IRAN. Inquiétudes pour les détenus kurdes après le bombardement de centres de renseignement
ALLEMAGNE. Une députée parraine la prisonnière politique kurde Zeynab Jalalian
#IRANWAR. Téhéran frappe les exilés kurdes d’Iran au Kurdistan irakien
Ces opérations iraniennes, menées principalement par les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) via des drones kamikazes, des missiles et parfois en coordination avec des milices pro-iraniennes en Irak (comme les Unités de mobilisation populaire ou La résistance islamique en Iran), visent à neutraliser une menace perçue : ces groupes kurdes iraniens pourraient exploiter la guerre pour lancer des incursions transfrontalières ou soutenir une insurrection interne.
Contexte du conflit et escalade contre les Kurdes
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Le conflit israélo-iranien (élargi à une guerre régionale États-Unis/Iran) a débuté fin février 2026.
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Dès les premiers jours, l’Iran a étendu ses représailles au Kurdistan irakien, ciblant non seulement des bases américaines, mais aussi systématiquement les camps des partis kurdes iraniens (PAK, Komala, Khabat, PDKI/KDPI, etc.).
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Téhéran accuse ces groupes de faire partie de la coalition anti-Iran et menace d’élargir les frappes à toute infrastructure du Kurdistan irakien.
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Les attaques se sont multipliées mi-mars 2026, avec une intensification notable autour du 4-13 mars, coïncidant avec des rapports sur une possible mobilisation kurde.
Bilan des pertes kurdes mentionnées (début mars 2026)
Au moins cinq combattants kurdes iraniens ont été tués dans ces frappes entre le 4 et le 13 mars 2026 :
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Jalal Rashid (Kawan), membre du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) : tué par une frappe de drone à Degala (est d’Erbil) le 4 mars 2026.
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Ismail Rahimi (Ako), membre du Parti Komala du Kurdistan iranien : tué par une attaque combinée drone/roquettes à Zrgwez (près de Souleimaniye) le 7 mars 2026.
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Omid Veysi (Omid Ravansar), membre du Parti Komala : tué par une frappe de drone à Zirgwezala (sud de Souleimaniye) le 11 mars 2026.
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Iqbal Salehpour, originaire de Saqqez, membre de l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien : tué par une frappe de drone à Erbil le 13 mars 2026.
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Fakhraddin Moradi, originaire de Sanandaj (Sînê), membre de l’Organisation Khabat : tué lors d’une frappe de drone à Erbil le 13 mars 2026.
Motivations et implications
L’Iran cherche à prévenir toute ouverture d’un front ouest. Des coalitions récentes entre ces partis kurdes visent explicitement le renversement du régime. Le contexte de guerre élargie rend ces zones vulnérables, tandis que le gouvernement régional du Kurdistan irakien reste limité dans sa capacité de défense. Cette campagne s’inscrit dans une stratégie de Téhéran pour sécuriser ses frontières occidentales au milieu d’une guerre existentielle. La situation reste très volatile dans la région.
ROJAVA. Maisons détruites ou occupées : Le calvaire des Kurdes de retour à Afrin
SYRIE / ROJAVA – Le retour à Afrin se transforme en une nouvelle épreuve pour de nombreuses familles kurdes. Après huit années d’exil, celles qui ont regagné leur ville natale se retrouvent aujourd’hui sans abri, confrontées à une réalité brutale : leurs maisons ont été soit détruites, soit occupées par des colons installés sous l’égide de la Turquie.
Cette situation met en lumière l’injustice persistante subie par les populations autochtones d’Afrin, dont le droit de propriété est bafoué au profit d’une politique de changement démographique de la région. Se retrouver sans toit sur sa propre terre est une violation flagrante des droits humains fondamentaux.
Face à cette urgence humanitaire, il est impératif que les autorités compétentes et les organisations internationales agissent immédiatement. Des mesures concrètes doivent être prises pour :
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Assurer la mise en sécurité immédiate des familles sans abri.
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Apporter une aide matérielle et financière d’urgence.
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Procéder à l’expulsion des occupants illégaux pour restituer les foyers à leurs propriétaires légitimes.
Le rétablissement de la justice à Afrin commence par le respect du droit au logement pour ses habitants originels.
KURDISTAN. Deux combattants kurdes tués par des frappes iraniennes
Les victimes ont été identifiées comme étant Iqbal Salehi, originaire de Saqqez, et Fakhraddin Moradi, originaire de Sanandaj (Sine). L’attaque a également fait quatre blessés parmi les peshmergas présents sur le site.
Un contexte de guerre USA-ISRAEL vs IRAN
Cette frappe intervient alors que le Kurdistan iranien (Rojhelat) est devenu une des cibles principales dans le cadre de l’offensive de grande ampleur menée par les forces coalisées (États-Unis et Israël) contre la République islamique. Depuis le 28 février, les infrastructures militaires du régime sont pilonnées, poussant Téhéran à multiplier les représailles par drones et missiles contre les groupes d’opposition kurdes, qu’il accuse de faire partie de la coalition anti-Iran.
Pour les mouvements kurdes iraniens, regroupés au sein d’une coalition incluant le PDKI, Komala et le PJAK, cette période est marquée par une tension extrême : d’un côté, l’espoir d’un affaiblissement définitif du régime ; de l’autre, la réalité d’un prix humain de plus en plus lourd payé par les combattants et les civils.
Une volonté de résistance inébranlable
Malgré la violence de l’attaque, la direction de Khabat (Sazmani Xebat) a réaffirmé sa détermination à poursuivre la lutte pour les droits fondamentaux du peuple kurde. Dans une déclaration officielle, le parti a envoyé un message clair aux autorités iraniennes :
« Les dirigeants despotiques doivent comprendre que la volonté forte et résolue des Peshmergas du Kurdistan ne sera pas brisée par les attaques terroristes et ne s’inclinera pas. »
Cette nouvelle tragédie souligne le drame du peuple kurde pris entre les feux des puissances régionales alors qu’il tente de défendre sa patrie ancestrale.
Zeinab Jalalian : la plus ancienne prisonnière politique en Iran
Qui est Zeinab Jalalian ?
Zeinab Jalalian (Zeyneb Celalîan en kurde), militante politique kurde née le 10 mars 1982 à Dim Qeshlaq, village de Maku dans la province d’Azerbaïdjan de l’Ouest, purge aujourd’hui sa 18e année de détention (approchant la 19e) dans les prisons iraniennes. Arrêtée en mars 2008 à Kermanshah à l’âge de 26 ans, elle est la plus ancienne prisonnière politique féminine d’Iran et la seule femme condamnée à la réclusion à perpétuité pour des motifs politiques.
Militante pour les droits des femmes kurdes, elle avait notamment visité des lycées de filles pour sensibiliser à la Journée internationale des femmes et distribué des fleurs aux élèves. Les autorités l’ont arrêtée violemment et l’ont accusée d’appartenance au PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), groupe kurde d’opposition armé qu’elle a toujours nié. Jugée en quelques minutes seulement, sans avocat ni défense digne de ce nom, devant un tribunal révolutionnaire de Kermanshah, elle a été condamnée à mort en décembre 2008 pour « moharebeh » (inimitié envers Dieu). La sentence a été confirmée en 2009, puis commuée en perpétuité en novembre 2011.
Depuis son arrestation, Zeinab Jalalian a été transférée de prison en prison comme mesure de punition : Evin (section 209), Kermanshah, Khoy, Gharchak (Varamin), Kerman, Dizel Abad, et enfin la prison centrale de Yazd depuis novembre 2020, où elle se trouve encore aujourd’hui. Elle a subi des tortures physiques et psychologiques répétées : coups portés les yeux bandés, flagellation sous les pieds, menaces de viol, isolement prolongé et interrogatoires coercitifs par les agents du ministère du Renseignement. Elle a également été diagnostiquée positive au Covid-19 en 2020 et transférée plusieurs fois pendant la pandémie dans des conditions inhumaines.
Sa santé s’est gravement détériorée en raison du déni systématique de soins médicaux, utilisé comme outil de torture et de pression. Elle souffre depuis des années de multiples problèmes résultant des tortures et des conditions carcérales :
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fibromes utérins multiples (au moins dix myomes), causant des saignements abondants, des douleurs abdominales insoutenables et une anémie sévère ;
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problèmes rénaux et digestifs ;
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infections buccales (muguet) ;
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ptérygion (croissance oculaire) entraînant une vision altérée ;
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infections dentaires ;
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difficultés à marcher et hémorragies internes.
En juin 2024, les autorités lui ont proposé un transfert à l’hôpital et des soins en échange d’une « lettre de repentance » ou d’une confession filmée – exigence qu’elle a fermement refusée, affirmant que les soins médicaux sont un droit, non une faveur. En septembre/octobre 2025, après des mois de douleur et sous pression internationale (notamment une déclaration conjointe de neuf rapporteurs spéciaux de l’ONU le 1er mai 2025), elle a enfin été emmenée menottée et enchaînée à un hôpital privé de Yazd pour une embolisation des fibromes utérins. Mais elle a été ramenée en prison seulement 24 heures après l’opération, contre l’avis médical, sans suivi post-opératoire, sans échographie ni IRM recommandés. Les autorités ont même prétendu avoir « perdu » l’ordonnance du chirurgien. Elle continue de souffrir de douleurs intenses, de saignements et d’anémie, sans accès à des soins spécialisés extérieurs à la prison.
Depuis près de 18 ans, Zeinab Jalalian n’a jamais bénéficié d’une permission de sortie ni de visites familiales régulières (interrompues depuis plusieurs années). Elle est maintenue dans des conditions inhumaines, souvent sans séparation des prisonnières de droit commun, et subit des pressions psychologiques constantes.
Son anniversaire, le 10 mars, rappelle non seulement le combat de milliers de prisonniers politiques kurdes, baloutches, arabes ou persans détenus dans des conditions indignes, mais symbolise surtout la résilience des militantes politiques iraniennes face à la répression systématique. Des organisations de défense des droits humains (Amnesty International, Hengaw, Kurdistan Human Rights Network, REDRESS, etc.), 22 ONG et 13 personnalités dont la Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi ont lancé un appel urgent en septembre 2025 pour des soins vitaux immédiats et sa libération.
Zeinab Jalalian incarne la résistance silencieuse d’une génération de femmes kurdes qui refusent de se taire, même au prix de leur santé et de leur liberté. Sa situation exige une mobilisation internationale accrue pour mettre fin à ce déni médical délibéré et à cette détention arbitraire.
Damas : « Il n’y aura plus d’administration autonome »

IRAN. La guerre chasse 3,2 millions de civils de leurs foyers
IRAN. Plus de 100 membres des forces de sécurité tués à Sanandaj
IRAN. La guerre chasse les éleveurs de la campagne de Kirmaşan
Les autorités militaires et de sécurité iraniennes ont ordonné l’évacuation immédiate des communautés d’éleveurs vivant le long des zones frontalières de la province de Kermanshah (Kermashan). Cette mesure oblige les familles à entamer leur migration saisonnière plusieurs semaines avant la période habituelle afin de libérer la région pour le déploiement d’équipements militaires lourds.
Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, les familles pratiquant la transhumance et résidant dans les secteurs de Qasr-e Shirin, Khosravi, Naft Shahr et Sumar ont été sommées d’évacuer les lieux au plus tard le samedi 14 mars 2026. Ce dégagement de la bande frontalière vise à installer des unités d’artillerie, transformant ainsi des zones d’habitation civiles en zones militaires, au mépris de la sécurité des populations locales.
Cette migration forcée survient à un moment critique : les pâturages d’été en montagne sont encore soumis à un froid intense. Un déplacement prématuré de quarante jours — la transhumance débutant normalement en mai — fait peser un risque de pertes massives sur le bétail, pilier économique de ces ménages.
Hengaw condamne fermement cette décision, la qualifiant de violation flagrante des droits fondamentaux et des normes internationales relatives à la protection des civils. L’organisation souligne que l’utilisation de terres civiles à des fins militaires met gravement en péril les moyens de subsistance de centaines de familles d’éleveurs déjà vulnérables.