IRAN. Le régime a exécuté un prisonnier kurde à Karaj
IRAN – Le prisonnier religieux kurde, Davud Abdullahi a été exécuté à la prison Ghezel Hesar de Karaj après 14 ans d’emprisonnement. Le mois dernier Qasim Abeste et d’Ayoub Karimi, deux coaccusés dans cette affaire, ont été exécutés tandis que les quatre autres accusés sont désormais confrontés à une menace imminente d’exécution.
Selon un rapport reçu par l’ONG de défense des droits humains Hengaw, à l’aube du mardi 2 janvier 2024, Davud Abdullahi, un prisonnier religieux kurde originaire de Mahabad, a été exécuté dans la prison Ghezel Hesar à Karaj. Suite à son transfert à l’isolement, il avait entamé une grève de la faim il y a six jours.
Il est à noter que la condamnation à mort d’Ayoub Karimi a été exécutée le mercredi 29 novembre 2023 et Qasim Abaste le dimanche 5 novembre 2023, toutes deux à la prison de Ghezel Hesar à Karaj.
Condamnant fermement l’exécution de Davud Abdullahi, Hengaw affirme que sa condamnation a été marquée par un manque de transparence, une injustice et une illégalité.
La 28e branche du tribunal révolutionnaire de Téhéran, sous la direction du juge Moqiseh, a prononcé des peines contre Davud Abdullahi, Ayoub Karimi, Qasim Abasteh (qui ont été exécutés) et quatre autres accusés : Farhad Salimi, Anwar Khezri, Khsraw Besharat et Kamaran. Chekha. Les charges retenues contre eux dans l’affaire du meurtre d’Abdul Rahim Tina comprenaient « action contre la sécurité nationale », « propagande contre le régime », « appartenance à des groupes salafistes » et « corruption sur terre ».
Davud Abdullahi, Farhad Salimi, Anwar Khezri, Qasim Abeste, Khsraw Besharat, Kamaran Shekha et Ayoub Karimi ont été appréhendés le 7 décembre 2009 par les forces de sécurité et ont ensuite été transférés au centre de détention des services de renseignement de la ville d’Urmia.
L’audience pour les accusations contre ces 7 prisonniers religieux kurdes a eu lieu en mars 2015, les condamnations mentionnées leur ayant été officiellement communiquées le 25 mai 2016.
Il convient de noter que le verdict a été annulé par la 41e branche de la Cour suprême iranienne, dirigée par le juge Razini, en 2017. Un appel a été interjeté auprès de la 15e branche du tribunal révolutionnaire islamique iranien à Téhéran, où, en juin 2017, Davud Abdullahi et six autres coaccusés ont de nouveau été condamnés à mort par le juge Abolqasem Salvati.
Ce verdict a été confirmé par la 41ème chambre de la Cour suprême iranienne sous la pression répétée du département de renseignement iranien à Ourmia. Le lundi 4 mars 2020, elle a été officiellement communiquée à Mahmoud Walizadeh Tabatabai, l’avocat représentant ces sept prisonniers religieux kurdes.
Ces sept individus ont été initialement incarcérés à la prison de Gohardasht puis transférés à la prison de Ghezel Hesar à Karaj le 1er août 2023, suite à l’évacuation de la prison de Gohardasht.
PARIS. Manifestation « Vérité et Justice pour Sakine, Fidan et Leyla »
PARIS – Ce samedi six janvier, la communauté kurde et ses soutiens défileront à Paris en commémoration des victimes des deux attentats anti-kurdes sur le sol français. Il y aura également un cortège féministe lors de la marche « Vérité et Justice pour Sakine, Fidan et Leyla ».
RDV le 6 janvier 2024 à 11h, à la Gare du Nord pour marcher jusqu’à la Place de la République où se tiendra un rassemblement.
Voici le communiqué du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F):
« Levez le secret défense, jugez les commanditaires!
Grande marche « Vérité et Justice pour Sakine, Fidan et Leyla »
Il y a bientôt 11 ans, Sakine, Fidan et Leyla étaient victimes d’un attentat terroriste perpétré par les services de renseignement turcs en plein cœur de Paris.
Depuis, la communauté kurde n’a cessé de réclamer justice, demandant sans relâche que toute la lumière soit faite sur ce triple féminicide.
Tout au long de ces 11 ans, l’instruction a été entravée par le secret défense, un obstacle majeur à la progression de l’enquête et au jugement des commanditaires, dont Recep Tayyip Erdogan et Hakan Fidan.
Pourquoi les autorités françaises n’ont-elles pas partagé les informations en leur possession pour permettre aux autorités judiciaires de mener à bien leur mission de vérité et de justice ? Qu’ont-elles à se reprocher dans ces assassinats ?
Pour exiger la levée du secret défense et réclamer que justice soit enfin rendue aux Kurdes et aux familles des victimes, nous appelons à une grande marche le 6 janvier 2024, 11h, au départ de la Gare du Nord.
Rejoignez-nous pour exiger Vérité et Justice pour Sakine, Fidan et Leyla! »
Conseil Démocratique Kurde en France
CPT: En 2023, la Turquie a tué 11 civils au Kurdistan du Sud
IRAK / KURDISTAN – L’ONG de défense des droits humains CPT a rapporté que 11 civils ont été assassinés lors des attaques turques ciblant la région autonome kurde d’Irak en 2023.
Dans son entretien avec Rojnews, un membre de l’ONG « Équipes communautaires d’artisans de la paix » (Community Peacemaker Teams – CPT), a déclaré que 11 civils ont été assassinés en 2023 lors des attaques menées par la Turquie dans la région du Kurdistan.
Kameran Osman a noté que 7 civils ont perdu la vie dans les attaques menées avec des drones turcs, 3 civils dans les attaques menées par des avions de guerre et un civil à la suite de l’explosion d’une mine.
Selon les données du CPT, 5 civils ont perdu la vie et 3 ont été blessés à Duhok lors des attaques menées en 2023. A Erbil (Hewlêr), 1 civil est mort et 8 civils ont été blessés. À Sulaymaniyah, 5 civils ont perdu la vie et 2 civils ont été blessés.
FÉMINICIDES. 320 femmes tuées en Turquie en 2023
TURQUIE / KURDISTAN – En 2023, au moins 320 femmes ont été assassinées par des hommes en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays.
L’agence féminine « JINNEWS » a publié des statistiques sur la pratique de la violence contre les femmes en Turquie et au Kurdistan du Nord et a confirmé qu’au cour de l’année 2023, 320 femmes ont été tuées par des hommes tandis que 189 autres sont mortes dans des circonstances mystérieuses.
Les statistiques indiquent que la plupart des femmes ont été tuées par leur mari ou par des proches.
36 femmes ont été tuées en novembre, 31 en janvier et 20 en décembre, selon « JINNEWS ».
IRAN. Au moins 823 prisonniers exécutés en 2023
IRAN – En 2023, le régime iranien a exécuté au moins 823 prisonniers, dont 179 Baloutches (21,5% des personnes exécutées) et 151 prisonniers kurdes (18,5% des personnes exécutées).
Le Centre de statistiques et de documentation de l’ONG de défense des droits humains, Hengaw rapporte qu’au moins 823 prisonniers ont été exécutés à travers l’Iran en 2023. L’identité de 667 personnes exécutées à été vérifiée par Hengaw.
Parmi les prisonniers exécutés, 31, dont 9 prisonniers kurdes, ont été condamnés à mort pour activités politiques et religieuses, participation à des manifestations et participation aux protestations « Jin, Jiyan, Azadi » (mouvement « Femme, vie, liberté » provoqués par le meurtre de Jina Mahsa Amini en septembre 2022) et aux manifestations de novembre 2019.
Les chiffres montrent que l’année dernière, 179 Baloutches, soit 21,5 % du total, et 151 prisonniers kurdes, soit 18,5 % des prisonniers exécutés, ont été exécutés par la peine capitale. Par ailleurs, 54 prisonniers turcs, 48 prisonniers lors et 28 prisonniers afghans ont connu le même sort.
Il est inquiétant de constater qu’au moins 22 femmes et 5 enfants âgés de moins de 18 ans au moment de commettre des crimes ont été exécutés dans les prisons de la République islamique d’Iran l’année dernière.
En 2023, un nombre important de prisonniers ont été exécutés, principalement pour des infractions liées à la drogue. Notamment, les condamnations à mort de 468 personnes, soit 57 % du total, ont été exécutées pour des accusations liées à la drogue. En outre, 284 prisonniers ont été exécutés pour meurtre.
L’Iran commence l’année 2024 avec cinq exécutions
IRAN – Les mollahs iraniens ont commencé l’année 2024 en exécutant cinq prisonniers accusés de « vol à main armée et banditisme ». Selon l’ONG de défense des droits humains Hengaw, en 2023, le régime iranien a exécuté au moins 823 personnes, dont de nombreux Baloutches et Kurdes.
Mizan Online, un site Internet affilié au pouvoir judiciaire, a annoncé que les autorités iraniennes ont exécuté lundi cinq personnes reconnues coupables de « vol à main armée et banditisme ».
Il a été affirmé que ces personnes avaient été reconnues coupables de 14 crimes, notamment de « propagation de la terreur parmi le public » et de « vol en bande organisée » ainsi que de « vol à main armée et banditisme ».
Sans préciser les dates des incidents, Mizan a affirmé que le groupe était spécialisé dans le vol d’animaux et de barres d’armature, notamment dans la province d’Alborz, à l’ouest de Téhéran.
« Les condamnations à mort prononcées contre cinq condamnés ont été exécutées ce matin », a déclaré Hussein Fazeli-Harikandi, président de la Cour suprême de la province d’Alborz.
Selon diverses ONG, dont Amnesty International, l’Iran est le pays où le plus grand nombre de condamnations à mort sont exécutées après la Chine.
Selon l’ONG kurde Hengaw, au moins 823 personnes ont été exécutées en Iran en 2023. Il s’agit du chiffre le plus élevé des huit dernières années.
KURDISTAN. Un drone turc bombarde la localité de Chamchamal
IRAK / KURDISTAN – Ce matin, un drone turc a frappé une voiture civile dans la province kurde de Suleimani. On ne connait pas encore les détails de l’attaque.
Ce matin, un drone turc a ciblé le village d’Axçeler, dans le district Chamchamal (Çemçemal) de la province de Suleymaniye. Un drone turc avait tué une femme et ses deux enfants dans la même zone le 27 décembre dernier et les médias pro-Turquie avaient prétendu qu’il s’agissait d’une attaque ciblant les combattants du PKK.
Ces dernières années, à cause des bases militaires turques installées au Kurdistan du Sud et des attaques turques ciblant les localités civiles, des centaines de villages de la région ont été évacués et 600 autres sont menacés du même sort, tandis que l’agriculture de la région est au point mort.
TURQUIE. Une prisonnière politique kurde privée de soins adéquats
TURQUIE / KURDISTAN – Sudan Güven, prisonnière politique kurde qui a purgé sa peine, est tenue en otage car elle n’a pas formulé de regrets pour ses activités politiques qualifiées de « terrorisme ». De plus, elle a commencé un traitement contre le cancer du sein. Sa mère Gulistan Guven demande aux autorités turques de libérer sa fille pour qu’elle reçoive des soins adéquats.
La libération de Sudan Güven détenue dans la prison d’Alanya a été reportée à trois reprises car elle ne présentait pas de « regrets ». Güven, dont la libération a été reportée au 4 mai, a déclaré lors de son appel téléphonique hebdomadaire avec sa famille le 19 décembre qu’elle avait commencé un traitement en raison d’une soupçon de cancer du sein.
L’avocate de Güven, Nesibe Bahadır, a déclaré qu’un cancer du sein était suspecté, mais qu’un diagnostic complet n’avait pas encore été posé.
La mère de Guven, Gulistan Guven (80 ans), dont la maladie progresse, vit dans un fauteuil roulant et a des difficultés à parler, a réagi à ce qui s’est passé. Güven, une mère qui vit avec son fils Metin, libéré après que sa libération ait été reportée à deux reprises, a déclaré : « Ma fille a fini sa peine, pourquoi ne la relâchez-vous pas ? » Signalant que sa fille n’avait aucun problème de santé avant son arrestation, la mère Güven a déclaré : « Cependant, elle est malade maintenant et son état n’est pas bon. Il n’y a pas assez de soins en prison. Laissez-moi soigner ma fille moi-même. Je veux la libération des prisonniers et la paix. Je ne peux pas aller [voir ma fille en prison] car que je suis vieille et dépendante d’un fauteuil roulant. Je n’ai pas pu voir ma fille depuis 9 ans ».
Qui est Sudan Guven?
Soudan Güven a été arrêtée dans le district de Bismil à Amed en 2012 et jugée pour ses activités au sein du Parti Paix et Démocratie (BDP). Elle a été condamnée à 15 ans et 3 mois de prison pour « appartenance à une organisation terroriste » et allégations similaires. Güven a achevée la période d’exécution de 11 ans, 5 mois et 23 jours le 4 mai. Cependant, la libération de Güven a été reportée 3 fois au total, depuis 9 mois, au motif qu’elle n’avait pas « une bonne conduite » par le Conseil d’administration et d’observation (GİK) de la prison de type L d’Alanya, où elle est détenue.
GİK a cité la grève de la faim qu’elle a entamée en raison de l’isolement du leader du PKK Abdullah Öcalan, les sanctions disciplinaires qu’elle avait déjà reçues, les actions auxquelles elle a participé en prison et « l’absence de regret » comme raisons du report de sa libération. Le 31 janvier prochain, le Conseil d’administration et d’observation réévaluera le Sudan qui est suspectée d’avoir un cancer du sein.
Plus d’un millier d’avocats écrivent à Amnesty International pour réclamer la liberté d’Öcalan
SYRIE / ROJAVA – 1 025 avocats du Rojava et d’autres régions de Syrie qui ont participé à la campagne « Liberté pour Abdullah Öcalan, solution à la question kurde » ont déposé une demande auprès d’Amnesty International.
Dans le cadre de la campagne « Liberté pour Abdullah Öcalan, solution à la question kurde », lancée le 10 octobre dans 74 villes différentes à travers le monde, 1 025 avocats du nord et de l’est de la Syrie et d’autres régions du pays ont adressé une demande à Amnesty International. Dans le cadre du travail mené par l’Initiative des avocats syriens pour défendre Abdullah Öcalan, chef historique du PKK détenu sur l’ile prison turc Imrali depuis février 1999, 1 025 avocats ont signé la pétition en novembre et décembre. Les signatures recueillies ont été envoyées à Amnesty International, accompagnées d’un message rédigé en anglais.
Le message disait : « Nous sommes un groupe d’avocats et de militants des droits de l’homme qui ont lancé une initiative dans le but d’obtenir la libération de M. Abdullah Öcalan, emprisonné depuis près de vingt-cinq ans.
M. Öcalan est un prisonnier politique qui s’est battu pour la liberté du peuple kurde dans le but de résoudre la question kurde en Turquie et dans la région en général. »
Les signatures ont également été envoyées au cabinet juridique Asrın Hukuk Bürosu, qui a assuré la défense juridique d’Abdullah Öcalan en Turquie.
ROJAVA. Les gangs de la Turquie kidnappent une famille kurde d’Afrin ce premier janvier
SYRIE / ROJAVA – Le premier jour de l’année 2024, les mercenaires de l’armée d’occupation turque ont kidnappé une famille entière (le mari Dalil Habash, la femme Farida Ibrahim et leurs enfants) à leur domicile dans la ville kurde d’Afrin.
Avec le kidnapping d’une famille kurde par les gangs jihadistes de la Turquie le premier jour de l’année 2024, la Turquie envoie un signe clair de la politique de changement démographique de la population indigène kurde chassée de ses terres dans le but de les remplacer par des familles gangs terroristes arabes etc.
Les sources n’ont pas pu connaître la raison de l’enlèvement ni la destination vers laquelle la famille a été emmenée, mais elles ont confirmé que les mercenaires ont enlevé la famille à leur domicile d’Afrin situé près du rond-point de Newroz, dont le nom a été changé en rond-point Salah al-Din al-Ayyubi.
Dalil Habash (32 ans), vient du Rajo occupé tandis que son épouse, Farida Ibrahim (27 ans), vient du village frontalier de Maidan Akbs, également occupé par l’armée d’occupation turque.
A noter que l’occupation turque a turquifié les noms de nombreux villages et places publiques kurdes du canton d’Afrin depuis l’occupation de la ville en mars 2018.
#HappyNewYear