TURQUIE – Le prisonnier politique kurde Yaşar Kırmızı était âgé d’une vingtaine d’années lorsqu’il a été arrêté et condamné à la prison à vie par une cour de sûreté de l’État pour séparatisme. Il a été libéré aujourd’hui à l’âge de 56 ans.
Le prisonnier politique Yaşar Kırmızı a été libéré après plus de 31 ans passés dans les prisons turques. Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il a été arrêté en octobre 1992 dans la province d’Urfa et condamné à la prison à vie par une cour de sûreté de l’État (DGM) la même année pour « destruction de l’unité de l’État de Turquie ».
Après avoir passé du temps dans diverses prisons du pays, notamment à Amed (Diyarbakır), Antep et Bolu, Kırmızı a été détenu pour la dernière fois dans une prison de haute sécurité du district de Karakoçan, à Elazığ. Après sa libération, il a été reçu par ses proches, ses partisans et ses amis avec des applaudissements et des fleurs. Ils accompagneront Kırmızı dans son voyage vers sa ville natale du district de Ceylanpınar.
Parmi le groupe qui a accueilli Kırmızı aux portes de la prison se trouvait un autre ancien condamné à perpétuité, Musa Şanak, qui a été libéré en août de l’année dernière. Şanak et Kırmızı avaient purgé une peine dans la même cellule commune de la prison de Bolu.
TURQUIE – Hier, une femme kurde était restée bloquée à l’aéroport d’Istanbul pendant plus de deux heures en raison d’une barrière linguistique. Son fils, Memduh Çalışan, qui a dénoncé l’absence de service en kurde dans le plus grand aéroport de Turquie. Il a immédiatement été arrêté par la police turque. Les Kurdes sont victimes de double peine quand ils dénoncent les discriminations ou censures linguistiques, ethniques ou culturelles qu’ils subissent.
Dans uns vidéo partagée sur son compte X, Memduh Çalışan, le fils de la dame âgée bloquée à l’aéroport d’Istanbul, dénonçait la discrimination linguistique frappant les Kurdes de Turquie alors que les services publiques sont donnés dans de nombreuses langues, sauf en kurde, alors que les Kurdes représentent plus de 20% de la population en Turquie.
La vidéo avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux et le gouverneur d’Istanbul a fait une déclaration concernant les propos de l’employé de Memduh, et il a été déclaré que « la vidéo avait une intention malveillante et n’avait d’autre but que de faire de la propagande contre l’État ».#zimanêkurdî
TURQUIE / KURDISTAN – Plus de trente ans après que des soldats turcs aient brûlé vifs neuf membres d’une famille kurde dans la province de Mus, le verdict détaillé sur l’affaire du massacre de Vartinis fait valoir qu’il n’existait aucune preuve définitive que le massacre avait été commis avec une intention politique, raciale ou religieuse, et ne constitue donc pas un crime contre l’humanité.
Un tribunal turc a estimé dans un verdict détaillé rendu lundi qu’il n’existait aucune preuve définitive que l’incendie criminel de 1993 qui a tué neuf membres d’une famille kurde dans le hameau d’Altınova (Vartinis), dans la province orientale de Muş (Mûş), à l’est de la Turquie, avait été commis pour des raisons politiques, intention raciale ou religieuse, ne constituant donc pas un crime contre l’humanité.
Le 3 octobre 1993, neuf personnes d’une même famille, dont sept enfants, ont été tuées dans l’incendie de leur maison suite à des allégations selon lesquelles elles avaient « aidé et encouragé une organisation terroriste illégale ».Le seul membre survivant de la famille, Aysel Öğüt, a porté plainte à plusieurs reprises au fil des années, affirmant que la maison avait été incendiée par les soldats, plaintes qui ont finalement donné lieu à une enquête en 2006 qui a duré huit ans. Une plainte a finalement été déposée en 2013, vingt ans après l’incident, connu sous le nom de « massacre de Vartinis ».L’affaire a été classée sans suite pour cause de prescription en décembre 2023. La Cour a également levé la notice rouge et le mandat d’arrêt émis précédemment contre Bülent Karaoğlu, ancien capitaine de gendarmerie et seul accusé dans cette affaire, qui n’a pas assisté aux audiences.Selon le verdict détaillé, le tribunal a reconnu que l’incendie résultait des ordres de l’accusé. Cependant, en raison de l’absence de défense de la part de l’accusé suite à la décision d’annulation de la Cour suprême, le panel de juges n’a pas évalué le rôle et la responsabilité de l’accusé dans l’incident.En réponse aux demandes des victimes et de leurs avocats visant à ce que l’accusé soit jugé en vertu des dispositions sur le génocide et les crimes contre l’humanité du Code pénal turc numéroté 5237, en vigueur en 2005, le tribunal a soutenu que personne ne pouvait être puni pour un acte non considéré comme un crime par la loi en vigueur au moment de sa commission.Il a en outre déclaré qu’il n’existait aucune preuve définitive et hors de tout doute que le massacre avait été commis avec l’intention particulière requise par la loi, notamment pour des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux.Cette décision a fait l’objet d’un appel de la part des familles des victimes. Le recours devant la Cour suprême a souligné le refus des raisons juridiques et non juridiques d’un procès efficace sur cette affaire tragique et grave. Il a souligné que le meurtre de neuf personnes par incendie devrait être considéré comme un crime contre l’humanité au regard de la législation nationale ou internationale, arguant que de tels crimes ne devraient pas être soumis à prescription.
Retour sur le massacre de Vartinis
Le 2 octobre 1993, un officier turc a perdu la vie dans un affrontement qui a eu lieu dans la zone rurale de la ville de Vartinis (Altınova) dans le district de Têlî (Korkut) de Mûş. Après le conflit, les militaires venus récupérer le corps de l’officier ont ouvert tiré en l’air et déclaré aux villageois « Nous viendrons brûler votre village ce soir ». Le lendemain, c’est-à-dire le 3 octobre 1993, les militaires sont revenus dans le village et y ont mis le feu, prétendant que les villageois aidaient la guérilla kurde (PKK).
À la suite de l’incendie de leur maison, le couple Nasır et Eşref Öğüt ont perdu la vie avec leurs 7 enfants, dont l’aîné avait 12 ans et le plus jeune n’avait que 3 ans. Aysel Öğüt, la seule survivante du massacre, a ensuite déposé une plainte pénale concernant le massacre.
d
PARIS – Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, la Coordination nationale de solidarité avec le Kurdistan (CNSK) reproche à la France la criminalisation des Kurdes sur le sol français alors qu’ils sont par ailleurs salués comme des héros pour avoir vaincu DAECH en Syrie avec la colation internationale dont fait partie l’armée française…
Voici la lettre ouverte de la CNSK signée par ses co-coorditaeurs Annick Samouelian et Pascal Torre:
« Monsieur le Président,Depuis plusieurs mois, nous assistons à une intensification significative de la répression contre les Kurdes de France.Des personnalités de premier plan comme Monsieur Remzi Kartal, la plus haute personnalité kurde en Europe et co-président du Kongra-Gel, ont l’interdiction de séjourner sur notre territoire. Des procédures sans fondement contre des militants aboutissent à des condamnations de plus en plus lourdes tandis que la pratique opaque et arbitraire du gel des avoirs porte atteinte de manière grave aux droits de la personne. Le retrait du statut de réfugié tend à se généraliser pouvant aboutir à des arrestations et des expulsions vers la Turquie.Les faits qui leur sont reprochés ne sont en rien répréhensibles puisqu’il s’agit de participation à la vie d’une association kurde, à des rencontres avec des élus de la République, à des manifestations et prises de paroles publiques, ou à des collectes de fonds. Ces individus n’ont jamais été condamnés, leurs activités sont légales et pacifiques conformément aux lois françaises.La Cour de Justice de l’Union européenne, la Cour européenne des Droits de l’Homme et l’Union européenne elle-même se sont faites l’écho des atteintes aux libertés et des violations aux droits fondamentaux dont sont victimes les Kurdes et les forces démocratiques de ce pays. Près de 60 000 prisonniers politiques, torturés et subissant de mauvais traitements, sont qualifiés de « terroristes » par une justice aux ordres d’un pouvoir autocratique. Les arrestations quotidiennes, par centaines, sont désormais sans limites.En agissant ainsi, le gouvernement de la France se conforme et va au-devant des exigences croissantes du pouvoir turc, confortant la répression et le déni du peuple kurde. Les récentes obligations de quitter le territoire français pour des militants traqués par le gouvernement d’Ankara mettent en danger la vie d’individus qui partagent nos valeurs humanistes.Rien ne justifie un tel acharnement. Les Kurdes respectent les règles démocratiques de la France et n’ont jamais commis le moindre acte de violence sur notre territoire mais ont en revanche été les victimes d’attentats meurtriers sur notre sol. Nul ne peut demeurer indifférent à leur engagement indéfectible, dans la lutte contre Daesh, au prix d’incommensurables sacrifices pour nous protéger.Les autorités françaises ne peuvent prétendre d’un côté leur apporter un soutien diplomatique, recevoir une délégation de combattantes et combattants kurdes et de l’autre pérenniser une politique de stigmatisation et de coercition envers ces femmes et ces hommes venus trouver protection et refuge en France.Vous comprenez donc, Monsieur le Président de la République, que cette double posture n’est pas acceptable. Les Kurdes ne peuvent pas être tout à la fois des héros au Moyen-Orient et des « terroristes » ici. Il est regrettable que les organisations de défense des droits humains, mobilisées dans des conditions difficiles en faveur des droits des Kurdes en Turquie, en Iran, en Syrie ou en Irak, soient désormais contraintes de déployer leur énergie en faveur des Kurdes qui vivent dans notre pays.La lutte contre les organisations « terroristes » ne saurait s’effectuer sans le discernement nécessaire en particulier à l’égard des Kurdes. L’inscription du PKK sur la liste des organisations terroristes, à la demande exclusive de la Turquie, est infondée. Elle sert à criminaliser un mouvement qui lutte contre l’obscurantisme, qui défend la liberté, la paix et les droits humains avec lequel le gouvernement de la France entretient des relations. Les Kurdes ne peuvent servir de variables d’ajustements sur l’autel des relations politiques et économiques entre la France et la Turquie.Les organisations membres de la Coordination nationale Solidarité Kurdistan (CNSK) attendent des autorités de la France un changement salutaire d’orientation pour que cessent ces vagues répressives et pour qu’une protection soit accordée à cette communauté kurde de France menacée et déjà endeuillée. »Les organisations membres de la CNSK sont :
Amis du Peuple Kurde en Alsace – Amitiés Kurdes de Bretagne Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes Association Iséroise des Amis des KurdesAssociation France KurdistanConseil Démocratique Kurde en France (CDK-F)Ensemble Mouvement Jeunes Communistes de FranceMouvement de la PaixMouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F)Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples Nouveau Parti Anticapitaliste Parti Communiste FrançaisUnion Communiste LibertaireUnion Syndicale SolidairesSolidarité et Liberté Provence
TURQUIE – ISTANBUL – Une femme kurde est restée bloquée à l’aéroport d’Istanbul pendant plus de deux heures en raison d’une barrière linguistique.
Dans uns vidéo partagée sur son compte X, Memduh Çalışan, le fils de la dame âgée bloquée à l’aéroport d’Istanbul, a crié sa colère contre la discrimination linguistique frappant les Kurdes de Turquie alors que les services publiques sont donnés dans de nombreuses langues, sauf en kurde, alors que les Kurdes représentent plus de 20% de la population en Turquie.
PAYS BASQUE DU NORD – Le 17 février 2024, deux réfugiés kurdes ont accroché une banderole « LIBERTÉ POUR ÖCALAN » aux remparts du château de Mauléon-Licharre pour la liberté d’Abdullah Öcalan, chef historique de PKK tenu en isolement en Turquie depuis 25 ans.
château de la ville basque de Mauléon Licharre, Code postal 64130, France
Les deux Kurdes qui ont accroché la banderole au château de la ville de Mauléon Lichar ont publié un communiqué expliquant leur acte ainsi:
« Nous sommes une poignée de Kurdes dans cette région. Aujourd’hui, les Kurdes et leurs amis se réunissent à Cologne, au centre de l’Europe, à l’occasion du 25e anniversaire de la captivité d’Öcalan. Nous ne pouvions pas y aller parce que c’était trop loin de nous, alors nous voulions ajouter une voix à ces cris de liberté dans la ville où nous vivons. Nous voulions ajouter une voix à ces cris de liberté dans la ville où nous vivons. Les Kurdes mènent une lutte formidable pour la liberté dans un Moyen-Orient en spirale, et nous voulons donner force et voix pour cela partout où nous sommes. La liberté d’Öcalan, qui a été capturé par une conspiration internationale, donne l’espoir et la force pour la paix et la liberté, en particulier au Kurdistan, en Turquie et au Moyen-Orient. Faire partie de cela nous donne de la force. Une fois de plus, nous disons LIBERTÉ À ÖCALAN, STATUT AUX KURDES. »
IRAN / ROJHILAT – Les autorités iraniennes ont intensifié la répression dans les régions kurdes, arrêtant plusieurs militants avant les élections, notamment un adolescent qui aurait célébré la défaite de l’équipe nationale iranienne de football.
Les autorités iraniennes ont intensifié leur répression contre les militants kurdes, en particulier dans les régions occidentales, les organisations de défense des droits humains faisant état d’une vague d’arrestations.
Parmi les personnes arrêtées figure Mohammad Yousefi, un jeune de 17 ans originaire de Javanroud, arrêté le 7 février alors qu’il célébrait la défaite de l’équipe nationale iranienne de football. Neuf jours après son arrestation, son état et le lieu où il se trouve restent inconnus, ce qui suscite des inquiétudes quant au traitement réservé aux mineurs en détention. L’ONG Hengaw a rapporté que Yousefi était l’un des nombreux mineurs arrêtés lors des célébrations qui ont éclaté dans les villes kurdes après la défaite de l’Iran face au Qatar en demi-finale de la Coupe d’Asie des Nations.Ajoutant aux tensions, Safa Aely, l’oncle de Mahsa Amini, a été condamné à plus de cinq ans de prison pour « propagande contre l’establishment » et « collusion contre la sécurité nationale ». Aely a été arrêté le 5 septembre 2023 dans le cadre d’une répression plus large alors qu’il organisait des événements en mémoire de sa nièce, dont la mort en détention avait déclenché de nombreuses protestations.Les arrestations s’étendent au-delà de Javanroud et touchent des villes comme Muchesh, Sanandaj et Divandarreh, les services de renseignement et la justice iraniens ne fournissant aucune information sur les détenus. Cette répression intervient avant les élections parlementaires iraniennes du 1er mars, témoignant des efforts du régime pour réprimer la dissidence.Dans le même ordre d’idées, un groupe de 110 militants politiques et anciens politiciens réformateurs ont appelé à participer aux prochaines élections « non libres » en guise d’acte de protestation. Leur déclaration, « Initier le changement », souligne les défis liés à la réalisation d’élections libres dans le système théocratique iranien, mais préconise l’engagement comme forme de résistance.
IRAN – Khosrow Alikordi, un avocat kurde résidant à Mashhad, a été arrêté et emmené à la prison de Vakilabad pour commencer à purger sa peine d’un an de prison.
Selon un rapport obtenu par l’ONG Hengaw, Khosrow Alikordi, un avocat en exercice, a été arrêté et transféré à la prison de Vakilabad le samedi 17 février 2024, après avoir été convoqué par la branche d’exécution des verdicts du ministère révolutionnaire et public. Bureau du procureur de Mashhad.
Auparavant, Khosrow Alikordi avait été condamné à un an d’emprisonnement par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Mashhad, ainsi qu’à deux ans d’exil, une interdiction de voyager de deux ans, une interdiction de pratiquer le droit pendant deux ans et une interdiction de deux ans d’accéder au cyberespace.
En février, cet avocat a été convoqué à la section 901 du parquet révolutionnaire de Mashhad concernant des accusations portées dans une autre affaire.
Il est à noter que Khosrow Alikordi a été initialement arrêté et emmené à la prison de Vakilabad le 1er août 2023, à la suite d’une convocation à la branche 901 du parquet révolutionnaire de Mashhad. Par la suite, le 5 août 2023, il a obtenu une liberté provisoire sous caution en attendant la conclusion de la procédure judiciaire.
En outre, Khosrow Alikordi a déjà été condamné à une amende de 21 millions de tomans dans une partie de son dossier pour « publication de mensonges » par la 3e chambre du tribunal pénal de Mashhad.
Tout au long de sa carrière, cet avocat a représenté de nombreux prisonniers politiques et familles qui demandent justice pour leurs proches tués par la République islamique d’Iran.
IRAN / ROJHILAT – Iraj Mahmoudi, blessé lors de la récente explosion d’une mine dans la ville de Sumar, est décédé.
Selon un rapport reçu par l’ONG kurde Hengaw, le lundi 12 février 2024, après une semaine d’hospitalisation à Ilam, Iraj Mahmoudi, 39 ans, du district rural de Vizhenan, Gilan-e Gharb, dans la province de Kermanchah (en kurde Kirmaşan), a succombé à ses blessures subies lors de l’explosion d’une mine à la frontière de Sumar.
L’explosion, survenue le 6 février 2024, dans la région de Ban-Sarat à Sumar Qasr-e Shirin, a également coûté la vie à deux autres individus, dont l’un a été identifié comme étant Mohammad Mahmoudi (50 ans).
En 2023, selon les données du Centre de statistiques et de documents de Hengaw, au moins sept décès et 20 blessures ou mutilations ont été signalés en raison de l’explosion de mines ou d’engins non explosés, avec 26 incidents enregistrés le long des frontières d’Ilam et de Kermanshah, du Kurdistan et d’Ourmia (Azerbaïdjan occidental).
IRAN / ROJHILAT – Aujourd’hui, cela fait 455 jours depuis la disparition forcée d’Osman Mameh, un Kurde de Bukan kidnappé par les forces armées iraniennes pendant le mouvement « femme, vie, liberté » (Jin, Jiyan, Azadi). Sa femme s’est rendue à toutes les institutions judiciaires, sécuritaires et gouvernementales de la République islamique d’Iran, en vain. Ses enfants, aux prises avec l’absence du père de famille qui subvenait aux besoins financiers de la famille, vivent dans la misère et souffrent de problèmes émotionnels et de santé.
Selon un rapport reçu par l’ONG Hengaw, Osman Mameh, 56 ans, de Bukan, est porté disparu depuis un an et trois mois. Sa famille n’a reçu aucune information sur l’endroit où il se trouve, malgré ses efforts incessants pour obtenir des réponses.
Durant cette période, l’épouse d’Osman Mameh s’est rapprochée du gouverneur de Bukan, du service de renseignement local et même de l’institution extra-légale associée au leader de la République islamique d’Iran, connue sous le nom de Beite Rahbar, soit seule, soit avec ses enfants. Cependant, toutes ces institutions ont refusé de fournir la moindre information.
L’enquête menée par Hengaw a révélé que certains membres de la famille et proches parents d’Osman Mameh ont été menacés par les agences de sécurité pour qu’ils cessent de le chercher.
Le fardeau financier résultant de la disparition d’Osman Mame a causé d’importantes difficultés à sa famille, car il était le principal soutien de famille. De plus, l’épouse d’Osman Mameh souffre de migraines, l’aîné a des problèmes cardiaques et le plus jeune souffre d’une grave dépression.
À ce jour, Osman Mameh n’a eu aucun contact avec sa famille et aucun document n’a été fourni depuis son enlèvement.
Avant sa disparition forcée, Osman Mameh était employé dans une ferme avicole de la ville de Dukan, située dans la région du Kurdistan irakien.
Osman Mameh, un habitant de Bukan, a été victime d’une disparition forcée par les forces gouvernementales dans la soirée du vendredi 18 novembre 2022.
La disparition forcée, un crime contre l’humanité, implique l’arrestation et la dissimulation d’un individu par des entités gouvernementales ou politiques sans divulgation de son sort ou de son lieu de résidence à ses familles ou à la société. Cette tactique est fréquemment utilisée pour susciter la peur, la terreur ou comme moyen de faire taire et de pénaliser les adversaires politiques. La disparition forcée constitue une grave violation des droits de l’homme, infligeant de profondes souffrances et une incertitude aux familles et aux connaissances des victimes, les laissant dans un état de détresse et d’ambiguïté.
Se référant à l’article 2 de la Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, Hengaw tient le gouvernement iranien pour responsable de la disparition forcée d’Osman Mameh et exige des comptes de la République islamique, exigeant un accès immédiat aux services juridiques, aux avocats et aux communications avec sa famille et des soins de santé pour Osman Mameh.