Commentant l’évolution de la situation en Syrie, Ahmet Karamus, coprésident du Congrès national du Kurdistan (KNK), a souligné qu’il était impératif de préserver les acquis obtenus au Rojava.
S’adressant à ANF, Karamus a déclaré :
« Bien qu’un accord semble avoir été conclu avec Damas, de nombreux dangers et risques persistent. Les menaces contre le Rojava se poursuivent. Les attaques de ces groupes et forces contre le Rojava continuent. C’est pourquoi une délégation du KNK se trouve actuellement au Rojava (Kurdistan occidental). L’objectif de cette délégation est de manifester ouvertement son soutien au Rojava. Nous sommes solidaires de notre peuple et de ses réussites. Nous voulons informer le public de la situation de la population, de ses revendications, de ses attentes et du type de soutien dont elle a besoin.
Nous appelons à la poursuite des actions et des manifestations dans les quatre régions du Kurdistan et à l’étranger.
Afin de consolider les acquis du peuple du Rojava et de l’ensemble du peuple kurde, le 1er février a été déclaré Journée de solidarité avec le Rojava Kurdistan par décision du Congrès national du Kurdistan et de tous les partis kurdes. Chaque Kurde est invité à participer aux actions menées le 1er février, car des millions de Kurdes manifesteront une fois de plus leur soutien au Rojava et à ses réussites. »(ANF) « Les menaces contre le Rojava persistent »
SYRIE / ROJAVA – Le coprésident du KNK, Ahmet Karamus, a déclaré que le danger qui menace les Kurdes du Rojava persiste et a appelé à la poursuite des actions visant à protéger les acquis obtenus au Rojava.
Commentant l’évolution de la situation en Syrie, Ahmet Karamus, coprésident du Congrès national du Kurdistan (KNK), a souligné qu’il était impératif de préserver les acquis obtenus au Rojava.
S’adressant à ANF, Karamus a déclaré :
« Bien qu’un accord semble avoir été conclu avec Damas, de nombreux dangers et risques persistent. Les menaces contre le Rojava se poursuivent. Les attaques de ces groupes et forces contre le Rojava continuent. C’est pourquoi une délégation du KNK se trouve actuellement au Rojava (Kurdistan occidental). L’objectif de cette délégation est de manifester ouvertement son soutien au Rojava. Nous sommes solidaires de notre peuple et de ses réussites. Nous voulons informer le public de la situation de la population, de ses revendications, de ses attentes et du type de soutien dont elle a besoin.
Nous appelons à la poursuite des actions et des manifestations dans les quatre régions du Kurdistan et à l’étranger.
Afin de consolider les acquis du peuple du Rojava et de l’ensemble du peuple kurde, le 1er février a été déclaré Journée de solidarité avec le Rojava Kurdistan par décision du Congrès national du Kurdistan et de tous les partis kurdes. Chaque Kurde est invité à participer aux actions menées le 1er février, car des millions de Kurdes manifesteront une fois de plus leur soutien au Rojava et à ses réussites. »(ANF)
Commentant l’évolution de la situation en Syrie, Ahmet Karamus, coprésident du Congrès national du Kurdistan (KNK), a souligné qu’il était impératif de préserver les acquis obtenus au Rojava.
S’adressant à ANF, Karamus a déclaré :
« Bien qu’un accord semble avoir été conclu avec Damas, de nombreux dangers et risques persistent. Les menaces contre le Rojava se poursuivent. Les attaques de ces groupes et forces contre le Rojava continuent. C’est pourquoi une délégation du KNK se trouve actuellement au Rojava (Kurdistan occidental). L’objectif de cette délégation est de manifester ouvertement son soutien au Rojava. Nous sommes solidaires de notre peuple et de ses réussites. Nous voulons informer le public de la situation de la population, de ses revendications, de ses attentes et du type de soutien dont elle a besoin.
Nous appelons à la poursuite des actions et des manifestations dans les quatre régions du Kurdistan et à l’étranger.
Afin de consolider les acquis du peuple du Rojava et de l’ensemble du peuple kurde, le 1er février a été déclaré Journée de solidarité avec le Rojava Kurdistan par décision du Congrès national du Kurdistan et de tous les partis kurdes. Chaque Kurde est invité à participer aux actions menées le 1er février, car des millions de Kurdes manifesteront une fois de plus leur soutien au Rojava et à ses réussites. »(ANF) L’Occident et les Kurdes ; de l’accord Sykes-Picot à la loi « Sauver les Kurdes »
KURDISTAN – L’Occident et les Kurdes ; de l’accord Sykes-Picot qui a acté la colonisation du Kurdistan à la loi « Sauver les Kurdes ». Explications avec le site The Amargi.
Le sénateur américain Lindsey Graham a récemment annoncé sur son compte X qu’il présenterait le « Save the Kurds Act », un projet de loi visant à protéger les Kurdes et à sanctionner ceux qui les prennent pour cible. Cette initiative a suscité un large soutien en ligne au sénateur Graham et une pétition signée par des Kurdes de tous bords politiques, dont des personnalités comme l’homme d’affaires kurde et général peshmerga Sirwan Barzani, qui a partagé une pétition de soutien sur les réseaux sociaux.
Ce soutien politique américain s’inscrit dans une histoire centenaire et tumultueuse des relations kurdes avec les puissances occidentales, une histoire de promesses, de soutien et de protection, de trahison, d’alliance et d’abandon qui a façonné à la fois les aspirations kurdes et le Moyen-Orient moderne.
1. Les promesses non tenues de l’après-Première Guerre mondiale
À la fin de la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman s’effondra et les puissances européennes redessinèrent les frontières. Le traité de Sèvres (1920) offrit initialement aux Kurdes la possibilité d’une autonomie, voire d’un État, mais cette promesse fut annulée par le traité de Lausanne (1923), qui créa la Turquie moderne et ignora les revendications territoriales kurdes . Aucun État kurde ne fut reconnu. Nombre de Kurdes eurent le sentiment d’avoir été sacrifiés au profit d’intérêts européens plus vastes.
2. La République du Kurdistan de 1946
En janvier 1946, des dirigeants kurdes du nord-ouest de l’Iran proclamèrent la République du Kurdistan à Mahabad, un État kurde indépendant éphémère soutenu par l’Union soviétique mais auquel s’opposait le gouvernement iranien. Figurant parmi les premiers États kurdes modernes, il devint un puissant symbole d’identité nationale. La république s’effondra moins d’un an plus tard, suite au retrait des forces soviétiques sous la pression internationale, et ses dirigeants furent exécutés.
3. Les insurrections du milieu du XXe siècle
Les décennies suivantes furent marquées par des révoltes kurdes répétées contre les gouvernements d’Irak, d’Iran et de Turquie. En Irak, le mollah Mustafa Barzani mena des soulèvements pour les droits et l’autonomie des Kurdes. Au début des années 1970, les Kurdes bénéficièrent d’un soutien clandestin des États-Unis (souvent acheminé par le Shah d’Iran), mais cette alliance s’effondra en 1975 lorsque les responsables politiques américains, notamment Henry Kissinger, acceptèrent un accord entre l’Iran et l’Irak qui laissa les Kurdes sans défense. Nombre d’entre eux considèrent cet événement comme une profonde trahison.
4. Saddam Hussein et les attaques chimiques (années 1980)
Durant la guerre Iran-Irak (1980-1988), le dirigeant irakien Saddam Hussein lança la campagne Anfal, qui comprenait des attaques chimiques, dont la plus tristement célèbre eut lieu à Halabja en mars 1988 et fit des milliers de victimes civiles kurdes. La brutalité de ces actes choqua le monde entier, mais les puissances internationales tardèrent à intervenir.
5. La guerre du Golfe de 1991 et la zone d’exclusion aérienne
La guerre du Golfe de 1991, déclenchée par l’invasion du Koweït par l’Irak, a ouvert une nouvelle ère. Après le retrait des forces irakiennes, les Kurdes se sont soulevés dans le nord de l’Irak, mais ont de nouveau été brutalement réprimés. L’indignation internationale a conduit les États-Unis et leurs alliés à instaurer une zone d’exclusion aérienne afin de protéger les régions kurdes. Une résolution des Nations Unies, soutenue par la France et d’autres pays, a permis la mise en œuvre de cette mesure, donnant ainsi aux Kurdes d’Irak l’opportunité de se doter d’institutions semi-autonomes. Les progrès réalisés aujourd’hui dans la région du Kurdistan irakien seraient inconcevables sans le soutien des États-Unis et des pays européens.
6. Accord de Washington et politique kurde
Entre 1994 et 1998, les conflits internes kurdes entre le PDK de Massoud Barzani et l’UPK de Jalal Talaban ont dégénéré en guerre civile. La diplomatie occidentale a contraint les deux camps à signer l’Accord de Washington en 1998, mettant fin aux combats et permettant au Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) de consolider son autonomie au sein de l’Irak.
7. Inscription du PKK sur la liste des organisations terroristes
Dans les années 1990, la Turquie a fait pression sur les États-Unis et ses alliés européens pour que le PKK soit désigné comme organisation terroriste. Cette décision a criminalisé le mouvement de libération kurde en Turquie. Par la suite, cette désignation a préparé le terrain et justifié l’arrestation du chef du PKK, Abdullah Öcalan, au Kenya en 1999, après que les pays européens lui eurent refusé l’asile – une décision que les militants kurdes ont perçue comme une preuve d’hypocrisie de la part de l’UE.
8. L’invasion de l’Irak en 2003 et au-delà
L’invasion de l’Irak en 2003, menée par les États-Unis, a renversé le régime de Saddam Hussein et transformé le paysage politique kurde. Les Kurdes ont acquis une influence considérable au sein du nouvel ordre politique irakien, et beaucoup pensaient que cela leur ouvrirait la voie à une pleine indépendance. Cependant, leurs espoirs d’un État souverain ne se sont jamais pleinement concrétisés, en raison des pressions régionales et des luttes politiques internes à l’Irak.
Dans le même temps, l’Union européenne a conditionné le processus d’adhésion bloqué de la Turquie à des réformes sur les droits des minorités, mais cela a engendré des changements lents, et de nombreux Kurdes en Turquie sont toujours confrontés à une discrimination systémique et à une répression culturelle.
9. L’EI, le Rojava et les champs de bataille
En 2014, l’État islamique (EI) a conquis de vastes territoires en Irak et en Syrie. Les forces kurdes, les Peshmergas irakiens et les YPG/YPJ syriennes, sont devenues des partenaires essentiels de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Ces derniers ont rompu le silence lorsque leurs frappes aériennes ont déjoué des attaques de l’EI contre les Yézidis et ont permis aux YPG/YPJ de vaincre l’EI à Kobané. Ainsi, les États-Unis ont marqué l’histoire en aidant les Kurdes à remporter leur plus grande victoire de l’histoire moderne. Leur rôle a été crucial dans la chute des bastions de l’EI. Cependant, les aspirations kurdes à un soutien plus large ont été de nouveau compromises par l’évolution de la politique américaine et l’hostilité de la Turquie.
Au Rojava (nord-est de la Syrie), les mouvements politiques kurdes ont établi des administrations autonomes. La Turquie a réagi par des offensives militaires, notamment en 2018 à Afrin et en 2019 dans d’autres régions kurdes, où la communauté internationale a adopté une position discrète. Nombre de Kurdes se sont sentis abandonnés, même s’ils ont continué à combattre Daech et à défendre l’autonomie civile.
10. Référendum kurde irakien et frustrations contemporaines
En 2017, les Kurdes d’Irak ont organisé un référendum sur l’indépendance qui a révélé un soutien massif à la création d’un État. Cependant, ce résultat a entraîné des répercussions diplomatiques et la perte de territoires stratégiques comme Kirkouk et Sinjar, lorsque Bagdad a repris le contrôle par la force. Cette situation a exacerbé la frustration des Kurdes envers les puissances occidentales qui, bien que les aient soutenus militairement, se sont abstenues de soutenir pleinement l’indépendance. Néanmoins, le soutien occidental s’est maintenu pour la région du Kurdistan irakien en tant que région fédérale et demeure d’actualité.
11. L’abandon des FDS
Une dure leçon sur l’espoir sans illusions est survenue début janvier 2026, lorsque les États-Unis ont de facto abandonné les FDS. Pour les Kurdes, cela a été perçu comme l’effondrement de leur dernière garantie de sécurité et a confirmé une conviction de longue date : les États-Unis ne sont pas un allié fiable.
Après le retrait des FDS, les forces gouvernementales syriennes et les forces soutenues par la Turquie ont rapidement progressé. Dans un premier temps, Sheikh Maqsoud, Achrafiyah et une partie d’Alep ont été prises. Puis Raqqa et Deir ez-Zor sont tombées sous le contrôle des forces de Damas. Alors que ces forces commençaient à avancer vers les villes kurdes, la situation a de nouveau évolué. Cette fois, suite aux protestations des alliés kurdes dans les pays occidentaux, notamment au Congrès américain, les États-Unis et l’Europe, et plus particulièrement la France, sont intervenus, jouant un rôle de médiateur auprès de Damas et œuvrant pour stopper les offensives.
Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur pour dix jours supplémentaires. Cette période devrait influencer davantage la position des Kurdes vis-à-vis des pays occidentaux, notamment quant à la possibilité d’obtenir de véritables garanties de sécurité, étant donné qu’il demeure quasiment impossible pour les Kurdes de se protéger au sein des États hostiles de la région.
12. La loi d’aujourd’hui « Sauver les Kurdes »
Des décennies d’alliances changeantes ont engendré un héritage complexe : si le soutien occidental s’est souvent révélé décisif sur le plan militaire, les espoirs kurdes de reconnaissance politique et d’autonomie, sans parler de souveraineté, sont constamment contrariés par des impératifs géopolitiques plus vastes. La loi « Sauver les Kurdes » et le large soutien kurde qu’elle a suscité témoignent à la fois d’un désir de protection et de reconnaissance, et d’une longue mémoire de l’influence des rapports de force mondiaux sur le destin des Kurdes.
Le haut diplomate du Rojava, Ilham Ahmed, a exprimé sa profonde gratitude aux États-Unis et à la France pour leur rôle de médiateurs qui a permis de parvenir à l’accord entre les FDS et Damas, qualifiant leur rôle de vital pour promouvoir la stabilité et soutenir un processus d’intégration réussi.
Les semaines à venir détermineront si l’adage kurde « pas d’amis sauf les montagnes » se vérifie une fois de plus, ou si les Kurdes finissent par comprendre qu’au-delà des montagnes, ils peuvent également compter sur des puissances occidentales comme alliées, prêtes à garantir leurs droits politiques dans l’avenir de la Syrie.
The Amargi
ONU. Guterres déclare que les Kurdes sont « victimes de l’histoire », mais élude la question de l’autodétermination
NEW YORK – António Guterres a qualifié les Kurdes de « victimes de l’histoire » à l’ONU, mais a esquivé une question directe sur leur droit à l’autodétermination notamment au Rojava, invoquant les priorités syriennes et des contextes régionaux différents.
Lors d’un point de presse à New York, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a décrit le peuple kurde comme « victime de l’histoire », tout en évitant de répondre directement à une question sur leur droit à l’autodétermination soulevée par Sinan Tuncdemir, correspondant du journal The Amargi.
Se référant à l’article 1, paragraphe 2, de la Charte des Nations Unies et à l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des peuples autochtones, Tuncdemir a demandé pourquoi les dirigeants de l’ONU n’avaient jamais pris position clairement sur le droit à l’autodétermination des quelque 40 millions de Kurdes vivant en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran. Il s’est interrogé sur le point de savoir si les pressions exercées par les États concernés avaient dissuadé les autorités de prendre une telle position.
Guterres a réagi en recentrant le débat sur la Syrie, affirmant que la priorité de l’ONU était de créer les conditions permettant à toutes les composantes de la société syrienne de sentir que leurs droits sont respectés et qu’elles appartiennent pleinement à la nation. Il n’a pas abordé la question juridique de l’autodétermination.
Interrogé à nouveau sur la question kurde dans son ensemble, au-delà de la Syrie, le Secrétaire général a reconnu que « le peuple kurde a été victime de l’histoire ». Il a souligné les différents contextes politiques de la région, notant que les Kurdes sont représentés au sein des institutions démocratiques en Irak, tandis que la situation en Iran est différente. Il a également suggéré que les divisions internes au sein de la communauté kurde ont contribué aux difficultés qu’elle rencontre.
Guterres a conclu en déclarant que les Nations Unies s’engageaient à défendre les intérêts du peuple kurde « où qu’il se trouve », sans préciser en quoi cet engagement se rapporte au droit à l’autodétermination internationalement reconnu.
Cet échange a mis en évidence la tension entre la reconnaissance par l’ONU de l’injustice historique subie par les Kurdes et sa réticence persistante à aborder directement la question de leurs droits politiques en vertu du droit international. (Tha Amargi)
Accord entre les FDS et Damas : une avancée fragile qui impose vigilance et engagement international (CDK-F)
PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a publié un communiqué suite à l’annonce d’un accord entre Damas et les FDS, le qualifiant d’« une avancée fragile qui impose vigilance et engagement international ».
Voici le communiqué du CDK-F :
« Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) prend acte de l’annonce officielle d’un cessez-le-feu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement syrien, rendue publique le 30 janvier 2026 par le centre médiatique des FDS.
Selon cette déclaration, un accord global a été conclu prévoyant l’arrêt des combats, le retrait des forces militaires des lignes de contact, l’entrée des forces de sécurité relevant du ministère syrien de l’Intérieur dans les centres des villes de Hassaké et Qamishlo, ainsi qu’un processus progressif d’intégration militaire et administrative. L’accord inclut également l’intégration des institutions de l’administration autonome au sein des structures étatiques syriennes, le maintien des employés civils, la garantie du retour des personnes déplacées et la reconnaissance de droits civils et éducatifs pour le peuple kurde.
Le CDK-F espère que cet accord permettra de mettre fin au siège étouffant imposé au Rojava, d’éviter de nouvelles effusions de sang et d’ouvrir la voie à une stabilisation durable de la région.
Cet accord constitue une avancée politique significative, en ce qu’il reconnaît implicitement l’existence du peuple kurde en Syrie et la nécessité de traiter ses droits dans un cadre politique. Toutefois, cette avancée demeure fragile et ne saurait être considérée comme définitivement acquise.
Le CDK-F tient à saluer l’implication personnelle du Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, ainsi que les efforts diplomatiques de la France et particulièrement la cellule diplomatique de l’Elysée, qui ont contribué à rendre possible cet accord et à éviter une escalade militaire aux conséquences humaines dramatiques.
La France a, une fois encore, démontré qu’elle pouvait jouer un rôle déterminant lorsqu’elle agit en cohérence avec ses principes et son histoire.
Pour autant, le CDK-F considère que cette implication ne doit pas s’arrêter à la conclusion de l’accord. La phase de mise en œuvre sera décisive. Nous appelons le Président de la République à suivre personnellement l’application concrète de cet accord, à veiller au respect de ses engagements et à œuvrer pour l’instauration de garanties politiques et internationales solides.
Le CDK-F insiste sur la nécessité d’une vigilance permanente, notamment concernant :
le respect effectif de l’identité, de la langue et des droits culturels du peuple kurde ;
la préservation des droits des femmes, pilier central du modèle politique construit au Rojava ;
la sécurité des populations civiles et la levée totale de toutes les formes de siège ;
la reconnaissance et la réparation des crimes de guerre commis par des factions djihadistes affiliées à Damas.
L’histoire récente de la Syrie impose la prudence. Trop souvent, des cessez-le-feu ont été utilisés pour consolider des rapports de force au détriment des peuples.
La paix ne pourra être durable que si elle repose sur la justice, l’égalité des droits et la reconnaissance politique pleine et entière du peuple kurde en Syrie.
Le Conseil démocratique kurde en France restera pleinement mobilisé et vigilant aux côtés du Rojava. »
BRETAGNE. La ville de Carhaix solidaire des Kurdes
BRETAGNE – Ce jeudi 29 janvier, l’écrivain kurde Azadi était en visite à Carhaix pour évoquer le sort souvent tragique de son peuple, les Kurdes, écartelés entre quatre États au Moyen entre quatre états et qui reviennent régulièrement dans l’actualité. Azadi a échangé le matin avec des lycées de Diwan, puis il a été reçu en mairie de Carhaix. Le maire, Christian Troadec, avait fait hisser le drapeau kurde sur la mairie à cette occasion.
C’est l’élu guingampais, Gaël Roblin, qui a fait venir ce jeune auteur de 27 ans, originaire du nord ouest du Kurdistan, notamment du livre Leçons kurdes, aux éditions Le Fabrique. « J’avais trouvé cet ouvrage très accessible, note Gaël Roblin. Comme je suis parent d’élève au lycée Diwan, je trouvais intéressant de le faire venir pour expliquer les conséquences de la Première Guerre mondiale et le découpage du Moyen Orient qui en a suivi, par les Britanniques et les Français. Un découpage qui a marginalisé les Kurdes et les a privés d’un État. Cela permettait aussi d’aborder la question des migrations, un sujet qui est aussi au programme des lycéens. »

Solidarité
Le maire de Carhaix, Christian Troadec, s’est réjoui d’accueillir cet auteur au nom de la « solidarité entre les peuples qui luttent pour faire reconnaître leurs droits. »
Azadi a abondé dans le sens de l’édile breton en expliquant qu’il était important pour lui d’être en Bretagne. « Nous avons des points communs. Je dis souvent que les Kurdes, en tant que peuple colonisé, sont un peu les Algériens et les Bretons du Moyen Orient. Nous sommes un peuple qu’on a régulièrement «génocidé» et dont on nie l’existence. On nous refuse aussi le droit de pratiquer notre langue. La situation de la langue bretonne fait écho à beaucoup de nos revendications. J’étais aussi heureux d’échanger avec des élèves de Diwan sur ces problématiques. Le sens de l’accueil et de la solidarité des Bretons est bien connu. »

Il a aussi rendu hommage à Kendal Breizh, un militant breton, engagé dans les forces kurdes de Syrie et tué par l’armée turque en 2018. Une fresque géante lui rend hommage à Carhaix. « il illustre la vigueur des amitiés entre Kurdistan et Bretagne », a-t-il affirmé.
Résonance avec l’actualité
Cette visite entre bien entendu avec l’actualité dramatique qui secoue cette région. En Syrie, l’autonomie des Kurdes qui ont combattu avec les Occidentaux pour vaincre Daesh, est aujourd’hui menacée par le pourvoir islamiste et centralisateur. En Iran, dont 10 à 15 % de la population est kurde, la répression a également été très violente ces dernières semaines.
« La moitié des prisonniers politiques détenus par le régime iranien sont kurdes, assure Azadi. C’est parce que nous sommes plus organisés et structurés que d’autres forces d’opposition. »
Le livre d’Azadi est en cours de traduction en breton. Il sera présenté officiellement lors du projet festival du livre, à Carhaix, en octobre prochain. (Via le site breton Le Poher)
Kurdes et Damas : ce que prévoit l’accord, ce qu’il ne dit pas
SYRIE / ROJAVA – L’annonce d’un accord conclu entre Damas et les Kurdes syriens, a provoqué une confusion totale parmi la population kurde. Des militants basés au Rojava se veulent plus rassurants et disent que rien n’est encore décidé, qu’il s’agit d’effet d’annonces, que les Kurdes continuent à défendre leurs terres et leurs vies face aux gangs de Damas. Mais en attendant, que dit ce fameux accord ? Réponses avec Maxime Azadî :
Les discussions menées entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont abouti à un accord en plusieurs étapes, signé le 29 janvier 2026. Cet accord couvre les questions sécuritaires, militaires, administratives et civiles, et prévoit une intégration progressive ainsi que des garanties spécifiques concernant les régions kurdes et le nord-est de la Syrie.
Voici le texte intégral de l’accord, qui n’a pas encore été officiellement confirmé :
Accord entre le Gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) – 29 janvier 2026
Première phase : Dispositions sécuritaires et militaires
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Déclaration d’un cessez-le-feu permanent et global sur l’ensemble des fronts, en lien avec les récents événements ; arrêt de toutes les arrestations et des opérations de raids. La protection des prisons de DAESH reste assurée par les FDS, avec un soutien logistique complet au processus d’évacuation en cours.
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Retrait des forces des FDS des villes de Hassaké et Qamishlo vers des casernes militaires convenues ; en contrepartie, retrait immédiat de l’armée syrienne vers la ville de Shaddadi, au sud de Hassaké.
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Création par le ministère syrien de la Défense d’une division militaire pour la province de Hassaké, avec l’intégration des forces des FDS sous la forme de trois brigades au sein de cette structure.
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Intégration des forces militaires de Kobané en tant que brigade rattachée à une division militaire de la province d’Alep.
Deuxième phase : Dispositions sécuritaires et administratives
(Lundi – 02.02.2026)
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Afin de renforcer la sécurité et la stabilité, entrée symbolique de véhicules de sécurité dans les villes de Hassaké et Qamishlo, et lancement du processus d’intégration des forces de sécurité affiliées aux FDS au sein du ministère de l’Intérieur.
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Nomination des responsables locaux :
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Le gouverneur de Hassaké est nommé sur proposition des FDS.
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Le directeur provincial de la sécurité est nommé sur proposition du gouvernement syrien.
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Le vice-ministre de la Défense est nommé sur proposition des FDS.
Troisième phase : Prise de contrôle des infrastructures vitales et opérations logistiques
(Dans un délai maximal de 10 jours)
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Prise de contrôle des infrastructures vitales :
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Les champs pétroliers de Rumeylan et de Soueïda sont transférés au ministère de l’Énergie, avec intégration du personnel civil.
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L’aéroport de Qamishlo est transféré à l’Autorité de l’aviation civile.
Quatrième phase : Prise de contrôle des institutions civiles
(Dans un délai maximal d’un mois)
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Envoi d’une équipe de la Direction générale des postes-frontières aux points de passage de Semalka et Nusaybin ; affectation officielle du personnel civil, interdiction de l’utilisation des postes-frontières pour l’entrée d’armes et de ressortissants étrangers depuis l’extérieur du pays, et mise en service immédiate des points de passage.
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Reprise par le gouvernement syrien de l’ensemble des institutions civiles de la province de Hassaké, fusion des institutions de l’administration autonome avec les institutions étatiques, et intégration du personnel civil avec garantie de leurs fonctions.
Dispositions contraignantes pour toutes les parties
(Applicables durant l’ensemble du processus)
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Interdiction pour toutes les parties, en particulier dans les régions kurdes, de l’entrée des forces militaires dans les villes et les localités.
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Reconnaissance de l’équivalence et validation officielle de tous les diplômes de l’enseignement primaire, secondaire, universitaire et de la formation professionnelle délivrés par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.
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Autorisation légale de toutes les organisations locales, culturelles, de la société civile ainsi que des institutions médiatiques, conformément à la législation des ministères concernés.
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Prise en compte, en coordination avec le ministère de l’Éducation, du processus éducatif de la société kurde, en respectant les spécificités pédagogiques.
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Garantir le retour de toutes les personnes déplacées (Afrin, Cheikh Maqsoud, Ras al-Aïn / Serêkaniyê) vers leurs villes et villages, et la nomination d’administrateurs locaux au sein des administrations civiles de ces régions.
SYRIE. Le peuple kurde refuse la capitulation face à Jolani
SYRIE / ROJAVA – Suite à l’annonce d’un accord conclu entre Damas et les autorités du Rojava, de nombreux Kurdes du Rojava ont fait savoir qu’ils refusent la capitulation face aux gangs de Damas, car cet accord est synonyme de l’extermination des Kurdes syriens.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont dévoilé le texte de l’accord conclu avec Damas, qui prévoit le retrait des forces militaires des lignes de contact et la formation de quatre brigades : trois dans la région de Jazira et une à Kobanê. Pourtant, dans le communiqué publié par Damas, il n’est pas question de brigades kurdes. Les gangs djihadistes vont entrer dans chaque villes kurdes et massacrer, torturer, kidnapper femmes, hommes, enfants kurdes. Nous, si on accepte cet ordre de capitulation, nous serons complice des massacres des Kurdes syriens. Alors, il faut agir d’urgence. Les Kurdes du Rojava sont au pied du mur, c’est à vous, peuples libres d’empêcher ce génocide qui avance à grands pas !
Syrie : brisons le silence autour du massacre des femmes kurdes au Rojava
PARIS – Alors que les Kurdes subissent des exactions perpétrées par une coalition de groupes jihadistes, le journal « Libération » a publié une tribune lundi 26 janvier 2026 d’un collectif de personnalités parmi lesquelles on trouve Ariane Ascaride, Annie Ernaux, Lio, Sepideh Farsi et Pinar Selek qui appellent la communauté internationale à agir sans attendre. Nous reproduisons ici cette tribune ainsi que la liste des signataires.
« Nous, femmes qui œuvrons pour libérer le monde de l’ordre patriarcal, lançons un cri d’alarme. Alors que des crimes contre l’humanité s’intensifient en Iran, d’autres crimes sont en cours en Syrie. Désormais dirigée par un ancien cadre d’Al-Qaïda, la Syrie s’enfonce dans une spirale de violences visant successivement les populations alaouites, druzes, puis kurdes. Depuis le 4 janvier, le pouvoir syrien attaque les Kurdes.
Aujourd’hui, au Rojava, cette région du nord-est syrien devenue symbole mondial de la victoire des femmes kurdes contre Daesh, les Kurdes subissent un massacre perpétré par une coalition de groupes djihadistes : les forces HTS au pouvoir, des mercenaires turcs et des milliers d’ex-prisonniers de Daesh. Ces groupes cherchent à se venger de leur défaite et à détruire un mode d’organisation sociale en totale contradiction avec l’ordre djihadiste. Ils attaquent l’expérience d’une révolution féministe au cœur du Moyen-Orient. Comme c’est le cas en Iran. Ce qui est visé n’est pas seulement une population civile, mais l’imagination même d’un avenir politique laïc et démocratique, fondé sur la liberté et l’égalité femme-homme.
En ce moment même, exactions et bombardements se multiplient, sous le regard silencieux de la communauté internationale. Les attaques contre les résistantes kurdes se transforment en démonstrations de force à travers leurs corps, comme on peut voir dans cette photo où le terroriste de DAESH montre la natte coupée d’une combattante.
On ne tue pas une révolution en coupant les nattes des femmes. Même si on ne le voit pas dans les médias internationaux, les Kurdes résistent. Malgré l’extrême brutalité des attaques, le Rojava est devenu, comme en 2015 face à Daesh, le lieu d’une résistance totale. Pour défendre leur existence et leurs droits, les peuples du Rojava sont entrés dans une phase d’autodéfense populaire, sans aucun soutien de la communauté internationale.
Nous appelons les journalistes à relayer l’urgence et la gravité de la situation, à briser le silence qui entoure ce drame. Nous appelons les Nations Unies, le Comité CEDAW et les mécanismes internationaux des droits humains à agir immédiatement contre les crimes de guerre commis en Syrie.
Le Président de la République française Emmanuel Macron s’est récemment entretenu par téléphone avec les représentants des forces kurdes. Nous saluons cette démarche importante mais nous demandons d’aller plus loin pour arrêter ce crime.
Abandonner Kobané aujourd’hui serait une trahison de l’histoire et du sacrifice de celles et ceux qui ont combattu le terrorisme au nom de l’humanité.
Ne sacrifions pas ce peuple, ces femmes, cet espoir… »
Premières signataires :
On ne tue pas une révolution en coupant les nattes des femmes. Même si on ne le voit pas dans les médias internationaux, les Kurdes résistent. Malgré l’extrême brutalité des attaques, le Rojava est devenu, comme en 2015 face à Daesh, le lieu d’une résistance totale. Pour défendre leur existence et leurs droits, les peuples du Rojava sont entrés dans une phase d’autodéfense populaire, sans aucun soutien de la communauté internationale.
Nous appelons les journalistes à relayer l’urgence et la gravité de la situation, à briser le silence qui entoure ce drame. Nous appelons les Nations Unies, le Comité CEDAW et les mécanismes internationaux des droits humains à agir immédiatement contre les crimes de guerre commis en Syrie.
Le Président de la République française Emmanuel Macron s’est récemment entretenu par téléphone avec les représentants des forces kurdes. Nous saluons cette démarche importante mais nous demandons d’aller plus loin pour arrêter ce crime.
Abandonner Kobané aujourd’hui serait une trahison de l’histoire et du sacrifice de celles et ceux qui ont combattu le terrorisme au nom de l’humanité.
Ne sacrifions pas ce peuple, ces femmes, cet espoir… »
Premières signataires :
-
- Necla AKKAYA, Accompagnante sociale
- Chirinne ARDAKANI, Avocate, franco-iranienne
- Ariane ASCARIDE, Actrice, écrivaine
- Hanna ASSOULINE, Présidente des guerrières de la paix
- Clémentine AUTAIN, Députée
- Danielle AXELROUD, Collaboratrice au comité d’économie féministe
- Katy BARASC, Philosophe
- Claude BER, Ecrivaine
- Michèle BERNARD, Autrice, compositrice, chanteuse.
- Loïse BILAT, Marche mondiale des Femmes
- Oristelle BONIS, Editrice, Éditions iXe
- Marianne BUEHLER, Educatrice, aide aux réfugiés
- Sarah CALDERON, Ecrivaine, politologue
- Melissa CAMARA, Députée européenne
- Pascale CHÂTELET, Enseignante, membre des Vert·e·s
- Geneviève COURAUD, Présidente d’ECVF
- Marcela DE LA PENA, Coordinatrice nationale de la MMF Belgique
- Carine DELAHAIE, Rédactrice en cheffe de Clara Magazine
- Nathalie DELBROUCK, Collectif neuchâtelois de la grève féministe
- Sarah DUROCHER, Présidente du Planning familial
- Marianne EBEL, Philosophe, anc. députée
- Céline ERARD, Anthropologue et médiatrice
- Annie ERNAUX, Prix Nobel de Littérature
- Jules FALQUET, Philosophe, professeure des Universités
- Sepideh FARSI, Cinéaste
- Emilie FERREIRA, Interprète
- Artemisa FLORES ESPINOLA, Sociologue
- FEMEN FRANCE, Activiste
- Silvana FURGER, Retraitée
- Raquel GARRIDO,, Ancienne députée
- Geneviève GARRIGOS, Conseillère de Paris
- Nicole GIGON-LEHMANN, Membre d’Amnesty International
- Géraldine GIRAUD, Réalisatrice
- Célia GRINCOURT,, Comédienne, militante-La Force de la NON-Violence
- Jacqueline HEINEN, Professeure émérite de sociologie, USVQ Paris Saclay
- Marie-Claude HOFNER, Médecin, SolidaritéS
- Emmanuelle HOULMANN, Directrice de projet
- Sylvie JAN, Présidente d’honneur de France Kurdistan
- Fanny JEDLICKI, Sociologue
- Colette KLEIN, Artiste et autrice
- Souad LABBIZE, Ecrivaine
- Ariane LABED, Actrice, réalisatrice
- Hélène LACHESE, Peintre
- Teresa LARRAGA, Comédienne
- Cassandre LAVOINE, Comédienne
- Maud LEROY, Editrice, Editions iXe
- Romane LESCOT, Réalisatrice sonore
- Carine LORENZONI, Ecrivaine, éditrice
- Valérie MANTEAU, Ecrivaine
- Pascale MARTIN, Femme politique
- Diane MATTHYS, Collectif grève féministe
- Carole MESROBIAN, Présidente de PEN Club français.
- Anne MONTEIL-BAUER, Artiste autrice, fondatrice de Si/si, les femmes existent
- Corinne MOREL-DARIEU, Autrice et coordinatrice de la fondation Danielle Mitterrand
- Anna MOUGLALIS, Actrice
- Elisabeth NICOLI, Présidente de l’Alliance des Femmes pour la démocratie
- Rina NISSIM, Naturopathe et éditrice
- Françoise NYFFELER, Anc. Députée, collectif grève féministe
- Solenn OCHSNER, Secrétaire syndicale UNIA
- Danielle OTHENIN-GIRARD, Psychologue
- Elise PERRIN, Comédienne
- Monica POGLIA, Marche mondiale des Femmes
- Stefanie PREZIOSO, Historienne
- Monica PRODON, Citoyenne
- Serenah RANDRIAMAMPAN-LEHMANN, SolidaritéS
- Yannick RICKLI, Soignante, militante pour la Palestine
- Elise RODRIGUEZ, Marche mondiale des Femmes
- Sabine SALMON, Présidente de Femmes solidaires
- Marie-Thérèse SAUTEBIN, Formatrice
- Pauline SCHNEIDER, Députée
- Pinar SELEK, Sociologue, écrivaine
- Aude SPANG, Grève féministe Fribourg et syndicat Unia
- Franziska STIER, Députée BastA à Bâle-Ville
- Brigitte STORA, Ecrivaine
- Brigitte STUDER, Conseillère municipale solidaritéS
- Guite THEURILLAT, CS/POP
- Anne-Lise TOMBEZ, Générations féministes de Renens
- Christine VILLENEUVE, Co directrice des éditions des femmes-Antoinette Fouque
- Michèle VITRAC-POUZOULET, Présidente d’ECVF
- Micheline VUILLEUMIER, Femmes Formation Saharouies
- Louise WEHRLI, Droit de Rester
- Christine WYSS, Marche mondiale des Femmes
- Delphine ZOUGHEBI, Avocate
Solidarité Féministe Et Internationaliste Avec L’Autodéfense Du Rojava
PARIS – Communiqué de collectifs féministes, politiques et syndicales, contre la complicité de l’Union Européenne et des États-Unis dans l’attaque sans précédent du Rojava et pour le soutien à l’autodéfense et l’autodétermination des peuples. Semaine d’actions du 25 janvier au 1er février !
Depuis début janvier, le Rojava (Kurdistan autonome de Syrie) et son projet émancipateur font face à des attaques d’une ampleur sans précédent, menées par les forces armées du gouvernement de transition autoproclamé et des milices djihadistes, avec le soutien de laTurquie et l’approbation des puissances occidentales.
Nous dénonçons le cynisme des États-Unis et de l’Union européenne, pour qui la libération des femmes en Iran ou en Palestine aurait justifié hier une « intervention militaire », des sanctions économiques, voire une « guerre juste », et qui se rendent aujourd’hui complices directs de l’attaque contre la Révolution des femmes du Rojava.
En féministes, nous luttons ici-même contre un gouvernement qui nous attaque. Nous faisons alors écho à l’appel de Kobanê à défendre la révolution. Nous saluons le courage de la résistance populaire et appelons à participer partout en France aux rassemblements et aux journées d’action en défense du Rojava !
Ce petit territoire abrite une des plus grandes tentatives de transformation sociale et d’émancipation collective des femmes. Celles-ci sont à l’avant garde du projet démocratique mis en place depuis 2011 et participent activement à celui-ci. Elles mènent de plus une révolution sociale des femmes, avec des transformations profondes proclamation des Lois des femmes qui leur assurent l’égalité et condamnent les VSS ; maisons et assemblées de justice des femmes ; forces armées d’autodéfense ; organisations autonomes féminines à tous les niveaux de la société, système de co-présidence garantissant leur présence dans l’ensemble des postes de responsabilité. Ces avancées ont radicalement modifié la vie des femmes et constituent une source d’inspiration majeure pour toutes celles et ceux qui luttent contre le patriarcat. C’est aux combattantes kurdes que l’on doit le slogan Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) qui a donné corps aux luttes et révoltes par-delà les montagnes – au Bakûr au Rojava et au Başûr, jusqu’en Amérique latine puis en trouvant écho en Europe, ainsi qu’au Rojhilat et dans tout l’Iran en 2022 contre l’apartheid de genre et de race. Cet élan permet d’ouvrir des possibles pour les droits des LGBTI+. À ce titre, les personnes queers ont été sur le devant de l’insurrection en Iran, comptant de même de nombreux·ses prisonnièr.es. Partout au Kurdistan, la mémoire des soulèvements habite les corps en mouvement. La révolte libère le temps et l’espace, là où la guerre tente de contrôler nos temporalités. Ce qui se joue au Rojava, c’est aussi, de nouveau, le droit des peuples à la résistance populaire et à l’autodétermination face à la colonisation, à l’impérialisme et aux régimes autoritaires. L’Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie (AADNES), structure de gouvernance du Rojava, rassemble Kurdes, Arabes, Arménien·nes, Syriaques-assyrien·nes au sein des communes, conseils et multiples espaces d’auto-organisation qui permettent la co-existence des différents peuples et confessions religieuses au Rojava. C’est précisément cette dynamique de co-gouvernance et son projet d’égalité politique, d’égalité des sexes et d’indépendance économique que le régime de Damas souhaite soumettre.
impérialistes et coloniaux dans la région, qui n’hésitent pas à se rendre coupables de génocides ou de massacres de masse, de Gaza à Kobanê en passant par Téhéran. En Syrie, cette recomposition violente vise à reprendre le contrôle d’un pays auparavant allié de la Russie et de l’Iran, en remplaçant un tyran par un autre et en écrasant un projet réellement. Ainsi début janvier, c’est à Paris que Jolani et divers représentants de Turquie et d’Israël se rencontrent sous la médiation des USA : le feu vert a été donné pour l’offensive contre les territoires autonomes du Rojava. Des prisons où des combattants de l’État islamique étaient détenus ont été ouvertes sous les yeux des forces états-uniennes et françaises. Les impérialistes s’allient sans scrupules avec les islamistes ou djihadistes au détriment d’un projet émancipateur si celui-ci empiète sur leurs intérêts. Ce sont ainsi 620 millions d’euros qui ont été promis début janvier au gouvernement central de Damas par l’Union européenne, ravie à la perspective de pouvoir sécuriser davantage les frontières de l’Europe. Personne n’a oublié que la multinationale francaise du ciment Lafarge s’est rendu complice de Daech et que l’État a fermé les yeux. Au Rojava, tortures, enlèvements, exécutions sommaires ont été rapportées. Le canton de Kobanê, ville martyre et symbole mondial de la résistance contre Daesh est maintenant assiégé. Leur objectif est clair : un nettoyage ethnique de la population kurde et l’effacement total de son projet politique. Les femmes et minorités de genre paient le prix fort pendant les guerres, qu’elles soient intérieures ou extérieures. En Syrie, des images confirment la volonté d’anéantir notamment les conquis des femmes : l’une des premières destructions visibles a été celle de la statue d’une combattante des YPJ à Tabqa, puis celles d’académies féminines, de centres de Jineolojî, d’assemblées locales. Les archives culturelles et politiques sont directement menacées. En tant de guerre, la survie quotidienne devient un combat. Au travers du viol ou de la profanation des corps, qui sont des armes de guerre systématiquement utilisées pour terroriser. Mais aussi au travers des sièges, des blocus, de la destruction des terres et des ressources, ou de l’orchestration de famines comme à Gaza. De même, c’est par l’effondrement des infrastructures essentielles à l’existence même d’une communauté que les violences et dominations s’exercent le plus fortement. Mais la réponse s’organise toujours, comme au Soudan, où les résistantes des Comités de Quartier insurgés, traitent aujourd’hui l’urgence physique face à une guerre contre- révolutionnaire.
Un appel à la mobilisation générale a été lancé : personnes âgées et jeunes femmes sont vent debout, illustrant des formes de résistance d’un peuple organisé, et s’opposant aux structures des milices patriarcales, au prix de mort·es. Des centaines de personnes ont rejoint le Rojava, traversant les sommets, défiant les murs de béton des frontières imposées et les balles des gardiens. Par la coordination d’une pluralité des tactiques et l’auto organisation, chacun.e peut trouver sa place.Tenter le renversement complet du système de domination qui engendre, lui, la guerre, comprend l’autodéfense comme nécessité ultime. Si ici, nous luttons déjà contre la montée du fascisme et les attaques anti-féministes du gouvernement, la marche à la guerre, l’austérité et la militarisation de la jeunesse – la solidarité internationaliste ne peut que nous renforcer. En tant que révolutionnaires, féministes, militantes du mouvement LGBTI+, nous continuerons à créer des ponts – car nous avons appris à lutter debout. Défendre le Rojava, c’est défendre la preuve concrète qu’un autre monde est possible, c’est défendre notre avenir ainsi que la libération des femmes et des minorités de genre dans le monde entier ! Agissons ici et maintenant, de là où nous sommes : en rejoignant les mobilisations de soutien au Rojava et les initiatives de solidarité concrète, en exigeant la levée du siège sur Kobanê et Hesekê et contre l’impérialisme de notre propre pays, qui est à portée de nos coups, et dont la brutalité n’est plus à démontrer. Guerre à la guerre ! Jin, Jiyan, Azadî ! ✊ Rejoignons la journée d’action des femmes le 31 janvier et les journées d’action générales
du 25 janvier au 1er février 2026, à l’appel de Women Defend Rojava et RiseUp4Rojava
Révolution des femmes et autodétermination des peuples !
Em Bernadin Vê Dîlanê – nous n’abandonnerons pas cette danse ! Le Rojava est un territoire du nord de la Syrie, qui a déclaré son autonomie en juillet 2012. S’inspirant du mouvement de libération du Kurdistan, il y a été construit un modèle politique sans équivalent. Cette expérience a gagné une visibilité mondiale lorsque les combattantes des YPJ (Unités de défense des femmes) ont joué un rôle décisif dans la défaite de l’État islamique, bousculant les représentations occidentales et ouvrant un imaginaire révolutionnaire qui menace directement les puissances impérialistes de la région. Ce qui se joue au Rojava, c’est la révolution des femmesCe petit territoire abrite une des plus grandes tentatives de transformation sociale et d’émancipation collective des femmes. Celles-ci sont à l’avant garde du projet démocratique mis en place depuis 2011 et participent activement à celui-ci. Elles mènent de plus une révolution sociale des femmes, avec des transformations profondes proclamation des Lois des femmes qui leur assurent l’égalité et condamnent les VSS ; maisons et assemblées de justice des femmes ; forces armées d’autodéfense ; organisations autonomes féminines à tous les niveaux de la société, système de co-présidence garantissant leur présence dans l’ensemble des postes de responsabilité. Ces avancées ont radicalement modifié la vie des femmes et constituent une source d’inspiration majeure pour toutes celles et ceux qui luttent contre le patriarcat. C’est aux combattantes kurdes que l’on doit le slogan Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) qui a donné corps aux luttes et révoltes par-delà les montagnes – au Bakûr au Rojava et au Başûr, jusqu’en Amérique latine puis en trouvant écho en Europe, ainsi qu’au Rojhilat et dans tout l’Iran en 2022 contre l’apartheid de genre et de race. Cet élan permet d’ouvrir des possibles pour les droits des LGBTI+. À ce titre, les personnes queers ont été sur le devant de l’insurrection en Iran, comptant de même de nombreux·ses prisonnièr.es. Partout au Kurdistan, la mémoire des soulèvements habite les corps en mouvement. La révolte libère le temps et l’espace, là où la guerre tente de contrôler nos temporalités. Ce qui se joue au Rojava, c’est aussi, de nouveau, le droit des peuples à la résistance populaire et à l’autodétermination face à la colonisation, à l’impérialisme et aux régimes autoritaires. L’Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie (AADNES), structure de gouvernance du Rojava, rassemble Kurdes, Arabes, Arménien·nes, Syriaques-assyrien·nes au sein des communes, conseils et multiples espaces d’auto-organisation qui permettent la co-existence des différents peuples et confessions religieuses au Rojava. C’est précisément cette dynamique de co-gouvernance et son projet d’égalité politique, d’égalité des sexes et d’indépendance économique que le régime de Damas souhaite soumettre.
Stop aux massacres, à la mainmise impérialiste et à la complicité européenne !
Intifada, serhildan : soulèvements ! Aujourd’hui, le gouvernement de transition syrien (GTS, provenant du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham HTC) et ses alliés avancent pour détruire ce projet. Après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les États-Unis et leur allié turc ont propulsé en janvier 2025 Ahmad al-Charaa — ancien chef d’Al-Qaïda et maintenant d’HTC — à la tête de la Syrie. Avec sa nouvelle armée, il est responsable de massacres contre les minorités syriennes, d’abord Alaouites et Druzes, et désormais contre les Kurdes à Alep puis au Rojava. La guerre aux peuples qui ne se plient pas à la centralité du pouvoir est déclarée. Cette offensive s’inscrit dans des efforts continus de Damas de consolider son emprise sur le reste du pays en répondant aux intérêts de la bourgeoisie régionale, ainsi qu’aux convoitises des puissances impérialistes pour les marchés, les voies d’approvisionnement en énergie et les ressources du territoire, notamment concentrées au Rojava. La continuité impérialiste et sioniste annonce écraser toute resistance érigée aux projetsimpérialistes et coloniaux dans la région, qui n’hésitent pas à se rendre coupables de génocides ou de massacres de masse, de Gaza à Kobanê en passant par Téhéran. En Syrie, cette recomposition violente vise à reprendre le contrôle d’un pays auparavant allié de la Russie et de l’Iran, en remplaçant un tyran par un autre et en écrasant un projet réellement. Ainsi début janvier, c’est à Paris que Jolani et divers représentants de Turquie et d’Israël se rencontrent sous la médiation des USA : le feu vert a été donné pour l’offensive contre les territoires autonomes du Rojava. Des prisons où des combattants de l’État islamique étaient détenus ont été ouvertes sous les yeux des forces états-uniennes et françaises. Les impérialistes s’allient sans scrupules avec les islamistes ou djihadistes au détriment d’un projet émancipateur si celui-ci empiète sur leurs intérêts. Ce sont ainsi 620 millions d’euros qui ont été promis début janvier au gouvernement central de Damas par l’Union européenne, ravie à la perspective de pouvoir sécuriser davantage les frontières de l’Europe. Personne n’a oublié que la multinationale francaise du ciment Lafarge s’est rendu complice de Daech et que l’État a fermé les yeux. Au Rojava, tortures, enlèvements, exécutions sommaires ont été rapportées. Le canton de Kobanê, ville martyre et symbole mondial de la résistance contre Daesh est maintenant assiégé. Leur objectif est clair : un nettoyage ethnique de la population kurde et l’effacement total de son projet politique. Les femmes et minorités de genre paient le prix fort pendant les guerres, qu’elles soient intérieures ou extérieures. En Syrie, des images confirment la volonté d’anéantir notamment les conquis des femmes : l’une des premières destructions visibles a été celle de la statue d’une combattante des YPJ à Tabqa, puis celles d’académies féminines, de centres de Jineolojî, d’assemblées locales. Les archives culturelles et politiques sont directement menacées. En tant de guerre, la survie quotidienne devient un combat. Au travers du viol ou de la profanation des corps, qui sont des armes de guerre systématiquement utilisées pour terroriser. Mais aussi au travers des sièges, des blocus, de la destruction des terres et des ressources, ou de l’orchestration de famines comme à Gaza. De même, c’est par l’effondrement des infrastructures essentielles à l’existence même d’une communauté que les violences et dominations s’exercent le plus fortement. Mais la réponse s’organise toujours, comme au Soudan, où les résistantes des Comités de Quartier insurgés, traitent aujourd’hui l’urgence physique face à une guerre contre- révolutionnaire.
Autodéfense populaire et solidarité féministe internationaliste !
Femme, vie, liberté contre la guerre ! Lorsque Damas a exigé la reddition totale du Rojava, le peuple s’est à nouveau soulevé pour défendre ses conquis au cours de plus d’une décennie d’expérimentations politique.Un appel à la mobilisation générale a été lancé : personnes âgées et jeunes femmes sont vent debout, illustrant des formes de résistance d’un peuple organisé, et s’opposant aux structures des milices patriarcales, au prix de mort·es. Des centaines de personnes ont rejoint le Rojava, traversant les sommets, défiant les murs de béton des frontières imposées et les balles des gardiens. Par la coordination d’une pluralité des tactiques et l’auto organisation, chacun.e peut trouver sa place.Tenter le renversement complet du système de domination qui engendre, lui, la guerre, comprend l’autodéfense comme nécessité ultime. Si ici, nous luttons déjà contre la montée du fascisme et les attaques anti-féministes du gouvernement, la marche à la guerre, l’austérité et la militarisation de la jeunesse – la solidarité internationaliste ne peut que nous renforcer. En tant que révolutionnaires, féministes, militantes du mouvement LGBTI+, nous continuerons à créer des ponts – car nous avons appris à lutter debout. Défendre le Rojava, c’est défendre la preuve concrète qu’un autre monde est possible, c’est défendre notre avenir ainsi que la libération des femmes et des minorités de genre dans le monde entier ! Agissons ici et maintenant, de là où nous sommes : en rejoignant les mobilisations de soutien au Rojava et les initiatives de solidarité concrète, en exigeant la levée du siège sur Kobanê et Hesekê et contre l’impérialisme de notre propre pays, qui est à portée de nos coups, et dont la brutalité n’est plus à démontrer. Guerre à la guerre ! Jin, Jiyan, Azadî ! ✊ Rejoignons la journée d’action des femmes le 31 janvier et les journées d’action générales
du 25 janvier au 1er février 2026, à l’appel de Women Defend Rojava et RiseUp4Rojava
SYRIE. « Les médias arabes et turcs complices de crimes de guerre »
SYRIE / ROJAVA – L’Association des femmes journalistes kurdes (ROJIN) a publié un communiqué sur la situation dans le nord et l’est de la Syrie. Elle y condamne l’incitation à la violence dans la presse régionale et le manque de couverture médiatique internationale.
L’Association kurde des femmes journalistes (ROJIN) déclare que la presse arabe et turque, par sa propagande de guerre et ses arguments religieux, sexistes et nationalistes, attise la haine entre les peuples, fait preuve de misogynie et se rend ainsi complice de génocide. S’adressant aux médias internationaux, la ROJIN les appelle à respecter la déontologie journalistique et à « répandre la vérité ». Les journalistes critiquent notamment le fait que le siège du Rojava, les déplacements forcés, les enlèvements et les exécutions, la crise humanitaire et les actes de torture lors des funérailles soient ignorés, et que les reportages soient fragmentaires et incomplets.
« Des femmes enlevées par des gangs comme butin de guerre » : voilà qui mérite l’attention. « Kobanê, ville qui a mis fin aux agissements barbares de Daech en 2015 et offert au monde une grande victoire » : voilà qui mérite l’attention. « Les Kurdes du Rojava, menacés de génocide, de famine et de déplacement forcé » : voilà qui mérite l’attention. Diffuser ces informations auprès du public est la responsabilité éthique, professionnelle et morale des médias internationaux.
ROJIN les invite donc à se rendre dans les zones assiégées pour constater les faits par eux-mêmes et en rendre compte de manière impartiale. Le communiqué de l’association se poursuit :
Des crimes de guerre ont été commis
« En tant que presse kurde libre et médias féminins kurdes, nous suivons les attaques génocidaires qui ont débuté le 6 janvier à Alep et se sont propagées dans tout le nord-est de la Syrie, avec l’aide de dizaines de journalistes et de médias sur le terrain, et nous essayons d’informer le public mondial avec des images, des photos, des informations et des documents.
Les images et les documents provenant de la région ont non seulement une valeur informative, mais confirment également des crimes de guerre.
Le corps de Deniz Çiya, membre des Forces de sécurité intérieure du Nord et de l’Est syrien (Asayîş) à Alep, a été jeté du troisième étage d’un immeuble par des milices de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et des milices soutenues par l’État turc, aux cris d’« Allahu Akbar ». La mutilation de cadavres est considérée comme un crime de guerre en vertu des traités internationaux. Ces mêmes milices ont forcé la population d’Alep à fuir, ont enlevé des dizaines de personnes, en ont assassiné certaines et ont incendié leurs maisons.
Massacres de la population civile et enlèvements
Le 20 janvier, les mêmes milices ont enlevé deux combattantes des Unités de protection des femmes (YPJ), Amara Intiqam et Narîn Axîn, dans la région de Deir ez-Zor. Elles les ont forcées à parler, les ont filmées et les ont traitées comme du butin.
Le 22 janvier, des mercenaires barbares ont assassiné cinq membres de la famille Salih, qui tentaient de fuir Raqqa pour Kobanê, et le 27 janvier, l’avocat kurde Silêman Ismail, qui tentait également de fuir Raqqa pour Kobanê.
Siège et catastrophe humanitaire
Alors que ces exécutions et crimes de guerre se poursuivaient, de nombreuses régions du Rojava étaient assiégées. En raison du siège de Kobanê, l’approvisionnement en produits de première nécessité tels que l’eau, l’électricité, la nourriture et les soins médicaux n’est plus garanti.
La crise humanitaire s’aggrave. Cinq enfants sont morts à Kobanê suite à des coupures de courant et au manque d’oxygène. Des dizaines de milliers de personnes contraintes de fuir ont trouvé refuge dans différentes régions de Kobanê et du Rojava. En raison du blocage des frontières, l’aide humanitaire collectée n’atteint pas la région.
Les médias arabes et turcs complices de crimes de guerre
Tout au long de ces crises humanitaires et attaques génocidaires, certaines chaînes arabophones comme Al Arabiya , Al Hadath et Al Jazeera , ainsi que les médias turcs, ont présenté les morts civiles et la crise humanitaire comme une victoire.
De la même manière que les mercenaires considèrent les femmes comme des « proies » et des « servantes », les transformant en ennemies, les chaînes de télévision arabes diffusent des messages sexistes et haineux. Parallèlement, le lobby médiatique turc, qui légitime les attaques génocidaires d’Alep à Kobané, se rend complice de ces crimes par le biais de diffusions orchestrées et de propagande de guerre. Les médias dominants, qui qualifient tous les Kurdes d’Alep et du Rojava de terroristes, ont pris pour cible tous les Kurdes de la région et ont glorifié la guerre, la mort, les massacres et le génocide. Ces crimes sont documentés quotidiennement dans les journaux, les émissions de télévision et les médias numériques, et constituent des crimes de guerre.
Les médias comme partie belligérante
Toutes ces publications destructrices confirment une fois de plus que les médias, qui devraient informer au nom de la paix et de la liberté, dans l’intérêt public et des valeurs démocratiques, sont devenus complices de la guerre. Nous dénonçons ces organes de presse, qui diffusent des informations militaristes, nationalistes, religieuses et sexistes et glorifient la guerre, la mort, la famine et la destruction, et nous appelons l’ensemble du public à les boycotter.
Réaction au traitement « sélectif » de l’information par les médias internationaux
Certains médias internationaux ont choisi de couvrir les événements du Rojava de manière sélective. Ils ont passé sous silence le génocide, les exécutions de civils, la crise humanitaire et les déplacements forcés de population dans la région, préférant les présenter comme un « conflit entre deux puissances ». Le seul sujet qui a retenu l’attention de la presse internationale était « le sort des membres de l’EI emprisonnés ». Des questions telles que les sièges utilisés comme méthode de guerre, les enfants morts de froid, la profanation des cadavres de femmes, les enlèvements et l’existence de milices devenues des armes de destruction massive ont été jugées sans intérêt.
Nous appelons les médias internationaux à respecter la déontologie de la presse et les valeurs journalistiques et à avoir le courage de partager les faits avec le public sans pression gouvernementale.
La responsabilité éthique, professionnelle et morale de la presse
Nos collègues journalistes kurdes rendent compte des conflits en fournissant images, documents, informations et photos, au péril de leur vie. Nous appelons les médias internationaux à respecter ce journalisme, exercé avec la conscience et le souci de diffuser la vérité, et à rendre compte de manière à mettre fin aux attaques génocidaires et à informer le public avec exactitude.
Les enfants morts de froid pendant le siège méritent d’être mis en lumière. Les femmes enlevées par des bandes criminelles et réduites en butin méritent également l’attention du public. La bataille de Kobanê en 2015, qui a mis fin aux agissements barbares de Daech et offert au monde une grande victoire, est un événement digne d’intérêt. Le sort des Kurdes du Rojava, contraints à l’exil par le génocide, la famine et les déplacements forcés, mérite lui aussi l’attention. Communiquer ces faits au public est la responsabilité éthique, professionnelle et morale des médias internationaux.
Nous vous invitons à vous rendre dans les zones assiégées pour constater les faits par vous-même et en rendre compte de manière impartiale.
Nous continuerons à défendre la vérité.
En tant que médias kurdes libres, qui avons sacrifié des dizaines de vies pour la vérité depuis les années 1990, nous considérons qu’il est de notre devoir moral de couvrir en direct les attaques génocidaires dont notre peuple est victime au Rojava. Nous continuerons à partager la vérité sans détour avec le public, à dénoncer les crimes dissimulés et à informer la population en temps opportun.
Nous continuerons à défendre les valeurs démocratiques, la coexistence et la vérité contre le fondamentalisme exacerbé, le nationalisme, le sexisme et le militarisme, et à rappeler aux gens le langage de la paix. » (ANF)