TURQUIE. L’État fait enlever les photos du massacre de Dersim

0
TURQUIE / KURDISTAN – Entre 1937 et 1938, l’État turc a massacré près de 70 000 Kurdes alévis dans la région de Dersim et chassé des milliers d’autres tandis qu’il rebaptisait Dersim en « Tunceli » (Main de bronze) du nom de l’opération militaire de cette époque.
Plus de 80 ans après le massacre de Dersim, l’État turc tente toujours de cacher ses nombreux massacres et génocides qu’il a commis envers les peuples millénaires de l’Anataloie qui sont les Kurdes, Arméniens, Grecs… depuis plus d’un siècle. Hier, le sous-gouverneur de Hozat (Kaymakam) a fait retirer les photos du massacre du Dersim exposées sur le Mur 38 de Hozat, un district de Dersim.
 
Le mur Dêrsim 38, construit par le maire de Hozat Cevdet Konak en 2012, comprenait des photographies prises lors du massacre de Dersim* en 1937-1938 et des images contenant les écrits de divers écrivains.
 
Les photographies exposées devant le mur de 60 mètres de long de la rue Cumhuriyet ont été retirées hier par la police, sur décision du gouverneur du district.
 

*Le génocide de Dersim

 
Les politiques hostiles de l’État turc visant la province kurde de Dersim, depuis l’époque ottomane, ont atteint leur apogée en 1937 quand les Kémalistes ont massacré plus de 70 000 Kurdes alévis et en ont chassé 100 000 autres, réalisant le rêve que les Ottomans et les Unionistes n’avaient pas pu réalisé jusqu’alors.
 
En mai 2020, l’historien et chercheur kurde, Sedat Ulugana expliquait le contexte dans lequel le génocide de Dersim a eu lieu, en mettant en évidence la continuité d’une politique anti-Dersim de l’État turc héritée de l’empire ottoman. Un long reportage qui fut réalisé par Barış Balseçer et publié sur le site Yeni Ozgür Politika le 13 mai 2022 : 
 
83 ans se sont écoulés depuis le génocide de Dersim. Selon les chiffres officiels, entre 1937 et 1938, 14 245 [Kurdes alévis] ont été tués lors du massacre, du nom du décret « Opération Tunceli Tenkil », publié avec la décision du Conseil des ministres du 4 mai 1937. Cependant, selon des chercheurs historiques et de nombreuses sources, environ 70 000 personnes ont été tuées lors du génocide, parmi lesquelles des enfants, des personnes âgées et des femmes.
 

IRAN. Risques d’exécution imminente d’un prisonnier politique kurde

0
IRAN – Khosrow Besharat, un prisonnier politique kurde emprisonné depuis 14 ans a été mis en isolement dans la prison de Ghezel Hesar à Karaj, dans la province d’Alborz, en vue d’une exécution imminente, quelques heures seulement après l’exécution de son co-accusé, Anvar Khezri, le 1er mai.
 
Besharat fait partie de sept prisonniers d’opinion kurdes condamnés à mort dans une affaire commune pour « propagation de la corruption sur terre » (efsad-e fel arz).
 
Cinq de ses coaccusés, Qasem Abasteh, Ayoub Karimi, Davoud Abdollahi, Farhad Salimi et Anvar Khezri, ont déjà été exécutés ces derniers mois.
 
Plus récemment, les responsables de la prison ont transféré Khezri à l’isolement le 30 avril et l’ont exécuté le lendemain matin sans en informer sa famille ni leur permettre une dernière réunion.
 
Le Réseau des droits humains du Kurdistan (KHRN) a appris que Besharat court également un risque imminent d’exécution suite à son transfert à l’isolement.
 
Besharat a été arrêté en février 2010 par les forces de sécurité à Mahabad, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, et emmené au centre de détention du ministère du Renseignement à Orumiyeh, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental.
 
Dans une lettre qu’il a écrite en 2021, il a raconté sa détention d’un mois et ses tortures au centre de détention du ministère : « C’était en janvier 2010 lorsque j’ai été arrêté par les forces de renseignement à Mahabad et immédiatement transféré au ministère du Renseignement à Orumiyeh. Ils m’ont soumis à diverses formes de torture pendant un mois complet en isolement cellulaire. Souvent, de minuit au matin, des bruits terrifiants, des cris et des hurlements de quelqu’un en train d’être torturé remplissaient l’air, instillant la peur et le tremblement dans tout mon corps. Je n’ai pas pu dormir jusqu’au matin à cause de la peur, et cela m’a beaucoup affligé et torturé mentalement. Ils m’attaquaient souvent les mains par derrière, me faisant gémir de douleur. Plusieurs fois, ils m’ont suspendu au plafond pendant des heures avec des menottes, et à d’autres moments, ils m’ont retenu sur un lit, frappant violemment la plante de mes pieds avec des câbles électriques, faisant presque sortir mon cerveau de ma bouche, et mon mes yeux se détachaient de leurs orbites, tandis que mon cœur avait l’impression qu’il était sur le point d’éclater ».
 
Dans une partie ultérieure de la lettre, il poursuit : « Ces tortures ont continué pendant trois semaines, après quoi ils ont menacé d’arrêter les membres de ma famille. Durant ces tortures et menaces, l’interrogateur a noté les charges retenues contre moi et, dans cet état, j’ai été obligé de signer et de laisser mes empreintes digitales sur le même papier. À ce moment-là, j’avais l’impression de ne pas exister dans ce monde et je ne savais pas que je signais ».
 
Après la fin de sa période d’interrogatoire, le Besharat a passé quelque temps à Mahabad, Orumiyeh et dans le quartier 350 de la prison d’Evin avant d’être transféré à la prison Rajai Shahr à Karaj.
 
En mars 2016, Besharat et ses six coaccusés ont été jugés par la 28e chambre du tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran, présidée par le juge Moghiseh, pour des accusations telles d’« action contre la sécurité nationale », « propagande contre le régime », « appartenance à des groupes salafistes » et « corruption sur terre »
 
Le 25 mai 2016, ils ont été officiellement informés de leur condamnation à mort. Après que l’avocat s’est opposé au verdict rendu, l’affaire a été renvoyée devant la branche 41 de la Cour suprême, présidée par le juge Razini, qui a annulé le verdict début 2017 et a renvoyé l’affaire devant la branche 15 du tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran.
 
Après le renvoi de l’affaire devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran, présidée par le juge Salavati, en juin 2018, les sept prisonniers ont de nouveau été condamnés à mort pour « propagation de la corruption sur terre ».
 
Suite à l’objection de l’avocat au verdict rendu, l’affaire a été renvoyée devant la 41e chambre de la Cour suprême et, en février 2020, le verdict a été confirmé sous la pression du ministère du Renseignement.
 
Le 3 février 2020, l’avocat des prisonniers, Mahmoud Alizadeh Tabatabaei, a été officiellement informé du verdict final.
 
En outre, le 30 juin 2018, Besharat a également été condamné à 10 ans de prison dans une affaire distincte devant la 12e chambre de la cour d’appel d’Orumiyeh pour « implication dans un meurtre ».
 
En août 2023, les sept prisonniers ont été transférés à la prison de Ghezel Hesar après la fermeture et l’évacuation de la prison de Rajai Shahr à Karaj.

ALLEMAGNE. Les Kurdes perdent un ami de longue date avec le décès de Celal Başlangıç

0
ALLEMAGNE – Les Kurdes ont perdu un ami de longue date en la personne du journaliste et auteur turc Celal Başlangıç, décédé à l’âge de 68 ans des suites d’un cancer en Allemagne où il s’était réfugié pour échapper aux persécutions dans son pays.
 
Le journaliste et auteur turc Celal Başlangıç ​​est décédé vendredi soir à l’âge de 68 ans des suites d’un cancer à l’hôpital universitaire de Cologne, ont confirmé ses proches. Celal Başlangıç ​ayant débuté sa carrière en 1975 au journal Ege Ekspres, a rejoint le quotidien Cumhuriyet et il est devenu le responsable du bureau d’Adana et de la section politique intérieure dans les années qui suivent le coup d’État militaire du 12 septembre 1980. En 1989, Başlangıç ​​a fait sensation en révélant que plusieurs villageois kurdes à Cizre  /Şırnak avaient été forcés par des soldats turcs de manger leurs excréments. Lorsque Cumhuriyet a refusé de publier l’article par crainte d’une vengeance de l’État, Başlangıç ​​a menacé de démissionner. Le journal a ensuite publié en première page le cas de torture de Cizre. Son insistance pour que le public soit informé de la réalité de la guerre au Kurdistan a ouvert la voie à la punition des responsables. Des années plus tard, il écrivait ce qui suit dans un texte publié par Bianet : « Ce n’était certainement pas le premier incident au cours duquel des villageois kurdes étaient forcés par les forces de sécurité à manger des excréments. Mais c’était la première fois que les responsables étaient punis pour leurs actes – même si cela s’est produit au terme d’un long processus. Même si les tribunaux nationaux et internationaux n’avaient aucun doute sur l’exactitude de nos reportages, il ne pouvait jamais être ignoré dans les couloirs de l’état-major que j’étais considéré comme un ‘traître’ ». En 1995, Celal Başlangıç ​​était l’un des cofondateurs du journal Evrensel et un an plus tard, il cofondait le journal Radikal. Il a écrit des chroniques pour T24, Gazete Duvar, Bianet et Haberdar et est l’auteur de plusieurs livres, dont « Kanlı Bilmece » (Énigme sanglante) sur la guerre au Kurdistan. Au milieu des années 2010, il se rend régulièrement dans les provinces kurdes. « Il s’agit de solidarité avec le peuple », a-t-il déclaré. C’était l’époque des couvre-feux et du siège militaire qui ont suivi la proclamation de l’autonomie gouvernementale, qui était une alternative démocratique au « système présidentiel » totalitaire proposé par l’AKP. En 2019, Başlangıç ​​a été condamné à quinze mois de prison pour « propagande terroriste » pour avoir manifesté sa solidarité avec le quotidien pro-kurde Özgür Gündem, interdit par décret d’urgence en octobre 2016, en devenant symboliquement le « rédacteur en chef » d’Ozgur Gundem. Le journaliste vivait alors à Cologne. Depuis 2017, il avait créé la chaîne de télévision en exil Artı TV et le journal en ligne Artı Gerçek, pour lesquels il avait déjà travaillé en Turquie. En 2021, il avait appris de la police allemande que son nom ​​figurait sur une « liste d’exécution » de plus de cinquante opposants à Erdoğan.
 

L’Union syndicale Solidaire condamne la répression du mouvement kurde en Europe

0
 
PARIS – L’Union syndicale solidaire condamne la répression du mouvement kurde en Europe suite aux récentes arrestations de militants kurdes en France et l’attaques des chaînes de télévision kurdes en Belgique.
 
Voici le communiqué de l’Union syndicale solidaire:
 

La répression du mouvement kurde continue en Europe

 
Belgique
 
Dans la nuit du 23 au 24 avril 2024, 200 policiers belges ont perquisitionné les locaux des chaînes de télévision kurdes Medya-Haber et Sterk TV, basées en Belgique. Du matériel a été saisi et parfois détruit, dans une volonté apparente d’empêcher ces deux chaînes de pouvoir émettre. Des violences policières ont été commises sur les personnes présentes.
 
France
 
Le 24 au matin, la police française a arrêté 9 Kurdes, en Île de France et dans les Bouches-du-Rhône. Quelques semaines plus tôt, la France avait également expulsé trois jeunes militants kurdes, aussitôt arrêtés à leur arrivée en Turquie.
 
En Turquie, une opération a également eu lieu contre la presse indépendante kurde, menant à l’arrestation de 8 journalistes ou travailleurs/euses de la presse.
 
Irak
 
Ces opérations interviennent quelques jours après le lancement d’une nouvelle opération militaire de la Turquie contre le PKK au nord de l’Irak et alors que l’état turc a multiplié les visites à l’étranger. Erdogan, affaibli lors des dernières élections municipales, s’est rendu ces derniers jours en visite officielle en Irak et dans la région kurde où il a rencontré les Barzani, qui l’assistent dans son offensive militaire contre le PKK.
 
Ces développements sont inquiétants et montrent un regain de la collaboration des pays européens et notamment de la France avec le régime turc dans la traque des opposant·es kurdes.
 
L’Union syndicale solidaire condamne avec force cette collaboration indigne et rappelle son soutien au mouvement d’autodétermination du peuple kurde. Le régime macroniste au pouvoir doit cesser sa collaboration avec le régime autoritaire turc et sa politique de répression des militant·es kurdes sur son sol.
 

Festival culturel kurde de Paris. Chopy, Koma Amed et Deza Amed chantent au Cirque d’Hiver

0
PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) organise du 25 mai au 1er juin 2024 la troisième édition du Festival culturel kurde de Paris, en partenariat avec la Fondation Danielle Mitterrand, la Mairie de Paris et la Mairie de Montreuil. À travers cet événement, unique en France, vous découvrirez la culture kurde et son riche patrimoine.

Grand concert avec Chopy, Koma Amed et Deza Amed

  Le dernier jour du festival, le 1er juin, sera couronné par un grand concert avec la participation d’artistes kurdes de grande renommée : Chopy, Koma Amed, Deza Amed… (Billets à acheter ici)
  Invitant à la découverte d’un des plus anciens peuples de Mésopotamie, ce festival représente un rendez-vous authentique et un appel à la curiosité. Il rappelle la diversité culturelle dans le monde qui est le nôtre et l’importance d’en préserver toutes les richesses. Venez nombreux découvrir l’une des plus anciennes cultures de la Mésopotamie lors de cette troisième édition du Festival culturel kurde de Paris !

Chopy

Née en 1983 à Kirkuk, au cœur du Kurdistan irakien, Chopy Fatah, souvent stylisée sous l’orthographe kurde Çopî, est une chanteuse kurde contemporaine réputée. En 1988, elle migre avec sa famille aux Pays-Bas, où elle développe très jeune une passion pour la musique et le chant. Son talent précoce lui permet de se distinguer dès l’école, où elle remporte le premier prix d’un concours de chant.

Chopy a commencé à forger son art musical dans une chorale à Heiloo, aux Pays-Bas, recevant souvent l’opportunité de se produire en solo. À seulement 13 ans, elle entame des cours de chant et apprend le clavier, ce qui l’amène à s’inscrire à l’Académie de Cologne en Allemagne à 16 ans. Là, elle étudie sous la houlette du professeur de musique kurde, M. Wirya Ahmad, et fait ses premiers pas sur scène à La Haye en 2000.

Chopy fait ses débuts au Kurdistan lors d’un festival majeur, se produisant devant environ 100 000 personnes dans un stade de football. Cette expérience devient un tournant dans sa carrière. En 2003, elle lance son premier album, « Çît Naw Binêm », sous la supervision de M. Burhan Mofti. Ce succès est suivi par deux autres albums : « Nawit Denem Zino » en 2007 et « Crystal » en 2010.

Sa présence à la télévision débute à 16 ans avec l’émission « Shanasin » sur MedyaTV, et elle continue d’apparaître régulièrement sur les principales chaînes kurdes telles que KTV et Kurdsat. Connue pour sa capacité à toucher les cœurs à travers le Kurdistan, elle donne des concerts dans les régions kurdes de Turquie, d’Iran, d’Irak, de Syrie et même d’Arménie.

Chopy est particulièrement vénérée pour ses performances courageuses à Kirkuk, sa ville natale, malgré les défis sécuritaires persistants. Sa dévotion à sa communauté et son héritage kurde font d’elle une figure emblématique de la musique kurde, dont la voix continue de résonner bien au-delà des frontières de sa terre natale.

Koma Amed

 Fondé à Ankara en 1988 par un groupe d’étudiants majoritairement issus de la faculté de médecine, Koma Amed émerge durant une période vibrante mais tumultueuse pour le peuple kurde. Dans un contexte où la culture kurde et sa langue étaient sévèrement réprimées, le groupe ne pouvait exprimer sa musique qu’à travers de rares rassemblements. Malgré ces défis, Koma Amed a enregistré son premier album, Kulîlka Azadî, en 1990. Cet album, gravé en une seule journée sous des conditions extrêmes, comprend notamment une version kurde de l’hymne international « Bella Ciao » (Çaw Bella). À travers des copies clandestines, l’album a atteint un large public, marquant plusieurs premières pour la communauté kurde.

En 1993, le groupe déménage à Istanbul et se joint au Centre culturel de Mezopotamie, le premier centre culturel et artistique kurde de la ville. Koma Amed continue de se faire un nom en tant que pionnier de la musique de groupe kurde, et sort son deuxième album, Agir û Mirov, en 1995. Les membres du groupe, incapables de se produire au Kurdistan, ont toutefois tourné à travers la Turquie et l’Europe.

Leur tournée de 1996, sponsorisée par le Parti communiste italien, a marqué une autre première historique, exposant la musique kurde à travers de nombreuses villes italiennes. L’esprit politique d’émancipation et de résistance infuse leurs compositions, qui puisent aussi dans la musique traditionnelle kurde et la littérature orale.

Leur troisième album, Dergûş (1997), a été un tournant majeur. L’album a transcendé les frontières locales pour toucher une audience mondiale, grâce à une approche novatrice de la musique folklorique traditionnelle kurde. L’impact de Dergûş fut tel que le ministre des affaires étrangères de l’époque a utilisé l’album pour souligner la présence kurde en Turquie auprès des ministres de l’Union européenne.

Cependant, la pression politique a contraint de nombreux membres à demander l’asile, dispersant le groupe dans divers pays. Un facteur qui, combiné avec leur installation à Paris, a mené à une désintégration temporaire. En 2015, exactement 27 ans après leur formation, Koma Amed s’est retrouvé à Paris pour interpréter de nouveau leurs chansons emblématiques, confirmant leur héritage durable dans la musique kurde.

Deza Amed

Né dans la région kurde de Karakoçan en 1982, Deza Amed a émigré à Paris en 1996, où il réside depuis, représentant fièrement la diaspora kurde. Malgré l’exil, il demeure profondément attaché à ses racines kurdes tout en embrassant avec respect et affection la culture française. Artiste kurde engagé, il s’exprime à travers ses œuvres en zazaki, un dialecte kurde, pour illustrer et défendre les valeurs de son peuple.

Exclu de son Kurdistan natal en raison de son militantisme pour les droits de son peuple, Deza Amed a donné des concerts à travers l’Europe. En 2016, il a sorti un album de 10 chansons intitulé « Welatê Ma » entièrement dédié à la nostalgie de son pays.

En 2022, il continue d’enrichir son répertoire avec « Ma Ferqli » , un album composé de 12 œuvres authentiques. Défenseur passionné du zazaki, sa langue maternelle menacée de disparition, il a choisi de chanter exclusivement dans cette langue qu’il aspire à faire revivre.

Deza Amed est plus qu’un artiste; il est un gardien de la culture et un pont entre son héritage kurde et le monde.

IRAN. Les gardes-frontaliers tuent deux kolbars kurdes

0
IRAN / KURDISTAN – Jalal Sohrabi et Hemin Ahmadi, deux kolbars kurdes ont été tués par des tirs directs des forces armées iraniennes entre le 1er et 2 mai. En avril 2024, au moins 4 Kolbars ont perdu la vie et 33 ont été blessés aux frontières du Kurdistan iranien. Les gardes-frontaliers étaient impliquées dans 92 % des cas.
 
Le kolbar Jalal Sohrabi, un Kolbar marié et père de deux filles, a été mortellement abattu par les forces du régiment frontalier iranien alors qu’il transportait des marchandises à la frontière de Baneh, dans la province du Kurdistan (Sanandaj). Suhrabî avait déjà été blessé par les forces iraniennes il y a 9 mois.
 
Le 1er mai, Hemin Ahmadi, un Kolbar de Saqqez, père d’une fillette de 8 ans, a également été tué par le tir direct des forces du régiment frontalier aux frontières de cette ville.
 
Selon les statistiques compilées par l’ONG Hengaw, en avril 2024, au moins 4 Kolbars ont perdu la vie et 33 ont été blessés aux frontières du Kurdistan iranien. Dans 92 % de ces cas, des Kolbars ont été tués ou blessés par des tirs directs des gardes-frontaliers.

TURQUIE. Appel à transformer le 3 mai en une « Journée de solidarité avec les journalistes kurdes »

0
 
TURQUIE – Le codirecteur de l’Association des études sur les médias et le droit (MLSA), Veysel Ok, a attiré l’attention sur les pressions auxquelles sont soumis les journalistes kurdes et a suggéré que le 3 mai soit célébré comme « Journée de solidarité avec les journalistes kurdes ». Ok a également déploré l’absence d’intérêt des médias occidentaux devant la persécution des journalistes kurdes en Turquie.
 
Le 1993, l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) a proclamé le 3 mai Journée mondiale de liberté de la presse pour sensibiliser à l’importance de la liberté de la presse. Depuis, le 3 mai est célébré partout dans le monde comme la « Journée mondiale de la liberté de la presse ». En Turquie, qui occupe le 165e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse, les journalistes et les médias sont confrontés à des arrestations, des détentions, des censures et des fermetures.
 
Selon les données de l’Association des journalistes Dicle Fırat (Dicle Fırat Gazeteciler Derneği-DFG), au moins 894 journalistes ont été arrêtés depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002. Le codirecteur de l’Association des études sur les médias et le droit (en turc: Medya ve Hukuk Çalışmalar Derneği, en anglais: Media and Law Studies Association), Veysel Ok, qui suit les cas des journalistes et les procédures judiciaires, a fait des évaluations à l’occasion du 3 mai.
Veysel OK
 

« La liberté d’expression est menacée »

 
Signalant que la liberté de la presse et d’expression est menacée en Turquie, qui se classe derrière dans le classement international de la liberté de la presse, Ok a déclaré que le gouvernement harcèle les journalistes qui ne sont pas d’accord avec ses opinions par le biais du système judiciaire. Soulignant que cette attitude affecte négativement la structure démocratique et les relations internationales de la Turquie, Ok a poursuivi :
 
« Les lois sur la désinformation adoptées ces dernières années augmentent la pression sur les journalistes. Ces lois visent à contrôler le flux d’informations du gouvernement et à réprimer les voix critiques. Sur la scène internationale, la situation de la Turquie en matière de liberté de la presse est suivie de près. Cependant, il n’y a pas encore eu de sanctions (…). En conséquence, les inquiétudes concernant la liberté de la presse augmentent en Turquie. »
 

Arrestation de journalistes kurdes

 
Rappelant que l’impasse dans la question kurde se reflète dans les institutions kurdes, Ok a souligné que l’un des domaines où la pression est la plus intense est celui des médias kurdes. Soulignant que des opérations sont menées régulièrement chaque mois contre les journalistes kurdes, OK a déclaré :
 
« L’année dernière, lors de la Journée de la liberté de la presse, les journalistes Dicle Müftüoğlu et Sedat Yılmaz ont été arrêtés. Cette année, Erdoğan Alayumat, Esra Solin Dal et Mehmet Aslan ont été arrêtés. Ce processus est devenu systématique avec les pressions exercées sur les journalistes. La première des principales raisons de ces pressions pourrait être d’envoyer un message à tous les journalistes à travers la censure et la pression sur les journalistes kurdes. Deuxièmement, la nature non résolue de la question kurde et le manque de dialogue font craindre que les pressions ne s’accentuent davantage. »
 

Appel à la solidarité

 
Critiquant l’insuffisance de la solidarité au niveau international envers les médias kurdes, Ok a déclaré :
 
« Il n’y a pas assez de solidarité en Occident. Cela ne révèle pas un combat fort pour la liberté de la presse. L’arrestation d’un journaliste est l’arrestation d’un peuple. Parce que ce journaliste révèle un événement qui s’est produit à Şırnak ou à Hakkari. En d’autres termes, le droit du public à l’information est supprimé. C’est pourquoi il est nécessaire de faire du 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, une Journée de solidarité avec les journalistes kurdes. »

LIBAN. Le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » scandé lors de la manifestation du 1er mai

0
LIBAN – Les membres de l’Association socioculturelle Newroz et de l’Association des femmes kurdes, Jîn, ont participé à la manifestation du 1er mai dans la capitale libanaise, Beyrouth. Les manifestant.e.s kurdes ont scandé le célèbre slogan « Jin, Jiyan, Azadi » (« Femme, Vie, Liberté »).
 
A l’occasion de la Journée internationale des travailleur.e.s, une manifestation massive a eu lieu à Beyrouth, au Liban. Les association kurdes Newroz, Jîn Women Association et de nombreux partis, associations, société civile organisations et associations de femmes y ont participé à la manifestations organisées par la Fédération du travail et des syndicats du Liban.
 
La marche est partie de la place Barbir à Beyrouth, la capitale libanaise, et s’est dirigée vers la place Riad Solh, avec des participants hommes et femmes affirmant leur lien étroit avec le leader kurde Abdullah Öcalan et scandant les slogans « Be Serok, jîyan nabe (Il n’y a pas de vie sans le leader) » et « Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) ».

TURQUIE. Un cinéaste parmi des dizaines de Kurdes arrêtées lors de rafles politiques

0
TURQUIE / KURDISTAN – Des dizaines de personnes ont été arrêtés dans les provinces de Bursa, Izmir et Mardin dans le cadre de rafles politiques ciblant les milieux kurdes. Le réalisateur kurde, Koray Kesik fait partie des personnes arrêtées pour « faire de la propagande pour une organisation terroriste ».
 

BURSA

 
Dans le cadre d’une enquête menée par le parquet général de Bursa, des descentes de police simultanées ont été effectuées dans la matinée à de nombreuses adresses différentes. Plus de 20 personnes ont été arrêtées lors des perquisitions, dont Sabiha Toktaş, Saliha Toktaş, Nesiba Akan, Yusuf Yağız, Mahmut Yıldırım, Sadiye Çelik, Nurcan Apakan, Elif Karatekin, Mazlum Aymaz, Emine Borne, Yusuf Vural.
 
On a appris que les personnes arrêtées ont été emmenées au département de la police provinciale de Bursa, accusées de « faire de la propagande pour une organisation terroriste ».
 

MARDIN

 
Une personne a été arrêtée lors des perquisitions à Amrdin/Nisêbîn. A Izmir, Koray Kesik, le directeur artistique du documentaire Bakur, a été arrêté.
Trois maisons ont été perquisitionnées dans la matinée dans le village de Marîn du district de Nisêbîn (Nusaybin) à Mêrdîn. Abdurrahim Dayan a été arrêté lors des perquisitions.
D’autre part, les étudiants Özgür Zirek et Nurullah Durmaz, qui ont été arrêtés hier lors des perquisitions à Mardin/Artuklu, ont été déférés au palais de justice après les procédures de sécurité.

IZMIR

Le réalisateur kurde, Koray Kesik a été arrêté lors d’une perquisition menée contre son domicile à Izmir. Kesik a été directeur de la photographie et directeur artistique de nombreux films, dont le documentaire Bakûr qualifié par le régime turc de « faire de la propagande pour une organisation terroriste [PKK] ».

Une dirigeante kurde appelle à poursuivre la Turquie pour les crimes de guerre commis en Syrie

0
SYRIE / ROJAVA – La femme politique kurde, Ilham Ahmed a critiqué l’indifférence mondiale face aux attaques de la Turquie en Syrie, que l’ONU a récemment considérées comme des crimes de guerre potentiels. La coprésidente du département des relations extérieures de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est (AANES) à exhorté la communauté internationale à poursuivre la Turquie pour les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans les régions syriennes occupées. Ilham Ahmed, coprésidente du département des relations étrangères de l’Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie (AANES) dirigée par les Kurdes, a exprimé ses profondes inquiétudes face à la négligence mondiale de la région kurde en Syrie au milieu des opérations militaires turques en cours ciblant les infrastructures civiles. Ces attaques, selon un récent rapport de l’ONU, pourraient constituer des crimes de guerre.
« Les attaques contre les civils n’ont jamais été autant ignorées par les grands médias. Ils ignorent totalement ce qui se passe dans le nord et l’est de la Syrie », a déclaré Ahmed, s’adressant à Penny Papadopoulou de l’agence de presse orthodoxe le 27 avril. Elle a souligné les graves conséquences des frappes aériennes turques, notamment de graves perturbations de l’approvisionnement en électricité et en eau pour des millions de personnes. « La Turquie cible les infrastructures civiles visant à forcer la population locale à fuir, à expulser les Kurdes de ces zones et à créer une zone à majorité arabe sunnite, de 30 kilomètres de profondeur, le long de la frontière syrienne », a-t-elle ajouté, soulignant l’intention stratégique derrière ces attaques. Les récentes conclusions de la commission d’enquête de l’ONU ont souligné la gravité de la situation, déclarant ces frappes comme des violations du droit international humanitaire et équivalant potentiellement à des crimes de guerre. « Les grèves ont gravement perturbé l’électricité pour plus de 3 millions de personnes et l’approvisionnement en eau pour 1,5 million de personnes dans la région, tandis que près de 80 000 enfants ne sont pas scolarisés en raison des dégâts causés aux bâtiments scolaires. La Turquie a également frappé des installations de stockage de céréales dans la région qui fournissent des céréales aux boulangeries locales », a souligné Ahmed, ajoutant : « Les attaques ont touché de nombreuses autres institutions dans le nord et l’est de la Syrie qui veillent à la sûreté et à la sécurité de la communauté. Nous sommes profondément inquiets de perdre la capacité de protéger notre communauté contre les menaces ». Ahmed a plaidé en faveur de la responsabilité et a appelé à une action internationale contre la Turquie pour ses actions, soulignant les implications plus larges du moralisme sélectif dans les réponses aux conflits mondiaux. « Nous pensons que la Turquie, Hakan Fidan et d’autres devraient être traduits devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour les crimes qu’ils ont commis et continuent de commettre contre les Kurdes dans notre région et en Turquie », a-t-elle expliqué. Ahmed a comparé la réaction internationale modérée aux opérations turques en Syrie avec les réponses plus vigoureuses à d’autres crises internationales, appelant à une position mondiale juste et impartiale face aux atrocités commises contre son peuple. (Medya News)