La disparition ces derniers jours de trois jeunes femmes dans les villes de Tartous, Lattaquié et Alep a semé la panique parmi les habitants, dans un contexte de poursuite des enlèvements, que le ministère de l’Intérieur du gouvernement intérimaire nie dans la plupart des cas, tandis que les familles des disparues lancent de plus en plus d’appels à l’aide pour les retrouver.
À Tartous, la famille d’Aya Issa, âgée de 17 ans, a confirmé sa disparition jeudi dernier. Après avoir quitté son domicile pour se rendre à l’école, elle n’est pas rentrée. Cependant, selon des sources locales, l’administration scolaire a déclaré qu’elle était absente ce jour-là.
Selon des sources, la mère d’Aya est apparue dans une vidéo annonçant une grève de la faim jusqu’au retour de sa fille. Dans un message poignant adressé à sa fille, elle a déclaré : « J’ai souvent vu la douleur des mères, mais je n’aurais jamais imaginé que cela puisse m’arriver aussi. »
À Alep, Rama Sarmini, âgée de 15 ans, a disparu jeudi dernier. Des informations ultérieures ont confirmé son retour saine et sauve à son domicile, sans fournir davantage de détails.
Dans le village d’Ain Shqaq, dans la campagne de Jableh, la famille de la jeune Nagham Fadi Hamada a signalé sa disparition. Sa mère a publié une vidéo implorant de l’aide pour la retrouver. Au même moment, une vidéo a circulé montrant une fillette bâillonnée en train d’être battue, présentée comme étant Nagham. Cependant, l’identité de la fillette et l’authenticité de la vidéo n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle.
Dans un contexte similaire, Amnesty International a annoncé en juillet dernier avoir reçu des informations crédibles faisant état de l’enlèvement d’au moins 36 femmes et filles dans les villes de Lattaquié, Tartous, Homs et Hama, précisant que la plupart des enlèvements avaient eu lieu en plein jour.
L’augmentation de ces cas a plongé des mères au bord de l’effondrement, dans un contexte social et de vie déjà tendu. (ANHA)

Mourir le sourire aux lèvres. Depuis la prison n°5 de Diyarbakır
« Le livre relate les atrocités commises durant des années, après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, lorsque l’État turc arrêtait des jeunes Kurdes et des militants du PKK pour les enfermer dans la prison n°5 de Diyarbakır.
Lieu de détention et de torture de milliers d’opposants, kurdes pour la plupart, cette prison a été fermée en 2022. Nuri Sinir, qui a pris la tête d’un collectif d’anciens prisonniers voulant faire de ce lieu un « musée de la honte », rapporte que les gardiens de cette prison disaient: Ici Dieu n’existe pas et ses prophètes sont en congé.»
L’auteur a écrit ce livre en 2010, à l’époque où il se trouvait dans la prison de haute sécurité de Kandıra, construite sur le modèle des établissements pénitentiaires des États-Unis et d’Allemagne. Pendant cette période, il a été condamné à l’isolement à plusieurs reprises en raison de sa participation à la campagne pour protester contre l’isolement imposé au leader kurde Abdullah Öcalan.
Ce livre a été écrit en quarante-cinq jours à l’isolement, mais risquait être détruit s’il était retrouvé lors des perquisitions. Il a donc dû être caché dans différents endroits. Le manuscrit a été copié en trois exemplaires, chacun étant donné à des camarades dans différentes cellules. Il a été sorti de la prison feuillet par feuillet.
L’arrestation, les interrogatoires, la torture, les humiliations, l’incarcération, la mise à l’isolement, les parodies de procès, la solidarité entre prisonniers, les trahisons, voici ce que relate ce livre écrit dans des conditions inhumaines, par un rescapé. Si pour des raisons tenant aux conditions particulières d’écriture, le récit met en scène un certain « Cemil », c’est bien le récit de ce qu’a vécu l’auteur durant ces années terribles.
À l’heure où le PKK annonce l’arrêt de la lutte armée et sa dissolution, ce livre permet de comprendre la violence exercée par le pouvoir turc envers le peuple kurde depuis des dizaines d’années. »