IRAN. Un kolbar kurde abattu par les gardes-frontières iraniens

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IRAN / ROJHILAT – Le 26 février, des gardes-frontières iraniens ont tiré sur un groupe de kolbars dans les zones frontalières de Baneh, dans la province du Kurdistan, entraînant la mort de Jafar Faraji, un kolbar de 40 ans originaire de la ville de Saqqez. Le Réseau des droits humains du Kurdistan (KHRN) a appris que les gardes-frontières avaient ouvert le feu sur les kolbars sans sommation et à bout portant. Le corps de Faraji, 40 ans, père de deux enfants, a ensuite été transporté à l’hôpital Salahuddin Ayoubi de Baneh.

IRAN. Les pasdarans tuent un civil kurde à Sardasht

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IRAN / ROJHILAT – Kaveh Sarraf, un commerçant de Sardasht (province d’Ourmia) et père de trois enfants, a été tué par des tirs directs des pasdarans (CGRI). Selon les informations obtenues par l’ONG Hengaw, le mardi 27 février 2024, les forces iraniennes ont tué Kaveh Sarraf près du village de Savan dans le comté de Sardasht. Les forces du CGRI ont poursuivi la voiture de Sarraf et l’ont directement visé avec un fusil de combat (AK-47). Kaveh Sarraf habitait le village de Gora Shir, et père de trois enfants.

PARIS. L’association Rien K’elles mobilisée pour les étudiantes du Rojava

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PARIS. Le 8 mars 2024, à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, l’association de femmes franco-kurdes, Rien K’Elles organisent deux événements à Paris, en lien avec les femmes du Rojava. Tout d’abord, Rien K’Elles* rendra hommage à Hevrîn Xelef, une femme politique kurde assassinée par des mercenaires de la Turquie le 12 octobre 2019 au Rojava alors qu’elle travaillait pour une Syrie démocratique, féministe et pluraliste. Pour la commémoration d’Havrin Khalaf, elle donne RDV aux femmes à 14h, place Gambetta, PARIS XXe. Le soir du 8 mars, toujours dans le XXe arrondissement de Paris, RienK’Elles organise un événement caritatif en faveur des étudiantes de l’Université du Rojava. Cette soirée aura lieu à partir de 19h, au café Babel, av. Ménilmontant.  
Affiche des événements de la journée du 8 mars
*Rien K’Elles est une toute jeune association créée par des entrepreneuses franco-kurdes qui a pour objet principal la promotion et la défense des droits des femmes et l’aide à l’éducation et à la formation des jeunes filles, à l’insertion et au développement professionnel.

TURQUIE. Les Alevis sont victimes de politiques d’assimilation centenaires

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TURQUIE – Le Congrès démocratique des peuples (HDK), la Commission des peuples et des croyances du DEM Parti et les associations alévies ont organisé une conférence intitulée « Les Alévis au 100e anniversaire de la République ». Les co-présidents du HDK Esengül Demir et Cengiz Çiçek, la coprésidente du parti kurde DBP, Çiğdem Kılıçgün Uçar et la coprésidente du parti DEM Tülay Hatimoğulları ainsi que de nombreuses personnes ont assisté à la conférence tenue au Centre culturel Cemil Candaş à Istanbul / Şişli. S’exprimant lors de la conférence « Les Alevis au 100e anniversaire de la République » tenue à Istanbul, Tülay Hatimoğulları, co-présidente du parti DEM, a déclaré que « la fermeture de la parenthèse de la République » par le gouvernement islamiste d’Erdogan menace « le mode de vie laïc et différent groupes de croyances ». Les Alévis ont été confrontés à de nombreux massacres, assimilations et oppressions tout au long de l’histoire de la République, a déclaré Hatimoğlulları, s’exprimant lors de la conférence. Hatimoğulları a indiqué que les Alévis résistent à ces impositions depuis un siècle, déclarant : « Nous sommes, et vous aussi, des soldats dans la lutte contre les massacres et l’oppression qui nous sont imposés depuis 100 ans, contre l’entente raciste et suprémaciste en Turquie ». Soulignant les efforts continus du gouvernement actuel pour poursuivre les politiques d’assimilation contre les Alévis par différentes méthodes, Hatimoğulları a poursuivi : « Le gouvernement de l’AKP a récemment lié les Cemevi (lieux de culte alévis) au ministère de la Culture et du Tourisme par le biais d’un projet de loi omnibus. Il faut également mentionner ÇEDES, le « Protocole de collaboration pour le projet de sensibilisation à l’environnement et de protection de mes valeurs » mis en œuvre dans les écoles. une croyance. Les Cemevi ne sont pas des lieux liés au ministère de la Culture et du Tourisme. Ce sont les lieux de culte des Alevis. Outre les politiques génocidaires et assimilationnistes mises en œuvre jusqu’à présent contre les Alevis, ils essaient maintenant une autre méthode en donnant du ciment aux cemevi comme cadeaux, déposant de l’argent sur leurs comptes bancaires et attribuant des salaires aux dede (chefs spirituels alévis) comme les imams. Les alévis n’accepteront jamais à ces méthodes.  (…) Nous obtenons ce consentement de notre communauté de croyance. Nous ne recherchons pas ce consentement de l’idéologie officielle de l’État ou du ministère, ni d’aucune bureaucratie. Nous n’accepterons jamais la tentative du gouvernement de saper ce consentement. Nous devons reconnaître que nous sommes confrontés à un grand danger. Tout le monde dans cette salle connaît très bien le but du projet ÇEDES. Nous sommes bien conscients de la manière dont l’idéologie développée à travers la synthèse turco-islamique vieille de 100 ans se manifeste dans l’éducation ; nous en payons le prix. Nous ne devons jamais accepter que cette idéologie, à travers le projet ÇEDES, soumette nos enfants à une telle pression et à une telle assimilation dans l’éducation. Nous devons lutter vigoureusement contre cela. Alors que nous entrons dans le deuxième siècle de la République, la vie laïque et les groupes de croyance sont menacés en raison à la compréhension du gouvernement de « fermer la parenthèse de la République ». Nous devons déployer des efforts importants pour maintenir une laïcité libertaire qui nous permet de pratiquer librement nos croyances et de protéger la laïcité sur ces terres. Le Parti DEM et le HDK défendent une république démocratique. Nous sommes bien conscients que la République n’offre pas de libertés de croyance et de diversité. Nous savons tous que tout au long de l’histoire de la République, il n’y a pas eu de compréhension pluraliste et que les croyances n’ont pas pu coexister librement sur ces terres. Il est de notre devoir de renforcer à partir d’ici notre thèse de république démocratique et de garantir que tous les êtres puissent vivre. la base d’une citoyenneté égale. » Lors de la conférence, plusieurs panels ont été organisés sous les titres « Le système politique et les Alévis du début de la République à nos jours », « L’opposition et les Alévis dans le contexte de la dynamique du changement social », « Les quêtes de participation politique, en tant que sujet politique, la participation dans les gouvernements et la représentation locaux », et « Quel genre d’avenir veulent les Alévis et les enjeux actuels ».

TURQUIE. Arrestation de 3 journalistes kurdes à Van

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TURQUIE / KURDISTAN – Les journalistes Arif Aslan, Oktay Candemir et Lokman Gezgin ont été arrêtés lors de raids policier ce matin dans la ville de Van. Les trois journalistes ont été conduits au commissariat central de Van. Leurs avocats n’ont pas pu obtenir les raisons de ses arrestations. Les trois journalistes, comme tous les représentants de la presse indépendante en Turquie et notamment au Kurdistan du Nord, sont victimes de la répression judicaire qui veut les réduire au silence. Arif Aslan a été arrêté avec son collègue Selman Keleş à Van en 2017 alors qu’il exerçait son travail journalistique pour « appartenance présumée à une organisation terroriste » et a passé huit mois en détention. Il a été acquitté en mars 2021.   Lokman Gezgin travaille notamment pour l’agence de presse Serhat news. Oktay Candemir est également criminalisé depuis des décennies. Le journaliste a entre autres été arrêté en 2020 pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste ». Candemir travaille comme journaliste depuis vingt ans, notamment pour l’agence de presse kurde DIHA, interdite par décret d’urgence en 2016. Il a également travaillé pour l’ANF en tant que correspondant de Van pendant de nombreuses années. Il a été pris pour cible à plusieurs reprises par les autorités chargées de la sécurité. Il a déjà été convoqué à la police des dizaines de fois et de nombreuses enquêtes sont en cours à son encontre. Il a passé un an en détention dans diverses prisons.

IRAN. Zeinab Jalalian: condamnée à la perpétuité pour avoir défendu les droits des femmes

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IRAN / ROJHILAT – Cela fait plus de 16 ans que l’activiste kurde, Zeinab Jalalian est tenue en otage par le régime iranien dans des conditions inhumaines. Elle est la plus ancienne et la seule femme prisonnière politique condamnée à perpétuité en Iran. Son crime? Avoir défendu les droits des femmes et des filles kurdes. Elle avait initialement été condamnée à mort mais sa peine a été commuée en prison à vie. Demandons sa libération à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars. La seule femme en Iran à être condamnée à perpétuité   Zeynab Jalalian, née à Makû en 1982, a été arrêtée à Kirmaşan à l’été 2008 et condamnée à mort pour « inimitié contre Dieu » devant un tribunal révolutionnaire de cette ville en janvier 2009. La condamnation est liée à l’appartenance de Jalalian au « Parti pour une vie libre au Kurdistan » (Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê – PJAK). Elle avait déjà été détenue dans un établissement du ministère du Renseignement pendant huit mois. Elle n’a pas eu accès à un avocat pendant son procès, qui n’a duré que quelques minutes. La condamnation à mort de Zeynab Jalalian a été commuée en réclusion à perpétuité en novembre 2011. Elle est actuellement emprisonnée à Yazd, à environ 1 400 kilomètres du domicile familial, privée de ses droits fondamentaux, notamment des permissions de sortie et de rencontre physique avec sa famille. Ballotée de prison en prison, Zeynab Jalalian subit l’isolement carcéral et privation de soins et mauvais traitements dans la prison de Yazd où elle est détenue actuellement. Selon les avocats de Jalalian, en vertu de la nouvelle loi pénale islamique approuvée en 2013, son maintien en prison est contraire à la loi et elle aurait dû être libérée depuis.

Les dernières informations sur la situation de cette prisonnière politique de longue durée révèlent qu’au cours d’une période récente, elle a été soumise à des interrogatoires continus alors qu’elle était menottée et ligotée par plusieurs agents du département de renseignement à Yazd.

Lors des interrogatoires, Zainab Jalalian a été menacée pour « exprimer des remords » ; un refus entraînerait une privation perpétuelle des droits qu’elle n’a pas encore reçus.

Endurant des tourments à la fois mentaux et physiques, Zainab a été arbitrairement transférée illégalement entre diverses prisons, notamment Khoy, Evin, Kermanshah, Qarchak Varamin, Kerman et Yazd.

Elle a connu deux cas d’infection au COVID-19 pendant son emprisonnement, mais s’est vu refuser un congé de maladie et toute assistance médicale.

Au cours des 16 dernières années, la famille de Zainab Jalalian a été soumise à des pressions incessantes pour qu’elle garde le silence sur sa situation. Malgré cela, ils ont fermement rejeté les demandes d’entretien des institutions de sécurité contre les mouvements politiques du Kurdistan.

Au cours de l’hiver 2022, la famille de Zainab Jalalian, dont sa mère Guzel Hajizadeh et ses frères Pasha, Ebrahim et Yusuf Jalalian, ont été arrêtés après que sa mère a publié une vidéo demandant de l’aide pour la situation de Zainab. Après la diffusion de la vidéo, ils ont été détenus à Maku pendant 24 heures, avant d’être finalement relâchés lorsque Guzel Hajizadeh a perdu connaissance dans le centre de détention.

L’arrestation de Zainab Jalalian a eu lieu le 26 février 2008, sur la route reliant Kamyaran à Kermanshah. En décembre 2008, la première branche du tribunal révolutionnaire de Kermanshah, dirigée par le juge Moradi, l’a condamnée à un an d’emprisonnement pour départ illégal du pays et à la peine de mort pour « Muharebe », c’est-à-dire avoir mené une guerre contre Dieu à travers son affiliation présumée à la branche politique du Parti pour une vie libre au Kurdistan (Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê-PJAK).

La Cour suprême a approuvé la condamnation à mort de Zainab Jalalian en 2009, mais en novembre 2011, la peine a été commuée en réclusion à perpétuité.

Née en 1982 dans le village de Dim Qeshlaq-e Olya, dans la ville de Maku, Zainab Jalalian est emprisonnée depuis 2008.

GotûbêJin: Les femmes kurdes parlent de leur place au cinéma

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« Comment faire pour regarder des films kurdes et pour discuter du patriarcat avec des femmes kurdes ? Cette question ne cessait de tourner dans ma tête, alors nous organisions des ateliers de cinéma itinérant dans les provinces de Dersim, Amed et Van, en Turquie. Nous avons réalisé des projections tantôt sur le mur d’une maison dans un village, tantôt dans un lieu d’un centre-ville. Nous avons partagé les histoires de Basê, Berfê, Nîgar, Hêlûn, Eminê, Jiyan et de nombreux autres personnages féminins. Lors de ces projections qui n’étaient ouvertes qu’aux femmes, nous avons eu des discussions entre femmes, ainsi nous avons baptisé le documentaire GotûbêJin – jeu de mot entre les verbes « gotin/bêjin » (dire) et le mot « jin » (femme) que l’on peut traduire par « mots/paroles féminines ». Dans ce documentaire : des débats avec les spectatrices – dont la plupart n’avaient jamais vu de films kurdes auparavant – sur la représentation de femmes et d’hommes dans les films. Les échanges par les participantes à travers leurs propres histoires de vie ont permis d’aborder le problème de la masculinité, le patriarcat et sa critique ainsi que d’interroger les racines du problème dans notre quotidien. Nous avons envisagé des solutions. Ces échanges ont été accompagnés des chants (stran ou klam) de femmes chanteuses, conteuses (dengbêj) tirés de leurs propres expériences… »
Des femmes lors d’un atelier de projection/débat organisé par Hevi Nimet Gatar
C’est avec ces mots que Hevi Nimet Gatar a partagé la bande-annonce de son documentaire GotûbêJin ayant pour sujet la place des femmes kurdes dans le cinéma sur Youtube. Un site kurde a réalisé une interview avec Hêvî sur son projet de documentaire dans lequel les femmes kurdes critiquent la société patriarcale qui continue à les faire souffrir depuis si longtemps. On le partage avec vous.   Hevi Nimet Gatar, en parallèle à votre thèse « Représentations de la masculinité dans le cinéma Kurde », que vous rédigez actuellement sous la co-direction de Hamit Bozarslan et de Lucie Drechselová à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), vous venez de réaliser un projet de cinéma itinérant destiné aux femmes kurdes (sujet de notre discussion) dans des campagnes reculées de trois provinces kurdes : Dersim, Van et Diyarbakir (Amed). Vous êtes également diplômée du Département d’archéologie et vous avez travaillé comme archéologue dans la municipalité métropolitaine de Diyarbakır pour le « Musée des femmes de la Mésopotamie », en plus d’avoir travaillé au sein de l’atelier de Jineoloji à Amed. Avant de discuter de votre atelier de cinéma itinérant destiné aux femmes kurdes, pouvez-vous nous dire ce qui vous a amenée à travailler sur le cinéma kurde, et plus précisément la représentation du genre dans le cinéma kurde ? Hevi Nimet Gatar (Hevî): La langue kurde est soumise à des interdictions et à des restrictions à certaines périodes et généralement lors des processus électoraux, car le gouvernement [turc], qui veut affirmer son pouvoir sur une base nationaliste, tente constamment de transformer le processus électoral en un terrain de propagande. À titre de propagande, il augmente sa pression sur les Kurdes, arrête des militants et utilise la détention et la violence contre les LGBTQAI+ comme outil. Tout en essayant de réprimer les nationalistes avec l’interdiction-violence-détention imposée aux Kurdes ; Il expose également ses électeurs musulmans à l’interdiction-violence-détention des [personnes] LGBTQAI+. Parallèlement à mes études sur les femmes en tant que militante, j’ai également complété ma maîtrise en sociologie. Mes études sur les représentations féminines dans le cinéma kurde tout au long de mon mémoire de maîtrise était liée à ma propre identité militante et à la perspective que j’ai révélée en tant que femme kurde. Pendant la période où le processus de paix [pourparlers de paix entre le PKK et le gouvernement turc] en Turquie a été interrompu par l’AKP et où les massacres de Sur-Cizre-Nusaybin ont eu lieu [hiver 2025/16], certains films du cinéma kurde (tels que Bahoz, Hevî) ont été interdits. Alors que la criminalisation de la langue, du cinéma, de la politique et de la plupart des activités à caractère culturel comme activités interdites ou répréhensibles révèle la politique de l’État à l’égard des Kurdes ; En tant que femme féministe militante, j’ai essayé de dépasser cette zone interdite avec l’académie à travers des discussions sur le cinéma kurde. J’ai rencontré le cinéma kurde car les personnages Besê, Berfê, Nîgar, Helûn, Emîne, Jiyan du cinéma kurde ne sont pas seulement des représentations de femmes, mais aussi des représentations de sujets politiques, de mémoire collective et de sujets résistants à la société patriarcale. Ce travail documentaire que j’ai réalisé est né de toute cette accumulation et de notre recherche d’un espace pour en parler. Revenons à votre atelier « Dialogues cinématographiques itinérants: Images de femmes kurdes ». Pendant deux mois, vous êtes allée dans plusieurs régions reculées des provinces de Van, Amed, Dersim, montrer des films à des femmes qui n’avaient jamais mis le pied dans une salle de cinéma. Comment est né ce projet unique dans son genre ? Hevî: En travaillant sur les représentations de la masculinité dans le cadre du cinéma kurde, je me demandais ce que cela pouvait donner si les femmes vivant au Kurdistan regardaient les histoires de Besê, Berfê, Nîgar, Helûn et d’autres personnages féminins ? Comment les femmes du Kurdistan perçoivent-elles la question de la masculinité ? Quel genre de problème la masculinité représente-t-elle pour elles ? Quelle rencontre cela pourrait-il être pour elles de voir au cinéma ces femmes qui partagent des histoires similaires aux leurs ? Comment puis-je offrir des films aux femmes, véritables sujets du cinéma kurde, sans que je sois interdite ou restreinte ? Ces questions ont en fait posé les jalons de ce projet. Nous travaillons sur le cinéma, mais nous pouvons parfois négliger le contact sérieux que l’art établit avec le corps et les sujets. Nous avons également pu parler du massacre de Dersim lorsque nous avons diffusé le film Dengê Bave Min (La Voix de Mon Père) qui raconte le massacre de Maraş. Le fait que nous contredisions à travers le cinéma le récit officiel de l’État qui parle « des événements de Maraş » ou de « la question du Dersim », en le requalifiant de massacre à partir d’une mémoire antagoniste, reflète sans aucun doute la représentation de la mémoire collective persistante des événements du passé. En fait, nous avons essayé de construire tous nos discours et tous nos arguments à partir de ce champ opposé. Ce n’était pas seulement une position antinomique à l’histoire officielle, mais cela reflétait également notre position à l’égard du patriarcat. Parce que les femmes qui critiquent la masculinité et se demandent si cela constitue un problème, en se basant sur le lien entre leur propre vie et les films, est une situation qui nécessite une opposition. En ce sens, le documentaire GotûbêJin entend ouvrir le champ du discours opposé aux femmes kurdes à travers le cinéma. Nous avons dit GotûbêJin pour celles qui s’élèvent contre les sujets violents et les discours homophobes, kurdophobe, misogyne et bien d’autres violences patriarcales et nationalistes. Ces ateliers cinématographiques étaient filmés. C’est-à-dire que vous filmiez les femmes qui regardaient des films, dont elles étaient le sujet. Avez-vous projeté des films de fiction uniquement ou est-ce qu’il y avait aussi des documentaires ? Hevî: Le but de ce projet que j’ai organisé était de faire découvrir le cinéma kurde à des femmes qui n’avaient jamais pu aller au cinéma et de leur permettre d’analyser les représentations des hommes et des femmes à travers leurs propres dynamiques de vie et à travers le patriarcat. Nous voulions en fait utiliser la fonction miroir de la caméra. Le cinéma kurde est devenu pour moi un outil pour atteindre les spectatrices, et nous avons assisté à des débats entre femmes qui reflètent leur propre vie et la nôtre à travers le cinéma. Oui, d’une certaine manière, nous avons tourné un film dans un film.  Quels étaient les films et documentaires que vous avez projetés ?  Hevî: Nous avons projeté deux courts métrages, deux longs métrages et trois films documentaires dans le cadre du projet. Il s’agissait des documentaires « Kirasê Mirinê : Hewîtî » (La Robe de la mort: Polygamie) de Mizgin Müjde Arslan, « Heskîf » (Hasankeyf) d’Elif Yiğit, « Qiblenameya Dêya Min » (La Boussole de ma mère) de Hatice Kamer, le court métrage de Bülent Öztürk « Xaniyê Teqayê Bêcuk » (Les Maisons aux petites fenêtres), « Were Dengê Min » (Viens à ma voix) de Hüseyin Karabey, « Dengê Bavê Min » (La Voix de mon père) de Zeynel Doğan et Orhan Eskiköy et « Kurneqîz » (Pas un homme mais une femme) de Gökhan Yalçınkaya. Nous avons organisé 7 projections dans les provinces de Dersim, Amed et Van. Nous avons touché un large public de femmes, dont des étudiantes, des femmes au foyer, des travailleuses de terrain, des paysannes, des militantes, des architectes, des avocates et d’autres femmes issues de nombreux autres domaines. Pourquoi avez-vous voulu organiser ces ateliers? Hevî: Après avoir regardé un film au cinéma, le spectateur revient généralement à sa propre vie et il n’y a souvent pas de place pour discuter de la représentation homme-femme. Pour le cinéma kurde, cette opportunité est d’abord problématique : la plupart des projections sont interdites ! Par conséquent, lors de la création du projet, nous avons voulu ouvrir des espaces libres pour les femmes qui ont leur mot à dire, qui ont un problème et qui ont une solution au patriarcat. Les ateliers sont devenus un espace libre. Il n’y avait pas de responsable de l’atelier, j’étais là uniquement comme intermédiaire. Les discussions se déroulaient entre les femmes et les confrontations portaient souvent sur des décisions concernant leur propre vie. En effet, grâce à ces ateliers, les femmes ont pu se réunir là où elles vivent et parler pour la première fois de leurs propres problèmes par le biais du cinéma. Une autre question importante concerne la manière dont nous avons vu et regardé les films. La plupart du temps, nous positionnons le spectateur de manière passive, c’est-à-dire uniquement en tant que récepteur, et notre imagination est limitée quant à la puissance du point de vue du spectateur. Si ces ateliers ont libéré la parole de chaque participante des ateliers, il a également tenté d’ouvrir un espace d’analyse dans la parole de la spectatrice. Nous n’aurons peut-être pas la chance de pouvoir lire la plupart des analyses sur le cinéma qui paraissent dans la presse écrite ! Parce que dans ces analyses, il y a des imaginations profondes qui viennent de la vie et coïncident avec la réalité qui n’est pas en dehors du flux normal de la vie. Par exemple, dans l’un des films, le sujet féminin porte une robe noire. Les spectatrices ont déclaré que la femme portant une robe noire tout au long du film était en deuil et qu’il s’agissait d’un deuil éternel. L’expression « deuil éternel » a été utilisée ici pour décrire un deuil sans fin suite au massacre de Maraş. Par conséquent, écouter cette analyse dans un article de manière aussi naturelle et sans s’enliser dans les mots n’aurait pu être possible qu’avec ces ateliers. Quelles étaient les réactions des femmes quand elles voyaient à l’écran les histoires d’autres femmes qui ne devaient pas être si différentes des leurs (violences masculines, pauvreté féminine, polygamie, mariages forcés…) ? Hevî: En fait, je l’ai mentionné dans ma réponse précédente. Cependant, je voudrais donner un autre exemple. Après avoir visionné les films, nous avons organisé des projections et des interviews. Lors des interviews, les femmes ont fait des analyses très sérieuses sur la masculinité. Par exemple, dans l’un des films, elles ont assisté au mariage d’une fille mineure. Lors de cette scène, certaines spectatrices ont quitté la salle car leurs mères avaient également été mariées trop jeunes. Elles ont déclaré qu’elles avaient vu le film de leurs mères et qu’il leur était difficile de revoir cette vie [même si elle était fictive dans ce film]. Il ne fait aucun doute que la masculinité et le patriarcat constituent un problème universel. Ceci n’est pas valable uniquement pour le Kurdistan ! Par exemple, je vis actuellement à Paris, mais en tant que femme, je ne me sens pas en sécurité en marchant dans la rue. Je suis en Europe et cela ne veut pas dire que nous ne voyons pas partout la violence du patriarcat dans l’espace public ! De [Jina] Mahsa Amini aux femmes kurdes assassinées à Paris, cette violence est malheureusement partout !  
L’affiche de l’atelier de projection / débat à Silvan, dans la province de Diyarbakir (Amed)
Est-ce que vous pouvez affirmer que ces ateliers ont créé un déclic chez ces femmes pour changer leurs conditions ? Que proposent-elles pour y parvenir? Hevî: Cette partie est celle que nous avons le plus appréciée pendant les ateliers. Des problèmes, des problèmes, toujours des problèmes sans fin… En fait, il est très facile de pointer les problèmes ou de les critiquer. Cependant, présenter une solution aux problèmes est à la fois difficile et nécessite une analyse approfondie du ou des problèmes. Ici, les femmes ont établi un lien avec les films et ont exprimé très clairement la solution tant dans les ateliers que dans les entretiens qu’elles ont donnés : la lutte féministe organisée ! Je voudrais citer un commentaire fait lors d’un des ateliers : « On ne peut rien faire seule, l’organisation est très importante ! » Ce commentaire a également montré la force de dire « Jin, jiyan, azadi [Femme, vie, liberté] », qui est devenu un slogan dans les marches féministes en Turquie. Sans aucun doute, nous sommes fortes ensemble et les femmes ont essayé de montrer la force d’être ensemble. Actuellement, vous travaillez pour le montage des séquences tournées pendant les ateliers cinématographiques destinés aux femmes. Quand est-ce que vous pensez finaliser le documentaire ? Hevî: Nous montons le documentaire avec nos propres moyens. En fait, nous avons vraiment besoin d’un soutien financier. GotûbêJin était le fruit d’un effort conjoint de solidarité et des personnes qui croyaient à la nécessité de produire des films ensemble. Nous travaillons actuellement sur la traduction de nos sous-titres. Nous effectuons notre dernier travail avec toute mon équipe pour sa sortie prévue en avril. Lorsque GotûbêJin atteindra son public, il sera porteur d’espoir ainsi que de notre enthousiasme. Aujourd’hui, « Jin, Jiyan, Azadi » n’est pas seulement le slogan des femmes kurdes, mais est devenu le slogan de toutes les femmes au sens universel. Nous espérons que le documentaire GotûbêJin également touchera toutes les femmes et faire appel à l’universel avec sa portée féministe. En attendant la sortie du documentaire, on peut voir le teaser du documentaire sur Youtube: GotûbêJin (Teaser) Directed By Nimet Gatar    

TURQUIE. Perturbation des commémorations des Kurdes massacrés dans des sous-sols de Cizre

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TURQUIE / KURDISTAN – Au moins 288 personnes ont perdu la vie pendant le siège de la ville kurde de Cizre par l’armée turque en 2015-2016. Le point culminant de ce crime de masse fut le massacre de 80 civils brûlés vifs par l’armée turque les 7 et 10 février dans les sous-sols de deux immeubles de Cizre où ils s’étaient réfugiés dans l’attente des secours. Les corps d’au moins 14 autres civils de Cizre tués lors de ces massacres n’ont toujours pas été retrouvés huit ans après ces crimes de guerre restés impunis. Aujourd’hui, la police turque a empêché les commémorations organisées pour Rohat Aktaş, rédacteur en chef du journal Azadiya Welat, Mehmet Yavuzel du parti politique DBP et Mazlum Yeşil, assassinés dans un sous-sol à Cizre. Le chef de la police a admis qu’il n’y avait aucun document ni justification pour la tentative d’interdiction et a déclaré qu’ils avaient agi sur instructions. Malgré les tentatives de la police d’empêcher la commémoration, la foule n’a pas quitté le cimetière et attendu silencieusement pendant deux heures. Les familles sont entrées dans le cimetière malgré les tentatives de la police de les en empêcher. Elles ont laissé des œillets et prié sur les tombes. La commémoration s’est déroulée devant le cimetière avec la participation des familles. S’exprimant lors de la commémoration, Halil Yavuzel, le frère de Mehmet Yavuzel, a réagi contre la tentative d’empêcher la commémoration et a déclaré : « Mon frère est allé à Cizre pour se tenir aux côtés des opprimés et a été assassiné ». Serdar Altan, coprésident de l’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG), a condamné l’action de la police et a déclaré : « Notre ami Rohat était journaliste et voulait raconter les atrocités commises à Cizre au monde entier. Il a donné sa vie pour apporter la vérité au peuple. Nous condamnons les tentatives le blocage ». Le député du parti DEM Urfa, Ömer Öcalan, a déclaré qu’il poursuivait une politique de solution contre la politique de guerre et a déclaré : « C’est une grande honte que la commémoration ne soit pas autorisée. La presse libre transmet tous les massacres au monde. Nous commémorons tous les massacres libres. » La commémoration s’est terminée par le slogan « Şehîd namirin » (Les martyrs sont immortels). Après la commémoration, les gens se sont rendus au centre de Cizrê et ont fait une déclaration à la presse sur la place Pirsûs. Le député du parti DEM, Ömer Öcalan, a réagi contre le blocage de la commémoration en déclarant : « Ces gens ne se sont jamais inclinés et ne le feront jamais. Nous n’acceptons pas cette insulte. Ceux qui ont été assassinés sont nos enfants. Faites savoir à nos amis et à nos ennemis que nous [les commémorerons] toujours ». Massacres de Cizre
Au moins 288 personnes ont perdu la vie pendant le siège de la ville kurde de Cizre par l’armée turque en 2015-2016. Le point culminant de ce crime de masse fut le massacre de 80 civils brûlés vifs par l’armée turque dans les sous-sols de deux immeubles de Cizre où ils s’étaient réfugiés dans l’attente des secours, les 7 et 10 février. Les corps d’au moins 14 autres civils de Cizre tués lors de ces massacres n’ont toujours pas été retrouvés.
 
Au moins 288 personnes ont perdu la vie pendant le couvre-feu de 79 jours imposé par le gouvernement turc sur la ville kurde de Cizre, du 14 décembre 2015 au 2 mars 2016. Beaucoup ont été tuées par les forces de sécurité, tandis que d’autres, blessées ou malades, ont perdu la vie car l’armée turque a empêché l’arrivée des secours, condamnant à la mort tous les civils restés à Cizre pour leur faire payer leur refus de quitter la ville.
 
La ville de Cizre, dans la province de Sirnak, est l’un des 49 districts du Nord-Kurdistan assiégés par l’armée turque à cette époque. Ses 131 000 habitants ont été encerclés, électricité, internet et téléphone ont été coupés. Les enseignants et les fonctionnaires ont été mis en congé pour une durée indéterminée avant le début du couvre-feu. Des chars et des obusiers ont été déployés sur les hauteurs de la ville, d’où des tirs étaient effectués sur les quartiers de Cudi, Nur, Sur et Yafes. Les habitants de la ville n’étaient plus autorisés à subvenir à leurs besoins quotidiens. Les gens qui sortaient de chez eux pour aller chercher de l’eau étaient ciblés et abattus par les snipers du régime. Au 20e jour du siège, il y avait environ 120 000 personnes dans la ville. Dans les jours qui ont suivi, les habitants ont été chassés de chez eux et les maisons sont devenues un champ de bataille pour les militaires.
Les sous-sols de la mort
Selon les rapports des organisations des droits humains, au moins 177 personnes ont été brûlées ou abattues par les forces de sécurité dans les « sous-sols de la mort de Cizre ». Au total, au moins 288 personnes sont mortes. Celles et ceux qui s’étaient réfugiés dans les sous-sol ont été brûlés vifs par les militaires ou abattus avant d’être brûlés avec de l’essence. Les corps de 14 personnes tuées dans les caves de la mort de Cizre n’ont toujours pas été retrouvés. Sept d’entre eux auraient été enterrés dans des fosses communes en dehors de Cizre.
Plus de 110 000 civils ont été chassés de leurs foyers 
Les dégâts les plus importants ont eu lieu dans les quartiers de Cudi, Yafes, Sur et Nur. 80 % de ces zones ont été rasées. 500 bâtiments ont été complètement détruits et 2 000 maisons ont été gravement endommagées. Au bout de 20 jours, 110 000 personnes ont été expulsées de force de la ville. Après le couvre-feu, 500 autres maisons ont été démolies par l’agence nationale de construction TOKI. Les anciens bâtiments ont été détruits et 6 500 appartements ont été construits dans des bâtiments préfabriqués contrôlés par les militaires.

IRAN. Mort suspecte d’un prisonnier politique kurde à Ourmia

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IRAN / ROJHILAT – Shahin Galadari, un prisonnier politique kurde de 50 ans, est mort de manière suspecte dans la prison centrale d’Ourmia. Les autorités pénitentiaires ont prétendu qu’il s’agissait d’un suicide. En 2023, au moins 35 prisonniers sont morts dans les prisons iraniennes, dont environ 60 % étaient des Kurdes. Parmi ces prisonniers kurdes, au moins 12 sont morts dans les prisons de la province d’Ourmia (Azerbaïdjan occidental).

Shahin Galadari, un habitant du village de Haki dans la région de Targavar à Ourmia purgeant une peine de deux ans à la prison centrale d’Ourmia, est décédé de façon suspecte dans la soirée du 25 février 2024.

Une source fiable indique que les autorités pénitentiaires d’Ourmia ont dit aux détenus et à la famille de la victime qu’il s’agissait d’un suicide. Le corps de Galadari a été transféré au service médico-légal d’Ourmia pour examen.

L’ONG de défense des droits humains, Hengaw a été informée que Shahin Galadari (en persan شاهین گله‌دار) a été récemment transféré au bureau spécial du département des renseignements situé dans la prison d’Urmia, ainsi qu’au centre de détention du département des renseignements, où il a été soumis à des tortures physiques et mentales. Ses bourreaux lui ont également rasé la moustache de force.

L’ONG Kurdistan Human Rights Network (KHRN) affirme que Galadari s’est suicidé en signe de protestation contre les pressions et les tortures exercées dans le quartier des prisonniers politiques et idéologiques de la prison centrale d’Urmia.

Shahin Galadari a été arrêté le 28 février 2019 sans mandat judiciaire lors d’un raid des forces de renseignement d’Urmia. Il a été temporairement libéré sous caution en attendant son procès. Plus tard, il a été condamné à deux ans d’emprisonnement par le tribunal révolutionnaire d’Ourmia en février 2021 pour « actes contre la sécurité nationale ».

Shahin Galadari avait été arrêté en février 2021 pour purger sa peine de deux ans et transféré à la prison centrale d’Urmia.

Selon les données du Centre de statistiques et de documents de Hengaw, en 2023, au moins 35 prisonniers sont morts dans les prisons iraniennes, dont environ 60 % étaient des détenus kurdes. Parmi ces prisonniers kurdes, au moins 12 sont morts dans les prisons de la province d’Ourmia (Azerbaïdjan occidental).

TURQUIE. Les femmes kurdes se préparent pour le 8 mars

TURQUIE / KURDISTAN – Le Mouvement des Femmes Libres (Tevgera Jinên Azad-TJA) a donné le coup d’envoi des célébrations du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. TJA a donné le coup d’envoi de ses actions dans le cadre du 8 mars par un communiqué lu à Van (Wan) en présences des candidates du parti DEM pour les élections municipales du 31 mars et de nombreuses activistes femmes. Les femmes ont déclaré qu’elles construiront une politique démocratique et une vie égalitaire au niveau local grâce au pouvoir transformateur des femmes, en faisant référence aux élections du 31 mars.
Communiqué du TJA à Wan
Le TJA a commencé ses actions et événements à Wan dans le cadre du 8 mars par une déclaration. Dans la déclaration faite devant le bâtiment de l’organisation provinciale du Parti DEM, les membres du Conseil des femmes de Wan du Parti des régions démocratiques (DBP) et du Parti DEM, les dirigeantes et membres de la Plateforme des femmes de Wan et de l’Association des femmes Star (Star-Der) étaient présentes.
Neslihan Şedal, candidate à la municipalité métropolitaine de Wan du parti DEM, et les candidates de la municipalité des districts de Van ont également pris part à la déclaration. Les femmes ont ouvert une banderole en kurde sur laquelle était écrit « Em jin bi hevra li dijî tecrîdê azadiyê, li dijî şer aşitî diparêzin » (Nous, les femmes, défendons la liberté contre l’isolement, la paix contre la guerre) et ont tenu dans leurs mains des photos de femmes kurdes assassinées et disparues, en disant « Jin, jiyan, azadî », « mettez fin à l’isolement d’Imrali ».
Les femmes ont également rendu hommage à la journaliste-écrivaine Nagihan Akarsel, membre du Centre de recherche en jinéologie, assassinée à Silêmanî (Suleymaniye), au Kurdistan irakien, le 4 octobre 2022. 
Par ailleurs, dans leur communiqué publié sur leur site le 24 février, le TJA déclare que le XXIe siècle sera celui de la libération des femmes. Nous partageons avec vous un extraits du communiqué de TJA: « À l’approche du 8 mars, nous saluons tout d’abord les femmes qui luttent pour la liberté des femmes dans différentes régions du monde. Nous nous inclinons avec respect devant les femmes qui ont perdu la vie dans la lutte de libération des femmes et réaffirmons notre attachement à leur mémoire. Avec la force que nous avons reçue des Roza (Rosa Luxemburg), Sara (Sakine Cansiz, alias Sara), Evin (Emine Kara, alias Evîn Goyî), Zelal (Firyal Silêman Xalid, alias Zelal Zagros) et de milliers d’autres femmes pionnières, nous sommes de nouveau dans les champs, les rues et les places le 8 mars. Le XXIe siècle sera celui de la libération des femmes Dans le monde, au Moyen-Orient et au Kurdistan, nous accueillons un autre 8 mars à l’ombre des guerres, des crises économiques, des massacres de femmes, des massacres écologiques et des inégalités, mais aussi avec la lutte et la résistance des femmes contre les politiques patriarcales. »