Alors que la Turquie navigue dans ces eaux troubles, les appels des organisations de défense des droits humains et des défenseurs des droits kurdes en faveur de la transparence, de la responsabilité et d’une approche humaine des problèmes de longue date du pays se font de plus en plus forts. Le mélange complexe d’atrocités passées, d’activités présumées de l’État profond et de politiques de sécurité actuelles constitue un défi crucial pour l’avenir de la Turquie.
« Préparation d’un génocide kurde à l’ombre des élections de mars »
TURQUIE / KURDISTAN – Le journaliste Evdilmelik Fırat de Yeni Yaşam a signalé dans un article récent que le gouvernement turc de la coalition AKP-MHP se préparait à un massacre des Kurdes à l’approche des élections du 31 mars.
Par ailleurs, une récente diffusion sur YouTube dévoile des liens présumés entre des personnalités clés des services de renseignement militaires turcs et d’anciens membres des paramilitaires (JİTEM) qui ont commis des dizaines de meurtres politiques dans les années 1990. Cela témoigne d’un réseau d’influence complexe affectant la politique de sécurité du pays et le conflit kurde.
Le journaliste turc Cevheri Güven a diffusé une vidéo Youtube dans laquelle il dévoile un réseau complexe au sein des institutions étatiques turques qui a des liens avec le mouvement Fethullah Gülen, un groupe religieux accusé par la Turquie d’avoir orchestré la tentative de coup d’État de 2016. L’émission se concentre notamment sur les liens présumés au sein du département de renseignement de l’armée et sur la structure historique de l’ancienne JİTEM (Organisation de renseignement et de lutte contre le terrorisme de la Gendarmerie turque).
L’analyse de Güven met en lumière plusieurs personnalités clés – Veli Küçük, Hasan Atilla Uğur, Cem Ersever et Mahmut Yıldırım (alias « Yeşil » [Vert]) – dont l’influence clandestine a fait l’objet de controverses au fil des années. Connu pour son rôle sombre dans l’histoire récente de la Turquie en tant que tueur à gages du JİTEM, Mahmut Yıldırım a disparu en 1998, laissant derrière lui un héritage de peur et de mystère.
L’émission a soulevé des inquiétudes quant aux actions passées de ces individus, suggérant qu’ils avaient exacerbé le conflit kurde en Turquie par une série d’exécutions extrajudiciaires et de manipulation des mécanismes étatiques. Gökhan Çiloğlu, identifié comme une figure montante du réseau de l’État profond, dirige désormais les renseignements militaires et a été accusé d’implication dans des opérations secrètes remontant aux années 1990, notamment de relations avec des informateurs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de son implication dans les exécutions extrajudiciaires.
La récente ascension de Çiloğlu à ce rôle crucial, en particulier après une peine de trois ans de prison suite à la tentative de coup d’État de 2016, a déclenché un débat sur les problèmes non résolus des dernières décennies, tels que les disparitions forcées et la question kurde en cours. Sa carrière controversée est parallèle à celle de personnalités précédentes impliquées dans les luttes pour la sécurité de l’État et dans la violence systémique contre la population kurde.
Ce regain d’inquiétude survient à un moment où les services de renseignement militaires turcs, autrefois associés au célèbre JİTEM, sont sous surveillance en raison de leur rôle historique et actuel dans la politique et la sécurité turques. Le sombre passé de l’institution, en particulier au cours des années 1990 marquées par le conflit dans les régions kurdes de Turquie, semble se retrouver dans la politique actuelle et dans les campagnes militaires contre les forces kurdes.
Güven affirme que les relations de Çiloğlu s’étendent au monde criminel, y compris au trafic de drogue, ce qui complique encore davantage son profil. Ces révélations mettent en évidence le défi permanent de concilier les politiques de sécurité de la Turquie avec les exigences de responsabilité et les droits de l’homme, en particulier alors que la Turquie se prépare à des opérations contre les positions du PKK dans le nord de l’Irak.
La situation est exacerbée par les menaces contre les médias à orientation kurde, qui témoignent de la présence de réseaux clandestins influençant les actions du gouvernement. Un message menaçant sur le compte d’information sur les réseaux sociaux « Operasyon » suggérait une collusion entre les forces armées turques (TSK) et les structures mafieuses dans des actions contre les Kurdes, soulignant les interactions complexes et souvent obscures au sein du paysage politique et sécuritaire de la Turquie.
BELGIQUE. Les Kurdes vont manifester à Bruxelles contre l’attaque des Loups Gris
BELGIQUE – Les Kurdes vont manifesteront* ce lundi, à 12 heures, devant le Parlement européen, à Bruxelles, pour dénoncer l’attaque des Loups Gris turcs ciblant les Kurdes à Heusden-Zolder et à Houthalen-Helchteren (province de Limbourg).
Les victimes kurdes accusent la police belge de passivité face aux attaques turques qui ont fait 6 blessés parmi les Kurdes qui célébraient le nouvel-an kurde près de Louvain.
Dès dimanche après-midi, des Loups Gris turcs ont attaqué des Kurdes qui célébraient le Newroz à Heusden Zolder, près de Louvain. Ils ont encerclé une maison où des Kurdes, dont des enfants et des femmes, avaient trouvé refuge. Ils ont blessé au moins 4 Kurdes, dont un avec un pistolet. Ils ont continué à pourchasser des Kurdes dans les rues de la ville, écrouant de coups plusieurs Kurdes, dont un homme âgé.
La foule haineuse qui portait des drapeaux turcs et faisait le signe des Loups Gris, a crié des slogans islamistes « ya Allah! Bismillah! Allahu akbar! » tout en filmant la scène retransmise sur les réseaux sociaux. Dans une des vidéos de l’attaque, on voit un fasciste turc rouer de coups un Kurde tout en proférant des insultes: « Crèves bâtard ». « Enculé du Kurde ». « Chien du PKK ». « Fils de pute ». (A la fin, quelqu’un dit « ça suffit » et éloigne l’assaillant. D’autres assaillant ont brûlé un foulard kurde devant la porte-fenêtre de la maison tandis que d’autres ont brisé les vitres de leur voiture.
*Les organisations kurdes appellent à manifester
Après que des groupes racistes turcs ont lancé dimanche une violente attaque contre des familles kurdes à Louvain, en Belgique, le Congrès des sociétés démocratiques kurdes d’Europe (KCDK-E) a appelé la communauté kurde à s’unir pour protester contre les attaques fascistes turcs.
Le rassemblement aura lieu ce midi devant le Parlement européen.
L’annonce du KCDK-E intervient à un moment où, selon leur déclaration, l’esprit de résistance enflammé lors des célébrations de Newroz s’est transformé en un important mouvement de résistance populaire en Europe, reflétant l’enthousiasme et l’unité nationale des Kurdes.
Le communiqué accuse la police et le gouvernement belges de complicité devant les attaques des Loups Gris turc et les critique pour leur inaction complicité face aux attaques ciblant la communauté kurde, qui seraient organisées par des groupes fascistes ayant des liens avec l’État turc, au milieu de slogans promettant la mort aux Kurdes.
Le KCDK-E a également accusé le gouvernement turc et son président de partisans du terrorisme, affirmant que les terroristes responsables du récent massacre à Moscou avaient des liens avec la Turquie. Il a qualifié les attaques racistes en Belgique de préméditées et a accusé le gouvernement turc de tenter de provoquer la confrontation avec la communauté kurde d’Europe, citant des incidents de violence et des incendies criminels des maisons de familles kurdes dans le cadre d’une stratégie plus large d’incitation à la violence de rue.
L’organisation appelle la diaspora kurde à maintenir son autodétermination et son organisation et appelle à l’unité contre les attaques et provocations fascistes. La déclaration se termine par un appel à l’action, invitant la communauté kurde et ses supporters à participer à la manifestation d’aujourd’hui qui a lieu devant le Parlement européen.
BELGIQUE. Des nazis turcs attaquent les Kurdes qui fêtaient le Newroz
BELGIQUE – Dès dimanche après-midi, des Loups Gris turcs ont attaqué des Kurdes célébrant le Newroz à Heusden Zolder, près de Louvain. Ils ont encerclé une maison où des Kurdes, dont des enfants et des femmes, avaient trouvé refuge. Ils ont blessé au moins 4 Kurdes, dont un avec un pistolet. Ils ont continué à pourchasser des Kurdes dans les rues de la ville, écrouant de coups plusieurs Kurdes, dont un homme âgé.
La famille où les Kurdes avaient trouvé refuge a été arrêtée par la police belge tandis qu’aucun fasciste turc n’a été arrêté et ils continuent à chasser les Kurdes dans les rues de la ville.
Dimanche après-midi, des Loups Gris turcs ont attaqué une famille kurde d’Heusden-Zolder et tenté de brûler leur maison au motif qu’elle avait célébré le Newroz (nouvel-an kurde). Mais les médias belges déforment la réalité, en faisant passer l’attaque fasciste pour des affrontements entres des « Turcs » et des « sympathisants du PKK », malgré l’évidence des faits filmés entièrement. Tant que les médias, et les autorités belges toléreront les attaques fascistes turcs ciblant les Kurdes, aucun Kurde réfugié en Belgique n’est en sécurité.
En plein mois sacré du Ramadan des Musulmans, la foule haineuse qui portait des drapeaux turcs et faisait le signe des Loups Gris, a crié des slogans islamistes « ya Allah! Bismillah! Allahu akbar! » tout en filmant la scène retransmise sur les réseaux sociaux. Dans une autre vidéo des attaques, on voit un fasciste turc rouer de coups un Kurde du Rojava tout en proférant des insultes: « Crèves bâtard ». « Enculé du Kurde ». « Chien du PKK ». « Fils de pute ». L’homme roué de coups dit en arabe qu’il est arabe, en espérant que son bourreau cessera de le frapper. D’autres assaillant ont brûlé des drapeaux du Kurdistan et celui des YPG du Rojava et brisé les vitres des voitures des victimes.
Des nazis turcs ont attaqué la communauté kurde de Belgique qui célébrait le Newroz à Louvain, des Turcs sont allés attaquer le domicile d’une famille kurde d’Heusden-Zolder où les Kurdes poursuivis avaient trouvé refuge… Ils ont également voulu brûler la maison avec les victimes piégés à l’intérieur. La chasse aux Kurdes a également eu lieu dans les rues de la ville où plusieurs Kurdes ont été grièvement blessés par les islamo-fascistes turcs.
BELGIQUE. Des Loups Gris attaquent une famille kurde à cause des célébrations du Newroz
BELGIQUE – Cet après-midi, par des Loups Gris turcs ont attaqué une famille kurde d’Heusden-Zolder et tenté de brûler leur maison au motif qu’elle avait célébré le Newroz (nouvel-an kurde). Mais les médias belges déforment la réalité, en faisant passer l’attaque fasciste pour des affrontements entres des « Turcs » et des « sympathisants du PKK », malgré l’évidence des faits filmés entièrement. Tant que les médias, et les autorités belges toléreront les attaques fascistes turcs ciblant les Kurdes, aucun Kurde réfugié en Belgique n’est en sécurité.
La foule haineuse qui portait des drapeaux turcs et faisait le signe des Loups Gris, a crié des slogans islamistes « ya Allah! Bismillah! Allahu akbar! » tout en filmant la scène retransmise sur les réseaux sociaux. Dans une des vidéos de l’attaque, on voit un fasciste turc rouer de coups un Kurde tout en proférant des insultes: « Crèves bâtard ». « Enculé du Kurde ». « Chien du PKK ». « Fils de pute ». (A la fin, quelqu’un dit « ça suffit » et éloigne l’assaillant. D’autres assaillant ont brûlé un foulard kurde devant la porte-fenêtre de la maison tandis que d’autres ont brisé les vitres de leur voiture.
Alors que la communauté kurde de Belgique célébrait les festivités du Newroz à Louvain, des Turcs sont allés attaquer le domicile d’une famille kurde d’Heusden-Zolder qui s’était rendue à la fête… Ils ont également voulu brûler vivante la famille restée piégée à l’intérieur.
Des jeunes Kurdes qui participaient au Newroz de Louvain ont quitté la fête et se sont rendus au domicile de la famille. Ils ont attrapé au moins un des assaillants.
Les organisateur•rice•s ont mis fin au Newroz. Les Kurdes subissent la terreur et le fascisme partout où ils•elles vivent!
TURQUIE. Les mères du samedi réunies pour Hasan Ocak
TURQUIE – Pendant leur 991e veillée sur la place Galatasaray, les Mères du Samedi ont exigé la vérité sur la disparition forcée de Hasan Ocak, suivie de son meurtre à Istanbul en 1995.
Hasan Ocak était un jeune militant kurde qui tenait un salon de thé quand il a été enlevé par des paramilitaires turcs et dont le corps torturé a été retrouvé dans un cimetière près de deux mois plus tard.
Hasan Ocak, un enseignant en attente de nomination et gérant d’un salon de thé, a été arrêté le 21 mars 1995, au milieu des troubles qui ont suivi le massacre de Gazi. Ses derniers mots à sa famille concernaient le fait qu’il n’avait pas besoin de préparer le dîner car il apporterait du poisson ce soir-là, mais il a ensuite disparu. Malgré les premiers démentis de sa détention par la police, les appels persistants de la famille Ocak auprès de diverses institutions gouvernementales et judiciaires ont conduit à des déclarations publiques de la part des autorités affirmant qu’Ocak n’était ni en détention ni recherché pour un quelconque crime. Cependant, les éléments de preuve et les témoignages suggèrent le contraire, indiquant qu’il a été vu au poste de police.
Après 58 jours de recherches, le corps d’Ocak a été découvert dans un cimetière des anonymes, montrant des signes évidents de graves tortures. Cette découverte a incité le ministre d’État chargé des droits de l’homme de l’époque à présenter des excuses, reconnaissant qu’Ocak avait été arrêté pour interrogatoire, torturé, tué et que son corps avait été déposé à Beykoz. Malgré cela, les efforts déployés par la famille Ocak pour mener une enquête approfondie et obtenir justice n’ont abouti à aucune réponse concluante. En 2004, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé inadéquate l’enquête sur la disparition et la mort d’Ocak, déclarant une violation contre la Turquie, mais la procédure judiciaire nationale reste au point mort. Au milieu d’une « culture d’impunité » qui s’intensifie, les Mères du samedi, y compris lors de leur 991e manifestation, continuent de réclamer justice pour Ocak, soulignant leur engagement indéfectible à rechercher la vérité et à rendre des comptes.
Depuis près de 29 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque
Mères du Samedi est un groupe de militants qui cherchent à connaître le sort de leurs proches disparus en garde à vue dans les années 1980 et 1990 et exigent des comptes pour ces disparitions.
En mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
Les « mères du samedi » reproche l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.
Drones turcs vs résistance kurde: le pot de terre contre le pot de fer
Le journaliste Matt Broomfield revient sur l’abattage des drones turcs par la guérilla kurde et affirme que « Ces coups sont peut-être minimes, mais ils démontrent néanmoins un esprit de résistance qui a surmonté les champs de bataille des deux guerres mondiales et de la guerre froide, et qui ne sera pas éradiqué à l’ère de la guerre décentralisée des drones ».
Voici l’article de Broomfield publié sur Medya News:
Du capitalisme industriel et des champs de bataille de la Première Guerre mondiale à la bombe nucléaire, les nouvelles technologies remodèlent la politique à leur image. Que nous apprend la montée de la guerre des drones, menée par la Turquie, sur la lutte anticapitaliste du 21e siècle ?
L’émergence de nouvelles technologies entraîne de nouveaux modes d’organisation politique définis par ces technologies et donc capables d’y répondre, comme l’ont noté les théoriciens depuis Marx. En tant que telle, une arme mortelle comme les drones qui définissent désormais les champs de bataille à travers le monde, et en particulier la guerre d’extermination menée par la Turquie contre les Kurdes et leurs représentants politiques et militaires dans la lutte pour la démocratie et l’autodétermination, fait plus que renforcer une armée déjà puissante, voire ancrer le complexe militaro-industriel dans un État donné. Elle contribue à la redéfinition de la subjectivité politique et nécessite de nouveaux modes de résistance, capables de répondre à ce changement de paradigme.
Le capitalisme industriel n’a pas seulement abouti à l’appauvrissement du prolétariat urbain et à l’émergence ultérieure du parti marxiste-léniniste comme organisation de ce désespoir à des fins révolutionnaires. Cela a également produit les champs de bataille industriels de la Première Guerre mondiale, catalysant la catastrophe qui a produit le socialisme d’État sur la moitié du globe.
Ou encore, comme l’écrivait l’historien marxiste EP Thompson en 1980 dans ses Notes sur l’exterminisme , la technologie nucléaire est plus qu’un simple symptôme de la guerre froide. Au contraire, une société dotée de l’arme nucléaire adopte sa propre logique, analogue mais dépassant le militarisme ou l’impérialisme, en engageant le monde dans un cataclysme potentiel que « personne n’a voulu » et en refaçonnant à la fois le capitalisme dirigé par l’OTAN et le socialisme d’État soviétique dans son sens mortel. image. Thompson a appelé de toute urgence à l’émergence de « l’alliance populaire la plus large possible » en réponse à cette menace, unissant les forces neutres et non alignées du tiers-monde, les démocrates du bloc soviétique, les socialistes d’Occident et des acteurs aussi divers que « les églises, Eurocommunistes, travaillistes, dissidents d’Europe de l’Est… citoyens soviétiques sans l’intermédiaire des structures du Parti, syndicalistes, écologistes » comme seul organisme capable de surmonter cette logique apparemment inexorable.
Mais aucune coalition alternative de ce type n’a vu le jour. Au contraire, les différences idéologiques entre l’Ouest et l’Est ne pouvaient empêcher la propre logique du capitalisme de le propulser vers une victoire cauchemardesque où même l’hégémonie mondiale ne pourrait engendrer aucune paix durable.
Aujourd’hui, nous vivons à l’ère de la guerre des drones, une technologie dispersée, déshumanisée et meurtrière qui est elle-même clairement le produit d’une époque dans laquelle nous sommes tous censés produire individuellement de la valeur même si nous dormons, nous détendons et utilisons les technologies numériques émergentes. notre vie de tous les jours. Le sujet du capitalisme contemporain n’est jamais libre et le drone explicite la logique totalisante de l’exploitation contemporaine. Tout comme nous sommes poursuivis par un capital sans visage, lointain et innommable dans tous les recoins de notre existence, le drone poursuit également sa victime sur les champs de bataille urbains modernes.
Dans tout le Kurdistan et sur les champs de bataille du Moyen-Orient, les drones turcs Bayraktar bourdonnent sans cesse au-dessus de nos têtes, aussi exaspérants que le bourdonnement d’un moustique de cinq tonnes. La guerre des drones vise à briser l’esprit d’un peuple résistant, en n’offrant aucune cible facile à atteindre, ni même un champ de bataille facilement défini dans lequel les compagnons d’armes peuvent se jeter avec un abandon sauvage. La vie continue, ennuyeuse, désespérée, jusqu’à ce que ce moment de mort constamment attendu arrive d’un seul coup, prouvant qu’il a toujours été là.
Dans tout le Kurdistan, des drones survolent en permanence, rappel permanent des tentatives incessantes de destruction de la Turquie. Mais cette présence constante n’a pas vaincu le peuple kurde. La guerre des drones exige une réponse particulière sur le champ de bataille : dispersion, essaimage, dispersion. Il est tentant de considérer cette réponse tactique comme analogue à la vague de nouvelles théorisations sur l’organisation politique, la subjectivité et la résistance qui ont émergé après l’effondrement du communisme d’État, théorisant le 21e siècle comme étant voué à être défini par une nouvelle résistance politique dans laquelle nous tous, comme les « 99% », « l’essaim » ou « la multitude » doivent nécessairement jouer notre rôle.
Si tel est le cas, le principal parallèle que nous pouvons identifier est nécessairement pessimiste. Il s’est avéré aussi difficile de parvenir à une organisation efficace, horizontale et décentralisée contre l’hégémonie capitaliste contemporaine qu’il l’a été pour les mouvements de résistance, non armés ou mal armés, de résister à la guerre des drones, à l’imagerie géothermique, aux armes activées par le mouvement et à toutes les autres technologies du moment.
C’est en gardant à l’esprit ces conditions défavorables que nous devons lire la déclaration provocante du mouvement kurde [PKK], annonçant à l’occasion du Nouvel An kurde Newroz qu’il a été capable de répondre à la guerre incessante de la Turquie en abattant une poignée de drones non armés. Ces coups sont peut-être minimes, mais ils démontrent néanmoins un esprit de résistance qui a surmonté les champs de bataille des deux guerres mondiales et de la guerre froide, et qui ne sera pas éradiqué à l’ère de la guerre décentralisée des drones.
Les Kurdes accusent la Turquie d’être derrière l’attentat terroriste de Moscou
KURDISTAN – L’attentat terroriste d’hier soir ciblant le théâtre Crocus City Hotel, à Moscou, a été revendiqué par l’État islamique tandis que dans les déclarations de certains des terroristes arrêtés publiées sur les réseaux sociaux, on les entend dire qu’ils sont arrivés à Moscou par un avion depuis la Turquie. Plusieurs organisations kurdes accusent le président turc, Erdogan, d’avoir orchestré le massacre de Moscou, comme celui d’Iran il y a quelques mois, afin de « mettre en œuvre ses projets colonialistes et génocidaires ».
Les coprésidents du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (Parti DEM), Tülay Hatimoğolları et Tuncer Bakırhan, ont également condamné l’attaque de Moscou et déclaré que: « Face à cette attaque inhumaine, nous appelons tout le monde à la solidarité et à la lutte commune contre l’EI. La paix et la stabilité pour les peuples du monde ne peuvent venir que du dialogue entre les peuples et d’une communauté de vues commune. lutte contre l’Etat islamique et ses dérivés. Nous profitons de cette occasion pour rappeler une fois de plus que les forces qui veulent utiliser l’Etat islamique contre les Kurdes du Rojava ou fournir un espace à l’Etat islamique sont également responsables de telles attaques ».
Les institutions et organisations kurdes de Russie ont également condamné le massacre de Moscou.
L’organisation faîtière kurde, l’Union des communautés du Kurdistan (Koma Civakên Kurdistanê – KCK) a publié un communiqué sur l’attaque ciblant un concert à Moscou qui a coûté la vie à plus de 130 personnes.
Exprimant sa profonde empathie pour l’incident et présentant ses condoléances aux familles des victimes de l’attaque barbare, la KCK a souhaité un prompt rétablissement aux blessés.
« Nous présentons nos condoléances au peuple russe et partageons ses souffrances. Nous condamnons fermement cette atrocité perpétrée par l’Etat islamique. Cette attaque démontre une fois de plus la haine et la cruauté de l’Etat islamique contre les personnes et l’humanité », indique le communiqué du KCK, qui poursuit :
« L’Etat islamique est formé et dirigé par le gouvernement turc et l’alliance AKP-MHP [deux partis turcs formant la colation gouvernementale] ; ils sont une arme de l’État turc. Avec l’EI, le régime AKP-MHP menace tout le monde et utilise ce levier pour obtenir des concessions. Il emploie l’EI contre tout et tout le monde, y compris le peuple kurde et le Mouvement kurde pour la liberté en Syrie, en Irak et en Europe. Par tous les moyens, une fois de plus, le régime d’Erdoğan tente de mettre en œuvre ses projets colonialistes et génocidaires . En utilisant DAECH, le gouvernement turc met en œuvre ces objectifs avec une idéologie néo-ottomane. Cette réalité a été révélée à maintes reprises, chacun doit agir en conséquence. Il est évident que c’est la motivation qui sous-tend l’attaque de Moscou. Par cette attaque, l’administration AKP-MHP contraint la Russie et d’autres pays à obéir à ses exigences. L’Iran a déjà été la cible d’une attaque similaire à celle-ci. L’État islamique a été engagé par le gouvernement turc pour mener les deux assauts.
Nous dénonçons une fois de plus avec force cette attaque brutale. En tant que Mouvement de libération kurde, nous avons lutté contre la barbarie et le fascisme de l’État islamique et, même si nous avons été victorieux, nous avons également payé un lourd tribut au cours de ce processus.
Une fois de plus, nous déclarons que nous sommes toujours aux côtés du peuple et présentons nos condoléances à toutes les personnes touchées par cette atrocité. »
TURQUIE. Une Kurde âgée arrêtée pour avoir envoyé de l’argent à sa fille emprisonnée
TURQUIE – Une femme kurde de 75 ans gravement malade a été emprisonnée pour avoir envoyé de l’argent à sa fille et à un autre détenu. Elle a été condamnée à plus de 4 ans de prison pour le « financement du terrorisme ».
Hatice Yıldız, une femme kurde de 75 ans, a été envoyée en prison pour avoir envoyé de l’argent à sa fille emprisonnée Souffrant de multiples problèmes de santé, Yıldız a été emmenée de son domicile sur une civière après sa condamnation à la prison ferme, suscitant un large débat sur l’application des lois concernant le « financement du terrorisme ».
Après trois ans de bataille juridique, Yıldız a été condamnée à quatre ans et deux mois de prison, décision confirmée par une cour d’appel. Cette condamnation a suscité un débat sur l’opportunité de pénaliser les personnes qui soutiennent financièrement les membres de leur famille en prison.
Le fils de Yıldız, Alper, a qualifié la sentence d’injuste, soulignant qu’envoyer de l’argent aux prisonniers n’est pas illégal. La famille envisage désormais de contester la décision devant la Cour constitutionnelle.
L’emprisonnement de Hatice Yıldız s’inscrit dans le cadre d’un problème plus large, celui des mères militantes kurdes poursuivies en vertu de ces lois. Cette situation a attiré l’attention après un événement tragique en août dernier, lorsque deux Mères de la Paix, un groupe de femmes kurdes qui défendent la paix et les droits des prisonniers, sont décédées dans un accident de la route alors qu’elles revenaient d’une audience au tribunal. Comme d’autres membres du groupe, elles ont été accusées de « financer le terrorisme » pour avoir fourni un soutien financier à leurs enfants emprisonnés.
Attentat de Moscou. Le terrorisme islamiste a encore frappé…
Hier soir, des terroristes armés ont pris d’assaut le théâtre Crocus City Hotel, à Moscou, tuant près de 100 personnes et en blessant plusieurs dizaines d’autres. Rapidement, le groupe Etat islamique (EI ou DAECH) a revendiqué l’attaque via sa chaîne Telegram.
Paris-Bataclan, Madrid, Londres, Shengal, Kurdistan… et hier soir Moscou… DAECH ensanglante la terre entière, mais on préfère fermer les yeux devant le danger du terrorisme islamiste… Pourtant, un tel danger mondial nécessite une réponse au niveau mondial. Sinon, DAECH continuera à commettre des massacres partout dans le monde, y compris en Europe où il y a déjà eu de tels carnages.
Une des mesures que l’Occident puisse prendre est de juger ou de rapatrier les terroristes étrangers de DAECH et leurs familles détenus dans le camp al-Hol, dans le Nord-Est de la Syrie, devenu un lourd fardeau pour les Kurdes depuis 5 ans. Ce camp, surnommé « pépinière de jihadistes » à cause des milliers d’enfants endoctrinés par leurs mères selon l’idéologie jihadiste, est une bombe à retardement pour la planète entière. Il est d’une urgence absolue de le démanteler au plus vite.
Newroz kurde: le mythe renouvelé par Jin, Jiyan, Azadî
Après les attaques des fascistes persans voulant nier que le Newroz a une signification bien particulière propre aux Kurdes, même s’il est célébré depuis si longtemps par de nombreux peuples d’Asie, on repartage avec vous l’article de la chercheuse Rojin Mukriyan qui revient sur l’origine du Newroz (nouvel-an du monde persan célébré par de nombreux peuples d’Asie le 21 mars ou le jour de l’équinoxe vernal) et le symbole qu’il représente aujourd’hui chez les Kurdes en lutte pour leur liberté.
Newroz kurde: le mythe renouvelé par Jin, Jiyan, Azadî
Newroz (kurde : نەورۆز /Newroz, prononcé [nɛwˈɾoːz] ; persan : نوروز /Nowruz, prononcé [nowˈɾuːz]) est l’une des plus anciennes fêtes aryennes. Il est célébré par différents groupes nationaux et communautés au Moyen-Orient, ainsi que dans d’autres parties de l’Asie centrale. La célébration est un festival annuel qui marque le début de la nouvelle année entre divers groupes nationaux, principalement des Kurdes, des Afghans, des Azaris, des Tadjiks, des Baloutches et des Perses. La célébration est un symbole de renaissance, de nouveauté, de fertilité, de liberté et de paix. Il est souvent considéré comme un festival de reproduction et de renouveau, bien que toutes les nationalités ci-dessus ne partagent pas la même vision de l’histoire de Newroz. Ils le célèbrent également de différentes manières. Par exemple, pour les Perses, Norouz est une fête purement culturelle. [1]Pour les Kurdes, qui sont une nation sans État, outre son origine culturelle, Newroz est un symbole de résistance et de lutte pour la liberté contre la tyrannie. C’est vraiment une fête politique. [2] C’est une fête du renouvellement du serment de résistance. Même si Newroz marque le début du nouvel an kurde et persan, leurs calendriers, leurs mythes, leur façon de célébrer et leur compréhension de l’origine du festival sont différents. [3] Les célébrations kurdes et persanes sont particulièrement différentes cette année. Le mouvement révolutionnaire de Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) a transformé le sens révolutionnaire de Newroz. Les peuples du Rojhelat et de l’Iran célèbrent ce Newroz non seulement en termes culturels, mais d’une manière révolutionnaire, idéologiquement significative et politique.
Il existe différents points de vue sur l’origine du festival, sa mythologie, la manière dont il est célébré et son influence culturelle et politique. Les Kurdes font souvent remonter l’origine de Newroz à l’épopée de Kawe – کاوە / Kawa/ Kāveh, le forgeron et sa rébellion contre Zuhak (ou Dehak) – زوحاک / Zahāk, le roi tyran assyrien. L’épopée de Kawe (ou Kawa) et Zuhak est écrite en Shahnama par le poète persan Abu al-Qasim Ferdowsi vers le 10ème siècle. Zuhak était le tyran avec deux serpents qui poussaient sur ses épaules et devait être nourri chaque jour avec le cerveau de deux jeunes enfants. Selon le mythe kurde, Kawe, qui avait perdu beaucoup de ses enfants, mena une rébellion contre Zuhak et le tua. Pour faire connaître son succès à son peuple, il alluma un feu de joie au sommet de la montagne, signalant la fin de leur oppression. Ce jour devient alors un nouveau jour pour les Kurdes et toutes les autres ethnies aryennes qui ont souffert sous Zuhak. Après cela, Deioces – دیاکۆ / Deiokes (ou Diyako, premier roi des Mèdes) a été choisi par sept tribus kurdes pour construire l’Empire médian, que Deioces réussi à établir. C’est-à-dire que les Kurdes pensent que Newroz remonte à l’émergence de l’Empire mède vers 700 av. L’événement est célébré chaque année au moment de l’équinoxe de printemps, et le jour exact du Newroz kurde est le 21 mars. Par conséquent, Newroz est un festival politique et culturel pour les Kurdes, et les célébrations kurdes de Newroz sont différentes de celles des autres nations.
Dans la version persane, Ferdowsi, dans son Shahnama, n’a pas insisté sur le lien entre Nowruz et l’histoire de Kawe et Zuhak. Au contraire, Ferdowsi a explicitement lié ce mythe à l’émergence des Kurdes. Il proclame que les Kurdes sont nés d’enfants épargnés d’être mangés par le monstrueux Zuhak. [4] Les enfants épargnés, réfugiés dans les montagnes, sont devenus « les Kurdes, qui ne s’installent jamais dans les villes ». [5] De la même manière, Sheref Xan al-Bidlisi, qui a écrit le Sherefnama en 1570, a retracé et élevé les origines et la généalogie des familles nobles kurdes, et a conclu que le mythe de Zuhak est l’histoire la plus crédible de l’émergence du peuple kurde. [6] Cependant, sur la base d’études récentes, nous savons que l’origine des Kurdes en tant que peuple distinct est également développée dans d’autres mythes.
Pour les Perses, Nowruz est le jour de l’équinoxe de printemps qui a généralement lieu les 19, 20 ou 21 mars. Cependant, comme les Kurdes, ils racontent l’histoire épique de Kawe et Zuhak puisqu’elle fait également partie de leurs contes folkloriques, d’abord écrite à Shahnama par Ferdowsi. Mais dans l’histoire de Ferdowsi, la personne qui finit par mettre fin au règne de Zuhak est un roi perse, pas un forgeron kurde. Kawe est mentionné, mais seulement en passant en tant que citoyen persan lésé qui tente d’obtenir justice en aidant le roi persan nommé Fereydyn (ou Fereydoun). Fereydyn était le fils d’un des descendants de Jamshid. Selon Shahnama, Jamshid était le quatrième roi du monde qui commandait tous les anges et démons du monde. Il était à la fois roi et grand prêtre d’Hormoz, moyen persan pour Ahura Mazda. [7] Fereydyn, avec l’aide de Kawe , a vaincu Zuhak , bien qu’il ne l’ait pas tué. Au lieu de cela, il le garda attaché avec une peau de lion et cloué dans les murs d’une caverne, où Zuhak restera jusqu’à la fin du monde. Dans cette version persane, l’identité et la kurde de Kawa sont remplacées par une «citoyenneté» persane, tandis que son rôle dans la défaite du tyran est réduit à celui d’un simple assistant ou à celui du serviteur du véritable héros persan. Sûrement, toute personne familière avec le soulèvement kurde en Iran après le meurtre de la femme kurde de 22 ans Jina Amini, verrait les parallèles étranges avec l’appropriation persane contemporaine de Jina-Mehsa, la persanisation par excellence de sa kurde et de sa « citoyenneté » et l’appropriation du slogan kurde « Jin, Jiyan, Azadi » avec ses riches fondements idéologiques de libération des femmes sous-tendant une vie véritablement libre et libérée pour les Kurdes.
Nowruz n’est pas mentionné comme un événement connexe dans l’histoire épique de Kawe et Zuhak telle que décrite dans Shahnama . Il est plutôt décrit comme une journée distincte consacrée à célébrer la grâce du souverain divin et l’arrivée du printemps. Ferdowsi a lié Nowruz à Jamshid , le souverain légendaire des anciens Iraniens. Selon le mythe persan, Jamshid a lutté contre l’hiver, est allé au-dessus de la terre dans les cieux où il continue de briller comme le soleil. L’événement marquait le début d’une nouvelle journée connue sous le nom de Norouz. Par conséquent, Nowruz a marqué le jour où le souverain , Jamshid, avait domestiqué les «démons» et introduit un nouvel ordre dans le monde, sur lequel la nature s’est épanouie et s’est épanouie. De nos jours, les célébrations persanes pendant Nowruz sont culturelles et n’ont aucun lien avec leurs aspirations politiques. Ils commencent chaque année à célébrer le dernier mercredi avant Nowruz, appelé Chaharshanbe Suri («mercredi festif»), et ils organisent des pique-niques après treize jours de Nowruz. Il s’appelle Sizdah Be-dar (« Treize en plein air »). De même, ils décorent une table spéciale qui s’appelle le Haft-sin. [8] Au dire de tous, la célébration persane du Newroz est indicative du début de l’équinoxe de printemps et n’a que peu ou pas d’implications politiques pour eux. Au lieu de cela, il est plus largement lié au début de la saison printanière, à la renaissance de la nature et à la floraison de l’extérieur après la fin de l’hiver.
Alors que les origines de Newroz restent floues, Kardo Bokanî soutient qu’en termes historiques, selon l’historien Hérodote, l’empire assyrien a gouverné et réprimé le peuple mésopotamien pendant 525 ans. Cependant, le 21 mars 612 av. J.-C., l’un des généraux médians nommé Cyaxares (Kiyaksar), avec l’aide du roi babylonien (Nabopolasar), attaqua la ville de Ninive et tua le tyran assyrien et roi brutal, Sîn-Šar-Iškun (ou Sîn-shar-ishkun). Suite à cette victoire, les Mèdes établirent leur Empire en 612 av. J.-C. et libérèrent tout le peuple mésopotamien. Le peuple, qui a été libéré, a exprimé son bonheur de libération et de liberté en allant dans les montagnes et en allumant des feux. Depuis lors, le 21 mars est devenu le symbole de la renaissance, de la résistance, de la liberté et de la liberté pour les Kurdes. C’est le jour qui est spécifié comme un Newroz (nouveau jour),[9] L’historien russe, Igor Diakonov, affirme également de manière convaincante que l’attaque de Kiyakser a marqué un tournant dans l’histoire des Mèdes. Auparavant, tant que les Assyriens les avaient envahis, ils auraient adopté une approche défensive, se retirant dans leurs forteresses de montagne. Pourtant, cette année-là, les Mèdes ont adopté une approche proactive, attaquant leur ennemi dans leur capitale et détruisant le tout dernier vestige de l’ancien empire le plus redoutable. [10] Cela a ouvert la voie à l’établissement de l’Empire médian, qui est devenu le maître de l’Asie occidentale, incorporant à la fois les territoires et les populations perses et assyriennes. [11]
Néanmoins, comme le soutient Delal Aydin, Newroz est véritablement devenu un symbole plus explicite de la résistance politique dans les années 1970, sous la bannière des mouvements progressistes et socialistes kurdes. [12] Selon Aydin, la première référence écrite affirmant Kawe comme un Kurde révolutionnaire qui renverse Zuhak lors de Newroz afin d’inaugurer une nouvelle ère vient du poète et homme politique nationaliste Cigerxwin. Cigerxwin a écrit le poème, Kîme Ez (Qui suis-je ?) en 1973 en Syrie :
Kawe le forgeron est mon ancêtre
Il a coupé la tête de Zuhak l’ennemi.
(…)
Le jour du Newroz,
l’hiver s’estompe ainsi que tous les jours d’Agonie
Les Kurdes sont libérés [13]
Depuis les années 1970, Newroz est passé d’un simple moyen de célébrer le Nouvel An à travers des chants, des danses et des feux de joie à un symbole direct de la résistance à l’oppression politique. Cela se retrouve également dans la manière dont divers gouvernements, hostiles aux Kurdes, ont traité le festival. L’idée qu’un ‘Nouveau Zuhak‘ opprimait les Kurdes était marié à un festival antérieur où tous les Kurdes s’habillaient de leurs vêtements culturels traditionnels, chantaient des chansons folkloriques et jouaient à des jeux. L’ancien message politique de Newroz a été réanimé au cours du dernier demi-siècle. Cigerxwin combine clairement l’accent mis par Newroz sur le renouvellement et la reproduction avec des idées de résistance et de libération. Depuis les années 70 jusqu’à nos jours, Newroz est devenu une célébration intensément politisée. Elle est devenue une fête qui non seulement signifie renouveau naturel et social, reproduction et kurde, mais donne aussi aux luttes politiques contemporaines une portée mythologique. C’est-à-dire qu’il est devenu un festival et une histoire sur les Kurdes rebelles nés de la résistance le jour du Nouvel An. Cette unification a eu de profondes implications sur la façon dont le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) célèbre le festival. Le PKK a fait de Newroz un festival de la « contre-hégémonie » kurde.[14] Le PKK a fait de Newroz un « mythe contemporain de la résistance ». [15]
Mazlum Dogan, un prisonnier politique qui s’est suicidé à la prison de Diyarbakir le 21 mars 1982, a reconnecté le PKK avec le contenu mythologique de Newroz. Il est devenu « le Kawe contemporain », « l’esprit de résistance », parce qu’il a rejeté les politiques, les règles et le pouvoir annihilationnistes turcs. Il s’était immolé dans sa cellule dans un « feu de Newroz » au lieu de comparaître devant le tribunal turc et d’être contraint d’avouer à la télévision. En d’autres termes, comme dit, Mazlum Dogan a donné une nouvelle vie à la déclaration de Newroz en donnant sa vie. Il renoue la lutte du peuple kurde pour la liberté avec le Newroz. Newroz, pour les Kurdes, est devenu un paradigme de la vie et de la vie comme résistance contre l’oppression et la domination. Dans la perspective de Gengiz Gunes, Newroz est ainsi devenu un outil discursif pour le PKK, marquant des « constructions mythologiques des relations de différence » à la turcité et à l’État turc. Le PKK, tout en gardant la connotation préalable de reproduction et de renouvellement, a restructuré et réactivé le contenu politique du Newroz.[16] Newroz est maintenant l’un des principaux jours où les Kurdes pleurent les martyrs perdus dans leur guerre pour l’autonomie et l’indépendance, et jurent de continuer à lutter contre toutes les forces qui les oppriment et les dominent.
Il est important de souligner que les célébrations du Newroz de cette année 2023, après sept mois de protestations au nom de Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) sont imprégnées d’une signification politique révolutionnaire. « Femme, vie, liberté » est une phrase née de la lutte du PKK contre les nouveaux Zuhaks qui dominent les Kurdes, les quatre États-nations qui les divisent. Ce Newroz est l’un des plus transparents politiques depuis des années. Cela nous permet de voir le contraste frappant entre les façons dont les Kurdes et les Perses célèbrent ce festival. Pour la plupart des Perses, Nowruz est commémoré avec la signification culturelle habituelle dont ils l’ont longtemps imprégnée. Mais, pour les Kurdes, Newroz est une opportunité de renouveler leur lutte politique contre la tyrannie zuhakienne de l’État autoritaire et patriarcal de la République islamique d’Iran. Le feu de la résistance contre l’oppression de l’État s’est rallumé pendant le Newroz cette année avec le meurtre brutal de Jina Amini. L’esprit de Kawe vit dans tous ceux qui se battent dans les rues et les montagnes pour « Femme, Vie, Liberté ». De même, au Rojava, l’occupation en cours d’Afrin par la Turquie et ses forces djihadistes alliées qui continuent d’assassiner la ville kurde culturellement riche – l’un de leurs premiers actes de haine anti-kurde a été de renverser et de détruire la statue de Kawa qui avait été érigée au cœur de la ville – en attaquant les anciennes oliveraies, les forêts et la libération des femmes dans la société représente une autre partie de l’oppression multiforme que subissent les Kurdes. Tout cela alors que les Kurdes de Bakur au Kurdistan ont de nouveau défié les menaces de l’État turc en se rendant par millions dans l’ancienne ville kurde d’Amed pour représenter et vivre de manière rebelle leurs couleurs culturelles face à des décennies d’oppression turque et de génocide de l’identité kurde. et les tremblements de terre plus récents et la politisation de l’aide contre eux. Partout les Kurdes perpétuent l’esprit de résistance que le courage et la lutte de Kawa représentaient (…) car la tyrannie est encore partout. Pour les Kurdes, aujourd’hui marque l’idée que d’une manière ou d’une autre, finalement, chaque année, après le renouvèlement des feux de la résistance politique, les nouveaux Zuhaks perdront la tête.
References:
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- https://kardobokani.wordpress.com/ ↑
- دیاکۆنۆڤ، ایگور. میخائیلوویچ. تاریخ ماد (تهران: انتشارات علمی و فرهنگی، ١٣٨٨) ص ٢٤٨ ↑
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