Irrédentisme cartographique: Nostalgie et consolation du vaincu et menace

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Le journaliste Ragip Duran revient sur les menaces que profèrent les dirigeants turcs envers leurs voisins grecs, kurdes, syriens… écrivant que n’ayant ni du pain, ni de jeux à offrir à leurs concitoyens, ils proposent des menaces et de fausses promesses.
 
Voici le chronique de Ragip Duran:
 
Irrédentisme cartographique: Nostalgie et consolation du vaincu et menace
 
La carte de la mer Égée dominée par les turcs a fait couler beaucoup d’encre. Le silence d’Erdogan ainsi que de l’opposition officielle explique beaucoup de choses.
 
Quand le Président des Foyers de l’İdéal, (Les Loups Gris) a offert lors d’une visite à l’occasion de la Fête de Sacrifice à M. Devlet Bahceli, Président du MHP, la carte de l’Egée sous domination turque, une nouvelle crise a fait surface dans les relations entre Ankara et Athènes mais ce geste a également provoqué un débat dans l’opinion publique turque.
 
Les Foyers de l’İdéal sont conçus comme la branche de jeunesse du MHP (Parti d’Action Nationaliste, 47 sièges sur 581). Plusieurs membres de cette organisation ont été jugés et condamnés pour avoir assassiné des militants de gauche pendant la « Période de chaos’’ entre 1975 et 1980. Certains d’entre eux sont devenus des députés du MHP qui siègent encore aujourd’hui au Parlement.
 
A moins d’un an des élections présidentielles, le MHP, l’allié d’extrême-droite du Président Erdogan est en pleine crise. Il y a eu déjà deux partis (IYI et Zafer) issus du MHP. Ce dernier poursuit sa chute de popularité dans les sondages d’opinion publique. Il recueillerai seulement 6.7% des votes alors que le seuil électoral a été reduit à la demande du MHP de 10% à 7% le 31 mars 2022.
 
Autre chiffre pessimiste pour le pouvoir : La coalition de la République formée des partis d’Erdogan et de Bahceli aura 36.7% des voix alors que le bloc de l’opposition, la coalition de la Nation aura 43.3% selon le dernier sondage publié le 17 juin dernier.
 
Les mauvaises langues rappellent que le prénom de M.Bahceli, c’est-à-dire Devlet, signifie « Etat’’ en turc.
 
« Quand on est incapable a l’intérieure du pays de résoudre les problèmes économiques, diplomatiques, politiques, sanitaires, financiers…etc… le pouvoir cherche des objectifs à abattre à l’extérieure’’ observe le Prof. Cengiz Aktar, auteur du livre « Le Malaise Turc’’ . En effet le régime du Palais d’Ankara croit avoir deux atouts dans ses mains : La Syrie et la Grèce. Ces deux objectifs peuvent cacher les difficultés voire les impasses et les défaites de la politique interne. Ainsi, la hausse des prix, la répression contre les opposants, les coups reçus sur la scène internationale ne seront plus à la une des médias, croit Erdogan.
 
La carte offerte à M.Bahceli s’intitule « Notre Serment National Maritime’’ , référence au Serment National de 1923, qui avait établi les frontières de la nouvelle République.
 
Les médias turcs parlent également de la Carte de la « Patrie Bleue’’ , autre fantaisie, autre rêve irrédentiste (Doctrine politique qui vise à la récupération par un pays, de toutes les populations vivant dans des conditions analogues) promu par les militaires Kémalistes. Mais selon « La Patrie Bleue’’ presque la moitié de la Méditerranée orientale appartient à la Turquie.
 
« La conquête, l’occupation voire le pillage sont des motifs, des éléments qui existent dans l’histoire, l’ADN politique et l’imagination des dirigeants turcs depuis l’Asie Centrale, c’est-à-dire depuis au moins mille ans’’ croit le Prof. Taner Akcam, historien spécialiste du Génocide Arménien de 1915.
 
L’idéologie et la politique officielles du Comité d’Union et de Progrès, au pouvoir pendant la 1ère guerre mondiale jusqu’à la chute de l’Empire Ottoman (1923) était le « Turan » , création d’un grand Etat turc comprenant l’ensemble des pays de l’Asie Centrale turcophones. Cette idée imaginaire est plus ou moins adoptée par la minorité de la population, celle qui a pu recevoir peu d’éducation, conservatrice voire raciste et islamiste qui vit dans les régions les plus sous développées du pays.
 
‘’Nous étions les maîtres des trois continents. Nos Sultans régnaient de Vienne jusqu’au Yemen !’’ est une phrase classique que l’on peut entendre fréquemment dans les conversations du café de commerce.
 
M.Bahceli avait d’ailleurs déjà, l’année dernière, offert une autre carte au Président Erdogan, intitulée « Le Monde Turc’’
 
La Turquie a déjà annexé une partie de la Syrie du nord-ouest, en particulier la ville d’Afrine, avec le soutien direct et indirect de Moscou et de Washington en mars 2018 après 3 mois d’attaques militaires.
 
Les dirigeants actuels, soutenus par l’opposition officielle kémaliste et de droite, estiment que la Grèce n’a pas le droit d’armer ses îles de la Mer Egée et que ces îles font partie des eaux territoriales de la Turquie.
 
Par ailleurs, faut-il remarquer que la majorité de la population turque est contente, quand elle a les moyens, de passer ses vacances dans îles grecques de l’Egée : « C’est à la fois moins cher et plus confortable par rapport aux sites touristiques de Turquie et la cuisine est nettement mieux que chez nous » disent-ils.
 
Le silence d’Erdogan et de l’opposition officielle au sujet de cette carte irrédentiste confirme la thèse selon laquelle ‘’La Patrie Bleue’’ est un élément de l’idéologie officielle.
 
Les médias turcs, ont insisté sur les réactions grecques. Quelques titres exemplaires :
 
– La Carte de Bahceli à la une de la presse grecque
 
– La Grèce sous le choc de la carte
 
– Les Grecs sont devenus fous !
 
– La réponse insolente de Mitsotakis
 
A lire les commentaires de la presse turque on croirait que ce fut Athènes qui a provoqué l’incident.
 
« Panem et circenses » est la locution latine traduit en français par « du pain et des jeux » . Elle a été écrite par le poète et écrivain Juvénal qui a vécu durant l’Empire romain. De nos jours, le pouvoir turc n’a plus de pain ni de jeux pour consoler le peuple en pleine crise économique. Mais il faut qu’il invente quand même de fausses promesses ou occupations :
 
– Nous avons trouvé du gaz naturel dans la Mer Noire
 
– Il y a beaucoup de réservoir de pétrole au sud-est anatolien
 
– Nous irons à la lune
 
– Nous produirons notre voiture nationale
 
Syrie et Grèce font partie de ces enjeux.
 
« Une déclaration d’abord de guerre et puis de l’Etat de siège peuvent annuler ou bien retarder la tenue des élections » dit-on dans les coulisses d’Ankara.
 
« Facile de l’affirmer mais très difficile de le réaliser’’ estiment la majorité des observateurs indépendants.
 
Ragip Duran, Chronique Turquie, 16 juillet 2022

ROJAVA. Une délégation française en visite à Tal Tamr

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SYRIE / ROJAVA – Alors que le Rojava est menacé d’invasion par la Turquie, une délégation française s’est rendue à Tal Tamr, dans le canton d’Hassaké, afin de recueillir les témoignages des habitants victimes d’attaques turques et privés d’eau par la Turquie. Après avoir visité Qamishlo, la délégation française conduite par l’ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, les écrivains Patrice Franceschi et Roxana Damasionovy, accompagné du représentant du Rojava en France, Khaled Issa, et membre du conseil d’administration du département des relations extérieures du Rojava, Khaled Ibrahim, a rendu visite au conseil de Tel Tamer pour discuter de la situation de la ville et de la région en général. La délégation a été reçue par les responsables locaux de la région. Au cours de la rencontre, les acteurs locaux ont évoqué la situation des civils et les souffrances et dégâts causés par la présence de l’occupation turque et de ses mercenaires aux abords du district. Après la réunion, la délégation s’est dirigée avec le conseil de district vers l’un des points surplombant les lignes de combat avec les mercenaires de l’occupation, où le conseil a informé la délégation des attaques continues de l’occupation turque visant les habitants de la région. En marge de la réunion, l’agence ANHA a rencontré le coprésident du conseil du sous-district de Tel Tamer, Juan Mulla Ayoub, pour évoquer les points les plus importants de la réunion. Mulla Ayoub a déclaré à l’agence ANHA : « Nos discussions avec la délégation française ont porté sur la situation de la population et la situation des services dans la région, en plus des attaques de l’occupation turque et de ses violations continues contre les habitants de la région. Nous les avons informés des transgressions de l’occupation turque et de ses mercenaires contre la région et ses habitants. La raison de leur visite dans la région est d’envoyer un rapport détaillé sur la région à l’État français, en plus d’apporter un soutien à la région, et parmi les questions que nous avons reçues lors de la réunion, nous avons assuré la délégation que les habitants de la région ne veulent aucun soutien matériel ou service, mais que les revendications des habitants de la région sont la fin de la présence de l’occupation turque et de ses mercenaires de la région et le retour des déplacés dans leurs foyers. » La délégation française avait confirmé lors d’une conférence de presse tenue à Qamishlo ce matin, que le peuple français connaissait l’ampleur des sacrifices des habitants de la Syrie du Nord et de l’Est et se tenait à leurs côtés, et a appelé tous les pays démocratiques à œuvrer pour empêcher toute attaque turque contre la région sous contrôle des forces arabo-kurdes soutenues par la coalition anti-EI. ANHA

FRANCE. Manifestation kurde pour défendre le Rojava

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PARIS – Les Kurdes et leurs ami.e.s manifesteront à Paris le samedi 23 juillet pour défendre le Rojava menacé d’une nouvelle invasion par la Turquie aux visées colonialistes. La manifestation est organisées par les organisations kurdes le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) et le Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F). Les deux organisations appellent à manifester pour défendre le Rojava, « dire STOP à l’expansionnisme débridé du régime d’Erdogan et à ses crimes de guerre; défendre l’espoir de démocratie et de paix au Moyen-Orient. » Début du rassemblement à 14 heures, place de la République, Paris

Campagne d’hashtag pour les 10 ans de la révolution du Rojava

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Pour célébrer le 10e anniversaire de la révolution du Rojava, le collectif #RiseUp4Rojava organise une campagne de hashtag ce lundi 18 juillet. La campagne à pour but d’alerter également du danger d’une nouvelle invasion turque visant l’autonomie de facto obtenue par les Kurdes en Syrie.
 
Pour marquer le dixième anniversaire de la révolution du Rojava, #RiseUp4Rojava (Debout pour le Rojava) organise une campagne de hashtag sur Internet avec d’autres groupes. L’objectif n’est pas seulement de célébrer les réalisations de cette décennie, mais aussi de sensibiliser au danger d’une nouvelle invasion par la Turquie, déclare le collectif. « Pour cela, nous espérons une large participation. Ensemble, nous rendrons la révolution tendance et célébrerons les dix ans du Rojava ! Notre objectif est de surmonter le blocus médiatique contre le Rojava et de remettre la révolution et sa défense à l’ordre du jour de l’opinion publique mondiale. opinion. »
 
La campagne hashtag débutera le 18 juillet à 20 heures, heure d’Europe centrale. « Ensemble, nous célébrerons dix ans de libération des femmes, d’écologie et de démocratie. Ensemble, nous sensibiliserons à la menace que la Turquie représente pour les peuples du Moyen-Orient. Ensemble, nous allons dire #RiseUp4Rojava! » Cependant, l’initiative souligne de ne pas utiliser le hashtag pour la campagne à l’avance, sinon il pourrait ne pas apparaître sur les listes de tendances.
 
Pour participer à la campagne d’hashtag pour les 10 ans de la révolution du Rojava, RDV ce lundi 18 juillet 2022, à 20 heures, (heure d’Europe centrale) en diffusant le hashtag: #10yearsROJAVA
 
La révolution du Rojava a 10 ans
 
Le 19 juillet 2012, les Kurdes de Kobanê ont profité du chaos qui régnait en Syrie dans le cadre du « printemps arabe » pour prendre le contrôle de leur ville et déclarer l’autonomie. Après les événements de Kobanê, les peuples du nord et de l’est de la Syrie (Rojava) se sont soulevés et ont profité de l’occasion pour chasser l’armée syrienne et créer des zones autonomes dans toute la région. Ce soulèvement et cette expression de la volonté du peuple ont été rendus possibles grâce aux efforts du mouvement de la jeunesse kurde, qui s’organisait dans la clandestinité depuis des années.
 
Depuis 2012, les habitants de grandes parties du nord et de l’est de la Syrie se sont organisés et ont adopté un contrat social fondé sur les trois piliers de la démocratie de base, de l’écologie et de la libération des femmes, basé sur le concept de confédéralisme démocratique d’Abdullah Öcalan. La région a été confrontée à de nombreuses difficultés, allant des attaques et de l’occupation par l’Etat islamique aux invasions turques répétées et à un embargo complet. Malgré d’énormes défis économiques, politiques et militaires, les gens ont réussi à défendre leur terre et à apprendre à vaincre l’État sur le plan organisationnel et mental. Le Rojava est devenu un modèle pour la coexistence de différentes ethnies, confessions et opinions politiques et représente une solution non seulement pour les sociétés du Moyen-Orient mais aussi pour les peuples du monde entier.
 
Le 23 mai 2022, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé son intention d’envahir à nouveau des zones du nord et de l’est de la Syrie. Il a nommé Manbij, Kobanê, Tel Rifat à Shehba comme cibles. Des centaines de milliers de réfugiés de l’ancien canton d’Afrin, occupé en 2018, vivent à Shehba. Une nouvelle guerre d’agression forcerait à nouveau des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers et déclencherait une catastrophe humanitaire. (ANF) 
 
 

IRAK. Un drone turc tue 5 civils à Tal Afar

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IRAK – Un drone turc a ciblé une voiture à Tal Afar, dans le nord-ouest de l’Irak, tuant 5 personnes, dont une femme. La Turquie mène régulièrement des frappes aériennes visant des civils et des militants kurdes et yézidis à Shengal et au Kurdistan irakien. Au moins cinq personnes ont été tuées dimanche dans l’attaque d’un drone de combat turc dans le nord-ouest de l’Irak. Une femme figurerait parmi les victimes, selon des sources sécuritaires irakiennes. L’attaque par un drone tueur de l’Etat turc se serait produite dimanche après-midi à Tal Afar. La ville est à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Shengal (Sinjar) dans la province de Ninive. La voiture était en route vers Mossoul, plus à l’ouest. L’identité des victimes n’est pas encore connue. (ANF)

SYRIE. Le Rojava demande une zone d’exclusion aérienne face aux menaces turques

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SYRIE / ROJAVA – Face aux menaces d’invasion turques visant les régions kurdes de la Syrie, les partis politiques représentant tous les peuples de la région demandent à la communauté internationale d’instaurer une zone d’exclusion aérienne.
 
Le coprésident du Parti de l’Union syriaque, Sanharib Barsoum, a expliqué que l’appel des partis politiques et des forces militaires de la Syrie du Nord et de l’Est à imposer une zone d’exclusion aérienne est un appel humanitaire pour protéger les peuples de la région des ambitions turques, réitérant son appel à la communauté internationale pour qu’elle réponde à leurs demandes.
 
Le 28 juin dernier, les partis politiques et les forces du Rojava ont appelé la Coalition mondiale de lutte contre l’Etat islamique et la Russie à imposer une zone d’exclusion aérienne au nord et à l’est de la Syrie pour empêcher que la Turquie commettent de nouveaux crimes de guerre et crimes contre l’Humanité similaires à ceux commis par des gangs turco-jihadistes dans le canton d’Afrin, Girê Spî et à Serekanîye.
 
Plus tard, la plupart des institutions, organisations, syndicats et initiatifs de femmes du nord et de l’est de la Syrie se sont joints à l’appel des partis politiques demandant une zone d’exclusion aérienne afin de protéger la région des attaques brutales de l’État d’occupation turc.
 
Assurer la protection des peuples et prévenir les massacres
 
Sanharib Barsoum
 
À ce sujet, le coprésident du Parti de l’Union syriaque, Sanharib Barsoum, a attiré l’attention sur l’importance d’imposer une zone d’exclusion aérienne au nord et à l’est de la Syrie à l’heure actuelle, déclarant : « Les menaces turques contre le nord et l’est de la Syrie sont renouvelées. aujourd’hui et à l’avenir, nous, les partis politiques, avons jugé nécessaire et important d’exiger une zone d’exclusion aérienne dans le nord et l’est de la Syrie, garantissant sa protection contre l’ingérence et la cupidité turques et empêchant le génocide contre les peuples de la région. »
 
Barsoum a noté les dangers des attaques de l’occupation turque sur le territoire syrien, en particulier sur le nord-est de la Syrie, et a déclaré : « Les ambitions turques d’occuper le territoire syrien sont des menaces sérieuses à travers lesquelles elle cherche à mettre en œuvre ce vaste programme qui comprend tout le nord de la Syrie à travers différentes étapes. telles que l’intervention directe ou par l’intermédiaire de mercenaires qui lui sont associés. La Turquie a commis des crimes de guerre et un génocide contre les peuples de la région dans chaque intervention qu’elle a sur les terres syriennes à travers son déplacement des peuples autochtones. »
 
« Les zones de sécurité turques menacent la sécurité internationale »
 
Barsoum a rappelé ce que l’occupation turque avait commis contre les citoyens lors de ses attaques contre Afrin, Serêkaniyê et Girê Spî, et a déclaré : « Ce qui s’est passé dans ces zones se répétera aujourd’hui dans toutes les régions occupées par la Turquie, du déplacement forcé des peuples de ces régions et l’effet du changement démographique et de l’installation de Syriens d’autres régions dans ces régions. »
 
Se référant à la réalité des zones que l’État d’occupation turc qualifie de « sûres » , il a déclaré : « En fait, ce sont des zones sûres pour les groupes de mercenaires et le terrorisme. Nous savons parfaitement que les dirigeants des mercenaires de l’Etat islamique se sont réfugiés dans les zones occupées par la Turquie, qui sont des zones où les terroristes s’installent sans aucune poursuite, et donc, « les zones de sécurité turques sont une menace directe pour toute la Syrie et une menace pour la sécurité internationale. »
 
Consensus international
 
Barsoum a souligné que la demande des partis politiques du nord et de l’est de la Syrie d’imposer une zone d’exclusion aérienne nécessite « un consensus international et des superpuissances qui parrainent et mettent en œuvre cette demande sur le terrain, nous poursuivons donc cette campagne en communiquant avec tous les pays du monde, les organisations internationales et les Nations Unies, et nous espérons que les parties doivent répondre à l’appel de nos peuples et trouver un moyen de protéger la région de ces menaces directes. »
 
Sur les raisons pour lesquelles l’Amérique et la Russie n’ont pas répondu à la demande d’imposer une zone d’exclusion aérienne au nord et à l’est de la Syrie jusqu’à présent, Sanharib Barsoum a déclaré : « Ces pays ont leur présence militaire en Syrie et ont leur influence et leurs intérêts, et ils cherchent à atteindre leurs objectifs grâce à leur présence militaire, en particulier dans le nord et l’est de la Syrie. Nous cherchons à mettre en œuvre l’embargo aérien sur la région, il doit y avoir au moins des ententes entre les grandes puissances, mais à la lumière des circonstances actuelles et internationales, nous avons du mal à avoir un consensus, surtout entre les Etas-Unis, ses alliés et la Russie. »
 
Campagne des partis politiques de la Syrie du Nord et de l’Est
 
Barsoum a rappelé que l’appel des partis politiques est un appel humanitaire à protéger les peuples de la région et la protection des lois internationales et onusiennes à travers les interventions militaires turques en cours, et que « leur appel s’adresse à toutes les parties et à ceux qui ont la capacité de protéger la région et de ne pas réaliser les intérêts internationaux aux dépens du sang des peuples de la région. »
 
À propos des activités qui seront incluses dans la campagne des partis politiques du nord et de l’est de la Syrie appelant à l’imposition d’un embargo aérien, Barsoum a déclaré: « Nous avons lancé la campagne par le biais d’une conférence de presse, puis nous avons eu des réunions avec des politiciens et des parlementaires internationaux, que ce soit directement ou via Internet, et véhiculant la réalité de la région et l’importance de nos revendications, notamment au regard de l’appel à la zone d’exclusion aérienne. »
 
Barsoum a expliqué que la campagne se poursuivra jusqu’au 19 juillet, qui coïncide avec le dixième anniversaire de la révolution du Rojava, du nord et de l’est de la Syrie, et qu’ils poursuivent ces activités, rencontres et relations avec l’extérieur pour protéger la région, ajoutant : « Nous espérons qu’il y aura une réponse car c’est la demande de tous les événements et institutions civils, politiques et populaires.
 
A l’issue de son discours, le coprésident du Parti de l’Union syriaque a appelé les peuples de la région à se rassembler autour de leurs forces militaires et de leur autogestion pour protéger ce qui a été réalisé lors de la révolution du 19 juillet, soulignant : Les forces armées et l’administration autonome sont la couverture qui protège les peuples de la région de tout stratagème extérieur et de toute politique d’anéantissement qui pourrait arriver à tous les peuples de la région. »
 

Greenpeace : La destruction de l’environnement dans la région kurde dépasse notre expertise

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Le site millénaire d’Hasankeyf englouti sous les eaux du barrage Ilisu en 2020 laissait de marbre l’UNESCO, le massacre des centaines de civils kurdes dans des villes assiégées du Kurdistan de « Turquie » entre 2015 et 2016 était ignoré copieusement par l’ONU, alors quoi d’étonnant que le Greenpeace choisisse de fermer les yeux devant l’écocide commis au Kurdistan par la Turquie? En effet, contactée par des juriste kurdes suite au déboisement massif des forêts de la province kurde de Sirnak par le régime turc, Greenpeace a déclaré que cela dépassait son « expertise » ! Quand il s’agit des Kurdes et du Kurdistan, les institutions ou les ONG sensées protéger les droits humains, le patrimoine de l’Humanité ou bien l’écologie trahissent leur mission pour ne pas froisser l’Etat colonialiste turc. En réponse à une demande d’aide du barreau de Şırnak concernant les destructions de forêts dans la région kurde par l’État turc, Greenpeace a déclaré : « Malheureusement, la question dépasse notre expertise » . La nature la province kurde de Şırnak est gravement endommagé par l’exploitation minière, les barrages, les centrales hydroélectriques, les carrières de sable et les incendies criminels de l’armée turque. En plus des incendies de forêt, des opérations de destruction massive ont lieu dans les régions montagneuses de Cudi, Gabar et Besta par de soi-disant gardes villageois pour des « raisons de sécurité » . Les paysages de montagne avec leur nature unique sont ainsi transformés en désert. Mais alors que la destruction de l’environnement est largement entendue dans l’ouest de la Turquie, la destruction de la nature dans le nord du Kurdistan est d’un silence assourdissant. L’association du barreau de Şırnak avait alors lancé un appel désespéré au Fonds mondial pour la nature (WWF), à la Fondation pour la protection et la promotion des valeurs environnementales et culturelles (ÇEKÜL) et à Greenpeace pour les motiver à agir contre cette destruction de l’environnement. « Pas notre domaine d’expertise » Greenpeace a répondu par écrit à l’appel du barreau il y a une semaine, disant qu’ils « remerciaient » l’association. Il poursuit en disant : « Aujourd’hui, des délits environnementaux sont continuellement commis partout en Turquie. En raison de ressources limitées, il nous est impossible d’atteindre tout le monde et de travailler sur toutes sortes de problèmes environnementaux. Pour cette raison, Greenpeace se concentre sur certaines questions afin d’utiliser le plus efficacement possible le soutien que l’organisation reçoit des individus. Greenpeace poursuit ses activités en faisant campagne sur ces questions. Dans votre mail, vous avez exprimé votre inquiétude justifiée face à la déforestation dans votre région. En tant qu’institution, nous sommes contre toutes sortes de dégradations environnementales, mais comme la question ne relève pas de notre champ d’expertise, nous ne pouvons malheureusement que vous référer à des organisations non gouvernementales expérimentées spécialisées dans ces questions et qui ont fait beaucoup de travail jusqu’à présent. » Barrages, exploitation minière, déboisement… L’avocat Sabri Çatıkkaş, membre du comité de l’environnement et du développement urbain du barreau de Şırnak, a souligné dans un entretien avec l’agence Mezopotamya (MA) que la surexploitation de la nature dans et autour de Şırnak dure depuis longtemps : « La surexploitation de la nature continue avec des barrages, des mines, des carrières de sable sur le Tigre et l’abattage d’arbres. De nombreux endroits à Şırnak sont sous l’eau à cause de grands et petits barrages. La construction de barrages a changé les lits des rivières et changé le mode de vie dans la région. De nombreuses mines de charbon ont été ouvertes à Şırnak. Lors de l’extraction du charbon, la nature est dévastée. Toute la pollution des mines de charbon est déversée dans les rivières. La vie dans les cours d’eau en est affectée. En même temps, ces Les ruisseaux polluent le Tigre. Les fosses de sable sur le fleuve sont également un gros problème. De grandes fosses sont créées par l’extraction de sable. De nombreuses personnes s’y noient chaque année. Depuis 2010, des dizaines de personnes ont perdu la vie à cause de l’extraction de sable. »
Sabri Çatıkkaş
« La Direction des forêts détruit la forêt » Çatıkkaş a souligné que des opérations de destruction continues sont menées dans la province de Şırnak depuis environ deux ans, au nom d’institutions officielles. « L’organisme responsable est la direction locale des forêts [sous le ministère de l’Agriculture et des Forêts], qui est également responsable des appels d’offres correspondants. Ces appels d’offres sont effectués en violation des lois sur les appels d’offres. En même temps, ils sont attribués à des personnes connues. être proche de l’AKP. Les forêts de Şırnak sont abattues par ces gens. L’avocat fait allusion, entre autres, à des clans de gardes villageois paramilitaires qui profitent massivement des travaux de défrichement. » Concernant l’appel aux organisations environnementales, Çatıkkaş a déclaré : « Nous leur avons envoyé par e-mail les rapports que nous avons faits et les photos que nous avons reçues sur la dévastation des montagnes de Şırnak. Nous avons demandé de l’aide. Même s’ils ne font rien, nous leur avons demandé au moins demander l’arrêt de cette surexploitation de la nature. Jusqu’à présent, seul Greenpeace a répondu. Dans sa réponse, l’organisation écrit qu’elle sait que de nombreux crimes contre la nature sont commis en Turquie, mais en tant que Greenpeace, elle dispose d’un petit budget et mène des actions certains travaux qu’ils ont accepté de faire. Greenpeace déclare qu’il n’y a rien qu’ils puissent faire contre la surexploitation de la nature ici. Étant donné la structure d’entreprise de Greenpeace avec ses propres compagnies d’énergie et les énormes revenus des dons, il est douteux que le manque d’argent soit le vrai problème. » « Discrimination contre la nature » En conséquence, Çatıkkaş accuse également Greenpeace de « deux poids deux mesures » . Il a poursuivi : « D’autres organisations qui prônent la protection de l’environnement adoptent la même approche. Lorsqu’il s’agit de la nature du Kurdistan, elles affichent toutes la même attitude. Jusqu’à aujourd’hui, aucune organisation internationale ou nationale n’a élevé la voix contre le brûlage des forêts ou l’abattage d’arbres dans ce pays. Ils n’ont pas pris position contre le pillage de la région par les mines et les sablières. Il y a des raisons à cela, bien sûr. Ces organisations sont soutenues par certains États. Cette aide est existentielle pour les organisations. Pour ne pas compromettre cette aide, ils font la sourde oreille et les yeux sur la nature de notre région, ils ne veulent pas affronter les États qui les financent, c’est une grande hypocrisie. Il est inacceptable qu’une organisation fondée au nom de la conservation de la nature discrimine la nature. La nature en Méditerranée est la nature, mais la nature au Kurdistan n’est-elle pas ? La vie est-elle détruite là-bas et pas ici ? Si la nature du Kurdistan est pillée et détruite, cela n’affectera-t-il pas la nature de la Méditerranée ? C’est de l’hypocrisie. » Çatıkkaş a appelé à la fin de cette « hypocrisie » et a déclaré : « Toutes les organisations du Kurdistan doivent s’unir et travailler ensemble contre cette hypocrisie. Nous devons agir ensemble pour arrêter cette surexploitation de la nature au Kurdistan. Nous devons parler d’une seule voix. Si nous le faisons ça, on peut arrêter ce pillage. » ANF  

« Pas de solution militaire » : une nouvelle approche américaine de la question kurde ?

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S’exprimant lors d’une conférence à Washington organisée par l’Institut du Moyen-Orient mercredi, la sous-secrétaire adjointe à la Défense pour le Moyen-Orient, Dana Stroul, a déclaré qu’il n’y avait « pas de solution militaire » au conflit entre le gouvernement turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK ), a suggéré qu’un processus politique était nécessaire pour mettre fin à la violence et a mis en doute l’efficacité des opérations militaires transfrontalières de la Turquie.
 
Ses commentaires, en réponse à une question sur la prise en compte des intérêts sécuritaires de la Turquie en Syrie, étaient les suivants :
 
« Donc, tout d’abord, quand on parle d’opérations DAECH / ISIS, d’opérations anti-PKK, je pense qu’il va sans dire après plus de 20 ans d’expérience collective dans le contre-terrorisme qu’il n’y a pas de solution militaire. Je pense donc que lorsqu’il s’agit de répondre aux préoccupations de sécurité très légitimes de la Turquie et aux pertes de vie très réelles que leurs forces et leurs citoyens ont subies aux mains du PKK, il faut sérieusement envisager un processus politique et un dialogue, sur la façon de répondre à ces préoccupations, numéro un. Deuxièmement, nous avons vu des opérations turques cycliques en Irak et en Syrie. Je pense qu’il faut réfléchir sérieusement à ce qui est réalisable avec des opérations militaires comme celle-ci sans un processus politique et économique proportionné. »
 

Le contexte

Tout simplement, il s’agit d’une position publique nouvelle et notable sur le conflit pour un responsable américain. Les États-Unis ont toujours été le principal bailleur de fonds étranger des efforts de la Turquie pour rechercher une solution militaire à sa question kurde, motivés par des considérations de guerre froide concernant l’adhésion de la Turquie à l’OTAN et la nécessité de maintenir un régime amical pro-occidental à Ankara. Grâce aux ventes d’armes, à l’aide à la sécurité, à la coopération en matière de renseignement, aux désignations juridiques et à d’autres mesures, les décideurs américains ont veillé à ce que les éléments les plus répressifs et pro-guerre de l’État turc disposent d’un approvisionnement constant en ressources pour faire la guerre non seulement au PKK, mais sur des communautés kurdes entières. Cette approche a découragé le dialogue, exacerbé les causes profondes du conflit et probablement prolongé la violence. La Turquie a utilisé ses armes et sa technologie d’origine américaine dans des actions qui violent les lois de la guerre et bafouent les normes internationales relatives aux droits de l’homme y compris contre son propre peuple . Le personnel de sécurité turc qui a bénéficié de la formation militaire américaine a ensuite supervisé de graves violations des droits et des actions antidémocratiques. Les lois américaines ont eu un effet dissuasif sur les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit. Le degré d’engagement des États-Unis dans les pourparlers de paix historiques entre le gouvernement turc et le PKK entre 2012 et 2015 était négligeable. Mais après l’échec des pourparlers, la dynamique changeante en Syrie a commencé à changer les calculs de Washington sur le conflit. Les mêmes développements dans la campagne anti-ISIS qui poussaient la Turquie vers une politique plus agressive envers les Kurdes de Syrie poussaient les États-Unis vers une compréhension plus nuancée de la question kurde. Dans son livre de 2020 Turkey’s Mission Impossible: War and Peace with the Kurds, Cengiz Candar a cité un responsable américain anonyme qui a révélé que, à huis clos, les États-Unis avaient proposé de relancer les négociations de paix entre la Turquie et le PKK au début de 2016 – une décision qui a provoqué la colère. Les responsables turcs sont déjà mécontents de l’aide américaine aux Forces démocratiques syriennes. Dans la perspective de l’invasion désastreuse de la Syrie par la Turquie en 2019, les perspectives d’une solution politique ont été discutées plus en détail. Les critiques de l’approche de l’administration Trump en matière de médiation entre la Turquie et les FDS présentent souvent l’idée de négociations de paix comme une solution plus globale. Le groupe d’étude bipartite sur la Syrie a recommandé que les États-Unis soutiennent la reprise des pourparlers entre la Turquie et le PKK comme la meilleure stratégie pour parvenir à la détente entre la Turquie et les Forces démocratiques syriennes (FDS). Il y avait des signaux sérieux et crédibles indiquant que le mouvement kurde aurait accepté la médiation américaine à l’époque : le chef emprisonné du PKK, Abdullah Ocalan, a publié une déclaration par l’intermédiaire de ses avocats appelant à une résolution pacifique des tensions entre la Turquie et le SDF en mai de cette année-là, et l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) Le coprésident Cemil Bayik a écrit un éditorial pour le Washington Post affirmant qu’il était temps de trouver une solution négociée en juillet. Cependant, l’administration Trump a ignoré ces signaux et a poursuivi un accord unilatéral sur la « zone de sécurité » qui s’est avéré inapplicable et a finalement ouvert la voie à l’opération Printemps de Paix. L’accord de cessez-le-feu d’octobre 2019 qui a mis fin à l’invasion avait une portée limitée similaire et des problèmes d’application similaires, et reste aujourd’hui une source d’instabilité .

Pourquoi c’est important maintenant

L’approche agressive de la Turquie sur la question kurde a été au centre de deux questions clés qui ont occupé les décideurs politiques américains au cours des dernières semaines : l’opposition d’Erdogan à l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN pendant une guerre terrestre active en Europe et les menaces persistantes d’un nouveau gouvernement turc . opération dans le nord de la Syrie qui mettrait en péril à la fois la campagne anti-EI et une solution au conflit syrien en vertu de la résolution 2254 de l’ONU. La frustration croissante face à ce comportement a peut-être forcé l’administration Biden à reconnaître et à traiter les sources de la conduite turque à leurs racines. Une solution politique à la question kurde est finalement le seul moyen durable de maintenir définitivement la Turquie hors du nord de la Syrie et d’éloigner le pays d’un modèle de hiérarchisation des menaces qui l’a mis en conflit avec ses alliés de longue date. Cette compréhension de la situation correspond également mieux aux réalités actuelles sur le terrain. La dernière incursion de la Turquie au Kurdistan irakien est apparemment dans une impasse, les médias kurdes faisant des allégations crédibles selon lesquelles le gouvernement minimise ses pertes dans la région de Zap. Alors que la Turquie a réussi à prendre le contrôle de larges pans du territoire syrien, ces zones sont aujourd’hui paradoxalement plus instables et présentent des risques de sécurité plus importants qu’elles ne l’étaient lorsqu’elles étaient pacifiquement sous le contrôle des FDS et de l’administration autonome. Un récent sondage a montré qu’une majorité de citoyens turcs s’opposent désormais aux opérations militaires transfrontalières et aux bases militaires étrangères, probablement en raison de l’impact économique des campagnes sans fin en Syrie et en Irak au milieu d’une crise économique dévastatrice. La même enquête a révélé un soutien majoritaire aux solutions non militaires au problème du « terrorisme » en Turquie et un mécontentement croissant à l’égard des politiques gouvernementales sur la question kurde. À l’approche d’élections à enjeux élevés en Turquie, les États-Unis voudront peut-être qu’un large éventail d’acteurs politiques du pays comprennent qu’ils considèrent la situation actuelle comme intenable et une approche différente dans l’intérêt de tous. Options de politique Si les États-Unis sont sérieux quant au rejet d’une solution militaire à la question kurde de la Turquie, il y a plusieurs mesures qu’ils pourraient prendre pour encourager une nouvelle approche : certaines unilatéralement, et d’autres par un engagement diplomatique concentré. Agissant seul, il peut d’abord aligner ses actions sur ses paroles et mettre fin au soutien matériel à l’effort de guerre d’Erdogan. Certaines des mesures les plus percutantes ici, comme le blocage de la vente d’armes et de technologies particulièrement destructrices, y compris les avions de combat et les pièces de drones, ont déjà été proposées par le Congrès. Toute future vente d’armes ou aide à la sécurité devrait être conditionnée à la mise en œuvre intégrale d’un accord de paix juste et durable et à des améliorations proportionnelles de la démocratie et des droits humains. Dans l’ensemble, l’approche devrait faire comprendre aux décideurs politiques turcs que les États-Unis n’aideront plus la Turquie à rechercher une solution militaire au conflit, mais aideront avec une approche politique. Les décideurs américains pourraient également reconsidérer la désignation de terroriste du PKK, comme les processus juridiques en Europe commencent déjà à le faire. L’applicabilité de la désignation a été largement critiquée car le PKK est devenu un acteur majeur dans la lutte contre l’Etat islamique. Cela limite la capacité des États-Unis à s’engager avec toutes les parties au conflit d’une manière qui profiterait à une solution politique. Le supprimer signalerait également au mouvement kurde que les États-Unis étaient sérieux au sujet des pourparlers, encourageant leur participation. D’autres pressions diplomatiques sur la Turquie devraient se concentrer sur l’ouverture d’un espace politique pour la paix. Les principaux acteurs politiques qui ont participé au dialogue précédent et y participeraient probablement à nouveau sont actuellement marginalisés. Au minimum, les États-Unis devraient faire pression pour que la Turquie abandonne les poursuites judiciaires contre le Parti démocratique des peuples (HDP) et libère de prison les milliers de membres, militants et élus du HDP détenus arbitrairement depuis 2015. Le HDP représente la grande majorité des Kurdes de Turquie qui veulent résoudre la question kurde par des moyens non violents, et ses responsables sont bien placés pour assurer la médiation entre les communautés kurdes, le gouvernement et le PKK. Il a également avancé des propositions détaillées sur la façon dont une solution pourrait être trouvée. Les États-Unis devraient également exiger que le gouvernement turc applique ses propres lois et permette à Abdullah Ocalan de rencontrer sa famille et ses avocats. Les rencontres avec Ocalan ont été une partie essentielle du dernier processus de paix, et le mouvement kurde et de nombreux citoyens kurdes de Turquie considèrent la participation d’Ocalan comme essentielle pour toute nouvelle discussion. Continuer à s’opposer à toute nouvelle opération turque en Syrie – et prendre une position plus ferme contre les opérations turques en Irak – sera également nécessaire. Si la Turquie envahit à nouveau la Syrie, l’agitation nationaliste en Turquie et l’impact dévastateur d’une troisième incursion sur les communautés kurdes rendront la réconciliation plus difficile qu’elle ne l’est déjà. Il sera essentiel d’observer de près l’action dans tous ces domaines problématiques pour déterminer si les États-Unis ont changé leur approche de la question kurde dans la réalité ainsi que dans la rhétorique.
 
Article de Meghan Bodette publié en anglais ici
 
Meghan Bodette est directrice de recherche au Kurdish Peace Institute. Elle se concentre sur le droit international, les institutions et l’éthique. Elle informe des responsables de gouvernements et d’institutions internationales de ses recherches sur les droits et le statut des femmes auprès de divers acteurs politiques et militaires dans le conflit syrien, et son travail a été présenté par divers médias, notamment le programme Moyen-Orient du Wilson Center.

Des centaines d’enfants soldats enrôlés par des gangs pro-Turquie en Syrie

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L’Armée nationale syrienne (ANS/SNA) soutenue par la Turquie et d’autres milices de l’opposition syrienne ont enrôlé près d’un millier d’enfants comme soldats en 2021 en Syrie selon les chiffres publiés par l’ONU le 11 juillet 2022 dans son rapport annuel sur les enfants et les conflits armés (CAAC). Le rapport de l’ONU a documenté le cas de 221 enfants soldats dans les rangs des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis pour la même année. Des analystes connaissant le terrain déclarent que le nombre avancé par l’ONU concernant les enfants soldats recrutés par les mercenaires de la Turquie est plus élevé du fait de la difficulté d’enquêter dans les zones syriennes occupés par les mercenaires. Toujours, selon l’ONU, le régime et les forces pro-gouvernementales ont utilisé 46 enfants soldats, le nombre le plus faible des principaux partis dans la guerre en Syrie l’année dernière. La Syrie est classée parmi les pires pays au monde pour les violations des droits des enfants dans les conflits depuis le début de la guerre civile en 2011.

SYRIE. Une journaliste décapitée à Deir ez-Zor

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SYRIE / ROJAVA – Menal Salih al Mizel, journaliste au bureau de presse du Conseil civil de Deir ez-Zor, a été retrouvé morte, décapitée dans une maison abandonnée. Menal Salih al Mizel, 22 ans, qui travaillait comme journaliste au bureau de presse du Conseil civil de Deir ez-Zor, dans la région sous contrôle des forces arabo-kurde, a été retrouvé morte, décapitée dans une maison détruite près du camp de Mihemid. Une enquête a été lancée par les Forces de sécurité intérieure pour retrouver les assassins d’al Mizel, qui était originaire du village de Cewala, à Deir ez-Zor. Tout porte à croire que cet assassinat abject est l’œuvre des cellules secrètes de DAECH / ISIS toujours présentes dans la région