
KURDISTAN. Six peshmergas kurdes tués dans la province d’Erbil

KURDISTAN. L’Iran frappe des zones civiles kurdes en Irak
Ce soir, lundi 23 mars 2026, un camp civil du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), connu sous le nom de « Gerdechal », situé près d’Erbil (Hawler), a été ciblé lors d’une attaque de drone menée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) et ses groupes supplétifs affiliés. Il s’agit du deuxième établissement médical ciblé ces derniers jours. Auparavant, un centre médical du camp Azadi à Koya avait également été touché par une attaque de drone, blessant un membre du personnel médical.
Les rapports de terrain confirment une situation critique :
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Frappe sur un centre médical : Un petit hôpital servant de point de santé vital pour le camp a été directement visé et endommagé.
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Civils en première ligne : Les drones ont explosé à proximité immédiate des zones d’habitation, provoquant la panique parmi les familles kurdes qui résident dans ce camp.
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Extension du conflit : Alors que les affrontements principaux opposent Téhéran à Washington et Tel-Aviv, l’Iran multiplie les frappes contre les zones kurdes en Irak, les plaçant au cœur des hostilités.
Cette nouvelle attaque nocturne met en lumière les agressions incessantes dont sont victimes les Kurdes, systématiquement pris pour cible dans cet affrontement global. Une fois de plus, des infrastructures humanitaires et médicales de base sont sacrifiées dans cette guerre.
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SYRIE. Jolani va-t-il intégrer les Peshmergas Roj à l’armée syrienne
L’envoyé présidentiel syrien, Ahmed Al-Hilali (porte-parole de l’équipe présidentielle chargée de l’intégration avec les Forces démocratiques syriennes) aurait déclaré que les Roj Peshmergas, une force armée kurde syrienne entraînée dans la Région du Kurdistan irakien, devraient être invités par Damas à rejoindre les rangs de l’armée syrienne. Selon ses propos relayés par des sources kurdes et des observateurs, l’armée souhaite tirer profit de leurs compétences et de leur expérience acquise lors de la guerre contre l’État islamique (EI/Daech), où ils ont joué un rôle notable aux côtés d’autres forces kurdes.
Les Roj Peshmergas, affiliés au Conseil national kurde syrien (ENKS) et basés principalement en Irak, constituent une alternative historique aux Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les unités YPG/YPJ. Leur intégration potentielle s’inscrit dans le cadre plus large de l’accord d’intégration progressive conclu le 29-30 janvier 2026 entre Damas et les FDS, qui prévoit la fusion des forces kurdes dans les structures étatiques syriennes (ministères de la Défense et de l’Intérieur), avec la création de divisions et brigades spécifiques dans le nord-est (Hasakah et Kobanê). L’envoyé présidentiel, aurait mis en avant les compétences anti-Daech des Roj Peshmergas comme un atout pour renforcer l’armée nationale unifiée.
Cependant, cette perspective suscite des réserves au sein des communautés kurdes syriennes. Il est considéré comme absolument nécessaire que les Roj Peshmergas exigent, en cas d’intégration, d’être déployés uniquement dans les zones à majorité kurde (Rojava/nord-est syrien), afin de préserver la cohésion communautaire et d’éviter des frictions inutiles, tout en gardant à l’esprit l’injustice historique et les souffrances endurées par le peuple kurde. Damas pourrait en effet être tenté de les redéployer dans des régions sensibles et multiethniques comme Soueïda (majoritairement druze) ou les zones côtières habitées par les Alaouites, où les tensions intercommunautaires restent vives depuis la chute du régime précédent et les violences de 2025.
Un tel déploiement hors des zones kurdes risquerait d’exacerber les méfiances entre minorités : les Alaouites et Druzes craignent une marginalisation accrue sous le gouvernement de transition dirigé par Ahmed al-Sharaa, tandis que les Kurdes redoutent une dilution de leur influence sécuritaire et une instrumentalisation contre d’autres groupes. Des observateurs soulignent que l’intégration doit respecter les équilibres ethniques et religieux pour éviter une nouvelle vague de tensions, dans un contexte où l’application de l’accord de janvier reste inégale (retraits partiels, frictions locales à Kobani, incidents lors de Newroz).
Cette annonce intervient alors que les négociations sur l’intégration des FDS se poursuivent, avec des réunions récentes entre le commandant Mazloum Abdi et l’envoyé présidentiel Ziad al-Ayesh. Elle pourrait représenter une tentative de Damas de diversifier ses alliés kurdes et de contourner les blocages avec les FDS, mais elle souligne aussi les défis persistants pour une réconciliation nationale inclusive en Syrie post-conflit.
ROJAVA. Kobanê de nouveau encerclé
Des sources locales et des observateurs font état de mouvements militaires accrus par des factions affiliées au gouvernement de transition syrien dans la campagne sud-est de Kobani, exacerbant les craintes d’escalade un jour après des célébrations de Newroz marquées par des provocations et des violences dans plusieurs régions kurdes.
Selon des rapports concordants, notamment du Syrian Observatory for Human Rights (SOHR) et de sources kurdes, les factions Al-Amshat (Brigade Sultan Suleiman Shah / Abu Amsha) et Al-Hamzat (Division Hamza) — intégrées à la 86e division du ministère de la Défense — sont revenues se positionner dans la ville de Jalbiya (Jalabiya) après un retrait antérieur conforme à l’accord d’intégration du 29 janvier 2026. Ces forces se seraient installées notamment dans l’école locale et auraient multiplié les actes perçus comme provocateurs envers la population kurde au rond-point de Jalbiya, dans un climat de tensions communautaires déjà élevé.
Des renforts et des mouvements de troupes ont également été signalés dans la zone de Kharab Ishk (Kharab Ashk), avec des convois de véhicules venant de directions comme Jarablus, Sirrin et Al-Shuyoukh. Les objectifs précis de ces mobilisations restent flous, mais elles interviennent dans un contexte de non-respect total des engagements de retrait des factions non étatiques des zones kurdes, malgré les progrès partiels de l’accord (retraits progressifs en février-mars, déploiement de forces de sécurité intérieure).
Contexte de l’accord et des frictions persistantes
L’accord du 29 janvier 2026, conclu après l’offensive gouvernementale de janvier contre les zones sous contrôle des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), prévoit :
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Le retrait progressif des factions armées (dont Al-Hamzat et Al-Amshat sous commandement de la Turquie) des villages kurdes.
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Le transfert des positions aux forces de sécurité intérieure (relevant du ministère de l’Intérieur) et à des éléments intégrés des FDS.
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L’intégration des brigades des FDS dans les structures étatiques, y compris une brigade spécifique pour Kobanê.
Cependant, des retards et violations persistent : refus de retrait complet en février (notamment à Jalbiya et Sarin), pillages, destructions (centres de santé à Jalbiya et Sarin), enlèvements et agressions ciblant les Kurdes signalés en mars avant et après les retraits partiels du 5 mars. Ces actes ont alimenté la méfiance, malgré des avancées comme la prise de contrôle par le ministère de l’Intérieur de certains postes à Kobanê fin février.
Incidents liés à Newroz (21 mars 2026)
Les célébrations du Nouvel An kurde ont viré à la tension dans plusieurs zones :
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À Afrin, Azaz, Alep et environs : Agressions physiques contre les Kurdes, incendies de véhicules, pillages des maisons kurdes, confiscation ou brûlage de symboles kurdes, dont les drapeaux du Kurdistan, menaces anti-kurdes.
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À Hassakê et à Qamishlo : Les Kurdes sont descendus dans la rue pour dénoncer les attaques ciblant les Kurdes d’Afrin pendant le Newroz, imposition d’un couvre-feu partiel.
Ces incidents ont déclenché des manifestations (ex. à Qamisho contre les attaques ciblant les Kurdes) et des appels officiels à promouvoir la coexistence.
Risques d’escalade
La région reste fragile : malgré l’intégration en cours et des gestes comme des échanges de prisonniers ou des ouvertures de routes, la présence persistante de factions comme Al-Amshat et Al-Hamzat — accusées historiquement d’abus contre les Kurdes — alimente les craintes. Les incidents de Newroz (nouvel-an kurde) ont accru les divisions ethniques, dans un contexte où la ville kurde de Kobanê subit encore des restrictions (accès, services) et où la consolidation du pouvoir central reste inégale.
Des appels à une application stricte de l’accord et à la désescalade se multiplient. La situation évolue très rapidement.