TURQUIE. Leyla Zana victime d’insultes sexistes lors d’un match de foot
TURQUIE / KURDISTAN – Les supporters de Bursaspor, un club de football turc célèbre pour son fascisme anti-kurde, se sont de nouveau pris aux Kurdes en proférant des insultes sexistes envers la femme politique kurde Leyla Zana lors d’un match qui l’opposait au club kurde Vanspor.
Hier, lors du match Vanspor-Bursaspor, les supporters de Bursaspor ont arboré une affiche du célèbre tueur à gage (Yesil) responsable de nombreux massacres de civils kurdes dans les années 1990 et celle d’une « Toros blanche » tout en criant des insultes sexistes ciblant la femme politique kurde Leyla Zana, première députée kurde du parlement turc qui a passé 10 ans dans les geôles turques pour avoir parlé en kurde au parlement turc.
Alors que la fédération de football turque joue les trois singes devant le fascisme des hooligans de Bursaspor qui veut étouffer l’affaire, de nombreuses voix kurdes s’élèvent pour dire « #LeylaZanaOnurumuzdur » (Leyla Zana est notre fierté) et demander que le Bursaspor soit sanctionné pour la conduite ignoble de ses supporters. En mars 2023, lors du match Bursaspor – Amedspor, les supporters de Bursapor avaient également déployé des affiches du paramilitaire sanguinaire Mahmut Yıldırım, alias « Yeşil » [Vert], et celles d’une Toros blanche (Beyaz Toros), un modèle de voiture Renault, utilisée par les paramilitaires turcs (JITEM) dans les années 1990 pour le kidnappings et la disparition forcées des milliers de Kurdes et jeté des projectiles sur les joueurs kurdes, sans que les autorités turques, ni la fédération turque de football réagissent… L’impunité fait pousser des ailes aux fascistes turcs qui s’en prennent aux Kurdes à la moindre occasion. A quand la justice pour les Kurdes en Turquie?
SYRIE. Les Alaouites face à un génocide systématique
SYRIE / ROJAVA – Massacres et kidnappings des civils alaouites, pillages et destructions de leurs biens… une femme alaouite réfugiée dans les zones sous le contrôle arabo-kurde déclare que sa communauté est ciblée systématiquement par les gangs djihadistes affiliés à Damas dans une interview accordée à l’agence ANF.
Après près de quatorze années de guerre civile en Syrie, un an s’est écoulé depuis la prise de pouvoir à Damas par des groupes djihadistes affiliés à Hayat Tahrir al-Sham (HTS). Durant cette année, les massacres visant les communautés alaouites et druzes se sont multipliés. Face à des violations des droits humains atteignant des niveaux alarmants, les femmes sont particulièrement touchées.
En mars, des attaques systématiques contre les Alaouites dans les régions côtières ont fait des milliers de morts. En juillet, cette fois à Sweida (Suwayda), près de deux mille personnes ont perdu la vie lors d’attaques visant la communauté druze. Le régime d’HTS, arrivé au pouvoir il y a un an avec des promesses de démocratie, n’a apporté que destruction.
Au milieu de la vague de massacres, Büşra, une femme alaouite originaire de Homs (Humus) qui a fui vers le nord et l’est de la Syrie, a témoigné auprès d’ANF au sujet des événements survenus après ce qui a été décrit comme la « libération de la Syrie ». Büşra a déclaré qu’une politique de génocide systématique était menée contre la communauté alaouite dans les zones côtières et à Homs.
Büşra a souligné que ce qui a suivi la prise de pouvoir par HTS n’était pas une libération, mais une nouvelle phase d’occupation fondée sur la terreur sectaire, les déplacements forcés et un régime d’impunité totale.
Büşra a déclaré avoir vécu à Homs pendant 36 ans et a expliqué que, malgré les graves erreurs, les crimes et les destructions causés par le régime baasiste, il existait auparavant un minimum de protection sociale. Elle a noté que les relations interconfessionnelles durant cette période reposaient sur un rapport de force oppressif, ajoutant : « Malgré tous les défauts du régime, il n’y avait pas de ciblage sectaire direct. Les sunnites étaient sunnites, les druzes étaient druzes, les alaouites étaient alaouites. »
Parallèlement, Büşra a souligné que cette réalité ne justifiait en aucun cas les crimes commis par le régime baasiste. Elle a insisté sur le fait que les civils ne sauraient être tenus responsables des politiques d’un régime qu’ils n’ont pas choisi et a rejeté l’instrumentalisation des crimes passés du régime pour justifier la punition collective infligée aujourd’hui à la communauté alaouite.
Ce soi-disant jour de liberté a été une catastrophe pour nous
Büşra a déclaré que la date présentée comme un « jour de liberté » marquait pour eux le début d’une catastrophe. Elle a souligné qu’après la prise de contrôle de Homs par HTS, la ville s’était largement vidée, tandis que la peur et les déplacements forcés se propageaient rapidement. Elle a expliqué que les groupes ayant pris le contrôle appelaient les habitants à rentrer chez eux, leur promettant sécurité, immunité et un retour à la vie normale.
Cependant, Büşra a déclaré que ces appels s’étaient rapidement transformés en piège, ajoutant qu’une campagne d’intimidation systématique avait débuté en mars, immédiatement après le retour des habitants dans leurs foyers. Elle a précisé : « Des pillages, des meurtres et des enlèvements visant la communauté alaouite ont commencé. On interrogeait ouvertement les gens sur leur appartenance religieuse ; ceux qui étaient connus pour être alaouites étaient exécutés. »
Incitation sectaire
Selon Büşra, cette période a marqué un tournant en Syrie, la répression politique cédant la place à un ciblage sectaire ouvert. Elle a déclaré que les insultes, les menaces et l’incitation directe à la haine contre les Alaouites se sont normalisées, ajoutant que les sièges et les massacres perpétrés dans les régions côtières étaient systématiques.
Büşra a rejeté les tentatives de qualifier ces crimes d’« actes individuels », déclarant : « Ce ne sont pas des actes individuels ; les qualifier ainsi encourage les meurtres et la destruction des communautés en Syrie. » Elle a souligné qu’aucun auteur n’avait été poursuivi, qu’aucune mesure n’avait été prise pour rendre des comptes et que l’impunité avait ouvert la voie à de nouveaux crimes.
Non pas des opérations de recherche, mais des pillages et des enlèvements.
Büşra a également évoqué les opérations de recherche menées par les forces affiliées au Gouvernement de transition syrien, affirmant que ces pratiques visaient uniquement la communauté alaouite. Elle a déclaré qu’aucune arme n’avait été trouvée, ajoutant : « Il ne s’agissait pas de collecter des armes, mais de tuer, d’enlever et de piller des maisons. »
Büşra a déclaré que des jeunes avaient été enlevés sous les yeux de tous dans son quartier de Homs et a posé la question suivante : « Si l’État a décidé de collecter les armes, pourquoi seuls les Alaouites ont-ils été ciblés ? »
Büşra a déclaré que de nombreuses tribus restent armées et a cité les attaques contre Sweida et Homs en exemple, soulignant que ces groupes ont conservé leurs armes et ont même filmé et diffusé leurs attaques. Insistant sur le fait que ce qui s’est passé ne peut être qualifié de liberté, Büşra a affirmé : « Ce n’est pas la liberté ; c’est une occupation. »
Büşra a ajouté que les violations quotidiennes font désormais partie de son quotidien et a partagé les tragédies personnelles qu’elle a vécues. Elle a raconté que son cousin avait été tué il y a des mois et que sa voiture avait été saisie, et que le mari de sa sœur avait également été assassiné. Elle a déclaré : « Je veux la justice pour le sang de mon cousin et du mari de ma sœur. Qui traduira ces criminels en justice ? »
Femmes enlevées et le mensonge « d’honneur »
Büşra a également abordé les rumeurs circulant concernant l’enlèvement de femmes alaouites, affirmant que les récits prétendant que ces femmes étaient parties de leur plein gré étaient des inventions visant à disculper les auteurs de ces actes. Elle a souligné que, historiquement, les femmes alaouites n’ont pas été opprimées au sein de leurs familles, mais ont toujours été des individus libres et forts, ajoutant qu’aujourd’hui, le discours sur « l’honneur » est instrumentalisé pour légitimer des crimes.
Büşra a également critiqué les célébrations marquant l’anniversaire de la soi-disant « libération de la Syrie », affirmant que des écoliers étaient contraints d’y assister. Elle a ajouté : « Ils ne se sont libérés que d’eux-mêmes. Nous ne considérons pas ce qui s’est passé comme une libération. »
Appel à la lutte commune et à la solidarité
Büşra a lancé un appel à toutes les communautés, ethnies et composantes sociales de Syrie, soulignant que la situation actuelle menace non seulement les Alaouites, mais aussi les Kurdes, les Arabes, les Druzes et tous les peuples. Elle a affirmé qu’une position collective contre ces violations est essentielle.
Elle a également remercié le peuple kurde et l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), soulignant leur accueil chaleureux envers la communauté alaouite et la mise à disposition de refuges sûrs. Appelant la population à se réfugier dans les zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS), Büşra a déclaré : « Ici, nous avons trouvé sécurité et stabilité. Nous pouvons protéger nos enfants et nos femmes et assurer notre sécurité. » (ANF)
SYRIE. Kidnappings d’Alaouites, dont des enfants et des femmes
SYRIE – De nombreuses personnes, dont un enfant et des femmes, ont été enlevées ces derniers jours à Homs et à Lattaquié, signale l’agence kurde ANHA qui ajoute que la situation de la communauté alaouite en Syrie est de plus en plus précaire.
De nombreux enlèvements ont eu lieu à Lattaquié et à Homs ces derniers jours. Alors que la situation sécuritaire dans les zones contrôlées par le Gouvernement fédéral de transition syrien demeure instable, aucune information officielle n’a encore été communiquée quant au sort des personnes enlevées, rapporte l’agence de presse Hawar (ANHA). Le climat d’insécurité lié aux conflits religieux dirigés contre la communauté alaouite ne cesse de s’aggraver.
Parmi les victimes d’enlèvement figure Marah Muhannad Darwish, âgée de 16 ans. Elle a été enlevée lundi vers 14 heures près d’une pharmacie à Homs, alors qu’elle se rendait chez son grand-père. Depuis, on est sans nouvelles de l’adolescente.
À Homs, un autre incident s’est produit : Yasmin al-Amouri, une Alaouite, et son fils de trois ans, Elia al-Hassan, auraient été enlevés samedi. Ils ont disparu alors qu’ils rentraient de chez leurs parents.
Des enlèvements ont également eu lieu à Lattaquié.
Des incidents similaires ont également été signalés à Lattaquié. Basel Nasr Saqour est porté disparu depuis vendredi matin. Cet homme de 36 ans a été vu pour la dernière fois à son travail, dans le village de Jabal al-Nuwiya, au nord de Lattaquié.
Par ailleurs, Ali Haitham Assaf, âgé de 20 ans, et Hadi Nizar Assaf, âgé de 17 ans, sont portés disparus depuis samedi. Ils auraient été enlevés alors qu’ils vendaient du lait dans le village d’Al-Muzayri’a.
Tous ces enlèvements visaient des membres de la communauté alaouite à Homs et à Lattaquié. Selon des sources locales, cette situation continue d’alimenter les crimes à motivation religieuse et un climat d’insécurité en Syrie. (ANF)
Journée du drapeau kurde : symbole d’unité et de lutte
KURDISTAN – Les Kurdes du Kurdistan du Sud et des communautés kurdes du monde entier ont célébré mercredi la Journée du drapeau du Kurdistan, commémorée chaque année le 17 décembre comme un symbole d’identité nationale, d’unité et de décennies de lutte pour les droits et la reconnaissance.
Les institutions gouvernementales, les écoles et les bâtiments publics de la région du Kurdistan d’Irak (KRI) ont hissé le drapeau kurde, tandis que des responsables et des dirigeants politiques ont publié des déclarations soulignant l’importance historique et culturelle de ce drapeau.
Le drapeau tricolore rouge, blanc et vert, orné d’un soleil jaune à 21 rayons en son centre, représente depuis longtemps les aspirations kurdes à la dignité, à la paix et à l’autodétermination.
Le 17 décembre a été désigné Journée du drapeau du Kurdistan pour commémorer le premier hissage officiel du drapeau kurde dans la ville de Mahabad en 1945, au cours de la première phase de l’autonomie kurde dans ce qui allait devenir la République du Kurdistan.
Bien que la république ait eu une existence éphémère, le drapeau a perduré comme symbole national unificateur pour les Kurdes d’Irak, de Syrie, de Turquie, d’Iran et de la diaspora.
L’emblème solaire, connu sous le nom de Roj, reflète un héritage culturel profondément enraciné et un renouveau, tandis que les 21 rayons sont généralement associés à Newroz, le Nouvel An kurde célébré le 21 mars.
Le drapeau a été officiellement adopté par les autorités du Kurdistan dans les années 1990 suite au soulèvement contre l’ancien régime irakien et à la création d’institutions kurdes autonomes.
Malgré les divisions politiques persistantes et les défis régionaux, la Journée du drapeau du Kurdistan demeure un moment de réflexion collective pour les Kurdes, soulignant l’histoire commune, les sacrifices et les appels continus à la liberté, à la démocratie et à la coexistence. (North Press Agency)
MARSEILLE. Marche Vérité et Justice pour les militant·es kurdes assassiné·es à Paris
MARSEILLE – Ce samedi 20 décembre, les Kurdes de Marseille et leurs ami·es manifesteront pour demander vérité et justice pour les militant·es kurdes assassiné·es à Paris en 2013 et 2022.
La marche organisée par l’Assemblée Démocratique Kurde de Marseille partira à 13H depuis les Réformés, en haut de la Canebière.
La manifestation honorera la mémoire de Sakine Cansız, cofondatrice du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), de Fidan Doğan, représentante du KNK (Congrès national du Kurdistan) à Paris, et de Leyla Şaylemez, membre du Mouvement de la jeunesse kurde, assassinés à Paris le 9 janvier 2013, ainsi que d’Evîn Goyî, membre du conseil exécutif du KCK (Union des communautés du Kurdistan), de l’artiste kurde Mir Perwer et de l’activiste Abdurrahman Kızıl, assassinés devant le siège du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) et du centre culturel kurde Ahmet Kaya à Paris le 23 décembre 2022.
Appel à participer aux commémorations des martyrs kurdes de Paris
PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) appelle à participer aux commémorations des martyrs assassinés à Paris lors de deux attentats terroristes (2013 et 2022) ciblant la communauté kurde et invite la France à « lever le secret-défense et faire toute la lumière sur le triple assassinat du 9 janvier 2013 ».
Voici le communiqué du CDK-F :
« Le 9 janvier 2013, un premier attentat terroriste frappait les Kurdes en plein cœur de Paris. Il coûtait la vie à trois militantes kurdes : Sakine Cansız, figure historique du mouvement kurde, Fidan Doğan, responsable du Centre d’Information du Kurdistan (CIK), lieu même de l’attentat, et Leyla Şaylemez, militante du mouvement de jeunesse kurde en Europe.
Presque dix ans plus tard, le 23 décembre 2022, trois autres militants kurdes étaient assassinés, encore à Paris, dans un attentat qui visait cette fois-ci le siège du CDK-F, au 16 rue d’Enghien. Parmi les victimes figurait Evîn Goyî (Emine Kara), responsable du mouvement des femmes kurdes en France et ancienne combattante contre Daesh au Rojava. Les deux autres victimes étaient Mîr Perwer, jeune chanteur kurde récemment réfugié en France, et Abdurrahman Kızıl, un habitué de l’association. L’enquête sur le triple assassinat du 9 janvier 2013 a mis en évidence de nombreux indices — corroborés par des documents rendus publics — démontrant que l’assassin, Ömer Güney, agissait sous les ordres des services de renseignement turcs (MIT). Décédé en prison fin 2016, peu avant son procès, il n’a jamais été jugé. Les commanditaires, quant à eux, n’ont jamais été inquiétés, l’instruction étant entravée par le secret-défense opposé par les autorités françaises. Concernant l’attentat du 23 décembre 2022, son caractère terroriste n’a toujours pas été reconnu, malgré les déclarations explicites de l’assassin, William Malet, démontrant des motivations terroristes et un ciblage délibéré de notre association, en tant que représentation du peuple kurde. À ce jour, les services de renseignement français n’ont pas été interrogés sur d’éventuels liens de l’auteur avec des services étrangers. Treize ans après le triple féminicide de 2013, l’impunité demeure. En refusant de lever le secret-défense, la France commet un déni de justice et entretient l’impunité de crimes politiques et terroristes, encourageant leur répétition. La France doit lever le secret-défense et faire toute la lumière sur le triple assassinat du 9 janvier 2013. La justice française doit reconnaître le caractère terroriste de l’attentat du 23 décembre 2022 afin que les commanditaires soient identifiés, jugés et condamnés. Appel aux commémorations Afin d’honorer la mémoire des victimes et de réaffirmer notre exigence de vérité et de justice, le CDK-F appelle à participer aux commémorations des deux attentats :Hommage à Evîn Goyî (Emine Kara), Mîr Perwer et Abdurrahman Kızıl
Mardi 23 décembre 2025
11h00
16 rue d’Enghien – Paris
Hommage à Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez
Vendredi 9 janvier 2026
12h30
147 rue La Fayette – Paris
Grande Marche « Vérité et Justice »
Enfin, afin d’exiger vérité et justice et de rappeler la primauté du droit, nous appelons toutes et tous à rejoindre la Grande Marche « Vérité et Justice »,
Samedi 10 janvier 2026
À partir de 11h00
Départ : Gare du Nord – Paris
PARIS. Projection/Débat autour des disparitions forcées des civils kurdes
PARIS – L’Institut kurde de Paris organise une projection/Débat autour du documentaire Dargeçit (Kerboran) réalisé par Berke Baş et qui raconte le combat des familles kurdes dont les proches sont portés disparus entre les mains des forces armées turques dans les années 1995.
Après la projection, les chercheuses et membres de Centre de Mémoire*, Berke BAŞ et Özgür Sevgi GÖRAL répondront aux questions du public et discuter de la lutte des familles et des défenseurs des droits humains pour obtenir justice pour plus de 1000 civils kurdes, dont des enfants, tués en détention dans les années 1990 au Kurdistan de Turquie.
La modération sera assurée par Dilan SALIK.
*Hakikat Adalet Hafıza Merkezi (Centre de la Vérité, de la Justice et de la Mémoire) est une organisation indépendante de défense des droits humains, fondée en novembre 2011 à Istanbul, en Turquie, par un groupe d’avocats, de journalistes et de militants des droits humains. Il milite pour faire éclater la vérité sur les violations des droits humains commises par le passé, de renforcer la mémoire collective de ces violations et de soutenir les victimes dans leur quête de justice.

Berke Baş • Documentaire Dargeçit • VO en kurde et turc sous-titré en français • 82 minutes • Turquie, 2024
SPORT. Les supporters de Zakho élu·es « Meilleurs fans de l’année 2025 »
MONDE. La Fédération internationale de football (FIFA) a décerné le prix du « Meilleurs fans de l’année 2025 » aux fans de l’équipe kurde Zaxo (Zakho FC) basé au Kurdistan d’Irak. Les sympathisant·es de Zakho ont été récompensé·es pour leurs efforts visant à aider les enfants malades.
Les supporters du club kurde Zaxo SC (également orthographié Zakho SC) ont reçu le prix FIFA des Meilleurs Supporters 2025. Ce prix récompense un geste émouvant lors d’un match de Premier League en mai dernier, lorsque des milliers d’ours en peluche ont été jetés sur le terrain en signe de soutien aux enfants atteints de cancer. Cette action a suscité un émoi mondial. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, les a personnellement félicités dans un message vidéo publié sur Instagram : « Pour ce geste et les émotions qu’il a suscitées, vous méritez amplement le prix FIFA des Meilleurs Supporters 2025. »
La solidarité internationale a contribué à la victoire
Le président de Zaxo SC, Ammar Farhad, était submergé par l’émotion après l’annonce du prix : « Je suis indescriptible… nous savons maintenant que nous avons gagné. » Il a remercié la communauté kurde du monde entier, qui a largement contribué à ce succès grâce au vote en ligne.
En novembre, la FIFA a désigné le Zaxo SC comme l’un des trois finalistes. Les deux autres nominés étaient le supporter espagnol Manuel Cáceres, batteur emblématique de l’équipe nationale pendant des décennies, et le supporter argentin Alejandro Ciganotto, connu pour ses longs périples à travers l’Amérique du Sud afin de suivre son club, le Racing Club.
Le soutien politique du Kurdistan et de l’Irak
Le président de la région du Kurdistan irakien (KRI), Nechirvan Barzani (KDP), a lancé un appel public au soutien à la mi-novembre. Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, et le président de l’Union patriotique du Kurdistan (PUN), Bafel Talabani, ont également mené une campagne active. Le Zaxo SC, fondé en 1987, évolue en première division irakienne.
Les supporters du club kurde Zaxo SC (également orthographié Zakho SC) ont reçu le prix FIFA des Meilleurs Supporters 2025. Ce prix récompense un geste émouvant lors d’un match de Premier League en mai dernier, lorsque des milliers d’ours en peluche ont été jetés sur le terrain en signe de soutien aux enfants atteints de cancer. Cette action a suscité un émoi mondial. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, les a personnellement félicités dans un message vidéo publié sur Instagram : « Pour ce geste et les émotions qu’il a suscitées, vous méritez amplement le prix FIFA des Meilleurs Supporters 2025. »
La solidarité internationale a contribué à la victoire
Le président de Zaxo SC, Ammar Farhad, était submergé par l’émotion après l’annonce du prix : « Je suis indescriptible… nous savons maintenant que nous avons gagné. » Il a remercié la communauté kurde du monde entier, qui a largement contribué à ce succès grâce au vote en ligne.
En novembre, la FIFA a désigné le Zaxo SC comme l’un des trois finalistes. Les deux autres nominés étaient le supporter espagnol Manuel Cáceres, batteur emblématique de l’équipe nationale pendant des décennies, et le supporter argentin Alejandro Ciganotto, connu pour ses longs périples à travers l’Amérique du Sud afin de suivre son club, le Racing Club.
Le soutien politique du Kurdistan et de l’Irak
Le président de la région du Kurdistan irakien (KRI), Nechirvan Barzani (KDP), a lancé un appel public au soutien à la mi-novembre. Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, et le président de l’Union patriotique du Kurdistan (PUN), Bafel Talabani, ont également mené une campagne active. Le Zaxo SC, fondé en 1987, évolue en première division irakienne. PARIS. Commémorations d’Evîn Goyî, Mir Perwer et Abdurrahman Kızıl
PARIS – La diaspora kurde rendra hommage à Emine Kara (Evîn Goyî), au chanteur Mehmet Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kizil assassinés à Paris le 23 décembre 2022.
Des commémorations et des actions de protestation sont organisés chaque année pour rendre hommage à Sakine Cansız, cofondatrice du PKK, Fidan Doğan militante franco-kurde et Leyla Şaylemez militante germano-kurde, assassinées à Paris le 9 janvier 2013, et à Emine Kara (Evîn Goyî), une responsable du Mouvement des femmes kurdes, au chanteur Mehmet Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kizil assassinés à Paris le 23 décembre 2022. assassinés le 23 décembre 2022.
Les préparatifs ont commencé pour les différents événements qui se tiendront cette année sous le slogan « Vérité pour la justice ». Dans un premier temps, une soirée de commémorations sera organisée le 23 décembre, à l’occasion du 3e anniversaire du second massacre de Paris, à la salle Espace Venise de Sarcelles, en région parisienne.
Dans ce contexte, les membres de TEV-ÇAND Paris se sont réunis au Centre culturel kurde Ahmet Kaya et ont lancé un appel à participer aux actions.
Dans la déclaration, l’accent a été mis sur l’importance pour le public et les cercles de soutien de s’approprier les actions de cette année afin de commémorer les personnes tuées, de dénoncer légalement les auteurs des massacres et de les tenir responsables. (ANF)
KURDISTAN. Ayşe Şan sera commémorée à l’occasion du 29e anniversaire de sa disparition
TURQUIE / KURDISTAN – Ayşe Şan (Eyşe Şan), reine de la musique kurde ayant subi la double oppression (le patriarcat et le colonialisme) en tant que femme et kurde, sera commémorée à Diyarbakir (Amed) à l’occasion du 29e anniversaire de sa disparition.
La municipalité métropolitaine d’Amed commémorera Ayşe Şan, figure emblématique de la musique kurde, à l’occasion du 29e anniversaire de sa disparition. Un événement de deux jours, comprenant théâtre, table ronde et concert, sera organisé par le Département de la Culture, des Arts et des Affaires sociales les 17 et 18 décembre. Durant ces deux jours, la vie, l’œuvre et l’héritage d’Ayşe Şan pour la musique kurde seront abordés sous différents angles.
Un concert avec 20 artistes
Le programme commémoratif débutera par une représentation théâtrale le 17 décembre à 18h30 à la salle culturelle Ali Emiri. La pièce, écrite par Berfin Zenderlioğlu et retraçant la vie d’Ayşe Şan, sera présentée au public.
Le deuxième jour du programme, une cérémonie commémorative aura lieu sur la tombe d’Ayşe Şan au cimetière de Yeniköy, le 18 décembre à 13h00. Le même jour, à 18h00, une table ronde intitulée « La vie musicale d’Ayşe Şan » se tiendra à la salle culturelle Ali Emiri. Animée par Saliha Ayata, cette table ronde comprendra des présentations de Berfin Zenderlioğlu intitulée « Une musicienne et artiste : Ayşe Şan » et de Zeynep Yaş, directrice du département de la Culture, des Arts et des Affaires sociales, intitulée « La vie d’Ayşe Şan et sa place dans la musique kurde ».
À l’issue de la table ronde, un concert exceptionnel présentant des œuvres d’Ayşe Şan aura lieu à 19h30. Avec 25 artistes sur scène, la voix et la musique d’Ayşe Şan résonneront à nouveau à Amed (Diyarbakır).
Ayse San
Ayşe Şan (Eyşe Şan), reine de la musique kurde ayant subi la double oppression (le patriarcat et le colonialisme) en tant que femme et kurde, nous a quitté le 18 décembre 1996 à l’âge de 58 ans.
Née à Diyarbakır (Amed), Eyşe est considérée comme l’une des plus grands chanteurs de la musique kurde contemporaine.
Le père d’Eyşe était un dengbêj (conteur kurde traditionnel). Eyşe commence à chanter à soirées de chant traditionnels, puis, à partir de 1958, malgré l’opposition de sa famille, a se produire en public.
Après une tentative infructueuse de mariage, qui lui avait été imposé, elle s’est installée à Antep (Dilok), où elle a commencé à enregistrer des chansons turques pour la radio locale, chanter en kurde étant alors interdit. Puis, elle est partie à Istanbul, où elle enregistre son premier album en langue kurde en 1963. La première chanson qui contribue à sa notoriété est Ez Xezalım [Je suis une gazelle]. En 1972, suite à des tracas administratifs, elle s’est installée en Allemagne. Une de ses chansons les plus connues, Qederê [Oh le destin], est écrite après la mort de sa fille de 18 mois.
En 1979, elle s’est rendue au Kurdistan irakien, où elle a rencontré de nombreux musiciens et chanteurs kurdes telles que Mihemed Arif Cizîrî, Îsa Berwarî, et Tahsin Taha. Le morceau d’Arif Cizîrî, Eysana Elî, lui est dédiée. À partir de années 1980, elle s’est installée à Izmir. Dans les années 1990, elle écrit en réaction à l’oppression des Kurdes des chansons telles que Werin pêsmerge [Venez les combattants kurdes]. Elle a écrit également des chansons sur la condition des femmes telles que Derdê hewîyê [Chagrin de polygamie] ou encore Hey wax dayê [Ô mère]. tout sa vie, elle a dû faire face à la double oppression (le patriarcat et le colonialisme).
Ayse San est décédée d’un cancer à Izmir le 18 décembre 1996, laissant derrière elle un précieux et magnifique héritage artistique pour les générations futures. Elle avait exprimé comme dernière volonté d’être enterrée à Amed. Ce souhait a été exaucé cet été, 29 ans après sa mort.