KURDISTAN. Attaque de drone contre un camp du PDKI
KURDISTAN. Six soldats français blessés lors d’une attaque de drone à Erbil
ROJAVA. Les femmes lancent une pétition exigeant la libération des otages
-
La révélation immédiate et publique du sort de toutes les personnes disparues de force (enlevées ou disparues).
-
La libération inconditionnelle de tous les prisonniers et détenus (Kurdes et autres originaires notamment des quartiers kurdes d’Alep et d’autres zones).
-
La fin immédiate de la torture, des mauvais traitements et des violations des droits humains.
-
La création d’une commission d’enquête internationale indépendante pour investiguer les exécutions extrajudiciaires, documenter les crimes de guerre et traduire les responsables en justice.
-
L’ouverture de canaux de communication urgents (via le CICR) pour permettre aux familles d’obtenir des nouvelles et des visites.
-
Des garanties contre tout transfert ou déportation des détenus vers des entités qui mettraient leur vie en danger.
Contexte dénoncé
La campagne pointe une escalade militaire brutale menée par les forces de la « Sécurité générale » affiliées au gouvernement intérimaire syrien (post-Assad, Damas). Ces attaques, qualifiées de trahison systématique, ont violé les accords passés avec les Forces démocratiques syriennes (FDS/SDF). Elles ont touché les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh (Alep), ainsi que Deir Hafer, Tabqa et Raqqa.
Ces opérations ont entraîné :
-
Des crimes de guerre et des exécutions sommaires.
-
Des disparitions forcées massives (milliers de personnes dans les prisons de la Direction générale de la sûreté).
-
Un black-out total d’information, laissant les familles dans l’angoisse (mères manifestant quotidiennement sans réponses).
-
Les libérations effectuées jusqu’ici sont jugées dérisoires face à l’ampleur des disparitions et de la répression.
Actions concrètes de la campagne
-
Collecte de signatures : Jusqu’au 17 mars 2026 (via le formulaire en ligne ou par courrier électronique à envoyer à l’adresse : petition_kongra_star@disroot.org).
-
Soumission des signatures récoltées : Le 18 mars 2026, Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques.
-
Instances destinataires : Nations Unies, Conseil de sécurité, Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Human Rights Watch, Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
ALLEMAGNE. Une adolescente kurde sacrifiée sur l’autel du politiquement correct à Berlin-Neukölln
ALLEMAGNE – À Berlin-Neukölln, une jeune Kurde de 16 ans a subi des viols dans un club de jeunes (Jugendclub) de la rue Wutzkyallee. D’abord violée en novembre 2025, filmée et menacée, elle a de nouveau été agressée sexuellement en janvier 2026 par plusieurs garçons (connus des services pour des violences en groupe).
Le personnel du club, informé des faits, n’aurait pas porté plainte. L’office de la jeunesse du quartier (Jugendamt), géré par le parti de gauche Die Linke et alerté fin janvier, aurait attendu des semaines avant d’agir – et seulement après que la victime se soit confiée directement à une policière spécialisée. Résultat : cinq semaines de silence institutionnel, une interdiction d’accès tardive au centre pour le principal suspect, et une enquête qui n’aurait jamais commencé sans le courage de l’adolescente.
Ce scandale dépasse largement un simple « dysfonctionnement administratif » : il révèle comment les autorités locales privilégient les calculs politiques à la protection d’une mineure vulnérable. Issue d’une famille kurde (du Kurdistan de Turquie / Bakur), cette jeune fille porte déjà les stigmates d’une double marginalisation – en tant que Kurde et en tant que fille dans un quartier multiculturel sous tension. Face à des suspects connus des services pour des violences en groupe, les responsables auraient préféré se taire, craignant sans doute des accusations de « stigmatisation ».
Le quartier de Neukölln, bastion de la gauche berlinoise, semble avoir choisi de protéger son image « inclusive » plutôt que la sécurité des filles. La conseillère municipale chargée de la jeunesse, Sarah Nagel (Die Linke), admet aujourd’hui des « erreurs », mais trop tard : le mal est fait, et la victime a été doublement trahie – par ses agresseurs, puis par ceux censés la protéger.
De son côté, Jan Ilhan Kizilhan, expert reconnu en psychotraumatologie transculturelle, a exprimé son indignation face au scandale de Berlin-Neukölln, qualifiant l’inaction institutionnelle de défaillance majeure aux conséquences dramatiques. Il souligne l’insuffisance chronique de protection pour les femmes et les filles vulnérables, déplorant une prise en charge tardive et une dilution des responsabilités administratives. Appelant à une intervention immédiate dès le premier signalement, il insiste sur la nécessité de poursuivre fermement les auteurs et d’offrir aux victimes un soutien global adapté à leurs traumatismes. Son message se conclut par une exigence de justice et d’autonomisation, rappelant que la sécurité des plus faibles ne doit jamais être reléguée au second plan.
IRAN. 14 civils morts en 24 heures de frappes
L’agence Human Rights Activists News Agency (HRANA) rapporte que 14 civils, dont 5 enfants et 3 femmes, ont été tués lors des attaques conjointes américaines et israéliennes contre l’Iran et le Rojhilat (Kurdistan iranien) au cours des dernières 24 heures (jusqu’au 11 mars 17h ET).
Selon le bilan, au moins 208 frappes ont visé 22 provinces, principalement Téhéran (39 %), Sine (Sanandaj), Ispahan et Alborz. Cibles : bases IRGC/Pasdaran, centres Bassidj, puits de pétrole, bases aériennes, commissariats et sites nucléaires. Six civils supplémentaires ont été blessés ; 352 personnes font l’objet d’enquêtes pour confirmer décès ou blessures.
Ces pertes s’inscrivent dans le 12e jour du conflit déclenché le 28 février 2026 par des frappes massives visant le régime iranien, son programme nucléaire, balistique et ses forces de répression. HRANA, qui compile des données internes malgré la censure, appelle à une enquête indépendante sur les victimes civiles.
Que va-t-il arriver aux Kurdes d’Iran après le revirement du président Trump ?
Le président américain Donald Trump a opéré un revirement rapide sur le rôle des forces kurdes iraniennes dans le conflit en cours contre l’Iran. Après avoir déclaré le 5 mars à Reuters qu’une offensive transfrontalière des Kurdes iraniens basés en Irak serait « formidable » et qu’il y serait « tout à fait favorable », Trump a exclu samedi 7 mars toute implication kurde, affirmant : « Nous sommes très amicaux envers les Kurdes, mais nous ne voulons pas compliquer davantage ce conflit. »
Ce changement intervient alors que les États-Unis et Israël mènent des frappes aériennes intenses contre l’Iran depuis fin février 2026, visant à affaiblir le régime. Les Kurdes iraniens, regroupés depuis le 22 février dans la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien (incluant PDKI, PJAK, PAK, Komala et Khabat), espéraient exploiter cette faiblesse pour lancer une insurrection ou une offensive depuis le Kurdistan irakien.
Malgré les encouragements initiaux de Trump, les partis kurdes insistent sur leur prudence. Honia Azarbar (Komala) souligne qu’ils ne se lanceront pas « à l’abattoir » sans soutien américain clair. Mustafa Mawloudi (PDKI) affirme que leur lutte contre la République islamique perdurera indépendamment des États-Unis, sous toutes ses formes. Khalil Nadri (PAK) espère un changement de régime, estimant que les peshmergas kurdes seraient essentiels pour la stabilité post-conflit.
Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) irakien rejette fermement toute utilisation de son territoire pour des attaques transfrontalières, priorisant la paix avec ses voisins. Babasheikh Hosseini (Khabat) confirme que la Coalition se concentre exclusivement sur le Kurdistan iranien (Rojhelat), sans animosité envers la Turquie – possible source de pression sur Trump.
Les attaques iraniennes se poursuivent : drones et missiles ont visé des bases kurdes en Irak, tuant récemment un peshmerga de Komala et blessant d’autres. L’Iran voit ces groupes comme une menace intérieure majeure.
Analystes comme Farzan Sabet évoquent une possible influence turque sur le revirement américain, tandis que l’ex-général Ernie Audino voit toujours des intérêts communs : affaiblir le CGRI et galvaniser l’opposition. Halmat Palani estime que si le régime s’affaiblit, le Kurdistan iranien pourrait être le « premier domino » à tomber.
En attendant des conditions propices – soutien clair, no-fly zone ou effondrement accru du régime –, les Kurdes iraniens restent vigilants, prêts à agir pour leurs droits sans précipitation. L’avenir dépendra de l’évolution du conflit et des calculs stratégiques de Washington. (Via The Region)
Le CPJ exhorte la Syrie à faire la lumière sur le sort de deux journalistes disparus à Raqqa
ROJAVA. Les Kurdes de retour à Afrin : nos maisons, nos biens ont été pillés
Le 10 mars, le premier convoi de quelque 400 familles kurdes déplacées depuis 2018 est rentré à Afrin (nord-ouest de la Syrie) depuis la région de Jazira (Hasaka). Originaires surtout des districts de Shia, Janders et Mobata, ces rapatriés bénéficient d’un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien post-Assad, visant le retour sécurisé des déplacés.
Accueillis avec des drapeaux et des chants par les habitants locaux, les retours ont vite tourné à la consternation. De nombreux foyers ont été retrouvés pillés : portes, fenêtres, câblages électriques, canalisations d’eau, meubles et effets personnels ont disparu. Un habitant anonyme de Mobata, cité par l’agence Hawar (ANHA), a témoigné que sa maison était entièrement vidée et que plus de 80 oliviers avaient été abattus sur ses terres.
Ces destructions s’inscrivent dans une longue série de violations documentées depuis l’opération turque « Rameau d’olivier » en 2018 : pillages systématiques, coupes massives d’oliviers (symbole économique et culturel kurde) et changements démographiques forcés par les factions de l’Armée nationale syrienne (ANS/SNA, soutenue par Ankara). Des rapports d’organisations comme Syrians for Truth and Justice (STJ) confirment que ces pratiques ont perduré même après la chute du régime Assad fin 2024.
Malgré les promesses des autorités intérimaires – sécurité et aide aux rapatriés –, les incidents persistent, parfois attribués à des factions ou à des colons partis récemment. Des convois supplémentaires (dont un second prévu le 12 mars pour 200 familles) sont en cours, mais les défis restent immenses : insécurité, infrastructures ravagées et oliveraies abattues.
Ce retour symbolique marque un espoir de réconciliation après huit ans de conflit, mais rappelle cruellement les pertes accumulées et la nécessité d’une justice et d’une reconstruction durable pour les Kurdes d’Afrin.
PARIS. Les Kurdes célèbrent le Newroz sur la place de la République
Voici la légende kurde du forgeron Kawa (ou Kawayê Hesinkar / کاوهی ئاسنگەر), telle qu’elle est racontée dans la tradition populaire kurde et liée à la fête de Newroz (le Nouvel An kurde, célébré le 21 mars) :
Il y a très longtemps, en Mésopotamie, dans les terres entre le Tigre et l’Euphrate, régnait un tyran cruel nommé Dehak (ou Zuhak / Zahhak / دههاک). Ce roi maléfique avait deux serpents qui sortaient de ses épaules. Pour apaiser ces serpents et soulager sa douleur, il fallait chaque jour leur nourrir deux cerveaux humains (souvent ceux de deux jeunes gens). Les soldats de Dehak sillonnaient donc villes et villages pour enlever les jeunes et les sacrifier.
Le peuple vivait dans la peur, la misère et le désespoir. Le printemps lui-même semblait avoir disparu, les fleurs ne poussaient plus et la nature restait froide et sombre.
Dans un village au pied du palais vivait un forgeron nommé Kawa. C’était un homme fort, honnête et habile, qui fabriquait des outils, des fers à cheval et des armes. Mais même lui n’avait pas été épargné : Dehak avait déjà pris 16 de ses 17 enfants pour nourrir les serpents. Il ne restait plus que son dernier enfant (souvent une fille dans la version kurde, ou parfois un fils selon les variantes).
Un jour, les soldats arrivèrent chez Kawa pour emmener son dernier enfant. Cette fois, le forgeron refusa. La coupe était pleine. Au lieu de livrer son enfant, il décida de se révolter.
Kawa rassembla les habitants opprimés, les paysans, les bergers, les artisans. Il leur parla de liberté, de dignité, de la fin de la terreur. Dans sa forge, il fabriqua des armes : des épées, des lances, des haches. Il transforma son tablier de cuir en étendard, le fixa sur un bâton et en fit le premier drapeau de la révolte.
Le jour venu (veille du 21 mars), Kawa et son armée populaire marchèrent sur le palais. Ils prirent d’assaut la forteresse. Kawa, armé de son lourd marteau de forgeron, affronta Dehak en personne. D’un coup puissant, il tua le tyran et détruisit les serpents maudits.
La victoire fut totale. Pour annoncer la bonne nouvelle aux montagnes et aux vallées, Kawa alluma un grand feu sur la plus haute colline. Les gens des villages voisins virent la flamme et comprirent : la tyrannie était finie. Partout, d’autres feux furent allumés en réponse, de sommet en sommet, illuminant tout le pays.
Le lendemain matin, le 21 mars, le soleil se leva plus chaud, les arbres reverdirent, les fleurs sortirent : c’était le retour du printemps. Le peuple dansa autour des feux, chanta et célébra la liberté retrouvée.
Depuis ce jour, les Kurdes célèbrent Newroz chaque 21 mars. Allumer des feux sur les collines, sauter par-dessus les flammes, danser, chanter et porter du nouveau sont des façons de commémorer la victoire de Kawa, la fin de l’oppression et le renouveau de la vie.
Newroz est devenu le symbole de la résistance contre la tyrannie, de l’espoir et de la renaissance.