Solidarité Féministe Et Internationaliste Avec L’Autodéfense Du Rojava

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PARIS – Communiqué de collectifs féministes, politiques et syndicales, contre la complicité de l’Union Européenne et des États-Unis dans l’attaque sans précédent du Rojava et pour le soutien à l’autodéfense et l’autodétermination des peuples. Semaine d’actions du 25 janvier au 1er février ! Depuis début janvier, le Rojava (Kurdistan autonome de Syrie) et son projet émancipateur font face à des attaques d’une ampleur sans précédent, menées par les forces armées du gouvernement de transition autoproclamé et des milices djihadistes, avec le soutien de laTurquie et l’approbation des puissances occidentales. Nous dénonçons le cynisme des États-Unis et de l’Union européenne, pour qui la libération des femmes en Iran ou en Palestine aurait justifié hier une « intervention militaire », des sanctions économiques, voire une « guerre juste », et qui se rendent aujourd’hui complices directs de l’attaque contre la Révolution des femmes du Rojava. En féministes, nous luttons ici-même contre un gouvernement qui nous attaque. Nous faisons alors écho à l’appel de Kobanê à défendre la révolution. Nous saluons le courage de la résistance populaire et appelons à participer partout en France aux rassemblements et aux journées d’action en défense du Rojava !

Révolution des femmes et autodétermination des peuples !

Em Bernadin Vê Dîlanê – nous n’abandonnerons pas cette danse ! Le Rojava est un territoire du nord de la Syrie, qui a déclaré son autonomie en juillet 2012. S’inspirant du mouvement de libération du Kurdistan, il y a été construit un modèle politique sans équivalent. Cette expérience a gagné une visibilité mondiale lorsque les combattantes des YPJ (Unités de défense des femmes) ont joué un rôle décisif dans la défaite de l’État islamique, bousculant les représentations occidentales et ouvrant un imaginaire révolutionnaire qui menace directement les puissances impérialistes de la région. Ce qui se joue au Rojava, c’est la révolution des femmes
Ce petit territoire abrite une des plus grandes tentatives de transformation sociale et d’émancipation collective des femmes. Celles-ci sont à l’avant garde du projet démocratique mis en place depuis 2011 et participent activement à celui-ci. Elles mènent de plus une révolution sociale des femmes, avec des transformations profondes proclamation des Lois des femmes qui leur assurent l’égalité et condamnent les VSS ; maisons et assemblées de justice des femmes ; forces armées d’autodéfense ; organisations autonomes féminines à tous les niveaux de la société, système de co-présidence garantissant leur présence dans l’ensemble des postes de responsabilité. Ces avancées ont radicalement modifié la vie des femmes et constituent une source d’inspiration majeure pour toutes celles et ceux qui luttent contre le patriarcat. C’est aux combattantes kurdes que l’on doit le slogan Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) qui a donné corps aux luttes et révoltes par-delà les montagnes – au Bakûr au Rojava et au Başûr, jusqu’en Amérique latine puis en trouvant écho en Europe, ainsi qu’au Rojhilat et dans tout l’Iran en 2022 contre l’apartheid de genre et de race. Cet élan permet d’ouvrir des possibles pour les droits des LGBTI+. À ce titre, les personnes queers ont été sur le devant de l’insurrection en Iran, comptant de même de nombreux·ses prisonnièr.es. Partout au Kurdistan, la mémoire des soulèvements habite les corps en mouvement. La révolte libère le temps et l’espace, là où la guerre tente de contrôler nos temporalités. Ce qui se joue au Rojava, c’est aussi, de nouveau, le droit des peuples à la résistance populaire et à l’autodétermination face à la colonisation, à l’impérialisme et aux régimes autoritaires. L’Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie (AADNES), structure de gouvernance du Rojava, rassemble Kurdes, Arabes, Arménien·nes, Syriaques-assyrien·nes au sein des communes, conseils et multiples espaces d’auto-organisation qui permettent la co-existence des différents peuples et confessions religieuses au Rojava. C’est précisément cette dynamique de co-gouvernance et son projet d’égalité politique, d’égalité des sexes et d’indépendance économique que le régime de Damas souhaite soumettre.

Stop aux massacres, à la mainmise impérialiste et à la complicité européenne !

Intifada, serhildan : soulèvements ! Aujourd’hui, le gouvernement de transition syrien (GTS, provenant du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham HTC) et ses alliés avancent pour détruire ce projet. Après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les États-Unis et leur allié turc ont propulsé en janvier 2025 Ahmad al-Charaa — ancien chef d’Al-Qaïda et maintenant d’HTC — à la tête de la Syrie. Avec sa nouvelle armée, il est responsable de massacres contre les minorités syriennes, d’abord Alaouites et Druzes, et désormais contre les Kurdes à Alep puis au Rojava. La guerre aux peuples qui ne se plient pas à la centralité du pouvoir est déclarée. Cette offensive s’inscrit dans des efforts continus de Damas de consolider son emprise sur le reste du pays en répondant aux intérêts de la bourgeoisie régionale, ainsi qu’aux convoitises des puissances impérialistes pour les marchés, les voies d’approvisionnement en énergie et les ressources du territoire, notamment concentrées au Rojava. La continuité impérialiste et sioniste annonce écraser toute resistance érigée aux projets
impérialistes et coloniaux dans la région
, qui n’hésitent pas à se rendre coupables de génocides ou de massacres de masse, de Gaza à Kobanê en passant par Téhéran. En Syrie, cette recomposition violente vise à reprendre le contrôle d’un pays auparavant allié de la Russie et de l’Iran, en remplaçant un tyran par un autre et en écrasant un projet réellement. Ainsi début janvier, c’est à Paris que Jolani et divers représentants de Turquie et d’Israël se rencontrent sous la médiation des USA : le feu vert a été donné pour l’offensive contre les territoires autonomes du Rojava. Des prisons où des combattants de l’État islamique étaient détenus ont été ouvertes sous les yeux des forces états-uniennes et françaises. Les impérialistes s’allient sans scrupules avec les islamistes ou djihadistes au détriment d’un projet émancipateur si celui-ci empiète sur leurs intérêts. Ce sont ainsi 620 millions d’euros qui ont été promis début janvier au gouvernement central de Damas par l’Union européenne, ravie à la perspective de pouvoir sécuriser davantage les frontières de l’Europe. Personne n’a oublié que la multinationale francaise du ciment Lafarge s’est rendu complice de Daech et que l’État a fermé les yeux. Au Rojava, tortures, enlèvements, exécutions sommaires ont été rapportées. Le canton de Kobanê, ville martyre et symbole mondial de la résistance contre Daesh est maintenant assiégé. Leur objectif est clair : un nettoyage ethnique de la population kurde et l’effacement total de son projet politique. Les femmes et minorités de genre paient le prix fort pendant les guerres, qu’elles soient intérieures ou extérieures. En Syrie, des images confirment la volonté d’anéantir notamment les conquis des femmes : l’une des premières destructions visibles a été celle de la statue d’une combattante des YPJ à Tabqa, puis celles d’académies féminines, de centres de Jineolojî, d’assemblées locales. Les archives culturelles et politiques sont directement menacées. En tant de guerre, la survie quotidienne devient un combat. Au travers du viol ou de la profanation des corps, qui sont des armes de guerre systématiquement utilisées pour terroriser. Mais aussi au travers des sièges, des blocus, de la destruction des terres et des ressources, ou de l’orchestration de famines comme à Gaza. De même, c’est par l’effondrement des infrastructures essentielles à l’existence même d’une communauté que les violences et dominations s’exercent le plus fortement. Mais la réponse s’organise toujours, comme au Soudan, où les résistantes des Comités de Quartier insurgés, traitent aujourd’hui l’urgence physique face à une guerre contre- révolutionnaire.

Autodéfense populaire et solidarité féministe internationaliste !

Femme, vie, liberté contre la guerre ! Lorsque Damas a exigé la reddition totale du Rojava, le peuple s’est à nouveau soulevé pour défendre ses conquis au cours de plus d’une décennie d’expérimentations politique.
Un appel à la mobilisation générale a été lancé : personnes âgées et jeunes femmes sont vent debout, illustrant des formes de résistance d’un peuple organisé, et s’opposant aux structures des milices patriarcales, au prix de mort·es. Des centaines de personnes ont rejoint le Rojava, traversant les sommets, défiant les murs de béton des frontières imposées et les balles des gardiens. Par la coordination d’une pluralité des tactiques et l’auto organisation, chacun.e peut trouver sa place.Tenter le renversement complet du système de domination qui engendre, lui, la guerre, comprend l’autodéfense comme nécessité ultime. Si ici, nous luttons déjà contre la montée du fascisme et les attaques anti-féministes du gouvernement, la marche à la guerre, l’austérité et la militarisation de la jeunesse – la solidarité internationaliste ne peut que nous renforcer. En tant que révolutionnaires, féministes, militantes du mouvement LGBTI+, nous continuerons à créer des ponts – car nous avons appris à lutter debout. Défendre le Rojava, c’est défendre la preuve concrète qu’un autre monde est possible, c’est défendre notre avenir ainsi que la libération des femmes et des minorités de genre dans le monde entier ! Agissons ici et maintenant, de là où nous sommes : en rejoignant les mobilisations de soutien au Rojava et les initiatives de solidarité concrète, en exigeant la levée du siège sur Kobanê et Hesekê et contre l’impérialisme de notre propre pays, qui est à portée de nos coups, et dont la brutalité n’est plus à démontrer. Guerre à la guerre ! Jin, Jiyan, Azadî ! Rejoignons la journée d’action des femmes le 31 janvier et les journées d’action générales
du 25 janvier au 1er février 2026, à l’appel de Women Defend Rojava et RiseUp4Rojava

SYRIE. « Les médias arabes et turcs complices de crimes de guerre »

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SYRIE / ROJAVA – L’Association des femmes journalistes kurdes (ROJIN) a publié un communiqué sur la situation dans le nord et l’est de la Syrie. Elle y condamne l’incitation à la violence dans la presse régionale et le manque de couverture médiatique internationale. L’Association kurde des femmes journalistes (ROJIN) déclare que la presse arabe et turque, par sa propagande de guerre et ses arguments religieux, sexistes et nationalistes, attise la haine entre les peuples, fait preuve de misogynie et se rend ainsi complice de génocide. S’adressant aux médias internationaux, la ROJIN les appelle à respecter la déontologie journalistique et à « répandre la vérité ». Les journalistes critiquent notamment le fait que le siège du Rojava, les déplacements forcés, les enlèvements et les exécutions, la crise humanitaire et les actes de torture lors des funérailles soient ignorés, et que les reportages soient fragmentaires et incomplets. « Des femmes enlevées par des gangs comme butin de guerre » : voilà qui mérite l’attention. « Kobanê, ville qui a mis fin aux agissements barbares de Daech en 2015 et offert au monde une grande victoire » : voilà qui mérite l’attention. « Les Kurdes du Rojava, menacés de génocide, de famine et de déplacement forcé » : voilà qui mérite l’attention. Diffuser ces informations auprès du public est la responsabilité éthique, professionnelle et morale des médias internationaux. ROJIN les invite donc à se rendre dans les zones assiégées pour constater les faits par eux-mêmes et en rendre compte de manière impartiale. Le communiqué de l’association se poursuit : Des crimes de guerre ont été commis « En tant que presse kurde libre et médias féminins kurdes, nous suivons les attaques génocidaires qui ont débuté le 6 janvier à Alep et se sont propagées dans tout le nord-est de la Syrie, avec l’aide de dizaines de journalistes et de médias sur le terrain, et nous essayons d’informer le public mondial avec des images, des photos, des informations et des documents. Les images et les documents provenant de la région ont non seulement une valeur informative, mais confirment également des crimes de guerre. Le corps de Deniz Çiya, membre des Forces de sécurité intérieure du Nord et de l’Est syrien (Asayîş) à Alep, a été jeté du troisième étage d’un immeuble par des milices de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et des milices soutenues par l’État turc, aux cris d’« Allahu Akbar ». La mutilation de cadavres est considérée comme un crime de guerre en vertu des traités internationaux. Ces mêmes milices ont forcé la population d’Alep à fuir, ont enlevé des dizaines de personnes, en ont assassiné certaines et ont incendié leurs maisons. Massacres de la population civile et enlèvements Le 20 janvier, les mêmes milices ont enlevé deux combattantes des Unités de protection des femmes (YPJ), Amara Intiqam et Narîn Axîn, dans la région de Deir ez-Zor. Elles les ont forcées à parler, les ont filmées et les ont traitées comme du butin. Le 22 janvier, des mercenaires barbares ont assassiné cinq membres de la famille Salih, qui tentaient de fuir Raqqa pour Kobanê, et le 27 janvier, l’avocat kurde Silêman Ismail, qui tentait également de fuir Raqqa pour Kobanê. Siège et catastrophe humanitaire Alors que ces exécutions et crimes de guerre se poursuivaient, de nombreuses régions du Rojava étaient assiégées. En raison du siège de Kobanê, l’approvisionnement en produits de première nécessité tels que l’eau, l’électricité, la nourriture et les soins médicaux n’est plus garanti. La crise humanitaire s’aggrave. Cinq enfants sont morts à Kobanê suite à des coupures de courant et au manque d’oxygène. Des dizaines de milliers de personnes contraintes de fuir ont trouvé refuge dans différentes régions de Kobanê et du Rojava. En raison du blocage des frontières, l’aide humanitaire collectée n’atteint pas la région. Les médias arabes et turcs complices de crimes de guerre Tout au long de ces crises humanitaires et attaques génocidaires, certaines chaînes arabophones comme Al Arabiya , Al Hadath et Al Jazeera , ainsi que les médias turcs, ont présenté les morts civiles et la crise humanitaire comme une victoire. De la même manière que les mercenaires considèrent les femmes comme des « proies » et des « servantes », les transformant en ennemies, les chaînes de télévision arabes diffusent des messages sexistes et haineux. Parallèlement, le lobby médiatique turc, qui légitime les attaques génocidaires d’Alep à Kobané, se rend complice de ces crimes par le biais de diffusions orchestrées et de propagande de guerre. Les médias dominants, qui qualifient tous les Kurdes d’Alep et du Rojava de terroristes, ont pris pour cible tous les Kurdes de la région et ont glorifié la guerre, la mort, les massacres et le génocide. Ces crimes sont documentés quotidiennement dans les journaux, les émissions de télévision et les médias numériques, et constituent des crimes de guerre. Les médias comme partie belligérante Toutes ces publications destructrices confirment une fois de plus que les médias, qui devraient informer au nom de la paix et de la liberté, dans l’intérêt public et des valeurs démocratiques, sont devenus complices de la guerre. Nous dénonçons ces organes de presse, qui diffusent des informations militaristes, nationalistes, religieuses et sexistes et glorifient la guerre, la mort, la famine et la destruction, et nous appelons l’ensemble du public à les boycotter. Réaction au traitement « sélectif » de l’information par les médias internationaux Certains médias internationaux ont choisi de couvrir les événements du Rojava de manière sélective. Ils ont passé sous silence le génocide, les exécutions de civils, la crise humanitaire et les déplacements forcés de population dans la région, préférant les présenter comme un « conflit entre deux puissances ». Le seul sujet qui a retenu l’attention de la presse internationale était « le sort des membres de l’EI emprisonnés ». Des questions telles que les sièges utilisés comme méthode de guerre, les enfants morts de froid, la profanation des cadavres de femmes, les enlèvements et l’existence de milices devenues des armes de destruction massive ont été jugées sans intérêt. Nous appelons les médias internationaux à respecter la déontologie de la presse et les valeurs journalistiques et à avoir le courage de partager les faits avec le public sans pression gouvernementale. La responsabilité éthique, professionnelle et morale de la presse Nos collègues journalistes kurdes rendent compte des conflits en fournissant images, documents, informations et photos, au péril de leur vie. Nous appelons les médias internationaux à respecter ce journalisme, exercé avec la conscience et le souci de diffuser la vérité, et à rendre compte de manière à mettre fin aux attaques génocidaires et à informer le public avec exactitude. Les enfants morts de froid pendant le siège méritent d’être mis en lumière. Les femmes enlevées par des bandes criminelles et réduites en butin méritent également l’attention du public. La bataille de Kobanê en 2015, qui a mis fin aux agissements barbares de Daech et offert au monde une grande victoire, est un événement digne d’intérêt. Le sort des Kurdes du Rojava, contraints à l’exil par le génocide, la famine et les déplacements forcés, mérite lui aussi l’attention. Communiquer ces faits au public est la responsabilité éthique, professionnelle et morale des médias internationaux. Nous vous invitons à vous rendre dans les zones assiégées pour constater les faits par vous-même et en rendre compte de manière impartiale. Nous continuerons à défendre la vérité. En tant que médias kurdes libres, qui avons sacrifié des dizaines de vies pour la vérité depuis les années 1990, nous considérons qu’il est de notre devoir moral de couvrir en direct les attaques génocidaires dont notre peuple est victime au Rojava. Nous continuerons à partager la vérité sans détour avec le public, à dénoncer les crimes dissimulés et à informer la population en temps opportun. Nous continuerons à défendre les valeurs démocratiques, la coexistence et la vérité contre le fondamentalisme exacerbé, le nationalisme, le sexisme et le militarisme, et à rappeler aux gens le langage de la paix. » (ANF) 

Journée mondial d’action. « Les femmes défendent le Rojava »

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SYRIE / ROJAVA – Le collectif Women Defend Rojava appelle les femmes à se mobiliser pour le Rojava ce 31 janvier 2026 dans le cadre de la Journée mondial d’action en soutien aux Kurdes du Rojava attaqués par les gangs djihadistes de Damas. Voici le communiqué du Collectif Women Defend Rojava (Les femmes défendent le Rojava) : Journée Mondiales d’Action Dans le cadre des Journées mondiales d’action, le 31 janvier 2026, nous appelons toutes les femmes et toutes les forces démocratiques à se joindre aux actions menées sous le slogan « Les femmes défendent le Rojava » pour défendre la révolution des femmes ! Les acquis de la révolution des femmes dans le nord et l’est de la Syrie sont actuellement soumis à des attaques massives. Le gouvernement de transition syrien, en collaboration avec plusieurs milices djihadistes, dont des combattants de l’EI, cherche à détruire la philosophie « Jin, Jiyan, Azadî ». Les femmes, pionnières de la révolution, sont persécutées, enlevées, torturées, assassinées, et leurs tresses sont exposées comme des trophées. Aujourd’hui, toutes les femmes kurdes, arabes, arméniennes et assyriennes, les combattantes des YPJ, Kongra Star, HPC Jin, Bet Nahrain et toute la société sont unies, prêtes à défendre leurs acquis durement gagnés. Sans la libération des femmes, il ne peut y avoir de libération de la société ! Ces attaques n’ont pas passé inaperçues en dehors du Kurdistan. Elles ont suscité une vague massive de solidarité, avec des marches, des manifestations et des caravanes. Des milliers de femmes ont tressé leurs cheveux en signe de solidarité : pour chaque tresse coupée, une centaine de nouvelles sont tissées. Ensemble, nous tissons la révolution ! Nous appelons tout le monde à descendre dans la rue le 31 janvier pour montrer à l’opinion publique internationale que nous sommes unis dans notre lutte pour une vie digne. Défendons ensemble la révolution des femmes ; elle est un espoir non seulement pour le Moyen-Orient, mais pour le monde entier. Jin Jiyan Azadî !

ROJAVA. L’hôpital pour enfants de Kobanê menacé de fermeture

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SYRIE / ROJAVA – Le siège de la ville kurde de Kobanê par les gangs de Damas, HTS, DAECH / ISIS et de Turquie met en danger la vie d’environ 600 000 personnes. Faute de médicaments, de carburant et d’oxygène, le fonctionnement de l’hôpital pour enfants n’est plus assuré. Des milices supplétives de la Turquie, appuyées par des mercenaires du Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et de l’État islamique (EI), poursuivent le siège de la ville de Kobanê et de ses environs. Cette situation a engendré une crise humanitaire. Faute de carburant et d’oxygène, l’hôpital d’Aykûr, principal centre de soins pédiatriques de la région, risque de cesser ses activités. Les aliments pour bébés et les médicaments pour dialyse se font de plus en plus rares. De nombreux magasins sont à court de produits alimentaires de base et les légumes sont presque tous épuisés. Cette situation met en danger la vie d’environ 600 000 habitants de la ville. Malgré ce scénario catastrophique, le siège et les menaces d’attaques, les habitants de Kobanê continuent de résister.

Graham et Blumenthal présentent la « Loi pour sauver les Kurdes » afin de protéger les alliés kurdes en Syrie

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ETATS-UNIS – Les sénateurs américains Lindsey Graham (républicain) et Richard Blumenthal (démocrate) ont présenté au Sénat la loi « Save the Kurds Act » (Loi pour sauver les Kurdes) en  réponse aux attaques répétées des forces gouvernementales syriennes contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), en Syrie et au Rojava. Un communiqué conjoint des bureaux des sénateurs a souligné le rôle crucial des FDS dans les opérations contre DAECH / ISIS, affirmant : « Lors des efforts visant à anéantir Daech, les FDS ont contribué de manière décisive au succès de l’opération. » Le communiqué prétend également qu’après la chute du régime d’Assad, le nouveau président syrien, Ahmed al-Charaa (Jolani), a lancé une campagne contre les FDS sous prétexte d’unification nationale. Il allègue qu’il existe des preuves que ces attaques sont coordonnées avec la Turquie et bénéficient de son soutien. Le communiqué soulignait que les FDS contrôlent des zones où sont détenus des prisonniers de l’EI et où sont stationnés environ 1 000 soldats américains, insistant sur le fait que les attaques contre les Kurdes menacent non seulement la stabilité régionale, mais aussi la sécurité des soldats américains et les relations de Washington avec le nouveau gouvernement syrien. Il évoquait également le risque de reconquête de la puissance de l’EI. Graham : Ceux qui attaquent les Kurdes se trompent lourdement Le sénateur Lindsey Graham a déclaré que les Kurdes sont un allié fiable des États-Unis : « Les FDS ont supporté le plus lourd fardeau dans la lutte contre l’EI durant le premier mandat du président Trump. Attaquer les Kurdes nuit à la réputation des États-Unis et entrave le redressement de la Syrie. Ceux qui pensent que les attaques contre les Kurdes resteront impunies se trompent lourdement. » Blumenthal : Nous devons agir Le sénateur Richard Blumenthal a déclaré : « Nous devons agir pour protéger les Kurdes en Syrie et les préserver de toute représailles de la part du gouvernement syrien. » Principales dispositions de la loi sur la protection des Kurdes : Sanctions contre les responsables du gouvernement syrien, les institutions financières et les personnes ou entités étrangères fournissant un soutien militaire ou financier. Reconnaissance officielle du rôle des FDS dans la lutte contre Daech. Reclassement de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) comme organisation terroriste étrangère. Soumission au Congrès de la procédure de retrait du statut d’« État soutenant le terrorisme » de la Syrie. Suspension des sanctions si le gouvernement syrien cesse ses attaques contre les FDS. Mécanisme de rétablissement automatique des sanctions en cas de reprise des attaques.

La caravane pour Kobanê poursuit son chemin malgré les arrestations en Turquie

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TURQUIE – Plus de 200 personnes originaires de 10 pays différents ont rejoint la caravane populaire pour apporter de l’aide aux Kurdes du Rojava qui sont attaqués par les gangs djihadistes de Damas. Des membres de la « Caravane pour la défense de l’humanité », initiée par le réseau international RiseUp4Rojava pour apporter de l’aide aux régions kurdes de Syrie, ont manifesté hier à la frontière gréco-turque, tandis que d’autres ont été arrêtés par la police turque alors qu’ils se rendaient d’Amed à Mardin. Pour attirer l’attention sur la situation humanitaire et la guerre en Syrie, des membres de la « Caravane pour défendre l’humanité » ont manifesté hier à la frontière gréco-turque. Parallèlement, des membres de la caravane, qui se rendaient de la ville kurde d’Amed (Diyarbakir en turc) vers la frontière syrienne, ont été arrêtés par la police turque. « Je me suis rendue d’Allemagne à la frontière gréco-turque pour affirmer clairement que l’Europe porte également une responsabilité dans la situation en Syrie. Il est scandaleux que le gouvernement allemand garde le silence alors que l’armée turque mène une guerre en Syrie en violation du droit international. Aujourd’hui plus que jamais, il doit user de son influence diplomatique pour exiger la fin des violences et des attaques contre le territoire de l’Administration autonome », a déclaré Lea Bunse, qui manifestait hier à la frontière gréco-turque et avait elle-même été blessée lors d’une frappe de drone turque il y a un an. Dans le même temps, une autre partie de la caravane, déjà présente en Turquie, a été arrêtée par la police turque. On ignore actuellement où se trouvent les 16 personnes interpellées, parmi lesquelles de nombreux jeunes et plusieurs journalistes. On ne sait pas s’ils seront expulsés vers leur pays d’origine, ni quand. Au moment de leur arrestation, ils voyageaient d’Amed à Mardin, d’où ils comptaient poursuivre leur route vers la frontière de Kobané. « Nous ne nous laisserons pas intimider par cette répression. La position de l’État turc n’a rien de nouveau : il prend régulièrement le parti des islamistes, restreint les droits démocratiques et refuse l’aide humanitaire », a déclaré Livia Selmi, qui a rejoint la manifestation depuis l’Italie. Parallèlement, la situation humanitaire à Kobané et dans toute la région de Daanes (Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie) continue de se détériorer. Les produits de première nécessité font cruellement défaut, comme en témoignent les informations en provenance de la ville ces derniers jours. Malgré le cessez-le-feu convenu, les attaques militaires des milices islamistes et de la Turquie se poursuivent. « J’ai fait le voyage depuis Hanovre pour témoigner de ma solidarité avec les habitants de Kobané. La situation dans la ville est catastrophique : le pain, l’eau, l’électricité et les médicaments sont quasiment introuvables. Parallèlement, des milices islamistes, qui ont déjà perpétré des massacres de civils ailleurs, attaquent aux côtés de l’armée turque », a souligné Gesa Jonasson. Pour plus d’information, vous pouvez contacter le collectif de la caravane populaire par Signal : @caravankobane.15, par téléphone : +49 1521 4782023 ou par mail : KobaneCaravan@proton.me

SYRIE. La Turquie et le dilemme kurde

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SYRIE / ROJAVA – Selon le spécialiste en géopolitique, Ceng Sagnic, la Turquie est prise de court par l’évolution du front anti-kurde qu’elle a déclenché en Syrie et au Rojava. Elle a peur de perdre son influence dans la région au profit de nouveaux acteurs, dont l’Arabie saoudite et l’Israël. Ceng Sagnic a déclaré sur Twitter (X) que : « Le rôle de la Turquie dans le conflit entre HTS et SDG ne correspond pas à une position totalement anti-kurde, contrairement à ce qui est présenté à l’opinion publique nationale. Au contraire, Ankara est consciente du dilemme stratégique qui se poserait si toute la frontière syro-irakienne tombait sous le contrôle d’un régime de Damas intégré à la sphère d’influence saoudienne. C’est pourquoi, depuis une semaine, Ankara figure parmi les acteurs de la médiation visant à mettre fin au conflit entre les deux camps et à préserver le statu quo dans les villes kurdes. Il n’est pas surprenant que l’on tienne un discours contraire auprès du public. Des mesures seront également prises pour endiguer la récente vague de racisme anti-kurde. Damas est une capitale où la Turquie exerce une influence ; cependant, Ankara n’est pas le seul acteur décisif en Syrie. Historiquement, la capacité de la Turquie à collaborer avec les Kurdes au-delà de ses frontières est bien plus développée que sa capacité à nouer des relations avec les acteurs arabes. Par conséquent, il est probable qu’elle ne soit pas favorable à un cession aussi facile du triangle Samalqa-Fish Khabur, point stratégique majeur de la région, à Hayat Tahrir al-Sham (HTS), plus proche de l’axe de Riyad et dont les relations avec Israël restent à définir. En effet, en 2017, malgré toutes les garanties et les efforts diplomatiques de l’Iran, Ankara n’a pas consenti à ce que cette même région soit prise aux Kurdes. »

Pétition : Contestons l’héritage du traité de Lausanne

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Une pétition mise en ligne exhorte la communauté internationale à reconsidérer le traité de Lausanne de 1923 qui a dépecé le Kurdistan et provoqué d’innombrables génocides, dont celui des Kurdes devenus apatrides.  Voici la pétition à signer sur Change : Le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, a marqué un tournant historique en redessinant la carte du Moyen-Orient et en établissant de nouvelles frontières nationales. Cependant, il a été rédigé à une époque où la notion de droits humains n’était pas encore reconnue internationalement. Aujourd’hui, près d’un siècle plus tard, l’héritage de ce traité continue de peser lourdement sur d’innombrables communautés, notamment le peuple kurde. Ce traité a de fait effacé certains peuples, comme les Kurdes, de la reconnaissance internationale. Cette omission a engendré des répercussions profondément ressenties depuis des générations. Le déni d’identité, la répression culturelle et la privation des droits politiques qui en ont résulté sont indéniables. Pendant plus d’un siècle, ces communautés ont subi la répression et vécu dans une instabilité constante, souvent victimes d’actes brutaux et violents. À l’ère moderne, les normes du droit international ont considérablement évolué depuis 1923. Aujourd’hui, les droits humains et le droit à l’autodétermination sont des piliers des accords internationaux, des valeurs que le traité de Lausanne n’a pas respectées. Affirmer que le traité est « intouchable » revient à nier les progrès et les conceptions morales qui se sont développées à l’échelle mondiale. Reconsidérer et remettre en question l’héritage du Traité de Lausanne n’est pas un simple exercice théorique ; c’est une étape cruciale vers la justice et la reconnaissance pour celles et ceux qui en ont subi les conséquences. Le droit international moderne offre le cadre nécessaire à une telle réévaluation, porteuse d’espoir de réconciliation et de stabilité pour les communautés affectées. C’est pourquoi nous appelons les instances internationales, les organisations de défense des droits humains et les États ayant des intérêts au Moyen-Orient à plaider en faveur d’une réévaluation du Traité de Lausanne. Cette action s’inscrit dans notre engagement à défendre les droits humains et à soutenir le droit des communautés à l’autodétermination. Signez cette pétition pour inciter les dirigeants à examiner et à corriger les conséquences durables du Traité de Lausanne. Œuvrons ensemble pour un monde plus juste et plus égalitaire.

« Si Daech entre à l’ONU, la loi n’existe plus : brisons les frontières »

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KURDISTAN – Un haut cadre du parti armé kurde d’Iran déclare que si « Si DAECH, cravaté, peut entrer aux Nations unies, cela signifie qu’il n’existe plus aucune loi ».
 
 
Mazloum Heften, membre du Conseil du Parti pour une Vie Libre du Kurdistan (PJAK) :
 
« Les jeunes Kurdes ne doivent plus reconnaître les frontières. Le temps est révolu où l’on disait : ici c’est le Sud, là le Nord, ici tel État, là un autre.
 
Les lois internationales ont-elles été conçues uniquement pour punir les Kurdes ?
 
Si Daech, cravaté, peut entrer aux Nations unies, cela signifie qu’il n’existe plus aucune loi.
 
Les jeunes doivent briser les frontières : Rojhilat (Est), Bachour (Sud), Bakour (Nord), et partout où vivent des Kurdes. Même les Kurdes partis en Europe doivent dire : retournons sur la terre du Rojava et bâtissons une nouvelle renaissance.
 
Ceux qui ont mis en place ce jeu doivent être amenés à le regretter. Je crois que si nous agissons comme l’exige la situation telle qu’elle apparaît clairement, alors la victoire sera forcément la nôtre. » (Via Maxime Azadî)

« Les négociations avec Damas butent sur l’autodéfense, l’éducation et les droits des femmes »

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SYRIE / ROJAVA – Membre du conseil présidentiel du Parti de l’Union démocratique (PYD), Salih Muslim a déclaré que les négociations avec Damas étaient dans l’impasse, en raison de profonds désaccords sur la défense légitime, le système éducatif et les droits des femmes. Dans un entretien accordé à « BBC Türkçe », il a affirmé que les discussions butaient notamment sur la place des femmes dans la société et les institutions. « Lors des négociations, ils disent clairement : ‘Il n’y aura pas de place pour la question des femmes, il n’y aura pas d’unités féminines’. Tout cela constitue pour nous des lignes rouges », a-t-il déclaré, rappelant que le modèle politique du Nord et de l’Est de la Syrie repose sur le principe de la coprésidence et la participation active des femmes. Ils ont relâché les djihadistes Salih Muslim a qualifié les développements récents de « complot contre les Kurdes », accusant l’administration de Damas d’avoir libéré des membres présumés de l’organisation État islamique (Daech) détenus dans des prisons reprises par ses forces. « Tout s’est déroulé sous les yeux de tous. Ils les ont arrêtés puis relâchés. C’est désormais un danger majeur pour le monde entier. La Syrie est en train de se transformer en un Afghanistan du Moyen-Orient », a-t-il averti. Attaques soudaines et perfides Critiquant le lancement d’opérations militaires malgré un accord existant entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et Damas, Muslim a dénoncé des attaques « soudaines » et « perfides ». Il a indiqué que les FDS avaient retiré certaines de leurs forces de Raqqa et de Deir ez-Zor après avoir compris que « ce n’était pas un affrontement limité, mais un plan visant à détruire le Rojava et à mettre fin à l’autonomie ». Selon lui, ce processus aurait été enclenché après l’accord de Paris, suivi rapidement par les attaques contre les quartiers d’Achrafiyeh et de Cheikh Maqsoud. Autodéfense, éducation et droits des femmes Il a également exprimé de vives inquiétudes concernant la sécurité des minorités, rappelant les massacres visant les Alaouites et les Druzes, qu’il attribue à l’absence de forces locales de protection. Sur la question de l’éducation, Salih Muslim a affirmé que Damas veut imposer un système éducatif à caractère islamiste, intégrant notamment la pensée d’Ibn Taymiyyah. « Nous disposons d’un système éducatif complet, de l’école à l’université », a-t-il souligné.Ibn Taymiyyah, religieux musulman ayant vécu aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, est considéré comme l’une des figures fondatrices du salafisme. Nous résisterons Malgré ces divergences profondes, Muslim a affirmé rester favorable à une solution politique. « Nous voulons la paix. Qu’il y ait un cessez-le-feu, que nous discutions, avec éventuellement des médiateurs. Mais si aucun accord n’est possible, nous résisterons », a-t-il conclu, avant d’ajouter : « Soit nous parvenons à un accord digne, soit nous résisterons aussi longtemps que cette guerre durera. » Maxime Azadî