TURQUIE. Le projet de loi sur les « agents d’influence » reporté
La Turquie détruit la nature du Kurdistan à coup de dynamite
Un écocide sans précédent dans la province kurde de Şırnak
L’État colonialiste turc détruit toute forme de vie dans les montagnes de Cudi et Gabar, avec des tonnes de dynamite qui explosent chaque jour. Les sommets des montagnes mythiques de la province kurde de Sirnak sont détruits par les compagnies minières et pétrolières, engloutissant avec eux la faune et la flore endémiques de la région. Selon un rapport de l’Agence de la Mésopotamie (MA), l’expansion des opérations d’extraction minière et de forage pétrolier dans les montagnes de Cudi et Gabar en Turquie contribue à l’aggravation de la dégradation de l’environnement. L’utilisation quotidienne d’explosifs pour ces activités aplatit les sommets des montagnes, détruit les écosystèmes et menace les espèces en voie de disparition. De grandes quantités de dynamite sont utilisées chaque jour, causant des dégâts considérables aux sols et aux ressources en eau. Les explosions ont pollué les réserves d’eau souterraines, abattu des arbres et mis en danger la faune locale, en particulier les chèvres sauvages qui dépendent de ces montagnes comme habitat.« Zones de sécurité spéciales »
L’exploitation minière a divisé certaines parties de la montagne, le charbon étant extrait à l’aide de machines lourdes et transporté jusqu’au village d’Avga Masiya à Şırnak. Une grande partie de la région a été régulièrement désignée « zone de sécurité spéciale » depuis les années 1990 en raison du conflit entre l’armée et les milices kurdes, ce qui restreint l’accès général et laisse le territoire ouvert principalement aux sociétés minières. Non loin de là, dans les montagnes de Gabar, la Turkish Petroleum Corporation (TPAO), une société d’État, a intensifié ses efforts d’exploration pétrolière au cours des deux dernières années, contribuant ainsi à l’impact environnemental. Les activités de la TPAO ont notamment consisté à déforester à grande échelle pour ouvrir des voies pour les routes et à construire des tours de forage, réduisant encore davantage les habitats des chèvres sauvages et d’autres animaux sauvages. De plus, au cours du mois dernier, deux incendies distincts se sont déclarés sur la montagne Gabar, apparemment liés à la collaboration entre des soldats, des gardes villageois et des compagnies pétrolières menant des opérations dans la région. Les zones minières de la montagne Cudi ont été transférées à l’homme d’affaires Süleyman Bölünmez, affilié au Parti de la justice et du développement (AKP), tandis que la montagne Gabar est devenue le site d’une vaste exploration pétrolière par TPAO et ses filiales. La destruction de l’environnement a commencé en 2020 avec de nombreux incendies de forêt, suivis d’une déforestation massive. Les habitants locaux qui tentaient de lutter contre ces incendies auraient été refoulés pour des raisons de sécurité, tandis que la déforestation se poursuivait. Selon les données de 2022 de la Direction régionale des forêts d’Urfa, 7 % des forêts de Şırnak ont été détruites en sept mois, et des estimations récentes suggèrent que plus de 10 % des forêts de la région ont désormais été perdues. Ces derniers jours, les coupes d’arbres se sont accélérées dans les districts d’Uludere (Qileban) et de Beytüşşebap (Elkê) de Şırnak, apparemment sous supervision militaire.Manifestation kurde à Cologne pour briser l’isolement
PARIS. Marche contre les violences faites aux femmes #25novembre2024
Hommage aux enfants kurdes brûlés vifs dans le cinéma d’Amûdê il y a 64 ans


TURQUIE. Rafles et torture lors de manifestations suite à la destitution des maires kurdes


Retour des administrateurs (kayyum)
« Si la Turquie veut jouer un rôle au Moyen-Orient, elle doit résoudre la question kurde »

IRAN. Une autre prisonnière politique kurde condamnée à mort
KURDISTAN. Un drone turc cible une voiture à Shengal
Ankara et les Kurdes: Chaos et delirium sur le terrain
La scène politique en Turquie ressemble beaucoup à un court de tennis quand même un peu exceptionnel voire très bizarre. Car il y a au moins 4 filets donc 4 terrains superposés aléatoires où jouent au moins 8 joueurs avec plus de 16 balles! De plus il n’y a pas de règles! Chaque joueur peut faire ce qu’il veut, il peut même parfois tirer sur un de ses adversaires à l’aide d’un kalachnikov! Il y a également de en temps les spectateurs qui descendent sur le terrain, jettent de nouveaux balles, des pierres et voire des cocktails Molotov.
L’absence du Droit, la carence d’un mécanisme d’Etat, la volonté du Président tout puissant arbitraire et autoritaire ont crée cet atmosphère d’enfer.
5 dates à retenir:
– Le 1er octobre dernier, le chef du parti d’extrême-droite M.Devlet Bahceli, Président du MHP (Parti de l’Action Nationaliste, 50 sièges sur 593 au Parlement, allié d’Erdogan) est allé chez les députés de DEM (Parti de l’Egalité et de la Démocratie des Peuples, 57 sièges, kurdes et gauches) leur serrer la main. Grande, très grande surprise! Est ce que le pouvoir commence à se reconcilier avec les kurdes, [habituellement] accusés de ‘’séparatisme’’, de ‘’terrorisme’’ et de ’’traîtrise à la nation’’?
– Le procureur de la prison de l’île d’İmrali (Marmara) a annoncé le 16 octobre qu’Ocalan a reçu une nouvelle peine de discipline, donc il ne peut pas recevoir de visiteur pendant 3 mois.
– Le 22 octobre M. Bahceli va encore plus loin: Il invite le Président du PKK Abdullah Ocalan, en prison depuis 1999 à venir faire un discours au Parlement turc pour annoncer la fin de la lutte armée et la dissolution de son organisation. Choc politique dans l’ensemble du pays. Le Président Erdogan, soutient timidement cette initiative. Les Kémalistes sont fou de rage et les Kurdes espèrent avec un peu de précaution l’ouverture d’un nouveau processus de paix.
– Le 31 Octobre, le Ministère de l’İntérieur nomme un administrateur à la place du maire élu d’Esenyurt (Istanbul), le plus peuplé district du pays, avec environ un million de résident. Le maire, le Prof. Ahmet Ozer, accusé ‘’d’aider les terroristes’’, a été emprisonné le 30 octobre. Cet universitaire kurde avait gagné les élections grâce à une coalition des sociaux-démocrates et des kurdes.
– Enfin le 4 novembre le Ministère de l’Intérieur nomme 3 administrateurs à la place de 3 maires kurdes élus à Mardin, Batman et Halfeti (Sud-est). Le district d’Urfa, Halfeti est le lieu de naissance d’Ocalan. Désormais personne ne parle plus de paix.
‘’L’initiative de Bahceli n’était qu’un piège’’ affirme un député de DEM. Les Kémalistes sont contents. Erdogan ne parle plus.
Alors que s’est il passé entre le 1er octobre et le 4 novembre?
En l’absence de transparence les spécialistes et chroniqueurs ne peuvent avancer que des scénarios.
– Le régime s’affablit et a besoin de nouveaux alliés. Les kurdes qui sont contre les Kémalistes peuvent peut être soutenir Erdogan qui désire faire une nouvelle Constitution pour redevenir Président en mai 2028.
– La Guerre au Moyen-Orient risque d’influencer de plus en plus la Turquie. Alors cette dernière doit renforcer son unité nationale.
Mais on ne sait pas encore pourquoi l’initiative de Bahceli a été mis hors circuit. Deux réponses:
– Devant la grande opposition massive d’une très grande partie de l’opinion publique turque l’invitation adressée à Ocalan est annulée.
– L’initiative de Bahceli était une proposition d’une fraction de l’Etat. L’autre fraction l’a cassé.
Les joueurs des courts de tennis continuent à jouer, les spectateurs les suivent sans savoir ce qui se passe. Les journalistes, les spécialistes, les commentateurs se contentent de décrire les scènes successives. L’écran électronique qui montre les points ne change pas du tout: Zéro partout!