafa, la mère d’Hamid Mihemed Beko, a déclaré que Hamid était parti au Liban pour travailler et qu’en rentrant à Alep, il avait été kidnappé par un groupe armé le 28 mai, et qu’ils exigeaient une rançon pour sa libération.
 
Traces de torture
 
La mère a expliqué que le groupe qui avait envoyé la photo d’Hamid, sur laquelle on voyait des traces de torture infligée mais qu’elle n’avait pas de l’argent demandé pour le faire libérer.
 
La mère d’Hamid a appelé les parties responsables et concernées à intervenir et à le libérer.
 
Hamid Mihemed Beko est père de quatre enfants. Originaire du village de Qîbarê à Afrin, il réside à Alep. (Welat Info) 

TURQUIE. Des familles des prisonniers kurdes soumises à des fouilles à nu

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TURQUIE / KURDISTAN – L’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) a fait une déclaration dans la ville d’Urfa concernant les violations des droits humains, notamment des fouilles à nu imposées aux proches des prisonniers politiques kurdes, lors des visites dans les prisons de la ville, exigeant l’ouverture d’une enquête.

Partageant le rapport de violation, le coordinateur de la commission pénitentiaire de la section ÖHD, Emre Çaylan, a souligné que les proches des prisonniers étaient soumis à des mauvais traitements, à des pratiques discriminatoires et à des fouilles portant atteinte à la dignité humaine lors des visites ouvertes et fermées. Çaylan a déclaré : « Les fouilles effectuées sur les prisonniers et les visiteurs du quartier masculin de la prison de type T n° 2 d’Urfa, condamnés ou détenus pour appartenance au PKK, mettent en lumière de graves allégations de violation des droits. » 

Çaylan a noté ce qui suit : « Des pratiques telles que le fait de dépouiller les femmes en visite de leurs sous-vêtements, de toucher leurs parties intimes et de leur retirer de force leur foulard constituent clairement un traitement dégradant et une violation de l’interdiction de la torture et des mauvais traitements. Retirer de force un foulard, vérifier les sous-vêtements, ouvrir les couches et toucher les parties intimes sont autant d’atteintes non consensuelles à la vie privée et au corps d’une personne. Les fouilles observées dans la pratique sont systématiques, arbitraires et disproportionnées. Le fait que 9 des 12 victimes interrogées étaient des femmes et que ces femmes aient été soumises à des inspections basées sur des éléments tels que leur foulard, leurs sous-vêtements et leurs épingles à cheveux est une indication claire de discrimination fondée sur le sexe. »

Le ministère de la Justice invité à agir 

Çaylan a souligné que les pratiques en question visaient à empêcher les opinions et a poursuivi ainsi : « Toutes les pratiques de fouille dans les prisons devraient être réorganisées conformément à la base légale, à la proportionnalité et au respect de la dignité humaine. Les fouilles à nu ou pratiques similaires devraient être complètement abolies et ne devraient être mises en œuvre que sur décision de justice et en dernier recours. Les pratiques discriminatoires à l’égard des femmes devraient cesser, les fouilles devraient être menées en tenant compte des différences de genre et uniquement par des agents du même sexe. Les fouilles ciblant les enfants devraient cesser immédiatement. Nous appelons toutes les institutions concernées, en particulier le ministère de la Justice, l’Institution turque des droits de l’homme et de l’égalité (TİHEK) et l’Institution du médiateur (KDK), à enquêter immédiatement sur ces violations et à appliquer les sanctions nécessaires. »

TURQUIE. Peines de prison pour six femmes politiques kurdes

TURQUIE / KURDISTAN – Six femmes politiques kurdes qui avaient participé aux protestations de 2019 contre la confiscation par le gouvernement de la municipalité de Wan ont été condamnées chacune à 1 an et 3 mois de prison.

Un tribunal de Van a condamné l’ancienne coprésidente de Wan, Yadişen Karabulak, Ayşe Minaz, Hatice Deniz Aktaş, Şehzade Kurt, Seher Kadiroğlu et Leyla Balkan, qui avaient protesté contre la nomination d’administrateurs à la tête des municipalités kurdes en 2019. L’audience finale de l’affaire portée contre l’accusation de « violation de la loi n° 2911 sur les réunions et manifestations » s’est tenue au 7e tribunal pénal de première instance de Van. Lors de cette audience, à laquelle les femmes jugées n’étaient pas présentes et leurs avocats étaient présents, le parquet a présenté son avis au tribunal demandant une peine.

Les avocats des femmes ont déclaré que la manifestation relevait de la liberté de pensée et d’expression et ont exigé que leurs clientes soient acquittées.

Après les plaidoiries de la défense, le tribunal a condamné les six femmes à un an et trois mois de prison chacune.

Le journal « Serxwebûn » met fin à 44 ans de publication

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Le journal du mouvement armé kurde, « Serxwebûn » (L’indépendance) a annoncé la fin de sa parution avec son 521e numéro, à la suite de la décision du PKK de se dissoudre et d’abandonner la lutte armée.

Dernier numéro de Serxwebûn
 
Ce choix marque la clôture d’un chapitre important du mouvement kurde, tout en ouvrant la voie à de « nouvelles formes de publication » dans la nouvelle période.
Le dernier numéro du journal consacre un dossier spécial au 12e et dernier congrès du PKK tenu du 5 au 7 mai 2025. Sous le titre « S’obstiner dans l’humanité, c’est s’obstiner dans le socialisme », il publie également le rapport politique présenté par Abdullah Öcalan, leader du peuple kurde, à cette occasion.
 
Fondé clandestinement en septembre 1978 au Kurdistan du Nord (Kurdistan de Turquie), Serxwebûn avait dès son premier numéro annoncé la fondation officielle du PKK. Associé aux figures emblématiques comme Mazlum Doğan, le journal a connu une première période de publication illégale avant d’être interrompu par le coup d’État militaire du 12 septembre 1980.
 
La deuxième vie de Serxwebûn a commencé en 1981 en Europe, où il a été publié légalement de manière mensuelle jusqu’en mai 2025, devenant une archive vivante de la résistance kurde, du combat des femmes, et du projet de modernité démocratique inspiré par Abdullah Öcalan.
 
Dans son éditorial intitulé « Un nouveau départ », le journal souligne qu’il met fin à sa publication par choix, en cohérence avec la transformation stratégique du mouvement. « Ce n’est pas une fin, mais le début de nouveaux moyens de lutte idéologique et médiatique », peut-on lire dans le texte.
 
Malgré des décennies de répression, d’interdictions et de pressions, Serxwebûn est resté un symbole de la lutte kurde révolutionnaire et une école de pensée pour les militants. Son héritage, assurent ses rédacteurs, continuera à vivre à travers de nouveaux médias adaptés à l’époque actuelle.
 
Maxime Azadî

Le KCDK-E exhorte l’ONU à mettre fin au blocus du camp de réfugiés de Makhmur

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Le KCDK-E a exhorté l’ONU et les institutions internationales à mettre fin au blocus du camp de réfugiés kurdes de Makhmur.

Le Congrès des sociétés démocratiques kurdes européennes (KCDK-E), dans une déclaration intitulée « Maxmur est la cible de destruction ; les résidents de Maxmur ne sont pas seuls », a déclaré que la Turquie, l’Irak et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) imposent conjointement un siège systématique au camp de Maxmur.

Le KCDK-E a déclaré qu’en prétextant le récent accord de sécurité signé entre l’Irak et la Turquie, les autorités ont bloqué l’accès à l’eau, à l’électricité, aux abris et aux services de santé dans le camp. Le communiqué précise : « L’accès aux besoins humanitaires fondamentaux est rendu impossible. »

Le KCDK-E a également rappelé que les forces de sécurité irakiennes ont « fréquemment encerclé le camp » et qu’une délégation de représentants du camp a été arrêtée de force.

Le KCDK-E a déclaré que le camp de Maxmur avait été établi en 1998 par des civils déplacés de force lors des évacuations de villages au Kurdistan du Nord dans les années 1990, et qu’il avait été placé sous la protection du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) la même année. La déclaration stipulait : « L’embargo imposé par l’État turc et le gouvernement irakien est inacceptable, d’autant plus que le camp reste sous la supervision des Nations Unies. » Le KCDK-E a souligné que, malgré le dépôt d’une plainte officielle par l’administration du camp auprès des Nations Unies, les problèmes ont non seulement persisté, mais se sont aggravés au fil du temps.

Le KCDK-E a souligné les revendications suivantes dans sa déclaration :

Levée du blocus : accès immédiat et sans entrave à tous les besoins de base, notamment l’eau, l’électricité et les services de santé.

Reconnaissance du statut de réfugié politique : Reconnaissance officielle des résidents du camp comme « réfugiés politiques ».

Intervention internationale : Appel à l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour qu’elle « remplisse son rôle » en avertissant formellement le gouvernement irakien et les autorités régionales.

Le KCDK-E a également appelé la communauté internationale, en particulier la diaspora kurde en Europe, à faire preuve de solidarité avec Maxmur. (ANF)

« Les femmes qui comprennent le sens de la guerre réussiront dans le processus de paix »

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TURQUIE / KURDISTAN – La députée kurde du DEM Parti, Beritan Guneş Altin a déclaré que « Les femmes sont celles qui comprennent le mieux le sens de la guerre, ce sont donc les femmes qui réussiront dans le processus de paix ».

Suite à l’appel « Paix et société démocratique » lancé par le leader Abdullah Ocalan le 27 février, divers segments de la société ont commencé à exiger de l’État turc qu’il agisse et mette en œuvre les mesures nécessaires, les organisations de femmes menant ce processus.

La députée du DEM Parti élue à Mardin, Bêritan Guneş Altin, qui a participé à la marche à Diyarbakir (Amêd) le 31 mai aux côtés de dizaines de milliers de femmes, s’est entretenue avec l’agence ANHA à ce sujet.

Bêrtan Guneş Altin a mentionné que l’appel à la paix et à une société démocratique a placé des responsabilités importantes sur les femmes, en déclarant : « Cet appel porte des messages importants pour les femmes, et nous nous battons sur cette base. »

Bêrtan Guneş Altin a souligné l’importance de la conférence parlementaire et de l’événement organisé par l’Alliance régionale démocratique des femmes pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (NADA), en déclarant : « Ce sont les femmes qui comprennent vraiment le sens de la guerre, ce sont donc les femmes qui réussiront dans le processus. »

Bêritan Guneş Altin a souligné l’importance de la conférence des femmes parlementaires : « La première conférence des femmes parlementaires kurdes, qui s’est tenue à Amêdî les 28 et 29 mai, a été d’une grande importance. Ce n’est pas la première fois que des parlementaires kurdes se réunissent ; des activités similaires ont déjà été organisées, avec la participation du Sud (Başur), du Nord (Bakur) et du Rojava. Malheureusement, le Rojhelat (Kurdistan oriental) n’était pas présent, mais son message a été lu. Nous avons eu d’importantes discussions sur la manière dont nous pouvons jouer notre rôle moteur dans les efforts d’unité, et l’objectif de créer un secrétariat pour les efforts d’unité des femmes a émergé. Comme le montrent les résultats, nous, les femmes, avons assumé d’importantes responsabilités, et nous espérons que ces conférences contribueront à l’unité et à la liberté du peuple kurde. »

Bêrtan Guneş Altin a mentionné que ces efforts visent à élargir la portée de la lutte internationale et ils évaluent la Conférence de NADA sur cette base.

Bêritan Guneş Altin a ajouté qu’Abdullah Öcalan avait déclaré lors de ses rencontres avec la délégation d’Imrali que la question des femmes était plus importante que la question kurde. Elle a conclu son discours en déclarant : « Nous pouvons affirmer que ce processus se déroule sur deux fronts : l’un sera un processus d’unité nationale et une lutte pour les droits identitaires du peuple kurde, et l’autre sera une lutte identitaire des femmes. Nous ne dissocions pas ces deux enjeux. Les femmes ont une fois de plus prouvé à tous qu’elles maintiendront la paix. Lors de la grande marche d’Amêdî, les femmes ont envoyé un message clair et ont salué l’île d’Imrali, montrant ainsi leur attachement à la paix. Les femmes sont les plus touchées par la guerre ; elles en comprennent donc mieux que quiconque le sens. Par conséquent, elles seront les pionnières de la paix et mèneront le processus à venir. » (ANHA)

TURQUIE. Des membres d’un groupe de musique kurde arrêtés brièvement

TURQUIE / KURDISTAN – Quatre membres d’un groupe de musique kurde ont été arrêté à l’issus d’un concert donné lors d’un rassemblement organisé en faveur des droits linguistiques kurdes dans la province d’Agri. Accusés de faire de la « propagande terroriste », les 4 musiciens du groupe de Arsîsa ont été remis en liberté après avoir été auditionnés par la police turque.

 

Les membres du groupe de musique Arsîsa qui se sont produits lors de l’événement organisé le 3 juin 2025 à Doğubeyazıt (Bazîd) sous la direction des institutions de langue kurde ont été arrêtés.

Les institutions de la langue kurde ont marché jusqu’au tombeau d’Ehmedê Xani dans le district de Bazîd à Agiri, exigeant « un statut pour le kurde et l’éducation en kurde ». Tuncay Taştan, Murat Koçak, Ayşe Güler et Derya Kanpolat, membres de l’Association de recherche sur la langue et la culture Ercîş Arsîsa, qui se sont produits lors du concert organisé après la marche, ont été arrêtés en raison de la chanson « Beritan » qu’ils ont interprétée.

« Il faut empêcher l’expulsion du seul témoin de la tuerie de la rue d’Enghien »

PARIS – Un jeune Kurde, seul témoin directe du massacre de la rue d’Enghien commis par William Malet ayant ciblé les militants kurdes le 23 décembre 2022, est sommé de quitter la France, après que sa demande d’asile a été rejetée par les autorités françaises. Il risque d’être livré à la Turquie alors qu’il doit témoigner lors du procès de Malet qui doit avoir lieu courant 2026. Un « scandale » pour les défenseurs des droits humains et des organisations politiques, dont le groupe La France insoumise – Nouveau Front Populaire (LFI-NFP) qui vient de publier le communiqué ci-dessous exigeant « l’annulation immédiate de l’OQTF visant Ercan ».

Voici le Communiqué du Groupe LFI-NFP:

« Ercan E. est un rescapé. Le 23 décembre 2022, trois de ses amis kurdes sont abattus sous ses yeux dans la tuerie raciste du centre culturel Ahmet-Kaya (Paris 10°). Lui y survit, après s’être caché pour échapper aux tirs.

Fin avril, la préfecture de Seine-Saint-Denis lui refuse son titre de séjour. Sous obligation de quitter le territoire français, il risque désormais l’expulsion vers la Turquie. Les exactions du régime autoritaire d’Erdogan envers le peuple kurde ne sont pourtant plus à prouver, documentées par de nombreuses ONG comme Amnesty International.

Nous rappelons la France à ses obligations : le droit français, européen et international – et notamment l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et la Convention de Genève de 1951 – interdit toute expulsion vers un pays où une personne risque de subir des traitements inhumains ou dégradants.

Seul témoin oculaire de la tuerie de la rue d’Enghien, qu’Emmanuel Macron lui-même avait qualifié d’ « odieuse », Ercan ne peut être expulsé : il est attendu au procès d’assises pour y apporter sa vérité.

Nous demandons l’annulation immédiate de l’OQTF visant Ercan. Il doit être maintenu sur le sol français.

A nouveau attaqués au couteau par des néonazis en février dernier, nos camarades kurdes doivent urgemment obtenir justice et vérité. Nous exigeons la levée du secret défense sur le triple assassinat kurde de 2013, et avons déposé en ce sens une PPR transpartisane à l’Assemblée nationale.

Nous appelons à ce que toute la lumière soit faite sur les attaques visant les Kurdes et nous demandons leur protection sur le sol français. »

La France veut expulser un Kurde, rescapé du massacre de la rue d’Enghien

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PARIS – Un demandeur d’asile kurde qui a survécu au massacre de la rue d’Enghien ayant ciblé les militants kurdes le 23 décembre 2022* est sommé de quitter la France alors qu’il est le seul témoin direct du triple assassinat commis par William Malet… Dans un reportage accordé à BFM, le jeune homme dit craindre d’être livré à la Turquie où il risque la prison. Son avocat, Me David Andic, déclare que l’absence de son client au procès priverait la justice d’un témoin vital pour faire condamner le tireur, ajoutant « Il est le seul à avoir vu l’intégralité de la scène. Il y a une seule personne qui peut apporter une vérité, c’est lui. Et cette personne-là on veut la renvoyer en Turquie, chez ses bourreaux. Cela n’est pas acceptable. »
 
« Rescapé de la fusillade mortelle de la rue d’Enghien à Paris en décembre 2022, Ercan E. a été placé sous OQTF le 16 mai. Il doit pourtant encore témoigner au procès étant le seul témoin oculaire. Il a échappé aux balles de William Malet, qui a abattu trois Kurdes ce jour-là, mais souffre encore de graves séquelles psychologiques », écrit BFM dans son article publié aujourd’hui.
 
*Le vendredi 23 décembre 2023, William Mallet a abattu trois militants kurdes au centre kurde Ahmet Kaya situé rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris, : Emine Kara (Evîn Goyî), M. Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl. Trois autres Kurdes ont été blessés, dont un grièvement. Pour le Conseil démocratique kurde en France (CDKF) qui s’est constitué partie civile dans ce massacre, le dossier de l’affaire contient des détails troublants qui indiquent que le triple meurtre a été commandité par les services secrets turcs (MIT), (comme celui de 9 janvier 2013).