KURDISTAN. Seyid Rıza commémoré à Dersim

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TURQUIE / KURDISTAN – Le leader de la révolte de Dersim, Seyid Rıza et ses amis sont commémorés à l’occasion du 87e anniversaire de leur exécution.
Le 15 novembre 1937, Seyid Riza, un dignitaire alévi et chef du mouvement kurde en Turquie pendant la rébellion de Dersim*, fut pendu à l’âge de 74 avec son fils et de nombreux autres compagnons.
 
Seyit Rıza et ses amis, l’un des pionniers de la lutte contre le massacre de Dersim, sont commémorés aujourd’hui à l’occasion du 87e anniversaire de leur exécution. La foule qui s’est rassemblée dans la rue Sanat sous la direction des Forces travaillistes et démocratiques du Dersim marche silencieusement vers la place Seyit Rıza.

Pir Seyid Riza peu avant son exécution

Massacres et nettoyage ethnique et religieuse à Dersim

Au début de la création de l’Etat turc, le pouvoir a essayé d’assimiler les Kurdes en les opprimant, en interdisant les publications en kurde, en persécutant ceux qui parlaient kurde, en expulsant de force les gens des régions fertiles du Kurdistan pour les régions pauvres d’Anatolie où beaucoup ont péri. Les prisons étaient pleines de non-combattants, les intellectuels étaient fusillés, pendus ou exilés dans des endroits reculés.

Seyid Riza, son fils et ses compagnons avant leur exécution pour avoir exigé de vivre en liberté et en paix dans leur propre pays.
 
*La rébellion de Dersim
Le massacre de Dersim a eu lieu suite à la rébellion du Dersim (en turc: Dersim İsyanı), soulèvement des Kurdes zazas (dialecte kurde) alévis contre le gouvernement turc dans la région du Dersim. La rébellion a été dirigé par Seyid Riza, un notable kurde alévi. À la suite de la campagne militaire turque de 1937 et 1938 contre la rébellion, des dizaines de milliers de Kurdes zazas de confession alévie sont morts, leurs enfants ont été placés dans des familles turques pour les assimiler et de nombreux autres ont été déplacés à l’intérieur du pays.
 
Pour ne pas laisser de trace kurde dans la région, l’État turc a également changé les noms kurdes des localités et des régions kurdes en turc. Ainsi, Dersim est devenu Tunceli (main de bronze en turc) pour dire qu’ils ont écrasé Dersim d’un coup de poing en bronze. (Par ailleurs, la langue kurde a été interdite dans tout le Kurdistan. On disait que la langue kurde – de la famille indo-européenne, contrairement au turc qui fait partie de la famille des langues altaïques – était en réalité le turc déformé parlé par des « Turc des montagnes », pour ne pas dire les Kurdes…)
 
Au milieu des années 1930, Dersim était la dernière région du Kurdistan du Nord qui n’avait pas été efficacement placée sous le contrôle du gouvernement central turc du fait de sa zone géographique montagneuse qui la protégeait d’agressions extérieurs. Les tribus kurdes de Dersim n’avaient jamais été soumises par aucun gouvernement précédent. Elles ne s’opposaient pas au gouvernement en tant que tel, tant qu’il n’intervenait pas trop dans leurs affaires.
 
La campagne militaire contre Dersim a été montée en réponse à un incident relativement mineur, et il semblerait que l’armée ait attendu un prétexte direct pour mettre enfin à genou Dersim la rebelle perchée aux creux de ses montagnes verdoyantes. Un jour de mars 1937, un pont stratégique en bois a été incendié et des lignes téléphoniques ont été coupées. Seyyit Riza et les tribus alliées ont été accusés d’être derrière cet incident. Pour l’armée turque, c’était le début de la rébellion tant attendue.
 
Les premières troupes, envoyées pour arrêter les suspects, ont été arrêtées par des hommes armés. Les confrontations ont rapidement dégénéré. Lorsque les tribus refusèrent de livrer leurs chefs, une grande campagne fut lancée. Les opérations militaires pour soumettre la région ont duré tout au long de l’été 1937. En septembre, Seyyit Riza et ses plus proches associés se sont rendus à condition qu’on ne touche pas à la population, mais le printemps suivant les opérations ont été reprises avec encore plus de force. Ils ont été d’une violence et d’une brutalité sans précédent.
 
De 70 à 90 000 personnes seraient massacrées à Dersim selon les habitants. On rapporte que des cadavres des femmes mortes ont été violées par des soldats et des enfants ont été tués à coups de bûches de bois « pour ne pas gaspiller » les balles…
 
Plus de 10 000 Kurdes de Dersim ont été déportés vers des régions pauvres de Turquie, la plupart étant morts de faim et d’épuisement sur le chemin de la déportation. Des fillettes kurdes alévies ont été enlevées à leurs familles et données à des familles d’officiers turcs pour être assimilées de forces.
 
En 2008, le Parlement européen a organisé une conférence sur le génocide de Dersim. Et le comité de la conférence « Dersim 38 » s’est adressé à la Cour pénale internationale.
 
Des initiatives personnelles ont également été prises par des victimes du génocide de Dersim. Par exemple, Efo Bozkurt, qui a perdu toute sa famille dans le massacre, a déposé une plainte en justice pour «crimes contre l’humanité» en 2010, mais sa plainte a été rejetée.
 
Le procureur général d’Hozat a décidé d’abandonner les procédures le 18 février 2011. Il a été déclaré que « le droit pénal turc en vigueur au moment des incidents qui se seraient produits à Dersim en 1938 n’incluait pas le génocide et les crimes contre l’humanité imputés par la plaignante ». Il a en outre été dit dans la décision que les prétendus cas de décès devaient être qualifiés d’« homicides » et relevaient donc du délai de prescription.
 
Dans les années 2010, un journal turc pro-gouvernemental Yeni Şafak a publié un document de renseignement top secret révélant que Mustafa Kemal (Atatürk) avait rencontré Seyit Riza la veille de son exécution, en lui disant qu’il serait épargné s’il demandait pardon. Seyit Riza a refusé et a été pendu avec 6 de ses camarades tôt le matin suivant. Le document prouve que les condamnations à mort ont été décidées à l’avance. Le document mentionne que Mustafa Kemal a dit à Seyid Riza que les habitants de Dersim sont des « Turcs du Khorasan » et que les corps de Seyit Riza et de ses compagnons ont été brûlés après avoir été exposés en public.
 
 

TURQUIE. Un ado kurde de 15 ans emprisonné pour « propagande terroriste »

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TURQUIE – A Istanbul, un mineur de 15 ans qui avait participé aux protestations dénonçant la confiscation des mairies kurdes, a été emprisonné pour « propagande terroriste ».
 
N.V., un enfant de 15 ans a été arrêté le 12 novembre à Istanbul / Küçükçekmece pour avoir participé aux manifestations contre la récente nomination d’administrateurs aux municipalités kurdes. Après avoir complété les procédures de sécurité, NV a été conduit au tribunal pénal de paix tard jeudi soir par le parquet avec une demande d’arrestation. Le juge a ordonné son arrestation pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste ». NV a été emmené à la prison pour enfants et jeunes de Maltepe. (photo d’archive)

ROJAVA. Une attaque turque fait trois morts parmi les combattants kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Lundi, une attaque turque ciblant Hassaké a fait trois morts parmi les vétérans de la guerre. Il s’agit de Hogir Amed, Serkêş Riha et Hemze Serêkaniyê. Enrôlés au sein des FDS, ils avaient été blessés lors combats contre l’EI et la Turquie colonialiste.
 
Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont rendu public les identités des trois vétérans de la guerre tombés martyrs par une attaque turque ciblant Hassaké. Il s’agit de Hogir Amed, Serkêş Riha et Hemze Serêkaniyê. Les FDS ont accusé la Turquie d’être responsable de l’attaque et ont condamné le meurtre de ses combattants comme un « acte de terrorisme insidieux ». L’alliance a exprimé ses condoléances aux proches des martyrs et à la population du Kurdistan et du nord et de l’est de la Syrie.  Nom de code : Hogir Amed  Nom et prénom : Mehmet Can  Lieu de naissance: Amed (Diyarbakır)  Date et lieu de décès : 11 novembre 2024 / Hesekê      Nom de code : Serkêş Riha  Nom et prénom : Mustafa Kaytan  Lieu de naissance : Riha (Urfa)  Date et lieu de décès : 11 novembre 2024 / Hesekê      Nom de code : Hemze Serêkaniyê  Nom et prénom : Muhammad Saleh Al-Muhammad  Lieu de naissance : Serêkaniyê   Date et lieu de décès : 11 novembre 2024 / Hesekê   L’attaque de Hesekê visait apparemment spécifiquement Hogir Amed, Serkêş Riha et Hemze Serêkaniyê. Ils circulaient dans le quartier de Salihiye, à l’est du centre-ville, lundi soir, lorsque leur véhicule, marqué du logo de l’Association des invalides de guerre des FDS, a explosé au milieu de la rue. Selon les autorités militaires et de sécurité, la détonation a été déclenchée par un engin explosif télécommandé qui avait été fixé au préalable sur la voiture. Hogir Amed, Serkêş Riha et Hemze Serêkaniyê étaient des invalides de guerre. Certains d’entre eux étaient engagés depuis des années dans la lutte contre l’État islamique, mais aussi contre l’occupation turque dans le nord et l’est de la Syrie. Hogir Amed et Serkêş Riha sont tous deux originaires du Kurdistan du Nord et ont, entre autres, résisté à la guerre d’agression turque à Afrin en 2018. Hemze Serêkaniyê est née à Serêkaniyê, qui a été la cible d’une invasion environ un an et demi après la guerre d’Afrin et est également occupée par la Turquie depuis lors. Les FDS ont salué leurs combattants comme de « grands révolutionnaires » qui ont consacré leur vie à la liberté de leur peuple. « Nous continuerons à suivre le chemin que nos camarades ont emprunté pour permettre à notre peuple de vivre une vie sûre et libre », a déclaré le FDS dans un communiqué. (ANF)

TURQUIE. Deux millions d’enfants vivent dans une « pauvreté absolue »

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TURQUIE / KURDISTAN – En Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, environ un enfant sur dix vit dans un état de pauvreté absolue, selon des études récentes. Deux études menées par la Fondation de recherche sur les politiques économiques de Turquie (en turc: Türkiye Ekonomi Politikaları Araştırma Vakfı – TEPAV) ont mis en lumière la crise croissante de la pauvreté infantile dans le pays. Ainsi, 7,03 millions d’enfants âgés de 0 à 17 ans en Turquie vivent dans la pauvreté, dont 2 millions sont confrontés à la « pauvreté absolue ». Selon les données officielles de l’Institut statistique de Turquie (en turc : Türkiye İstatistik Kurumu – TÜİK ou TurkStat), les enfants de moins de 18 ans représentent 22,2 millions des 85 millions d’habitants de la Turquie, ce qui souligne l’ampleur significative du problème. Les études ont mis en évidence une forte augmentation de la pauvreté chez les nourrissons (0 à 2 ans) et les enfants (3 à 14 ans). En 2017, 36,8 % des nourrissons étaient considérés comme pauvres, mais en 2022, ce chiffre était passé à 41,4 %. De même, le taux de pauvreté des enfants est passé de 40,8 % en 2017 à 43,8 % en 2022.
En utilisant le revenu par habitant pour mesurer les niveaux de pauvreté, l’étude a montré que les groupes d’âge les plus jeunes sont touchés de manière disproportionnée par rapport à la population globale. Le taux de pauvreté en 2022 était de 41,4 % pour les nourrissons de 0 à 2 ans, de 43,8 % pour les enfants de 3 à 14 ans, de 29,9 % pour les jeunes de 15 à 24 ans et de 18,2 % pour les adultes de 25 ans et plus. Ces chiffres révèlent que les nourrissons et les jeunes enfants en Turquie sont beaucoup plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les adultes, soulignant une profonde inégalité dans la répartition des ressources. Une autre étude du TEPAV, dirigée par le chercheur Hakan Yılmaz et basée sur la méthodologie EUROSTAT, a calculé le taux global de pauvreté infantile en Turquie à 34,4 % en 2023. Alors que ce taux oscillait entre 33 % et 34 % jusqu’en 2020, il a dépassé 34 % en 2021, signalant une tendance à la hausse inquiétante. L’étude a identifié 2 millions d’enfants vivant dans une « pauvreté absolue », une condition dans laquelle même les besoins de base comme la nourriture, les vêtements et le logement ne peuvent être satisfaits. Les chercheurs ont souligné que cette privation extrême a un impact profond sur le développement physique et psychologique des enfants, ce qui suscite des inquiétudes à long terme quant à l’avenir de ces populations vulnérables. (Bianet)

ROJAVA. La récolte d’olives menacée par les attaques turques

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SYRIE / ROJAVA – La récolte des olives a commencé dans le nord et l’est de la Syrie, mais les agriculteurs du canton de Firat ne peuvent pas aller dans leurs oliveraies à cause des attaques turques ciblant l’autonomie kurde et leurs olives risquent de pourrir sur les arbres. La récolte des olives a commencé dans le nord et l’est de la Syrie. Les olives sont récoltées à l’automne après les premières pluies. Les agriculteurs du canton de Firat sont très inquiets en raison des attaques continues de l’armée turque. Meryem Mihemed, une agricultrice du village de Bûban, près de Kobanê, a déjà commencé à récolter dans son oliveraie. Elle possède 600 oliviers. Cette plantation suffit à faire vivre une famille. Cependant, le rendement de cette année est inférieur, a-t-elle expliqué à l’ANHA. Les olives peuvent être récoltées tous les deux ans. C’est pourquoi les récoltes fortes et faibles alternent toujours. Cette année, on devrait pouvoir avoir une bonne récolte. Mais à cause des tempêtes du printemps, les fleurs des oliviers ont été arrachées et seules quelques fleurs ont survécu. « À cause des attaques, nous ne pouvons pas récolter nos olives » Les plantations d’oliviers de la région de Kobanê sont souvent situées près de la frontière turque avec le Kurdistan du Nord. En raison de la proximité de la frontière, les soldats turcs empêchent les gens d’entrer dans les plantations. Le champ de Meryem Mihemed est également situé dans une telle zone. Mihemed a déclaré à ANHA que les gens n’osent pas aller dans leurs champs par peur pour leur vie. Les bombardements constants de l’artillerie turque exercent une pression énorme sur les agriculteurs et visent à les forcer à fuir leurs terres. ANF

IRAN. Les Yarsans célèbrent Khavandan dans un contexte de marginalisation

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IRAN / KURDISTAN. Les Kurdes yarsans ont célbré la Khavandan (Xawandkar ou Xawenkar), un festival de musique traditionnelle et de pratiques culturelles mettant en valeur les racines culturelles et l’unité de la communauté yâresân victime de persécutions en Iran et en Irak. La communauté ethno-religieuse des Yarsan, principalement basée dans l’ouest de l’Iran et l’est de l’Irak, s’est réunie pour célébrer Khavandan (également connu sous le nom de Xawandkar ou Xawenkar), une fête annuelle qui se déroule de fin octobre à mi-novembre. Cette importante cérémonie religieuse réunit les Kurdes yarsans des provinces de Kermanshah (Kirmansah), Lorestan et Ilam au Kurdistan iranien, ainsi que de Kirkouk (Kerkûk) dans la région du Kurdistan irakien (KRI). (Le yârsânisme ou yaresanisme (kurde : yâresân) est une religion qui est pratiquée exclusivement par les Kurdes entre les Kurdistans irakien et iranien.) Khavandan, également connu sous le nom de Fête des amis , est un événement à la fois spirituel et communautaire où les fidèles honorent Khavandagar (comparable au concept de Dieu) et Sultan Sahak, un mystique kurde considéré comme une incarnation de Khavandagar. Selon Sar Anjam, le livre sacré Yarsani, la fête commémore la libération du sultan Sahak et de ses compagnons de prison, marquant un tournant dans l’histoire de Yarsan et une période de dévotion et d’unité renouvelées. La foi yarsane, également connue sous le nom d’Ahl-e Haqq (Peuple de la Vérité), est l’une des plus anciennes du Moyen-Orient. On estime qu’elle compte trois millions de fidèles en Iran, principalement dans les provinces occidentales à prédominance kurde. Entre 120 000 et 150 000 autres yarsanes, communément appelés Kaka’i, vivent en Irak. S’identifiant principalement à l’ethnie kurde, les Yarsan ont conservé au fil des siècles leurs pratiques culturelles et spirituelles distinctives, la musique étant profondément ancrée dans leur identité. Les femmes et les hommes jouent un rôle central dans ces traditions, se produisant souvent avec le tanbour et le daf (instruments sacrés) lors des rituels yarsan. Pendant le Khavandan, les sons résonnants du tanbour et les battements rythmiques du daf remplissent l’air d’hymnes qui racontent l’histoire de leur foi, célébrant leur héritage dans une musique à la fois lugubre et édifiante. La communauté Yarsan est depuis longtemps marginalisée en raison de ses croyances religieuses et de sa culture uniques. En Iran, où le gouvernement ne reconnaît pas officiellement la religion Yarsan, de nombreux Yarsanis n’ont pas été autorisés à pratiquer ouvertement leur foi, ce qui les rend vulnérables à la discrimination. Pourtant, la communauté Yarsan persévère, s’accrochant à sa musique, à ses rituels et à ses festivals comme de puissantes expressions de son identité et de son patrimoine. Pour les Yarsan, le festival Khavandan n’est pas seulement une célébration spirituelle, mais aussi une affirmation de la fierté culturelle et de la résilience. Les tenues traditionnelles vibrantes des femmes et des hommes Yarsan, associées aux sons du tembûr et du daf, mettent en valeur une culture qui, bien que souvent réprimée, prospère dans sa vitalité et sa résistance. Medya News : Yarsan community celebrate Khavandan amid marginalisation in Iran

IRAN. 7 prisonniers exécutés mercredi à Karaj

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IRAN – Hier, le régime iranien a exécuté au moins sept prisonniers, dont une femme, trois prisonniers kurdes et un ressortissant afghan, dans la prison de Ghezel Hesar, à Karaj. Au moins sept prisonniers, dont une femme, trois prisonniers kurdes et un ressortissant afghan, condamnés à mort pour « meurtre avec préméditation » et délits liés à la drogue, ont été exécutés dans la prison de Ghezel Hesar, à Karaj. Ces prisonniers ont été identifiés comme étant Khaled Tajik, Ahmad Alizadeh, Saman Bozorgi, Hamzeh Tarkashvand, Jafar Rastgar et Mohsen Moradi. L’identité de la femme fait l’objet d’une enquête. Selon un rapport reçu par Hengaw (ONG de défense des droits humains au Kurdistan de l’Est), aux premières heures du mercredi 13 novembre 2024, trois prisonniers – Mohsen Moradi (également connu sous le nom de Rastgoozadeh) de Nurabad, Hamzeh Tarkashvand de Kangavar et Jafar Rastgar de Harsin – qui avaient déjà été condamnés pour des accusations liées à la drogue ont été pendus dans la prison de Ghezel Hesar, à Karaj. Au même moment, trois hommes nommés Ahmad Alizadeh, 26 ans, Khaled Tajik (un ressortissant afghan), Saman Bozorgi et une femme non identifiée, tous trois condamnés à mort pour meurtre prémédité, ont été exécutés dans cette prison. Il convient de noter qu’Ahmad Alizadeh a été arrêté il y a six ans, à l’âge de 20 ans, alors qu’il était étudiant, accusé de « meurtre prémédité » et a été condamné à mort. Il avait été pendu une première fois le 27 avril 2024, dans la prison de Ghezel Hesar, et alors qu’il pendait au bout de la corde depuis 28 secondes, il avait été décroché à la demande de sa famille et réanimé avant d’être ramené dans sa cellule. À ce jour, la nouvelle de l’exécution de ces prisonniers n’a toujours pas été annoncée par les médias d’État, notamment ceux affiliés au pouvoir judiciaire.

TURQUIE. Le projet de loi sur les « agents d’influence » reporté

CENSURE Un haut responsable du parti au pouvoir a déclaré que le projet de loi sur les « agents d’influence » avait été reporté pour entendre les objections de l’opposition et pour une éventuelle révision. Le parti pro-kurde, DEM demande la suppression pure et simple du projet qui menace la liberté de la presse et tous ceux qui osent critiquer le régime turc. Le parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), a reporté le projet de loi controversé sur les « agents d’influence », une mesure proposée qui élargit la définition de l’espionnage pour inclure les activités censées influencer l’opinion publique pour le compte d’acteurs étrangers. Cette décision fait suite à la forte opposition des critiques qui estiment que le projet de loi pourrait criminaliser le journalisme. Le président du groupe parlementaire AKP, Abdullah Güler, a déclaré aujourd’hui que la mesure serait supprimée d’un projet de loi omnibus actuellement à l’étude, mais a indiqué qu’elle pourrait être réintroduite après de nouvelles consultations. « Nous organiserons une réunion la semaine prochaine pour examiner les propositions et les objections de l’opposition concernant la disposition sur l’espionnage », a déclaré Güler à l’agence de presse Anadolu (AA). Des représentants du ministère de la Justice participeront également à la réunion. Güler a précisé que le projet de loi n’avait pas été complètement retiré et qu’il serait probablement présenté à nouveau après avoir pris en compte les contributions des partis d’opposition. Le projet de loi devait être débattu cette semaine, mais il a fait l’objet de vives critiques de la part des parlementaires de l’opposition et des groupes de journalistes. Les critiques affirment que le libellé trop large du projet de loi pourrait être utilisé pour qualifier les journalistes et autres personnes qui critiquent les politiques gouvernementales d’« agents d’influence », ce qui pourrait conduire à des poursuites judiciaires à leur encontre. Le Conseil de presse, entre autres groupes, a averti que le projet de loi pourrait créer une « chasse aux sorcières », supprimant de fait la liberté d’expression et le journalisme d’investigation. L’AKP avait présenté ce projet de loi pour la première fois en juin, mais l’avait retiré après une réaction similaire.
Article 339/A proposé du Code pénal turc selon le projet de loi 1. Quiconque commet un crime en accord avec les intérêts stratégiques ou les instructions d’un État ou d’une organisation étrangère, contre la sécurité de l’État ou ses intérêts politiques intérieurs ou extérieurs, est puni de trois à sept ans de prison. Le délinquant est condamné à la fois pour ce crime et pour tout autre crime similaire commis. 2. Si l’infraction est commise en temps de guerre ou d’une manière qui met en danger les préparatifs de guerre, les activités ou les opérations militaires de l’État, le délinquant est passible d’une peine de huit à douze ans de prison. 3. Si l’infraction est commise par des personnes occupant des postes de sécurité nationale stratégique au sein d’institutions gérant des projets, des installations ou des services importants, la peine sera doublée. 4. La poursuite de cette infraction est soumise à l’autorisation du Ministre de la Justice. (Bianet)

La Turquie détruit la nature du Kurdistan à coup de dynamite

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TURQUIE / KURDISTAN – L’État turc pille et détruit les forêts du Kurdistan pour y construire des postes militaires, des barrages, des mines et carrières en tout genre. Il s’agit d’un pillage doublé d’un écocide ciblant le peuple kurde.

Un écocide sans précédent dans la province kurde de Şırnak

L’État colonialiste turc détruit toute forme de vie dans les montagnes de Cudi et Gabar, avec des tonnes de dynamite qui explosent chaque jour. Les sommets des montagnes mythiques de la province kurde de Sirnak sont détruits par les compagnies minières et pétrolières, engloutissant avec eux la faune et la flore endémiques de la région. Selon un rapport de l’Agence de la Mésopotamie (MA), l’expansion des opérations d’extraction minière et de forage pétrolier dans les montagnes de Cudi et Gabar en Turquie contribue à l’aggravation de la dégradation de l’environnement. L’utilisation quotidienne d’explosifs pour ces activités aplatit les sommets des montagnes, détruit les écosystèmes et menace les espèces en voie de disparition. De grandes quantités de dynamite sont utilisées chaque jour, causant des dégâts considérables aux sols et aux ressources en eau. Les explosions ont pollué les réserves d’eau souterraines, abattu des arbres et mis en danger la faune locale, en particulier les chèvres sauvages qui dépendent de ces montagnes comme habitat.

« Zones de sécurité spéciales »

L’exploitation minière a divisé certaines parties de la montagne, le charbon étant extrait à l’aide de machines lourdes et transporté jusqu’au village d’Avga Masiya à Şırnak. Une grande partie de la région a été régulièrement désignée « zone de sécurité spéciale » depuis les années 1990 en raison du conflit entre l’armée et les milices kurdes, ce qui restreint l’accès général et laisse le territoire ouvert principalement aux sociétés minières. Non loin de là, dans les montagnes de Gabar, la Turkish Petroleum Corporation (TPAO), une société d’État, a intensifié ses efforts d’exploration pétrolière au cours des deux dernières années, contribuant ainsi à l’impact environnemental. Les activités de la TPAO ont notamment consisté à déforester à grande échelle pour ouvrir des voies pour les routes et à construire des tours de forage, réduisant encore davantage les habitats des chèvres sauvages et d’autres animaux sauvages. De plus, au cours du mois dernier, deux incendies distincts se sont déclarés sur la montagne Gabar, apparemment liés à la collaboration entre des soldats, des gardes villageois et des compagnies pétrolières menant des opérations dans la région. Les zones minières de la montagne Cudi ont été transférées à l’homme d’affaires Süleyman Bölünmez, affilié au Parti de la justice et du développement (AKP), tandis que la montagne Gabar est devenue le site d’une vaste exploration pétrolière par TPAO et ses filiales. La destruction de l’environnement a commencé en 2020 avec de nombreux incendies de forêt, suivis d’une déforestation massive. Les habitants locaux qui tentaient de lutter contre ces incendies auraient été refoulés pour des raisons de sécurité, tandis que la déforestation se poursuivait. Selon les données de 2022 de la Direction régionale des forêts d’Urfa, 7 % des forêts de Şırnak ont ​​été détruites en sept mois, et des estimations récentes suggèrent que plus de 10 % des forêts de la région ont désormais été perdues. Ces derniers jours, les coupes d’arbres se sont accélérées dans les districts d’Uludere (Qileban) et de Beytüşşebap (Elkê) de Şırnak, apparemment sous supervision militaire.

Manifestation kurde à Cologne pour briser l’isolement

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ALLEMAGNE – Dans le cadre des préparatifs du rassemblement du 16 novembre à Cologne, la coprésidente du KCDK-E, Zübeyde Zümrüt, le coprésident de KON-MED, Kerem Gök, et les membres de l’Assemblée de la Société démocratique kurde de Münster ont rendu visite aux familles et aux commerçants kurdes, les invitant à participer à la marche pour briser l’isolement.
 
Dans le cadre de la campagne internationale « Liberté pour Abdullah Öcalan, solution politique à la question kurde », les préparatifs sont en cours pour la marche et le rassemblement qui se tiendront au Deutzer Werft de Cologne le 16 novembre.
 
Dans le cadre des préparatifs à Münster, la coprésidente du KCDK-E, Zübeyde Zümrüt, le coprésident de KON-MED, Kerem Gök, et les membres de l’Assemblée de la Société démocratique kurde de Münster ont rendu visite aux commerçants et aux familles, distribué des tracts de marche et invité les gens à se joindre à la marche.
 
Zübeyde Zümrüt a déclaré : « Nous organiserons une marche à Cologne pour exiger la libération physique de Rêber Apo [Abdullah Öcalan] et une solution politique au problème kurde. Comme vous le savez, le leader du peuple kurde Abdullah Öcalan est en captivité sur l’île d’Imrali depuis 26 ans. (…) Ni la famille ni les avocats ne peuvent lui rendre visite, et l’isolement s’aggrave peu à peu. »
 
Zümrüt a ajouté : « Lorsque Ömer Öcalan, neveu du leader du peuple kurde et député du parti DEM, l’a rencontré le 23 octobre, Rêber Apo a d’abord déclaré : ‘L’isolement continue’. Ömer Öcalan a rencontré Rêber Apo à la suite d’une lutte, mais cela ne signifie pas que l’isolement a pris fin ou que le système d’Imrali s’est effondré. Si des centaines de milliers de personnes se rendent à Cologne le 16 novembre, l’isolement d’Imrali sera à l’ordre du jour des États européens. »