TURQUIE. Un journaliste kurde condamné à la réclusion à perpétuité

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TURQUIE / BAKUR – Le journaliste kurde Rojhat Doğru a été condamné à la réclusion à perpétuité à Amed. Il est accusé de « séparatisme » et « tentative de meurtre » à cause de sa couverture des manifestations pour Kobanê en octobre 2014 et à Qandil, au QG du PKK.
 
Le journaliste Rojhat Doğru a été condamné à la réclusion à perpétuité à Amed (tr. Diyarbakir) pour « tentative de destruction de l’unité de l’État et du pays ». En outre, il a été condamné à dix ans supplémentaires pour tentative de meurtre et à plus d’un an pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste » [PKK].
 
Rojhat Doğru n’a pas assisté au procès et était représenté par son avocat Resul Temur. Le tribunal a délivré un mandat d’arrêt contre le journaliste. Son avocat a annoncé qu’il ferait appel du verdict.
 
Les accusations de terrorisme se fondaient sur la couverture par Doğru des manifestations de soutien à Kobanê lors du siège de la ville syrienne par l’EI en octobre 2014 et un reportage réalisé à Qandil, au QG du PKK, lors des pourparlers de paix entre l’Etat turc et le PKK en 2014.
 
En 2015, Doğru a été nommé journaliste le plus titré de l’année par l’Association des journalistes du Sud-Est (GGC) pour ses reportages. L’ancien caméraman de Gali Kurdistan TV a également été poursuivi pour ses publications sur les réseaux sociaux et un transfert d’argent en prison.
 
Rojhat Doğru fut emprisonné pendant trois mois en 2019. À l’époque, il était accusé d’agression armée lors des manifestations de Kobanê. Cependant, un avis d’expert basé sur des enregistrements a révélé qu’il ne portait pas d’arme au moment de l’attaque présumé. En mai 2020, il a de nouveau été arrêté pour avoir envoyé de l’argent à un ancien codétenu et a passé deux mois en détention provisoire. Les deux procédures ont ensuite été combinées.
 

TURQUIE. Acquittement des journalistes qui ont couvert l’affaire de torture de 2 villageois kurdes jetés d’un hélicoptère militaire turc

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TURQUIE / BAKUR – Les journalistes kurdes Adnan Bilen, Zeynep Durgut, Cemil Uğur, Nazan Sala et Şehriban Abi – accusés d’ « appartenance à une organisation terroriste » ont été acquittés lors de l’audience tenue à Van. Nazan Sala a été condamnée à 1,3 ans de prison pour « propagande terroriste » à cause de son travail pour Roj TV, fermée il y a dix ans, mais sa peine a été suspendue.
 
Les journalistes Adnan Bilen, Zeynep Durgut, Cemil Uğur, Nazan Sala et Şehriban Abi ont été acquittés des chefs d’accusations de « reportage anti-étatique ». Nazan Sala a été condamnée à un an et trois mois de prison pour « propagande terroriste » en raison de son travail pour Roj TV, fermée il y a dix ans, mais sa peine a été suspendue.
 
Les cinq journalistes étaient poursuivis pour avoir couvert le cas de deux villageois kurdes, Osman Şiban (50 ans) et Servet Turgut (55 ans), qui ont été enlevés, torturés et jetés d’un hélicoptère par des soldats turcs près du district de Çatak en septembre 2020. Alors que Şiban portera probablement toute sa vie les séquelles de la torture qu’il a subie, Servet Turgut est décédé après avoir passé 20 jours dans le coma. Pour empêcher les reportages critiques, les autorités turques avaient imposé un black-out sur l’affaire.
 
Le dernier jour du procès et le prononcé du verdict, seuls la journaliste indépendante Nazan Sala et les correspondants de MA Adnan Bilen et Cemil Uğur étaient présents avec leurs avocats de la défense. Le procès a été observé par la Media and Law Studies Association (MLSA) et le syndicat des journalistes TGS.
 
Adnan Bilen, Cemil Uğur, Nazan Sala et la correspondante de l’agence féminine, JinNews, Şehriban Abi ont été placés en détention provisoire pendant six mois pendant le procès, mais leurs mandats d’arrêt ont été levés en avril 2021.
 

Les Kurdes d’Europe appellent à manifester pour Sakine, Fidan et Leyla

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PARIS – Alors qu’on s’approche de la date anniversaire du meurtre de 3 militantes kurdes à Paris le 9 janvier 2013, les organisations kurdes d’Europe invitent toutes les personnes éprises de justice à venir manifester avec eux les 8 et 9 janvier, lors de nombreuses marches organisées (voir ci-dessous) en hommage à Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois femmes kurdes tuées par un espion turc à Paris.
 
Le Mouvement des Femmes Kurdes en Europe (TJK-E), Le Conseil Démocratique Kurde en Europe, ainsi que le Conseil de coprésidence du Congrès du Peuple du Kurdistan (KONGRA-GEL), la Confédération des communautés du Kurdistan en Allemagne (KON-MED) et d’autres organisations kurdes d’Europe ont appelé les Kurdes d’Europe et leurs amis à participer aux marches organisés pour exiger justice dans le meurtre politique de Paris visant les Kurdes.
 
Retour sur un crime d’État commis sur le sol français
 
Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz (Sara), Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez (Ronahî) ont été abattues de plusieurs balles dans la tête par un espion turc dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris. 
 
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès. (Une nouvelle enquête a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.)
 
Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
 
Dates et lieus des manifestations des 8 et 9 janvier en Europe:
 
FRANCE
 
8 janvier

Paris : Rassemblement et manifestation, à 12:00, à Gare Du Nord
Strasbourg : Rassemblement et manifestation, à 13:00, à la Place de la Gare
Marseille : Rassemblement et manifestation, à 13:00, à Canebière/Marseille
Bordeaux : Rassemblement et manifestation, à 13.00, à la Place Stalingrad

9 janvier

Paris : Cérémonie d’hommage, à 12h30, au 147 rue La Fayette
Toulouse : Rassemblement et manifestation, à 14h30, au Métro Jean Jaurès
 
 
ALLEMAGNE
 
Berlin: 8 janvier, à 14:00
Lieu : Alexander Platz vor dem Roten Rathaus
 
Francfort : 8 janvier, à 14:00
Lieu : Francfort HBF
 
Düsseldorf : 8 janvier, à 13:00
Lieu : DGB Haus Friedrich-Ebert-Str.
 
Hambourg: 8 janvier, à 14:00
Lieu : devant la Sternschanze Bahnhof
 
Brême : 8 janvier, à 16:00
Lieu : Devant la Hauptbahnhof
 
Kiel : 8 janvier, à 15h00
Lieu : Europlatz
 
Sarrebruck :
Date : 8 janvier, à 13:30
Lieu : Europa Galerie
 
Stuttgart :
 
Date : 8 janvier, à 15h00
Lieu : Lautenschlager Str.
 
Hanovre : 8 janvier à 14:00
Lieu : HBF- Hanovre
 
SUISSE
 
Bâle : 8 janvier, à 14:00
Lieu : De-Wette Park Elisabethenstrasse
 
PAYS-BAS
 
Amsterdam : 8 janvier, à 14:00
Lieu : MuseumPlein 17, 1071DJ Amsterdam
 
BELGIQUE
 
Bruxelles: 8 janvier, à 14:00
Place de la Monnaie
 
ROYAUME-UNI
 
Londres: 9 janvier, à 13:00, Trafalgar Square
 
AUTRICHE
 
Vienne : 8 janvier, à 16:00
Lieu : Schwarzenberg Platz
 
SUÈDE
 
Stockholm : 8 janvier, à 13:30
Lieu : Norra Bantorget
 
DANEMARK
 
Copenhague : 9 janvier, 16.00
Lieu : Kongens Nytorv 4, Copenhague
 
FINLANDE
 
Helsinki : 9 janvier
Lieu : Kampi
 
NORVÈGE
 
Oslo: 8 janvier, à 14.00
Devant le Consulat de France
 
CHYPRE
 
Limassol : 8 janvier, à 18h00
Lieu : Parc Moloz
 
AUSTRALIE
 
Sydney, 9 janvier, devant la mairie de Sydney

En 2021, 522 Syriens et Kurdes du Rojava ont été tués par des gendarmes turcs

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SYRIE / ROJAVA. Un jeune Syrien est mort une semaine après avoir été blessé par des gardes turcs près du village de Banukia, à Girkê Legê, alors qu’il faisait paître du bétail.
 
Le jeune berger a succombé aux blessures qu’il a subies le 29 décembre, après avoir été pris pour cible par la gendarmerie turque près du village de Banukia dans le district de Ma’bada (Girkê Legê), alors qu’il faisait paître du bétail à proximité du village. Il était hospitalisé à Qamishlo.
 
En 2021, 522 Syriens et Kurdes du Rojava tués par les gardes turcs
 
En 2021, 522 Syriens et Kurdes, dont 99 enfants de moins de 18 ans et 67 femmes, ont été tués par des soldats turcs. Pendant la même période, 1254 réfugiés qui tentaient de franchir la frontière turco-syrienne ou des paysans, bergers ou habitants des zones frontalières de Syrie / Rojava ont été blessés ou torturés par les soldats turcs.
 
Les soldats turcs s’en prennent régulièrement aux réfugiés syriens qui tentent de traverser la frontière depuis la Syrie pour échapper à la guerre dans leur pays. La Turquie a également construit un mur tampon le long de sa frontière de 911 km pour empêcher l’entrée de réfugiés, ce qui a provoqué de nombreux décès et de blessures de civils.
 
Les Syriens sont convaincus que la Turquie les a laissés tomber, à tous les niveaux. Non seulement militaire, ou politique, mais aussi sur le plan humain…. La Turquie est partie en guerre dans leur pays, la Syrie. Elle a également ouvert les frontières pour le passage d’armes et de combattants et elle soutient toujours des dizaines de groupes armés qui se battent entre eux dans des zones qui sont censées être en sécurité. Elle est également bénéficiaire de l’aide internationale et des fonds de l’Union européenne et des États-Unis destinés aux réfugiés syriens. Mais rien n’arrive jusqu’à aux, comme l’affirment les déplacés.
 
Il y a également des milliers de personnes déplacées, dont la plupart ont été contraintes de quitter leurs maisons et de fuir leurs villes sur la base d’accords conclus entre la Turquie, la Russie et l’Iran. Aujourd’hui, ils sont sans foyer, ni avenir et l’espoir des jours meilleurs pour eux et leurs enfants s’évanouit jour après jour. Ils ont le choix de se transformer en mercenaires, envoyés par la Turquie en Libye ou en Azerbaïdjan, ou de mourir de faim.
 
Via le Centre de documentation sur les violations dans le nord de la Syrie (VDS-NSY)

L’Allemagne enquête sur les activités d’espionnage turques

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BERLIN – Le gouvernement allemand a beau criminaliser les exilés kurdes sur son sol pour plaire au régime turc, ce dernier renforce ses activités d’espionnage de grande échelle en Allemagne. Bien que ces activités se concentre autour des Kurdes, les opposants turcs mais aussi des politiciens allemands qui critique le régime dictatorial turc sont dans le viseur des espions d’Ankara.
 
Le gouvernement fédéral allemand a annoncé qu’au cours des deux dernières années, il y a eu 10 d’enquêtes sur les activités d’espionnage du service de renseignement turc (MIT). Cependant, les enquêtes n’ont pas donné lieu à de poursuites contre le MIT. (Il ne faut pas énerver l’ami Erdogan.)
 
Le gouvernement fédéral allemand a admis que les activités d’espionnage du service de renseignement turc MIT en Allemagne ont augmenté ces dernières années. Le Parti de gauche a abordé les enquêtes lancées sur les activités du MIT, qui a établi un réseau d’espionnage à travers plusieurs organisations telles que des mosquées, des associations, des consulats et des succursales bancaires. Répondant à une question parlementaire soumise par la députée du Parti de gauche Sevim Dağdelen, le gouvernement a révélé que 4 enquêtes avaient été ouvertes en 2020 et 6 autres en 2021 sur des activités d’espionnage turques en Allemagne. La réponse publiée mercredi 5 janvier par le journal Welt n’a pas donné de détails sur les enquêtes en cours. Pas de poursuite malgré les enquêtes Les autorités allemandes ont déclaré que le MIT a accru ses activités d’espionnage en Allemagne plus que toute autre agence de renseignement étrangère ces dernières années. Les procureurs allemands ont déclaré ne pas aller plus loin dans deux affaires l’année dernière. Cependant, malgré les enquêtes en cours, aucune poursuite n’a été déposée à ce jour. Dagdelen a été avertie par les unités de sécurité l’année dernière d’un assassinat contre elle en raison de ses critiques virulentes du régime d’Erdogan. Dans une interview avec le journal Welt, elle a critiqué le gouvernement allemand pour n’avoir pris aucune mesure contre les activités du MIT. Profitant de la tolérance de l’Allemagne, le MIT a considérablement intensifié ses activités d’espionnage, en particulier après 2016. Les autorités allemandes ont révélé qu’un citoyen turc qui a arrêté en octobre dernier dans un hôtel de Düsseldorf avec une balle et une liste d’individus travaillait pour le MIT. 8 000 personnes travaillent pour le MIT On estime que 8 000 personnes travaillent pour le MIT en Allemagne. L »union des Affaires Culturelles Turco-Islamiques (DITIB), qui est affiliée au Diyanet, la plus haute institution religieuse de l’État turc, joue un rôle important dans les activités des services secrets turcs en Allemagne. Les unités de sécurité allemandes ont révélé à plusieurs reprises que des imams turcs travaillant dans des mosquées affiliées à la DITIB, qui compte 900 mosquées, transmettaient directement des informations sur les opposants au régime d’Erdogan aux consulats et à l’ambassade de Turquie. Début 2017, le parquet fédéral a ouvert une enquête contre certains imams membres de la DITIB, mais a classé l’affaire en décembre 2017. Une enquête sur 19 responsables de la DITIB a été close à la suite des négociations entre Ankara et l’administration berlinoise.
 

L’Iran libère l’écrivaine kurde Mojgan Kavoosi

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IRAN / ROJHILAT – L’écrivaine et prisonnière politique kurde Mozhgan Kavousi a été libérée le 5 janvier après près de 21 mois passés en prison. L’écrivaine et chercheuse kurde-yarsan avait été condamnée à trois ans de prison pour avoir écrit sur les manifestations de masse dans les villes iraniennes et kurdes contre la flambée des prix de l’essence dans le pays.
 
La libération de la prisonnière politique de la prison de Kachouei, dans la province septentrionale de Karaj, est intervenue après que le procureur général et révolutionnaire de la province septentrionale d’Alborz a approuvé son congé temporaire qui conduirait à sa libération de prison.
 
Le 21 juillet, Kavousi, originaire de Klardasht, Kurdistan de l’Est, avait contracté le coronavirus dans la prison d’Evin à Téhéran.
 
Le 18 novembre 2019, l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a arrêté Kavousi au domicile de sa famille à Nowshahr. Elle a été libérée sous caution après avoir passé un mois en détention.
 
Le tribunal révolutionnaire islamique de Nowshahr l’a initialement condamnée à 69 mois de prison, mais la cour d’appel de la province de Mazandaran a augmenté la peine à 76 mois et demi.
 
Dans une publication sur son compte Instagram le 6 mars 2020, la prisonnière politique a écrit : « Le tribunal a rejeté mon objection et ma défense par l’intermédiaire de mon avocat, auprès tribunal de première instance. »
 
Kavousi a déclaré que sa peine d’emprisonnement pour « propagande contre l’État » est passée de six mois à sept mois et demi.
 
Elle a ajouté que sa peine d’emprisonnement pour « incitation à troubler l’ordre public » est passée de 30 mois à 36 mois.
 
Le prisonnier politique a en outre déclaré que le verdict sur les accusations d’ « appartenance à des groupes anti-étatiques » était de 33 mois.
 
Elle a été arrêtée le 19 mai 2020 à Nowshahr pour purger une peine de trois ans de prison et a été envoyée à la prison de la ville mais a été transférée à la prison d’Evin à Téhéran quelques jours plus tard.
 
Le 6 octobre, Kavousi a été transféré de la prison d’Evin à Téhéran au centre de détention d’un poste de police à Karaj.
 
Après trois jours de détention dans des conditions difficiles, elle a été emmenée à la prison Kachouei de Karaj.
 

PARIS. Les Kurdes ont marché « pour la justice »

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PARIS – Neuf ans après l’assassinat des militantes kurdes Sakine, Fidan et Leyla à Paris et dont le crime commis par les services secrets turcs est resté impuni, les femmes kurdes ont organisé une « marche pour la vérité » ce mercredi, avant la grande manifestation annuelle du samedi 8 janvier.
 
Plusieurs activistes kurdes venus d’Europe ainsi que le frère de Sakine Cansiz, Metin Cansiz, se sont rendus à Paris à l’occasion de la marche blanche d’aujourd’hui jusqu’au lieu du crime, devant l’immeuble 147, rue Lafayette.
 
Les élus parisiens Hélène Bidard, Adjointe à la Maire de Paris, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, Elie Joussellin, élu communiste du 10e arrondissement, et Laurence Patrice, Adjointe à la maire de Paris, et des citoyens français étaient aux côtés de Kurdes lors de la marche blanche qui sera suivie d’une manifestation ce samedi et d’un rassemblement le 9 janvier, jour anniversaire du triple assassinat…
 
Metin Cansiz, mais aussi des militants kurdes et quelques élus français qui ont pris la parole lors de la cérémonie sur les lieux du crimes, ont réitéré leurs demandes de justice dans cette affaire d’État que les autorités françaises ont voulu enterré dès le départ. Cansiz a déclaré que le combat pour condamner les responsables de l’attaque se poursuit.
 
« Sans justice, la France restera coupable »
 
La militante kurde Zeynep Dersim, du mouvement des femmes kurdes en Europe, a déclaré que : « Les auteurs de ce massacre ont été identifiés dès le premier jour. Jusqu’à ce qu’ils soient traduits en justice, nous continuerons à nous battre. Tous les complices sont ceux qui ne se comportent pas envers les meurtres et ne nomment pas les coupables. La France a l’obligation de résoudre le crime. »
 
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti Communiste Français 5PCF), a déclaré être  solidaire du mouvement des femmes kurdes et a également appelé à ce que la justice soit enfin rendue aux trois militantes kurdes. Il a déclaré que France était redevable au peuple kurde qui se bat pour la liberté, également en raison de leur résistance à l’organisation terroriste État islamique (EI).
 
« L’État français, au nom du peuple kurde, à un devoir de vérité, un devoir de justice. Je demande la levée du secret défense qui empêche la vérité et la condamnation des complices, véritables coupables de ces féminicides politiques!
 
Nous avons un devoir de solidarité envers les militantes kurdes. Je demande l’arrêt des persécutions contre les kurdes en France. Ils et elles ont besoin de sécurité. »
 
Murat Ceylan de l’Association européenne kurde KCDK-E a critiqué la dictature fasciste en Turquie et le silence de la France et a appelé à participer à la grande manifestation du 8 janvier à Paris.
 
Retour sur un triple meurtre politique au coeur de la capitale française

Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris, par un espion turc. 
 
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès. Depuis, une nouvelle enquête a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.
 
Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
 
Pour la communauté kurde, tant que la justice ne sera pas rendue dans ce triple assassinat politique, la France restera coupable.
 

PARIS. 9e marche blanche pour les 3 militantes kurdes tuées à Paris en 2013

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PARIS – Ce mercredi 5 janvier, les femmes kurdes organisent une marche blanche en hommage à Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, militantes kurdes assassinées à Paris, le 9 janvier 2013.
 
Cela fait neuf ans que les Kurdes attendent que la justice française condamnent les commanditaires de ce triple assassinat politique commis sur le sol français et impliquant les services secrets turcs.
 
Cette marche est organisée par le mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F). Il y aura d’autres manifestations les 8 et 9 janvier prochains à Paris et d’autres villes de France (voir ci-dessous).
 
« Sans justice, la France restera coupable »
 
Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez ont été abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris, par un espion turc. 
 
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès. (Une nouvelle enquête a été ouverte à la demande des familles des trois victimes.)
 
Les trois femmes ont été ciblées et assassinées pour leurs activités politiques au nom du peuple kurde. Sakine était une militante de longue date et membre fondatrice du PKK. Elle a passé de nombreuses années en prison dans des conditions terribles et a été torturée à la prison de Diyarbakir dans les années 1980 après le coup d’État militaire. Elle a dirigé le mouvement de protestation à l’intérieur de la prison et, après sa libération, s’est jointe à la lutte armée pour la libération du Kurdistan. Elle a été une puissante force d’inspiration pour le mouvement des femmes kurdes, qui demeure à ce jour un symbole d’espoir pour les femmes du Moyen-Orient. Fidan et Leyla étaient également des activistes dévouées à la cause kurde.
 
Une nouvelle enquête relancée autour du rôle des services secrets turcs
 
Un juge antiterroriste a été chargé en mai 2019 pour reprendre l’enquête sur l’assassinat en 2013 à Paris de trois militantes kurdes, à la demande des familles qui réclament d’approfondir la thèse de l’implication des services secrets turcs (MIT).
 
Le 23 janvier 2017 devait débuter le procès aux Assises d’Ömer Güney, le présumé coupable. Le suspect, qui était lié aux services de sécurité turcs à Ankara selon les informations obtenues par les avocats des familles des victimes, est décédé subitement en prison le 17 décembre, un mois avant le début du procès.
 
Bien que la justice française s’est empressée de classer aussitôt l’affaire, les avocats des familles des victimes sont intervenus, rappelant que, même si celui qui tué les 3 femmes est décédé, les commanditaires de ce triple meurtre ne le sont pas et qu’ils sont étroitement liés aux services secrets turcs. Ainsi, les familles des trois victimes se sont constituées partie civile en 2018 et ont réussi à ce qu’en mai 2019, l’affaire soit relancée « pour les faits de complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ». « L’enquête judiciaire a mis en évidence que l’un des mobiles les plus plausibles de ce triple assassinat pouvait être mis en relation avec les activités supposées d’Ömer Güney en France au sein des services secrets turcs [MIT], » écrivait d’ailleurs la juge d’instruction chargée du dossier.
 
Qui sont Sakine, Fidan et Leyla ?
 

Cofondatrice du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansız est née dans la province de Dersim en 1957. Après plusieurs années d’activité dans le mouvement de la jeunesse étudiante à Elazıg, elle rejoint en 1976 le mouvement révolutionnaire kurde. Suite à sa participation au congrès du PKK, le 27 novembre 1978, la jeune femme est arrêtée à Elazıg et envoyée en prison avec un groupe d’amis. Soumise à de lourdes tortures dans la période ayant suivi le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, elle n’est libérée qu’en 1991. Après sa libération, elle poursuit ses activités militantes dans l’ouest et le sud du Kurdistan. Après de longues années de lutte dans les montagnes du Kurdistan, Sakine Cansız va en Europe où elle prend la direction du mouvement des femmes kurdes. Figure pionnière du mouvement de libération kurde, elle a grandement contribué au renforcement des organisations kurdes au sein de la diaspora.

Fidan Doğan est née en 1982, à Elbistan, dans la province de Maraş. Fille d’une famille d’immigrés, elle grandit en France. Dès son enfance, elle se met en quête de son identité kurde. À partir de 1999, elle s’engage dans les organisations kurdes en Europe. À partir de 2002, elle travaille activement dans le domaine de la diplomatie. Elle devient représentante à Paris du Congrès national du Kurdistan (KNK).

Fille d’une famille originaire de Lice, dans la province de Diyarbakir, Leyla Saylemez est née dans la ville turque de Mersin où elle passe son enfance jusqu’à ce que sa famille déménage en Allemagne, dans les années 90. Après un an d’études en architecture, elle rejoint la lutte pour la liberté au Kurdistan et s’engage particulièrement dans les activités de la jeunesse kurde.
 
Voici les lieux et la date des actions prévues les 8 et 9 janvier:
 
8 janvier
 
Paris : Rassemblement et manifestation, à 12:00, à Gare Du Nord
Strasbourg : Rassemblement et manifestation, à 13:00, à la Place de la Gare
Marseille : Rassemblement et manifestation, à 13:00, à Canebière/Marseille
Bordeaux : Rassemblement et manifestation, à 13.00, à la Place Stalingrad
 
9 janvier

Paris : Cérémonie d’hommage, à 12h30, au 147 rue La Fayette
Toulouse : Rassemblement et manifestation, à 14h30, au Métro Jean Jaurès

TURQUIE. Un prisonnier kurde détenu à Tekirdağ dit être en danger de mort

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TURQUIE – Mehmet Şerif Aslan, un prisonnier détenu dans la prison de Tekirdağ, où Vedat Çem Erkmen, un autre prisonnier kurde est mort de façon suspecte, a appelé sa famille et a déclaré que sa vie était en danger. Il a ajouté qu’Erkmen ne s’est pas suicidé, contrairement à ce qu’a prétendu l’administration pénitentiaire.
 
Mehmet Şerif Aslan, qui a été dans la même cellule que Vedat Çem Erkmen, décédé de façon suspecte dans la prison de type F n° 2 de Tekirdağ, a attiré l’attention sur la pression croissante qu’ils subissaient en prison. Çem Erkmen a été retrouvé mort dans sa cellule le 19 décembre 2021. Sa famille soupçonne qu’Erkmen a été exécuté. Son corps a également été enlevé par la police et enterré plus tard en catimini. Mehmet Şerif Aslan a déclaré lors d’un bref appel téléphonique avec sa famille : « Je crains pour ma vie. » Rasim Aslan, le frère du prisonnier politique, s’est dit très inquiet et a ajouté : « Mon frère a été arrêté à Karlıova, dans la province de Bingöl en 2011. Il a été soumis à de lourdes tortures au moment de sa capture. Il a été emmené à Bingöl, Diyarbakır et enfin à la prison de Tekirdağ, et a reçu des peines de prison aggravées. Il nous a appelés l’autre jour et a dit :  » Notre ami (Vedat) ne s’est pas suicidé. Il n’y a aucune sécurité ici en prison pour nous. Essayez de me faire sortir de cette prison. » Aslan a ajouté qu’ils ont « déposé une demande auprès de l’Organisation des droits de l’homme (IHD). Notre frère est sous pression et nous sommes inquiets pour sa sécurité. Nous avons peur qu’ils lui fassent quelque chose. Les pressions sur les prisonniers sont trop fortes. Nous attendons le soutien de tout le monde. »
 

TURQUIE. Les prisonniers politiques kurdes sont en prison à cause de leur identité ethnique 

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TURQUIE / BAKUR – Alors qu’on assiste à des morts suspectes de prisonniers kurdes en Turquie, des familles de prisonniers kurdes ont entamé une veillée dans les locaux du Barreau de Diyarbakir (Amed) exigeant la libération de leurs proches et ont déclaré : « Nos enfants sont emprisonnés parce qu’ils sont kurdes. »
 
La veillée de justice lancée par les familles des détenus à Amed en est à son 50e jour. Comme de nombreuses familles de détenus se sont rendues à Ankara pour exprimer leurs revendications au parlement, seules 3 familles ont assisté à la veillée aujourd’hui.
 
S’exprimant lors de la veillée, Fevziye Kolakan, l’un des proches des prisonniers, a déclaré : « Même si cela doit nous prendre 50 ans, nous continuerons notre combat jusqu’à ce que nous récupérions nos enfants. »
 
Indiquant les prisonniers qui se sont vu refuser la libération bien qu’ils aient purgé leur peine, Kolakan a condamné l’imposition de la repentance aux prisonniers, ajoutant: « Nos enfants sont emprisonnés parce qu’ils ont défendu leur langue. Ils sont en prison simplement parce qu’ils sont kurdes. »