La vie « temporaire » dans une ville de tentes deux ans après le séisme

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TURQUIE / KURDISTAN – Il y a deux ans jour pour jour, deux séismes dévastaient onze provinces du sud-est de la Turquie à majorité kurde. Deux ans après ces tremblements de terre, les millions de rescapés du séisme vivent toujours dans des tentes ou des mobil homes et l’absence de l’État qui n’a pas tenu ses promesses de reconstruction.
 
Le gouvernement turc n’avait pris aucune précaution contre les tremblements de terre et lorsque cela s’est produit, le 6 février 2023, il n’est pas intervenu rapidement et efficacement, ajoutant des morts et des catastrophes au séisme dévastateur. Deux ans plus tard, dans la région de Hatay, durement touchée par le séisme du six février 2023, au milieu des champs de ruines et de désolation, l’amertume des rescapés grande.
 
La vie « temporaire » sans fin dans une ville – tente d’Hatay
 
Alors que le deuxième anniversaire des tremblements de terre de 2023 approche, Antioche est loin de son dynamisme d’antan. La poussière et la fumée planent sur la ville, mêlées au bruit constant des machines et des camions. Bien que les autorités la désignent comme « le plus grand chantier de construction du monde », le problème le plus critique après deux ans reste inchangé : le logement.
 
Les espaces de vie « temporaires » sont devenus des lieux permanents. Selon les chiffres officiels, il existe 204 campements de conteneurs. Au total, 223 906 personnes vivent encore dans des conteneurs : 177 165 dans des campements organisés et 46 741 dans des conteneurs individuels. Depuis deux ans, tout ce qui concerne la vie quotidienne doit tenir dans 21 mètres carrés.
 
En suivant la vie dans ces camps de conteneurs, je tombe sur des informations sur le « camp de yourtes ».
 
Le campement de yourtes de Koçören à Defne
 
Situé dans le quartier de Koçören à Defne, le long de la route Antakya-Samandağ, le camp est à environ neuf kilomètres du centre-ville.
 
L’ancien président de l’AFAD (Autorité de gestion des catastrophes et des urgences), Okay Memiş, a partagé une publication le 8 juin 2023, mentionnant leur inspection du camp de yourtes à Koçören. Il a noté : « Dans un campement comprenant 198 tentes, chacune de 21 mètres carrés et de cinq mètres de haut, l’infrastructure a été achevée et la plupart des tentes ont été installées. »
 
A l’époque, les médias affirmaient que ces tentes serviraient de « nouveau foyer temporaire » pour les résidents. Aujourd’hui, environ 150 familles vivent encore dans le camp, la plupart venant de différents quartiers de Defne, le district le plus touché après Antakya.
 
Gravas et constructions neuves
 
Koçören, également connu localement sous le nom de Mengüllü, est devenu un point focal peu après le tremblement de terre en raison des discussions autour des sites de déversement de gravats et des expropriations d’urgence.
 
Les habitants ont protesté contre les zones de décharge de gravats et l’expropriation rapide de terres proches des zones résidentielles et des oliveraies dans le cadre de projets de logements en cas de catastrophe.
 
Vivre une vie provisoire
 
Je lui pose des questions sur la vie dans le camp de tentes. Hasan commence par souligner qu’ils sont classés comme vivant dans un « container ». Cependant, ce statut ne signifie pas que les conditions sont idéales. Il continue en décrivant leurs difficultés quotidiennes.
 
« Nous avons l’électricité, l’eau et des toilettes. Mais il y a souvent des coupures d’électricité. Parfois, il y a trois coupures par jour, parfois il y en a cinq heures d’affilée », explique-t-il.
 
Les problèmes d’eau constituent un autre défi. « Parfois, les canalisations éclatent. Nous le signalons, mais personne ne vient pendant deux ou trois jours. Ils apportent de l’eau par camions-citernes et nous disent : ‘Utilisez-la avec parcimonie’. Nous vivons donc une vie temporaire. »
 
« Ne convient pas à une vie à long terme »
 
Selon le deuxième rapport publié le 3 février par l’Association des victimes du séisme de Hatay, les campements de conteneurs d’Antakya ne sont pas adaptés à une vie à long terme. Le rapport met en évidence les problèmes structurels, les inondations, les coupures de courant fréquentes et le manque d’équipements sociaux comme principaux problèmes. L’Association affirme que le gouvernement n’a pas réussi à transformer ces zones en espaces temporaires plus habitables, ce qui a contraint les survivants du séisme à endurer des conditions difficiles au cours des deux dernières années.
 
Vivre avec une pension
 
Hasan a travaillé pendant des années comme chauffeur de camion. « J’ai livré des marchandises dans 40 pays, y compris en Europe », dit-il avec fierté. Mais aujourd’hui, il a du mal à joindre les deux bouts avec sa retraite.
 
Quand je lui demande son âge, il plaisante : « Pas 69, mais 19 ans. » Pourtant, son visage révèle l’épuisement et l’incertitude des deux dernières années.
 
« J’étais un retraité qui travaillait », explique-t-il, résumant sa récente expérience : « Ma retraite ne suffit pas. J’ai essayé une fois, je me suis dit : « On verra comment ça se passe si j’arrête de travailler ». Mon ami, mon revenu mensuel dure à peine 12 ou 13 jours. Après cela, il n’y a plus rien. Je travaillais encore quand le tremblement de terre a eu lieu. Maintenant, j’essaie de vivre à nouveau avec ma retraite. Mais que puis-je faire avec ça ? »
 
« Ils pensent même que cette vieille voiture est trop pour moi »
Au cours de notre conversation, Hasan se tourne vers sa voiture, pose une main dessus et parle :
 
« C’est mon seul autre bien, cette vieille bagnole. C’est un modèle 1986. Elle me permet de me rendre d’un point A à un point B, mais même cela, c’est trop pour eux. Ils me disent : « Vous n’avez pas droit à la carte Esen [une carte d’aide de 4 500 lires fournie par le Croissant-Rouge] parce que vous avez cette voiture ». Je leur demande : « Qu’est-ce qu’il y a de si étrange là-dedans ? Devrais-je simplement la jeter à la poubelle ? » »
 
« Il y a eu une loterie, mais il n’y a pas de logement »
 
Je demande à Hasan si les bâtiments du Koçören TOKİ sont terminés. Il soupire et répond : « Non, ils ne sont pas encore terminés. Il reste encore quelques détails à régler, mais je n’ai aucune idée du temps que cela va encore prendre. »
 
Hasan explique que se voir attribuer une maison par tirage au sort ne garantit pas grand-chose. « Certains disent à des gens : « Ce troisième étage de tel immeuble est à eux ». Ils vont donc le voir. L’endroit est en construction, inachevé. Pas d’électricité, pas de fenêtres, pas de carrelage. Mais le tirage au sort dit que c’est à eux. Écoutez, je ne veux pas juste un tirage au sort, je veux une maison, un foyer où je puisse vivre. »
 
Il raconte qu’il y a une dizaine de jours, deux fonctionnaires du bureau du gouverneur du district se sont rendus au campement pour demander s’il y avait des besoins non satisfaits. « Je leur ai dit : « Oui, nous avons besoin de quelque chose. Nous avons besoin d’une maison » », dit-il en souriant.
 
Destruction et reconstruction à Hatay en chiffres
 
Dans une déclaration du 4 février, le gouverneur de Hatay, Mustafa Masatlı, a indiqué que 40 % des bâtiments de la province étaient devenus inutilisables en raison du tremblement de terre, avec plus de 88 400 bâtiments démolis et les débris de plus de 327 000 unités individuelles déblayés.
 
Après les tremblements de terre du 6 février, le gouvernement a annoncé un objectif de construction de 319 000 nouveaux logements dans 11 provinces en un an. À la fin de la deuxième année, 201 580 logements avaient été livrés. Rien qu’à Hatay, 46 167 logements ont été livrés, dont 40 586 logements résidentiels, 27 locaux commerciaux et 5 554 maisons de village.
 
Selon un communiqué du 3 février du ministère de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique, l’objectif est de livrer 153 248 logements et entreprises à Hatay à leurs propriétaires légitimes d’ici la fin 2025. (Bianet)

Entre domination linguistique et quête d’identité: le dilemme des Kurdes

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Les Kurdes, privés d’un État souverain, sont confrontés à une situation complexe où ils doivent apprendre les langues imposées par les puissances dominantes – principalement le turc en Turquie et le perse en Iran – pour accéder à l’éducation, aux services publics et aux institutions étatiques ou toute simplement pour vivre. Cette réalité, qui perdure depuis des décennies, a engendré un processus d’assimilation culturelle et linguistique profond au cours du XXe siècle. De nombreux Kurdes ont ainsi perdu leur langue maternelle, le kurde, et certains en sont même venus à ressentir de la honte ou à dissimuler leurs origines. Cette dynamique a été exacerbée par des politiques étatiques répressives visant à nier l’identité kurde, notamment l’interdiction de l’usage public du kurde dans certains pays.
 
Même parmi les Kurdes qui se revendiquent comme activistes et résident dans des pays européens, où les libertés individuelles et culturelles sont théoriquement garanties, nombreux sont ceux qui peinent à se défaire complètement de l’héritage linguistique et culturel imposé par les anciennes puissances dominantes. Cette persistance témoigne de l’empreinte durable de décennies de marginalisation et de répression.
 
Ce phénomène s’accompagne souvent d’un complexe d’infériorité internalisé, qui se manifeste, dans certains cas, par une préférence marquée pour l’usage de la langue turque, même dans des contextes où les Kurdes sont majoritaires. Par exemple, dans des groupes mixtes composés principalement de Kurdes et de quelques Turcs, il n’est pas rare que les Kurdes optent pour le turc comme langue de communication, perpétuant ainsi une hiérarchie linguistique et culturelle qui place les Turcs en position d’autorité ou de modèle à suivre. Cette tendance reflète non seulement une internalisation des structures de domination, mais aussi une forme de dévalorisation inconsciente de leur propre culture et identité.
 
Dans ce contexte, il est crucial de souligner que les visions de gauche, bien que souvent perçues comme progressistes, ont parfois des effets négatifs sur les activités kurdes. En effet, certains courants de gauche considèrent que la défense de la langue et de la culture kurdes relève du nationalisme, une idéologie qu’ils critiquent fortement. Cette perspective place les Kurdes dans une position délicate : pour être reconnus comme de « bons » militants de gauche, ils sont souvent poussés à minimiser ou à critiquer leurs revendications culturelles et linguistiques, de peur d’être étiquetés de « nationalistes ».
 
Ainsi, pour mener une lutte efficace en faveur de la libération du Kurdistan, il semble essentiel que les Kurdes s’affranchissent d’abord de cette domination culturelle et linguistique. En continuant à adopter et à consommer la langue et la culture turques, ils risquent non seulement d’affaiblir leurs propres initiatives visant à promouvoir le bien-être de la communauté kurde et à défendre les droits du Kurdistan, mais aussi, involontairement, de renforcer les structures de pouvoir de leurs adversaires. En effet, chaque fois qu’un Kurde privilégie le turc au détriment du kurde, il contribue, même indirectement, à la perpétuation d’un système qui nie et opprime sa propre identité. C’est pourquoi, la revitalisation de la langue kurde et la réappropriation de la culture kurde apparaissent comme des étapes cruciales pour construire une résistance solide et un avenir autonome, tout en remettant en question les discours de gauche qui, sous couvert d’universalisme, tendent à invisibiliser les spécificités culturelles et linguistiques des Kurdes.
 
Texte signé par la Plume de la montagne

KURDISTAN. Un journaliste mort dans un accident de la route

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IRAK / KURDISTAN – Le reporter du site NRT News pour Halabja, Wrya Hamakarim a perdu la vie dans un accident de la route survenu à Suleymanîyê. Le journaliste Wirya Hemê Kerim, 39 ans, a perdu la vie dans un accident de la circulation survenu dans la ville kurde de Silemani, au Kurdistan du Sud. L’accident a fait deux morts dont le journaliste.

Ahmed al-Charaa et Erdogan contre les Kurdes

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Communiqué co-signé par CGT, CNT, Solidarité Ouvrière, Confédération Intersyndicale, Rojava Azadî Madrid, Amitié avec le Kurdistan, Anticapitalistes.   Depuis le 27 novembre, de nombreux événements ont eu lieu en Syrie. Certains ont apporté de la joie à des millions de personnes, mais ils ont également apporté une grande incertitude. Alors que le monde regarde les célébrations à Damas, Homs ou Hama, une guerre sanglante se déroule dans le nord et l’est de la Syrie. L’armée turque et ses mercenaires djihadistes envahissent le territoire de l’Administration démocratique autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES). Une administration fondée sur la démocratie directe et communautaire et sur l’écologie sociale ; où les femmes sont le fer de lance de la révolution et l’avant-garde de la promotion des changements dans la société. La Turquie considère cette expérience de démocratie radicale, ainsi que les femmes et les hommes de tous les peuples et de toutes les religions qui vivent ensemble et participent à ce processus révolutionnaire, comme un danger pour ses plans impérialistes dans la région. C’est pourquoi il veut mettre fin à ce modèle d’autonomie et de liberté au Moyen-Orient, en soutenant les membres de l’Armée Nationale Syrienne (ANS / SNA) sous commandement turc et du HTS / HTC, anciens membres de DAECH et d’Al-Qaïda, comme forces modérées pour gouverner le pays sous ses directives. Ce récit convient aux puissances occidentales, et notamment aux pays membres de l’Union européenne, qui s’empressent déjà de déclassifier ces organisations des listes terroristes et d’annuler les accords sur les droits de l’homme pour les réfugiés syriens, avec l’intention de les « renvoyer » dès que possible dans leur pays d’origine. Pour renforcer cette action et ce récit de la droite la plus réactionnaire et fasciste qui prend le contrôle de l’Europe, Von der Leyen promet de fournir à la Turquie 1 milliard d’euros supplémentaires pour gérer la migration syrienne. C’est-à-dire commettre des meurtres de masse et empêcher des personnes innocentes de chercher un avenir meilleur qui veulent fuir un pays toujours en guerre, au mépris de tous les standards des conventions des droits de l’homme que l’Europe prône tant. D’autre part, une résistance héroïque contre les mercenaires de l’ANS et toute la puissance de la deuxième plus grande armée de l’OTAN est opposée dans les tunnels aux bombardements de la Turquie. Malgré le cessez-le-feu, les attaques n’ont pas cessé, visant principalement des infrastructures essentielles comme les centrales électriques et les centrales hydrauliques, laissant la population du nord et de l’est de la Syrie dans une situation encore plus précaire. De même, dans les localités déjà envahies par l’ANS, comme Shehba, Tel Rifat et Manbij, des rapports font état de nombreuses atrocités et violations des droits de l’homme. Plus de 120 000 personnes déplacées sont arrivées dans le nord et l’est de la Syrie en moins d’un mois en raison de l’avancée des milices pro-turques. Malgré les efforts de l’administration et de l’ONG Heyva Sor – Croissant-Rouge kurde – sur le terrain, la crise économique et la fermeture des frontières conduisent le nord et l’est de la Syrie à une situation de crise humanitaire totale, où des milliers de personnes n’ont nulle part où aller et trouver un abri pour le froid de l’hiver syrien. Des femmes enceintes ont accouché dans la rue et plusieurs personnes sont mortes à cause des conditions extrêmes, notamment des enfants et des personnes âgées. Nous voulons rappeler au monde, mais surtout à l’Europe, comment les jeunes de tous les peuples du nord et de l’est de la Syrie ont mené la résistance contre l’État islamique ; et comment les forces des FDS, des YPG et des YPJ ont été celles qui ont réussi à mettre fin au califat, au prix de plus de 20 000 morts et de 40 000 mutilés à vie. À ceux d’entre nous qui ont de la mémoire et voient le projet politique de AANES comme un phare de lumière et d’espoir et qui reconnaissent l’énorme sacrifice que le peuple syrien a fait, nous émettons cette déclaration et exigeons : Assez de politiques impérialistes, seuls les Syriens devraient avoir le pouvoir de décider de l’avenir de leur pays. Assez d’interventionnisme étranger de toute sorte. Plus d’occupation militaire du territoire syrien par Israël et la Turquie. Ce n’est qu’avec la fin de la guerre que le pays pourra véritablement développer un nouvel avenir. Et plein d’espoir. Reconnaissance de l’AANES comme un interlocuteur valable dans la région et reconnaissance de sa valeur dans le développement d’une Syrie démocratique qui respecte tous les peuples et toutes les religions en Syrie. Oui au droit des femmes à participer à la vie publique et politique en tant qu’élément indispensable de la société. Arrivé mardi 4 février 2025 à Ankara, le président syrien auto-proclamé, Ahmed al-Charaa, a rencontré le président turc Erdogan pour parler de la relance de l’économie syrienne ainsi que des questions de sécurité. Erdogan veut aider la Syrie à se reconstruire et en contrepartie éradiquer l’expérience du Rojava : « Nous sommes prêts à apporter à la Syrie tout le soutien nécessaire dans sa lutte contre toutes les formes de terrorisme, qu’il s’agisse de Daech (acronyme arabe de l’État islamique) ou du PKK », le Parti des travailleurs du Kurdistan, a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant la presse. C’est pourtant Erdogan qui s’appuie sur des milices islamistes et anciens de Daech pour combattre les Kurdes. Et Ahmed al-Charaa avec son ministre des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani, de renchérir sur « les menaces qui empêchent l’achèvement de l’unité territoriale dans le nord-est de la Syrie », prônant une « stratégie commune » avec Ankara « face aux menaces sécuritaires ». Le message est clair. Pour notre part, nous ne nous faisons aucunement confiance aux islamo-fascistes. Si effectivement, c’est au peuple syrien de régler ses affaires par lui-même, nous ne pouvons qu’être dubitatifs car les éléments les plus révolutionnaires ont quitté la Syrie pour échapper au tortionnaire Bachar al Assad et que la présence d’islamistes est prégnante. Nous savons par expérience que les intégristes musulmans ont une conception particulière de la liberté à savoir qu’ils ne l’accordent qu’aux hommes musulmans et que les femmes sont victimes d’une politique d’enfermement comme en Afghanistan où les talibans interdisent aux femmes d’exister de fait. Les hypocrites qui soutiennent Ahmed al-Charaa devront répondre de leur soutien si l’ancien terroriste islamiste devait s’en prendre aux Kurdes. TY Wi (GLJD)  

AFRIN. Un Kurde perd la raison suite à la torture subie entre les mains des gangs de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Un père de famille kurde kidnappé par des mercenaires de la Turquie dans le canton d’Afrin a subi des actes de torture barbares pendant plus de 40 jours. Il a eu les orteils arrachés, la chair coupée, les os fracturés et laissé pour mort devant l’hôpital militaire d’Afrin. Un riverain qui l’a trouvé a contacté sa famille qui l’a transféré vers un hôpital d’Alep. L’homme qui a survécu miraculeusement a perdu la raison et vit terrifié à l’idée d’être de nouveau torturé… Ces crimes de guerre commis à Afrin pour le compte de la Turquie restent cependant impunis.     « Dans la prison Saydnaya d’Afrin les gens sont rôtis vivants » On dit que « quiconque s’occupe d’un peuple pendant quarante jours devient l’un d’eux », mais ce dicton ne s’applique pas littéralement au citoyen (M, S), qui est passé du statut de père de trois enfants en 42 jours après son enlèvement par les mercenaires de l’armée d’occupation turque à celui d’un corps sans vie, dépourvu d’âme et de souvenirs. La famille a demandé à l’agence ANHA de ne pas révéler son nom complet ni à la photographier pour notamment sa crainte que des mercenaires de la Turquie n’attaquent les autres membres de sa famille restée à Afrin. amnésique Pendant les 3 heures que le journaliste a passées avec le citoyen (M, S) pour essayer de comprendre ce qui lui était arrivé, il n’a pas réussi car sa mémoire ne lui permettait même pas de se souvenir des noms de certains membres de sa famille. Cependant, à la fin, avec l’aide de sa famille, nous avons pu documenter une partie des crimes et violations auxquels il a été exposé. L’histoire de l’enlèvement du citoyen (M, S) commence avec l’occupation par les mercenaires des villages restants d’Afrin et du canton d’Al-Shahba le 12/1/2024. Il a été emmené, en raison de son identité kurde, vers une destination inconnue et soumis à des coups pendant 5 jours consécutifs. Il a ensuite été contraint de se rendre dans la ville occupée d’Afrin et a été placé dans la tristement célèbre prison de Maaratah, gérée par les mercenaires dur groupe « Hamzat » affiliés à l’armée d’occupation turque, ainsi que par les services de renseignement turcs (MIT). « Ils nous ont torturés pendant que nous écoutions le Saint Coran » Il répète des phrases restées gravées dans sa mémoire pendant la torture, comme « Brûlez-le… pendez-le… vous êtes des infidèles… des voleurs » et d’autres phrases et insultes qui n’ont jamais quitté sa mémoire. De plus, lorsqu’il a entendu le bruit de la porte qui commençait à se fermer, son visage a commencé à trembler et à crier continuellement en raison d’une peur intense. Au premier abord, lorsque le correspondant d’ANHA a rencontré (MS), il a rencontré une réaction hystérique due à la peur qu’il avait à son égard parce qu’il portait l’appareil photo, pensant que c’était un autre outil de torture. Il a rapporté qu’ils ont été torturés pendant que des enregistrements du « Saint Coran » étaient diffusés, dans une image qui incarne la contradiction entre les enseignements de la vraie religion, qui appelle à la paix, à la fraternité et au respect de l’âme humaine, et la torture brutale et inhumaine qui dévaste l’humanité. 180 coups de fouet Après avoir consulté le médecin responsable de son état actuel, qui a déclaré qu’il avait survécu « miraculeusement », il a été constaté que le citoyen (M, S) avait été soumis à d’horribles tortures sur toutes les parties de son corps sans exception. À commencer par le visage, qui souffrait de fractures sur quatre dents de la mâchoire, et de fissures sur les côtés des lèvres, jusqu’au début de la joue, à la suite des coups violents. Des ecchymoses noires et des fissures sur la peau et la chair se sont également répandues sur tout son corps à la suite des coups de fouet. Le citoyen a indiqué qu’il avait été soumis une fois à des coups de fouet continus, qu’il a comptés comme 180 coups de fouet, ce qui lui a fait perdre connaissance. « Ils lui ont coupé les orteils avec une tronçonneuse » Quant aux pieds, ils sont dans le pire état, selon l’évaluation médicale physique, 9 orteils sur 10 ont été partiellement ou complètement coupés à l’aide d’une scie ou de tout autre outil tranchant. Quant à la plante du pied, le médecin indique que les tortionnaires l’ont forcé à se tenir debout sur une surface préchauffée, provoquant des brûlures au troisième degré et l’arrachement de la chair du pied parce qu’elle collait à la surface chaude, comme s’il était en train d’être rôti alors qu’il était vivant. Les images montrent la partie inférieure de l’os du pied, ainsi que la vaste zone d’écorchement qui s’est produite, en plus de la propagation d’infections résultant de mauvaises conditions de santé sur le lieu de l’enlèvement. Lorsqu’on lui demande « Que t’ont-ils fait ? », il répond d’une voix teintée d’étonnement : « Ils m’ont pratiqué 11 opérations, toutes réussies, c’est ce qu’ils m’ont dit. » Ils l’ont laissé pensant qu’il était mort 42 jours après la disparition du citoyen (M, S), un passant l’a retrouvé devant l’hôpital militaire d’Afrin, corps effondré, allongé sur le sol à côté de sa carte d’identité. Le riverain s’est précipité pour lui venir en aide en lisant ses informations personnelles sur la carte d’identité et en communiquant avec l’un de ses proches du village auquel il appartient. Ses proches l’ont emmené à l’hôpital de la ville d’Alep, où il le correspondant d’ANHA l’a rencontré. La malédiction de Saydnaya hante toujours les Syriens Bien que les Syriens se soient débarrassés du régime de Bachar al-Assad, la malédiction de la prison de Sednaya s’est étendue aux prisons gérées par l’armée d’occupation turque et ses mercenaires, notamment à Afrin, et les hante toujours. De plus, nous sommes face à une absence de justice car les groupes criminels, dont Hatem Abu Shakra, Saif Abu Bakr et Abu Amsha n’ont pas été poursuivis en justice pour avoir commis des crimes de guerre contre les Syriens pour le compte de l’occupation turque. (ANHA) Des images insoutenables du corps martyrisé de l’homme sont floutées par ANHA avant leur diffusion

SYRIE. 40 jeunes Kurdes d’Alep torturés par des mercenaires de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Il y a deux jours, plus de 40 civils Kurdes étaient kidnappés à Alep par des mercenaires de la Turquie. Ils ont été torturés, subi des électrocutions et menacés de décapitation par leurs bourreaux avant d’être libérés. Les rescapés ont été interviewés par l’agence ANHA.
Un des civils kurdes d’Alep kidnappés et torturés par des gangs turco-jihadistes
Ils ont été torturés sans pitié, soumis à des électrocutions brutales et menacés d’exécution au couteau. Parmi eux, des étudiants et des ouvriers ordinaires, tous sauvagement enlevés par les forces mercenaires de l’occupation turque. Leur crime ? Le simple fait d’être kurde.

L’agence ANHA a rapporté hier que des groupes armés à Alep ont enlevé des dizaines de civils uniquement en raison de leur appartenance ethnique, ciblant les résidents kurdes de la ville. Aujourd’hui, les quatre derniers détenus ont été libérés sur un groupe de 40 civils soumis à cette campagne raciste. Parmi les survivants figurent Aziz Riyad Nasro, Khalil Horek Rasho, Hani Mustafa Abdo et Youssef Hussein Youssef.

Les personnes enlevées ont révélé aux correspondants d’ANHA que leur enlèvement avait été perpétré par des groupes liés à des mercenaires soutenus par la Turquie (Al-Amshat) ou par des forces alliées à la soi-disant « Sécurité publique » de Damas. Les assaillants ont demandé : « Qui parmi vous est kurde ? » avant de frapper et d’humilier sauvagement ceux qui étaient identifiés par leurs noms kurdes. Ils ont utilisé des crosses de fusil, des barres de fer tranchantes et d’autres méthodes brutales pour infliger des souffrances.

L’enlèvement a eu lieu près de la gare de Bagdad, sur la route Al-Shalal à Alep, où 14 véhicules, dont une voiture blindée, ont bloqué la zone. Des militants masqués sont descendus sur les lieux et ont attaqué des civils kurdes non armés. Les victimes ont eu les yeux bandés, ont été bâillonnées et ont été transportées vers des lieux inconnus après avoir été forcées d’imiter des animaux dans des vidéos dégradantes, une tactique qui rappelle celle de l’appareil de sécurité du régime Baas déchu.

Les survivants ont confirmé avoir subi des décharges électriques, des coups avec des tuyaux en nylon chauffés et avoir eu les mains liées si étroitement que la circulation sanguine était coupée. Ils ont été arrosés d’eau, traités de « porcs » et menacés d’exécution au couteau. Leurs téléphones ont été volés, leur argent volé et leur vie privée violée. Fait troublant, ils ont entendu d’autres détenus crier sous la torture.

Cette atrocité fait suite à la récente libération de trois Kurdes à Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, après quatre jours de captivité par les forces de Damas. Des preuves photographiques confirment les traces de tortures sur les corps des survivants. (ANHA)

PARIS. Les femmes appellent à la grève féministe le 8 Mars 2025

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PARIS – Plusieurs organisations syndicales, féministes et associatives appellent à faire grève le 8 mars 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Dans un communiqué commun, ces organisations appellent à faire grève et à manifester notamment en solidarité avec les femmes du monde entier et contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Elles déclarent que « Quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête ». Le communiqué complet peut être lu sur le site grève féministe Le communiqué commun a été signé par les organisations suivantes: ActionAid France, AFRICA93, APEL-Égalité, Association Panafricaniste des Droits Civiques des femmes, Attac France, CGT, CNT-SO Fédération Education/Recherche, Collectif Faty KOUMBA : Association des Libertés, Collective des mères isolées, Droits de l’Homme et non-violence, FAGE, Féministes Révolutionnaires Paris, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Force Féministe (57), FSU, Fête des 3 Quartiers ( F3Q), Genre et altermondialisme, HFE /Handi Femme Epanouie, Handi-Social, Las Rojas Paris, Le Planning familial, Le Planning Familial 94, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Mouvement des Femmes Kurdes En France, Mouvement de la Paix, Organisation de Solidarité Trans (OST), Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques France ( Stop-Vog ), Sud Logement Social, UNEF le syndicat étudiant, Union Etudiante, Union syndicale Solidaires, Union des femmes Socialistes (SKB) En soutien APRES – Association pour la République écologique et sociale, Égalités, ENSEMBLE!, Gauche démocratique et sociale GDS, Gauche Ecosocialiste (GES), Génération.s, La France insoumise, Mouvement jeunes communistes de France, NPA-l’Anticapitaliste, NPA – Révolutionnaires, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche, Parti  Socialiste, PEPS , Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Union Communiste Libertaire, Volt Europa  

Les massacres turcs commis à Tall Rifaat présentés au Tribunal permanant des peuples

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BRUXELLES – Depuis ce matin, le Tribunal permanant des peuples juge les crimes de guerre turcs commis au Rojava entre 2018 et 2024 dans sa cession « Rojava versus Turquie ». Après la présentation des crimes de guerre commis dans le canton d’Afrin par la Turquie depuis 2018, la deuxième affaire présentée ce matin au Tribunal permanant des peuples (en anglais: Permanent Peoples’ Tribunal) a été consacré aux « massacres, bombardements et tortures de civils déplacés à Tel Rifat ». Le sujet a été présenté par l’avocate Rengin Ergül. L’avocate Ergül a déclaré : « Le 2 décembre 2019, entre 13h30 et 14h00, un obus a frappé le quartier du garage Al-Shahba à Tel Rifat, dans le gouvernorat d’Alep. L’impact a fait de nombreuses victimes civiles, tuant 10 personnes, dont huit enfants de moins de 15 ans, et en blessant 17 autres, parmi lesquelles neuf enfants de moins de 15 ans. Environ deux à trois heures plus tard, un deuxième obus a été lancé dans la même zone, suggérant une attaque délibérée contre une zone peuplée de civils dépourvue de toute installation militaire.  L’endroit ciblé était connu pour accueillir des personnes déplacées d’Afrin, qui était sous occupation turque depuis l’opération « Rameau d’olivier » en 2018 et était situé à proximité d’une installation du Croissant-Rouge. Parmi les victimes, le fils de M., Aarif Muhammad Jafar, âgé de six ans, a succombé à des blessures causées par des éclats d’obus, tandis que son fils de sept ans, Ahmad Jafar Mohamad, a subi de graves blessures par éclats à la hanche et à l’avant-bras. L’attaque a également causé un profond traumatisme psychologique à Ahmad et à sa mère. Une déclaration des Nations Unies a confirmé que toutes les personnes tuées étaient des civils qui avaient fui Afrin pour se rendre dans la région. La déclaration a en outre condamné les victimes civiles dans d’autres zones de conflit, appelant toutes les parties à cesser les attaques aveugles et exhortant les États soutenant le conflit à respecter le droit international humanitaire ». Après avoir présenté des preuves vidéo et photographiques du ciblage délibéré de civils, l’avocate Ergül a déclaré : « Les preuves disponibles soutiennent fortement que l’attaque de Tel Rifat constituait une frappe ciblée contre des civils, en violation du droit international humanitaire. L’implication militaire de la Turquie et le contrôle opérationnel des forces de l’Armée nationale syrienne établissent la responsabilité de l’État. Compte tenu des graves violations des droits humains documentées, des mécanismes juridiques de responsabilisation devraient être mis en place au niveau international. » ANF

Le Tribunal permanant des peuples juge les crimes de guerre turcs au Rojava

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BRUXELLES – Changement démographique, guerre de l’eau, massacres des civils kurdes, utilisation d’armes chimiques…, depuis ce matin, le Tribunal permanant des peuples juge les crimes de guerre turcs commis au Rojava entre 2018 et 2024 dans sa cession « Rojava versus Turquie ». Le Tribunal se concentre sur les attaques de l’État turc contre le Rojava entre 2018 et 2024, et les présentera à l’examen sous une forme large et documentée. Les rapports/documents/données établis par la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, de prestigieuses institutions de défense des droits humains et de nombreuses organisations de la société civile ont déjà apporté un éclairage sur la situation. La première cession du Tribunal permanant des peuples consacrée aux crimes de guerre commis par la Turquie au Rojava a débuté ce matin à Bruxelles.  Le tribunal, qui se tient dans l’amphithéâtre Aula QA de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), réunit des avocats et des militants des droits de l’homme, ainsi que des victimes et des témoins oculaires d’attentats de différents pays. Bien que l’État turc ait été invité à présenter sa défense, aucun représentant n’était présent. Gerrit Loots a prononcé le discours d’ouverture en déclarant : « Nous nous sommes réunis pendant deux jours pour cet important tribunal. Nous organisons ce tribunal avec le soutien de l’Université libre de Bruxelles. Nous sommes ici pour protéger les droits humains et défendre le Rojava. Le Rojava est un lieu où se construisent la liberté des femmes et la démocratie, et c’est pourquoi nous pensons qu’il doit être protégé. » Le tribunal a continué avec les discours des avocats Jan Fermon et Ceren Uysal de l’équipe des procureurs qui ont parlé de l’importance de définir correctement les crimes commis par la Turquie, soulignant, par exemple, le contrôle et l’utilisation de l’eau comme « outil stratégique pour la guerre contre les Kurdes ». L’enquêteur de l’équipe de poursuite, Efstathios C. Efstathiou, a présenté l’affaire relative au « déplacement de population et à l’ingénierie ethnique à Afrin ». Efstathiou a déclaré : « Le cas d’Afrin tourne autour du déplacement forcé de civils de divers villages en 2018, suivi de l’installation stratégique de familles de la campagne de Damas, en particulier de la Ghouta. Cette initiative de réinstallation impliquait un changement de nom des rues, des devantures de magasins, des panneaux de signalisation et d’autres éléments d’infrastructure. Le rapport détaille comment les forces d’occupation se sont livrées au pillage des propriétés et ont orchestré la réinstallation de familles arabes sunnites de la Ghouta orientale dans les maisons des Kurdes déplacés, dans le cadre d’un plan plus large visant à modifier la composition démographique de la région. Ce plan d’ingénierie démographique, décrit comme une stratégie des services de renseignement turcs, visait à éradiquer la présence kurde dans la région et à effacer son identité kurde. Au cours des événements ultérieurs, « l’armée nationale » soutenue par la Turquie a procédé à des bombardements et des tirs d’artillerie, ce qui a conduit à des affrontements avec les forces du Conseil militaire de Manjib en décembre 2024. Cela a entraîné le déplacement de milliers de familles, avec un afflux important dans la région d’Al-Tabqa, en particulier en provenance d’Al-Shahba. Le nombre total estimé de personnes déplacées a atteint 120 000, avec une répartition démographique montrant que 40 % sont des enfants, 40 % des femmes et le reste est composé de jeunes hommes et de personnes âgées. En outre, le rapport documente le rapatriement forcé des réfugiés à Afrin, contribuant davantage à la transformation démographique de la région. Le rapport comprend des statistiques sur les abris de Tabqa et met en évidence les besoins fondamentaux de la population déplacée pour souligner l’ampleur des dommages causés par ces actions. » La cession « Rojava versus Turquie » du Tribunal international des peuples a été organisé par le Comité des affaires étrangères de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, le groupe d’avocats qui surveille les crimes commis en Turquie, le Centre de recherche et de protection des droits des femmes et diverses organisations de défense des droits de l’homme. L’événement est également soutenu par l’ULB, la MAF-DAD (Association pour la démocratie et le droit international), l’ELDH (Association européenne des juristes démocrates), l’IADL (Association internationale des juristes démocrates), le Congrès national du Kurdistan (KNK) et l’Institut kurde de Bruxelles.

Les Kurdes participeront à la conférence sur la Syrie qui aura lieu à Paris

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PARIS – Les Kurdes du Rojava sont invités par la France à participer a Conférence sur la Syrie organisée le 13 février prochain à Paris par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
 
Le ministre français des Affaires étrangères Jean Noël Barrot a annoncé que les Kurdes participeront également à la conférence de Paris le 13 février, où sera discuté l’avenir de la Syrie.
 
 
Barrot avait été interpellé à l’Assemblée nationale par la députée Danielle Simonnet, membre du Nouveau Front populaire français qui faisait partie de la délégation française qui a récemment visité le Rojava et qui a attiré l’attention sur les attaques de la Turquie contre le Nord et l’Est de la Syrie.
 
Simonnet a rappelé que les Kurdes du Rojava ont été le fer de lance de la lutte contre DAECH / ISIS, et a demandé à Jean Noël Barrot si la France obligerait la Turquie à cesser ses attaques et à soutenir les revendications des Kurdes dans la nouvelle Syrie. Répondant aux questions, Barrot a rappelé que les Kurdes sont les alliés fondamentaux de la France et de la lutte des Kurdes contre Daech, et ajouté que : « Les Kurdes sont nos alliés fondamentaux, ils sont nos compagnons d’armes et nous ne les abandonnerons pas. A l’heure où un nouvel espoir renaît en Syrie depuis le 8 décembre, il va de soi que les Kurdes doivent pouvoir participer pleinement à la reconquête de leur nation et à la nouvelle citoyenneté qui doit s’instaurer dans ce pays. »
 
Barrot a déclaré que la France a appelé les autorités turques et les nouvelles autorités de transition à Damas à cesser les affrontements à Kobanê, ajoutant : « Les Kurdes ne doivent pas être soumis à une oppression insupportable, ainsi qu’au chaos qui s’ensuivra inévitablement après la chute du régime de Bachar al-Assad. Je voudrais rappeler qu’en plus de lutter contre l’EI dans le nord-est du pays, ce sont les Kurdes qui protègent courageusement les prisons où sont détenus des dizaines de milliers de terroristes de l’EI et leurs familles. C’est pourquoi j’ai rencontré le général Mazlum [Mazloum Abdi, commandant général des Forces démocratiques syriennes – FDS] avant même d’aller à Damas et nous avons servi de médiateur entre la Turquie et le gouvernement de transition de Damas. C’est pourquoi nous avons récemment joué un rôle de médiateur entre les Kurdes de Syrie et les Kurdes d’Irak afin qu’ils puissent se renforcer mutuellement. »
 
Conférence du 13 février
 
Rappelant qu’ils tiendront une conférence le 13 février pour discuter de l’avenir de la Syrie, Barrot a déclaré : « Je peux confirmer que les Kurdes seront également présents à la conférence qui se tiendra à Paris la semaine prochaine, le 13 février, et qui aura également pour objectif d’annoncer nos exigences pour le processus de transition. »