TURQUIE. Torture et tentative de meurtre d’un étudiant car « Kurde et alévi »

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TURQUIE – Un étudiant d’un dortoir de l’université de Koç à Istanbul a été torturé par deux étudiants fascistes qui ont voulu le tuer au motif qu’il était Kurde et de confession alévie. Ils l’ont menacé en lui disant que « Vous [les Kurdes] vivrez les mêmes choses que les Juifs pendant le règne du Parti de la Victoire [Zafer Partisi]. » De son côté, l’Université de Koç est accusée d’aggravé la situation en éloignant la victime de l’université grâce aux déclarations mensongères de ses bourreaux qui l’accusaient de les avoir agressés sexuellement… Dans le dortoir de l’université de Koç, l’étudiant F. B a été menacé de mort et subi d’atroces tortures car pour ses bourreaux, il était kurde et alévi et « méritait la mort ou une soumission totale ». Ils l’ont menacé en lui disant que « Vous [les Kurdes] vivrez les mêmes choses que les Juifs pendant le règne du Parti de la Victoire [Zafer Partisi]. » Deux étudiants fascistes ont attaqué et blessé un étudiant kurde alévi qui était leur colocataire dans les dortoirs de l’université privée turque de Koç à Istanbul. Hasan Ege Karanfil, un des agresseurs de la victime a déclaré à F.B. : « Vous [les Kurdes et alévis] êtes une race inférieure. Vous devez être éliminés. Vous devez accepter que vous êtes un esclave. Vous devez obéir. Nous ne voulons pas de vous dans cette pièce. Si tu ne pars pas d’ici, nous te tuerons ». L’étudiant a déclaré qu’il avait été attaqué parce qu’il était kurde alévi, et son avocat a annoncé qu’il existait des enregistrements audio de l’attaque raciste qui avaient également été partagés avec les autorités. Alper Sarıca, l’avocat de l’étudiant agressé, a déclaré sur X (ancien Twitter) que le parquet n’avait même pas pris la déclaration de l’agresseur pendant plus d’un mois malgré les enregistrements audio et les blessures. Le parquet général d’Istanbul a ouvert une enquête sur l’attaque qui a eu lieu le 15 novembre, selon un reportage de HalkTv. Le dossier d’enquête du procureur comprenait les transcriptions de 5 enregistrements audio distincts. L’un des assaillants a dit à l’étudiant : « L’est de la Turquie [régions kurdes] (…) devrait être brûlées…Vous êtes une sous-race. Vous devriez être exterminés. Vous devez accepter que vous êtes des esclaves. Vous devez obéir. Nous ne voulons pas de toi dans cette pièce. Si tu ne parts pas, nous te tuerons. » L’étudiant, qui a dormi deux jours dans le laboratoire en raison du harcèlement raciste dans la chambre, a de nouveau été victime de violences physiques dans la nuit du 15 novembre alors qu’il se rendait dans sa chambre pour prendre un bain. Les assaillants ont frappé l’étudiant au visage avec une ceinture, ont tenté de lui appliquer un fer chaud sur le visage et l’ont blessé au visage et à l’abdomen avec un instrument tranchant. L’avocat de l’étudiant, Sarıca, a également déclaré que l’un des enregistrements de l’agresseur indiquait : « Vous (les Kurdes) vivrez les mêmes choses que les Juifs pendant le règne du Parti de la Victoire [Zafer Partisi]. » Le Parti de la Victoire est un parti nationaliste d’extrême droite qui diffuse une propagande raciste et xénophobe, notamment avant les élections de 2023. Plusieurs utilisateurs des réseaux sociaux ont rapporté que l’agresseur était un partisan du parti d’extrême droite et s’est autoproclamé « fasciste ». Les agresseurs ont affirmé avoir été victimes de « harcèlement sexuel » de la part de l’étudiant, mais l’avocat de l’étudiant a déclaré : « Il ressort clairement des enregistrements de la carte d’entrée de l’étudiant dans la chambre et des contradictions dans les déclarations de l’agresseur reflétées dans l’examen médico-légal et déclaration du commissariat de police selon laquelle aucune agression sexuelle n’a jamais eu lieu. » L’avocat Sarıca a déclaré qu’une ordonnance de contrôle judiciaire avait été émise contre l’étudiant victime de l’attaque raciste sur la base des allégations des agresseurs. L’Université de Koç a également interdit à l’étudiant torturé d’entrer sur le campus pendant un mois sur la base de ces allégations. L’avocat a déclaré : « Bien que je sois personnellement allé au bureau de conseil juridique de l’université et que j’ai présenté les preuves, il n’a même pas été autorisé à passer ses examens. Aucun examen de rattrapage n’a été proposé. Maintenant, ils lui disent de suspendre son inscription. » L’avocat a également déclaré que le conseil disciplinaire de la résidence universitaire avait décidé de ne pas sanctionner l’étudiant et que l’allégation d’agression sexuelle contre l’étudiant n’était pas fondée. Si l’un des agresseurs a également été suspendu de l’université, l’autre agresseur n’a fait l’objet d’aucune sanction. L’Université de Koç a fait une déclaration écrite après que l’attaque soit devenue un sujet tendance sur les réseaux sociaux et a déclaré qu’une enquête avait été ouverte à ce sujet. Plusieurs utilisateurs des réseaux sociaux ont critiqué la déclaration de l’université et ont critiqué son inaction pendant plus d’un mois jusqu’à ce que l’attaque soit portée à l’attention du public.

Les femmes défendent les infrastructures du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie continue de cibler les infrastructures critiques du nord et de l’est de la Syrie. Les civils, dont les femmes, sont mobilisés pour les protéger. Alors que la Turquie continue de cibler les infrastructures critiques du nord et de l’est de la Syrie, mettant ainsi en danger l’approvisionnement en eau, en électricité et en carburant de la société, les habitants de la région font preuve d’une volonté de résistance inébranlable. Avec leurs propres corps, ils protègent les infrastructures que la Turquie veut bombarder. La Commune Internationaliste du Rojava a publié quelques témoignages de femmes défendant les infrastructures. Rojin, une jeune femme kurde, a déclaré : « Nous sommes venues aujourd’hui comme boucliers humains pour remplacer notre infrastructure. Ces institutions n’ont pas été construites facilement. Elles ont été construites grâce aux efforts de milliers de martyrs. Nous sommes liés à nos martyrs jusqu’à la fin. Le peuple continuera à prendre position contre ces attaques. »

IRAN. Les forces iraniennes ont tué 40 kolbars kurdes en 2023

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IRAN / ROJHILAT – 40 kolbars kurdes ont été tués tandis que 292 autres ont blessés par les forces iraniennes en 2023. Selon les médias du Rojhilat (Kurdistan oriental), 40 kolbars (transporteurs de la marchandise de contrebande) ont été tués et 292 blessés lors des attaques menées par les forces du régime iranien en 2023 dans les régions frontalières de l’Iran et du Rojhilat. Les kolbars Kolber (ou kolbar) est dérivé des mots kurdes « kol » et « bar ». Kol (ou pişt) signifie « dos », bar signifie « charger ». Les Kolbars gagnent leur vie en transportant des marchandises sur leur dos à travers des frontières dangereuses. Les marchandises qu’ils transportent comprennent des cigarettes, des téléphones portables, des couvertures, des articles ménagers, du thé et, rarement, des boissons alcoolisées. Ils doivent emprunter des routes dangereuses entre le Kurdistan du Sud et le Kurdistan de l’Est. Les marchandises apportées sont vendues à des prix relativement élevés dans les centres commerciaux comme à Téhéran. Cependant, les kolbars qui effectuent le transport de marchandises au prix de leur vie ne reçoivent qu’un très petit salaire. Kasibkar fait référence à ces personnes qui reçoivent les marchandises que les kolbars transportent au Kurdistan du Sud et trouvent des acheteurs dans les villes.

Pascal Torre: 11 ans après, réclamons justice pour Sakine, Fidan et Leyla !

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PARIS – Il y a onze bientôt, trois femmes kurdes ont été assassinées par un agent turc au coeur de Paris. Depuis, l’assassin est mort mystérieusement en prison tandis que les commanditaires n’ont jamais été inquiétés car l’affaire est devenue un « secret défense » français. Mais les familles des trois femmes ne baissent pas les bras tandis que tous les ans, des manifestations de commémoration des trois victimes (Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez) ont lieu à Paris, exigeant vérité et justice pour elles. Ce samedi 6 janvier 2024, les Kurdes et leurs soutiens défileront de nouveau à Paris sous le slogan « Vérité et Justice pour Sakine, Fidan, Leyla ». Coprésident de France-Kurdistan et co-coordinateur du Collectif national Solidarité-Kurdistan, Pascal Torre revient sur ce triple assassinat politique commis sur le sol français et les raisons d’Etat qui empêche la justice de faire son travail. Il appelle également à manifester ce samedi 6 janvier à Paris. Voici l’appel de Pascal Torre:

Un triple féminicide à Paris en 2013

Dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, les corps sans vie de trois militantes kurdes sont retrouvés au 147 rue Lafayette à Paris, dans les bureaux du Centre d’Information du Kurdistan. Elles ont été froidement abattues de balles dans la tête. Les victimes ne sont pas des inconnues. Sakine Cansiz est l’une des fondatrices du PKK avec A. Ocalan. Torturée dans les prisons de Diyarbakir, elle apparaît comme une légende de la résistance et avait obtenu l’asile politique en France. A ses côtés se trouve Fidan Dogan (dit Rojbin) chargée de la communication du Centre d’information du Kurdistan. Cette jeune femme, par son dynamisme et sa force de conviction, avait su nouer des contacts avec la plupart des dirigeants politiques français. Enfin, Leyla Söylemez était une animatrice d’un mouvement de la jeunesse kurde. A la veille du onzième anniversaire de ce féminicide et de la grande manifestation du 6 janvier 2024, à 11h à Paris, l’exigence de vérité et de justice résonne plus que jamais.  

Un assassinat programmé par l’État turc

Ce triple meurtre fut un événement exceptionnel en raison de sa violence, de l’importance des victimes et de la personnalité du meurtrier. L’assassin, Ömer Güney, né en Anatolie, appartenait à la mouvance ultra-nationaliste turque des « Loups Gris » et fut missionné par les services secrets turcs (MIT) pour infiltrer la communauté kurde en région parisienne et procéder à ces exécutions. Il était parvenu à devenir le chauffeur de Sakine Cansiz et quelques jours avant son forfait, il s’était introduit dans les locaux de l’association kurde de Villiers-le-Bel dans lesquels il avait photographié toutes les fiches des membres pour les envoyer en Turquie. Ömer Güney a été désigné pour cette funeste besogne car il souffrait d’une tumeur au cerveau avancée, qui ne lui laissait que quelques semaines à vivre. Immédiatement, le Parquet antiterroriste fut saisi et la magistrate de ce pôle, Jacqueline Duyé, ouvrait une enquête pour « infraction terroriste ». Celle-ci se nourrit rapidement d’informations qui paraissent dans la presse turque alors largement dominée par les gülenistes en opposition croissante avec R.T. Erdogan. Elle publie des photographies d’Ömer Güney en Turquie en compagnie de membres du MIT puis un enregistrement audio fait surface dans lequel les liens entre le MIT et le tueur sont mis en évidence. Enfin, la presse allemande publiera un ordre de mission, signé par des membres du MIT, enjoignant à Ömer Güney de passer à l’action. L’un des commanditaires est un chargé d’affaires turc en Allemagne. Au terme de la procédure, un procès devait être organisé en janvier 2017 dans lequel la magistrate Jacqueline Duyé mettait en cause directement l’État turc par l’intermédiaire de ses services secrets. Il s’agit d’un élément décisif. Pour la première fois, dans une affaire de crime d’État commis sur notre territoire un État était désigné comme étant le commanditaire. Cependant, la mort d’Ömer Güney le 17 décembre 2016 amène Jacqueline Duyé à procéder à l’extinction de l’action. Il n’y aura jamais de procès.

La France et le Secret Défense

Le jour du crime, M. Valls, alors Premier ministre, déclarait devant les médias que toute la vérité devait être faite sur ce crime. Onze jours plus tard, M. Valls rencontrait en secret l’ambassadeur de Turquie et exprimait sa volonté « d’améliorer les relations avec la Turquie ». Ce scandale de crime politique sur le sol français n’aura pas pesé lourd face aux intérêts bien compris des deux pays. L’indignité atteindra son paroxysme avec le refus des plus hautes autorités de recevoir les familles. Depuis le dossier est relégué dans les oubliettes. Cependant, la magistrate Jacqueline Duyé n’avait pas prononcé de non-lieu pour les complices et les commanditaires. La communauté kurde de France et leurs avocats se sont battus, dans des conditions très difficiles, pour l’ouverture d’une seconde information judiciaire. Différents arguments et surtout toute une série d’événements vont convaincre les magistrats. Les polices allemandes et autrichiennes ont identifié des commandos turcs chargés d’abattre des opposants. Une députée verte de Vienne, d’origine kurde, était l’une des cibles. Dans le même temps, deux membres du MIT ont été arrêtés par le PKK en Irak. À la suite de leur interrogatoire, ils ont livré des éléments extrêmement précis sur la chaîne de décision ayant conduit à l’assassinat des trois militantes de Paris. Corrélativement, un autre escadron de la mort s’apprêtait à assassiner Remzi Kartal, co-président du Kongra Gelê (Congrès du Peuple du Kurdistan) à Bruxelles. Une demande d’enquête du juge belge et l’arrestation d’un membre des « Loups Gris » exhibant une carte de police turque ont alors précipité la décision. La procédure actuelle suit son cours sans avancée réelle et dans l’état actuel des choses, elle ne risque pas d’aboutir car elle achoppe sur le secret défense. Pour que l’enquête connaisse une avancée décisive, il faudrait que le juge d’instruction puisse accéder à des écoutes, réalisées par les services français, de diverses personnes impliquées de près ou de loin. Les services du ministère de l’Intérieur et ceux de la Défense s’y opposent. Jacqueline Duyé avait reçu des documents outrageusement censurés et donc inutilisables. Une nouvelle demande du juge Régis Pierre a subi un nouveau refus sous le prétexte qu’il n’y avait pas d’éléments nouveaux… en dépit du fait qu’une nouvelle procédure a vu le jour. Les services de l’État sont de toutes évidences plus sensibles aux relations avec les renseignements turcs que d’établir la vérité sur un crime d’État, même perpétré sur le territoire français. Cette posture pusillanime se retrouve dans l’attitude des autorités françaises à l’égard de l’ambassadeur turc en France, Ismaïl Hakki Musa. Celui-ci était le numéro 2 du MIT au moment des assassinats. Sous sa direction, l’ambassade de Paris a été l’épicentre des actions d’espionnage et de traque contre les opposants. De plus, il était ambassadeur en Belgique au moment de la tentative d’assassinat de Remzi Kartal. Alors que la magistrate Jacqueline Duyé s’apprêtait à l’auditionner, il a été opportunément rappelé à Ankara, emportant avec lui de sombres dossiers.

Quelles perspectives ?

Dans le contexte actuel, les perspectives d’aboutir sont plutôt sombres. Jamais la Turquie n’extradera les commanditaires, mais pouvoir les désigner nommément serait déjà un nouvel acquis. N’oublions jamais que dans les régimes autoritaires, les éléments décisifs viennent presque toujours de l’intérieur du système. Pour ces raisons, il faut maintenir la pression, interroger le gouvernement, exiger la levée du secret défense et se tenir prêts. À n’en pas douter, la mobilisation du 6 janvier contribuera à faire grandir la pression sur les autorités.   Pascal Torre

PARIS. Pervin Chakar chante pour Leyla Bedirxan

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PARIS – Le 17 mars prochain, la diva kurde, Pervin Chakar* montera sur la scène de la Salle Cortot pour interpréter des airs d’opéra et des chants populaires kurdes à la mémoire de Leyla Bedirxan** (1903-1986), danseuse de ballet et une princesse kurde. Sa tombe se trouve au cimetière de Saint-Cloud, en région parisienne. Accès à la salle se fera dès 18h30 pour le concert qui débutera à 19 heures. Lors de l’événement organisé par l’institut kurde de Paris, Pervin Chakar sera accompagnée au piano par le pianiste Genc Tukiçi. (Pas d’entracte) Adresse: Salle Cortot 78 Rue Cardinet 75017 PARIS Billets à acheter ici: Concert Pervin Chakar, Paris *Qui est Pervin Çakar ?
 
Pervin Çakar (ou Chakar), née à Mardin en 1981, a étudié le chant à l’université de Gazi et poursuivi ses études musicales en Italie. Aujourd’hui, Çakar vit en Allemagne et poursuit sa carrière sur la scène d’opéras. La musicienne kurde a participé à de plusieurs concours internationaux où elle a reçu de nombreux prix.
**Leyla BedirKhan, une icone kurde de la danse classique La date de naissance de Leyla Bedir Khan est contestée, mais c’était probablement le 31 juillet 1903 à Constantinople. Leyla elle-même a déclaré qu’elle était née en 1908, mais que son père était en prison en Libye entre 1906 et 1910. Elle est née dans une famille noble d’Abdürrezzak Bedir Khan, un descendant de Bedir Khan Beg et d’Henriette Ornik, une dentiste autrichienne d’origine juive. Ses premières années, elle a passé dans l’Empire ottoman, mais sa famille s’est rapidement installée en Égypte, où elle a grandi dans le cercle de la société diplomatique du Caire et d’Alexandrie. Après la mort de son père, elle et sa mère sont allées vivre à Vienne, où Leyla a pris ses premiers cours de danse. Pour terminer ses études secondaires, elle a fréquenté une école à Montreux, en Suisse.
Leyla Bedirkhan
Elle a commencé une carrière de danseuse par la suite et en 1924, elle a joué au Concert Hall de Vienne. Leyla est partie en France pour poursuivre sa carrière. Pendant son séjour à Paris, elle étudie pendant un an les danses des cultures indienne et perse ainsi que les rites zoroastriennes. Elle s’est produite dans des opéras en Europe et aux États-Unis. Elle a été la première danseuse de ballet kurde à apparaître à l’opéra avec La Scala à Milan en 1932 et s’est produite à l’Exposition universelle de New York en 1939. À propos de sa chorégraphie de ses danses orientales, il a été rapporté qu’elle a dit qu’elle n’avait pas vraiment appris les danses qu’elle exécutait, elle improvisait, tout en utilisant principalement ses bras et son corps et pas tellement ses jambes. Elle a pu inclure dans son répertoire des danses des différentes cultures qu’elle a traversées dans la vie, comme l’égyptienne et l’assyrienne. Au cours de sa carrière, elle a souvent été citée comme une princesse kurde ou une star kurde. Après la Seconde Guerre mondiale, elle décide de mettre fin à sa carrière de danseuse et ouvre une école de danse à Paris. Le peintre français Jean Target l’a représentée dans son tableau « une danse kurde » et la Compagnie de Danse de Mésopotamie a mis en scène la pièce Leyla en sa mémoire en 2015. Leïla Bederkhan et Henri Touache se sont mariés en 1930. Le couple est devenu parent d’une fille, nommée Nevin. Leyla est décédée à Paris en 1986. (Wikipedia) d

Que planifient le « Front turkmène irakien » et la Turquie?

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La Turquie et le Front turkmène irakien, qui agit selon les intérêts de l’État turc, coopèrent pour mettre en œuvre en Irak les plans colonialistes turcs, notamment dans la province kurde de Kirkouk, et au Moyen-Orient. Le chef du Front turkmène irakien (Iraqi Turkmen Front – ITF), Hasan Turan, a annoncé sur son compte Facebook avoir rencontré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan à Ankara. La Turquie et le Front turkmène irakien, qui agit selon les intérêts de l’État turc, coopèrent pour mettre en œuvre les plans de l’État turc en Irak et dans la région. On rapporte que les projets concernant les résultats des élections à Kirkouk ont ​​également été discutés lors de la réunion. Turan a déclaré qu’après la réunion d’Ankara, le Front turkmène devrait annoncer sa position pour le gouvernorat de Kirkouk (Kirkûk). En Irak, des votes spéciaux pour les élection des conseils provinciaux ont eu lieu le 18 décembre dernier. Selon les données officielles de la Commission électorale, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a remporté 5 sièges, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) 2 sièges, les alliances arabes 6 sièges et le Front turkmène 2 sièges à Kirkouk. De plus, un siège a été élu sur le quota chrétien.

TURQUIE. De nombreux militants menacés d’être livrés à l’Iran

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TURQUIE – De nombreux militants civils et politiques kurdes et iraniens, contraints d’échapper aux persécutions politiques en Iran, sont menacés d’expulsion de Turquie et d’une éventuelle extradition vers l’Iran. Les militants iraniens et kurdes risquant d’être livrés par la Turquie à l’Iran sont: Amir Kahrizi Ali Gholilou (Qoliloo) Zanyar Aziznejad Abdollah Sabz Nasser Kamangar Arezoo Molanaei Mahshid Nazemi Gholamreza Khajavi Shogar Mohammadi Hossein Menbari Sasan Rezaei « La communauté internationale doit agir pour mettre un terme aux expulsions » Des militants civils et politiques iraniens, contraints de fuir les persécutions politiques en République islamique, risquent d’être expulsés de leur refuge en Turquie et d’être extradés vers l’Iran. Compte tenu des graves inquiétudes quant à leur sort, le Centre pour les droits de l’homme en Iran (Center for Human Rights in Iran – CHRI) appelle à une aide internationale immédiate pour empêcher leur retour forcé dans un pays marqué par de graves violations des droits humains et un système judiciaire biaisé. « Ces militants risquent une détention arbitraire, d’éventuels actes de torture, de fausses condamnations pour des accusations liées à la sécurité nationale et des années de prison s’ils sont extradés vers l’Iran », a déclaré Hadi Ghaemi, directeur exécutif du CHRI. « Le gouvernement turc devrait immédiatement mettre un terme à ces expulsions et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui s’occupe de ces cas, devrait protéger ces réfugiés », a-t-il souligné. Les enquêtes du CHRI ont confirmé l’expulsion de l’un de ces militants, Shahriar Baratinia, désormais empêtré dans une procédure judiciaire opaque en Iran où les juges sont redevables à l’appareil de renseignement et de sécurité. Baratinia fait face à des accusations fabriquées de toutes pièces en matière de sécurité nationale, découlant de publications sur Instagram dans lesquelles il critiquait pacifiquement la politique de l’État. D’autres révélations du CHRI soulignent le danger auquel sont confrontés 11 autres militants iraniens qui risquent également d’être extradés vers l’Iran. Leurs noms sont indiqués ci-dessus.
  • CHRI appelle les autorités iraniennes à libérer immédiatement et sans condition Shahriar Baratinia.
  • CHRI appelle le gouvernement de la République de Turquie à mettre immédiatement fin à toutes les expulsions de citoyens iraniens vers la République islamique.
  • CHRI appelle également la communauté internationale – le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et les gouvernements du monde entier à appeler les autorités turques à mettre un terme à ces expulsions et à exhorter les autorités iraniennes. autorités à libérer Baratinia.

Demirtaş : « L’État dont nous sommes les citoyens a occupé notre patrie »

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TURQUIE – Le politicien kurde tenu en otage dans une prison turque depuis 2016, Selahattin Demirtaş a dédié sa défense dans le procès de Kobané à son défunt père, Tahir, et a souligné que l’État turc colonialiste a occupé de forces une grande partie du Kurdistan. Il a ajouté que les Kurdes continueront leur lutte légitime pour la dignité et leurs droits. L’audience du procès de Kobanê, impliquant 108 personnes dont 18 emprisonnées, s’est poursuivie mardi au Campus de la prison de Sincan à Ankara. L’audience, tenue par la 22e Cour pénale lourde d’Ankara, a vu la participation des députés du Parti pour l’égalité et la démocratie du peuple (DEM Parti), des avocats de la Commission juridique du parti DEM, de l’Association des avocats pour la liberté (Özgürlük için Hukukçular Derneği-ÖHD), du Co-président de la Confédération des syndicats des employés publics (KESK) Mehmet Bozgeyik, ainsi que des représentants de nombreux partis politiques et organisations non gouvernementales. Les politiciens kurdes emprisonnés Sebahat Tuncel, Aynur Aşan, Günay Kubilay, Bülent Parmaksız, Ali Ürküt et Nazmi Gür étaient présents dans la salle d’audience, tandis que d’autres politiciens détenus dans différentes prisons assistaient à l’audience via le système de vidéoconférence (SEGBİS). Selahattin Demirtaş a remercié tout le monde pour les messages de condoléances suite au décès de son père à Amed (Diyarbakır) dimanche dernier. « Je dédie ma défense à mon père qui a élevé 7 enfants à la sueur de son front sans savoir lire ni écrire, et à tous les mères et pères », a déclaré le politicien kurde qui a poursuivi en réfléchissant au sort plus large du peuple kurde : « Notre lutte a toujours été pour la dignité et l’identité du peuple kurde sur ses terres. Cette lutte a fait de nous des experts en démocratie ». Affirmant que l’influence de la politique dans le pays et dans le monde a diminué, Demirtaş a souligné que les politiciens kurdes tentent de mettre en lumière le pouvoir transformateur de la politique. Demirtaş s’est ensuite adressé directement au tribunal avec une critique plus pointue. « L’État auquel vous et moi appartenons a occupé notre patrie par la force. C’est l’État qui a rompu l’accord de décence », a-t-il déclaré, critiquant ouvertement le traitement réservé aux Kurdes par l’État turc. Il a en outre remis en question les actions de l’État et le contexte plus large de l’injustice mondiale, en demandant rhétoriquement : « Pourquoi y a-t-il tant de mal ? Pourquoi une telle méchanceté envers nous ? » Demirtaş a souligné la question de l’identité culturelle et politique. « Nous sommes devenus prisonniers d’identités que nous avons nous-mêmes inventées », a-t-il déploré, ajoutant : « Les gens ne font pas confiance à la politique parce que la politique ne peut pas donner aux gens ce qu’ils attendent. » Demirtaş a également répondu aux accusations portées contre lui et ses collègues avec une déclaration audacieuse : « Nous avons défendu la bonté et nous avons gagné. Avons-nous occupé Ankara ? » Le procès Kobani implique 108 personnes, dont d’anciens dirigeants et membres du comité exécutif central du Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde, prédécesseur du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (Parti DEM). « Les Kurdes ne se soumettront pas » Demirtaş a également fait référence aux relations historiques entre les peuples kurde et turc, soulignant que le coup d’état de 1980 n’est pas terminé mais se poursuit avec toutes ses institutions et mentalités. “Nous résistons ; nous résistons en prison, nous résistons au parlement. La résistance face à l’oppression est juste et légitime. Vous appelez à la résistance pour Gaza jour et nuit. Vous appelez à un califat. Pourquoi cela n’est-il pas un crime, et pourquoi est-ce un crime quand nous appelons à l’autonomie ? Il n’y a qu’une seule solution à la question kurde, la reconnaissance des Kurdes tels qu’ils sont. En tant que Kurdes, nous n’obéirons pas. Nous sommes prêts à vivre ensemble, mais nous résisterons à cette mentalité jusqu’au bout.” L’audience se poursuivra avec la défense de Demirtaş le 3 janvier à 10 heures.

Selahattin Demirtaş: « je dédie ma défense à mon père »

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TURQUIE – Aujourd’hui, l’homme politique kurde emprisonné Selahattin Demirtaş est de nouveau face aux juges dans le cadre du « procès Kobanê », deux jours après le décès de son père Tahir Demirtaş. « Je dédie ma défense à mon père [Tahir Demirtas], qui a élevé 7 enfants grâce à son travail acharné, sans savoir lire ni écrire », a déclaré Demirtas avant de commencer sa défense dans le hall du campus pénitentiaire de Sincan. En protestation à son emprisonnement illégale, Demirtas avait refusé d’assister aux obsèques de son père décédé le 31 décembre dernier. Dans le procès – connu sous le nom d’« affaire Kobané » – 108 membres du Parti démocratique des peuples (HDP) sont accuse pour un message Twitter d’octobre 2014 appelant à la solidarité avec les habitants de Kobanê contre les attaques de l’État islamique (DAECH / ISIS). Au total, plus de 37 personnes (essentiellement des Kurdes) ont été tuées lors des manifestations de 2014 pour Kobanê – la grande majorité par des tirs de la police turque. Les procureurs accusent le tweet d’avoir incité à la violence. La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme n’a trouvé aucune preuve pour soutenir cette accusation. En réexaminant l’affaire en décembre 2020, la CEDH a estimé que le Tweet « restait dans les limites du discours politique, dans la mesure où ils ne peuvent être interprétés comme un appel à la violence », et a demandé la libération immédiate du coprésident du HDP, Selahattin Demirtaş. Selahattin Demirtaş n’a pas assisté aux funérailles de son père. Son avocat, Mahsuni Karaman, a déclaré que Demirtaş n’avait pas demandé aux autorités l’autorisation de quitter la prison pour enterrer son père en signe de protestation contre sa détention prolongée, bien que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ait ordonné sa libération immédiate. Demirtaş a affirmé lors d’un récent procès que son emprisonnement était le résultat de son identité kurde et de ses convictions politiques, se définissant lui-même comme un « otage politique ». La CEDH avait confirmé que l’emprisonnement de Demirtaş était « politiquement motivé » et avait adressé plusieurs avertissements à la Turquie concernant l’incapacité du pays à mettre en œuvre les arrêts de la CEDH, mais Demirtaş est toujours derrière les barreaux depuis 2016. Tahir Demirtaş, qui était également l’ancien chef de la branche de Diyarbakır (Amed) de l’Association des droits de l’homme (İHD), avait subi une crise cardiaque l’année dernière et avait été hospitalisé à la veille des élections présidentielles cruciales de mai. Selahattin Demirtaş a ensuite obtenu l’autorisation du ministère de la Justice de se rendre à Diyarbakır pour une brève visite à son père, gravement malade, en soins intensifs. Les milieux politiques ont interprété l’autorisation accordée à Demirtaş comme faisant partie d’un éventuel changement tactique dans l’attitude du Parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir à l’égard du HDP, afin de gagner les voix des Kurdes. Cependant, dans un traditionnel discours de balcon après avoir obtenu un nouveau mandat, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a continué à qualifier Demirtaş de « terroriste ». La rhétorique de division utilisée par Erdoğan lors de son discours a trouvé un écho auprès de ses partisans qui ont scandé avec véhémence « Mort à Selo », soutenant apparemment extérieurement l’idée que l’ancien coprésident du HDP devrait être exécuté.  

IRAN. Un kolbar kurde grièvement blessé lors d’une chute à Hawraman

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IRAN / ROJHILAT – Un kolbar kurde a été grièvement blessé en tombant d’une hauteur dans la région de Hawraman. Behmen Duplûreyi, originiare de Meriwan, a été hospitalisé dans un état critique. En 2023, 27 kolbars ont été tués par des tirs directs des forces iraniennes. Chaque année, des centaines de kolbars kurdes sont tués ou blessés dans des accidents sur des sentiers des montagnes ou en étant abattus par les forces iraniennes ou turques à la frontière du Kurdistan irakien d’où ils apportent de la marchandise de contrebande.

Au moins 27 kolbars tués en 2023

En 2023, l’ONG de défense des droits humains, Hengaw a documenté une escalade notable du nombre de morts et de blessés parmi les Kolbars, dépassant les années précédentes en termes d’incidents, avec 41 Kolbars ayant perdu la vie et au moins 292 blessés au cours de l’année.

Sur l’ensemble des Kolbars touchés, 86,5 % (27 tués et 259 blessés) ont été victimes de tirs directs des forces armées de la République islamique d’Iran, tandis que les autres cas étaient dus à des explosions de mines et à des catastrophes naturelles telles que des avalanches et des engelures.

En outre, Kolbar, 16 ans, a été mortellement abattu par les forces armées de la République islamique d’Iran, et 25 autres enfants Kolbar ont été blessés l’année dernière.

Le bilan le plus élevé a été enregistré aux frontières de la province de Sanandaj (Sînê), où 178 Kolbars ont été tués ou blessés, suivi de la province de Kermanshah avec 138 victimes signalées.