LINGUICIDE. A la recherche d’une langue interdite

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À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée le 21 février, nous republions cet article sur la langue kurde, initialement paru en mars 2020. Il reste malheureusement d’actualité tant qu’une grande partie du Kurdistan restera colonisée.

« Qui peut dire que dérober sa langue à un peuple est moins violent que la guerre ? » Ray Gwyn Smith

De nos jours, il est très fréquent d’entendre un Kurde déclarer : « Je suis kurde mais je ne parle pas le kurde. »

Depuis la division du Kurdistan au début du XXe siècle, les États occupants ont cherché à mettre fin à l’existence du peuple kurde en instaurant des politiques de génocide linguistique. Exterminer physiquement des millions de personnes s’étant révélé difficile, malgré les massacres de Dersim, Zilan, Halabja et bien d’autres, la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie ont sévèrement interdit l’usage du kurde à partir de la seconde moitié du XXe siècle.

Les Kurdes ne peuvent ni recevoir un enseignement dans leur langue, ni se défendre devant la justice dans leur langue, ni même affirmer qu’ils possèdent une langue appelée kurde. En Turquie, l’État nie jusqu’à l’existence de cette langue millénaire et la désigne dans ses registres officiels sous le nom de « langue X » (X pour « inconnue »).

Retour sur un génocide linguistique à travers le regard d’une rescapée.

Ma famille vivait dans une ferme isolée en montagne, au Kurdistan du Nord (Bakur), sous occupation turque. En hiver, notre seul lien avec le monde extérieur était un poste de radio que mon père avait acheté et de rares visiteurs venus des villages voisins lorsque la neige ne bloquait pas les sentiers.

Un jour, alors que j’étais encore bébé, mon père a annoncé à ma mère que dorénavant tous les enfants devraient parler uniquement le turc. L’État turc venait d’interdire formellement notre langue, sous peine d’amendes et de prison.

Cette interdiction de parler notre langue maternelle allait provoquer des traumatismes profonds et insoupçonnés chez les nouvelles générations. Il m’a fallu des années pour en mesurer la gravité. De nombreux flash-back me rappellent encore cette destruction lente d’un peuple à travers la mise au ban de sa langue.

Notre village, doté d’une école primaire récente, se trouvait à plusieurs kilomètres de notre ferme. Les mois d’hiver enneigés empêchaient mes frères et sœurs de s’y rendre. Mon père a donc dû les placer en internat.

Dès les années 1980, pour « couper » la langue kurde à la racine, l’État turc a créé des internats destinés aux enfants kurdes. Dès l’âge de sept ans, ils passaient toute l’année scolaire à la merci d’enseignants et de surveillants chargés de leur inculquer le turc – une langue qu’ils ne connaissaient pas – et de les « turquifier » en les coupant de leur famille, de leur culture et de leur langue. Je ne m’attarderai pas sur les sévices psychologiques, physiques et sexuels dont ont été victimes de nombreux enfants kurdes dans ces internats de l’horreur.

Quelques années plus tard, nous avons dû abandonner notre ferme pour nous rapprocher de la petite ville où mes frères et sœurs étaient internés. Ils ont ainsi pu quitter l’internat et revenir à la maison. Mais nous parlions tous turc entre nous et avec notre père. Le kurde était réservé à notre mère, qui maîtrisait très mal le turc.

À l’école, les enseignants nous répétaient à longueur de journée qu’il n’y avait pas de Kurdes en « Turquie » (puisque, pour l’État turc, il n’existait ni Kurdes ni Kurdistan). Enfant, je me sentais coupable. Coupable d’exister alors que, selon eux, je n’aurais pas dû exister. Coupable aussi de parler en cachette une langue qui n’était pas censée exister.

Un jour, le maître a demandé quels enfants ne savaient pas parler le kurde et leur a demandé de lever le doigt. Je me suis exécutée immédiatement. J’étais la seule. Je n’en étais pas très fière.

Avec l’école, la télévision et la radio turques, nous n’avions même plus besoin de faire d’effort pour oublier cette langue clandestine. L’État turc avait tout prévu. Il suffisait de se laisser faire. Notre vocabulaire kurde s’appauvrissait de jour en jour, remplacé par le turc, jusque dans nos rêves, et sans aucun regret. De toute façon, nous n’aimions pas cette langue illégale. Qui aime l’illégalité, surtout quand on est un enfant qui veut bien faire ?

Moi, la petite fille « sage » et « intelligente », j’étais la chouchoute de mes enseignants et j’avais même reçu le surnom de « la Turque » dans le voisinage, car j’avais commencé à parler turc avant le kurde, contrairement aux autres enfants qui peinaient à devenir de parfaits petits Turcs du jour au lendemain. Que dire de la honte que je ressentais devant ma mère qui ne maîtrisait pas le turc ? Honte d’appartenir à un peuple qui n’était pas censé exister, un peuple « arriéré », selon la définition de l’État colonial qui voulait en finir avec nous en nous turquifiant comme il le faut.

Devenue adulte, exilée en France, pays dont je ne connaissais pas la langue, j’ai immédiatement voulu apprendre le français pour me défaire du turc. Cet exil physique a été le déclic d’un retour mental à mes origines. Soudain, les flash-back ont surgi, me rappelant toutes les humiliations subies en tant que Kurdes et enfants, et l’interdiction de parler notre langue sur notre propre terre.

Je passais mes journées à écouter des cassettes d’apprentissage du français, à lire, à discuter avec des non-Kurdes. La nuit, j’avais le dictionnaire Le Petit Robert dans mon lit (je dis souvent que Petit Robert fut mon premier amant français !). En quelques mois, je me débrouillais correctement et, au bout de quelques années, le français était devenu ma langue principale. Mais je ne parlais toujours pas correctement ma langue maternelle. Mon entourage m’avait cette fois surnommée « la Française » !

Il y a quelques mois, un ami kurde m’a demandé si j’étais née en France tant mon français était bon. Je lui ai répondu que non, que j’étais arrivée adulte, sans passer par l’école. Il me croyait à peine. Je lui ai parlé de mes deux surnoms liés aux langues, avant d’ajouter que j’avais réussi à devenir turque puis française, et qu’il était désormais temps que je (re)devienne kurde et qu’on m’appelle enfin « Kurdê » (la Kurde) !

Aujourd’hui, je lis et écris le kurde, avec difficulté, sauf quand ce sont des poèmes orphelins qui viennent frapper à ma porte pour m’emmener au pays. Mais je ne désespère pas. Je deviendrai une « vraie Kurde » qui parle sa langue, même s’il me faut trébucher sur les mots et tomber à terre après tant d’années de paralysie linguistique imposée. Vive la revanche des « vaincus » !

Keça Bênav (La fille sans nom)

ROJAVA. Kobanê est dans le viseur de la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Cela fait 32 jours que la ville kurde de Kobanê – abritant 600 000 civils – est assiégée par les gangs turco-djihadistes qui empêchent l’arrivée de l’aide humanitaire et se livrent aux kidnappings, meurtres, viols et pillages dans les villages kurdes des alentours, en attendant de donner l’assaut contre Kobanê. La Turquie est la plus grande menace pour les Kurdes du Rojava.
 
D’après les informations recueillies auprès des sources locales, la situation dans la région de l’Euphrate semble aujourd’hui globalement sous contrôle turc. Le siège actuel imposé à la zone est directement lié à la Turquie : des instructions turques sont à l’œuvre.
 
Les factions de la Division al-Hamza (Emşat) et de la Division Sultan Mourad sont positionnées en première ligne, tandis que les gangs de l’Armée nationale syrienne (ANS) encercle Kobanê par tous les moyens, se livrant à des pillages, des massacres, des déplacements de population et recourant à toutes sortes de tactiques brutales.
 
L’ANS sous commandement de la Turquie se positionne et déploie des armes lourdes en vue d’une attaque sur Kobanê. Elle souhaite appliquer la même tactique qu’à Sheikh Maqsoud : attendre un moment avant de lancer l’assaut. Elle renforce les fronts autour de Kobanê. Parallèlement, l’État turc creuse des tranchées tout le long de sa frontière et effectue des préparatifs militaires. 

PARIS. Colloque « Les Kurdes dans la tourmente »

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PARIS – Le 2 mars 2026, l’Institut kurde de Paris organise un colloque international sur la situation politique au Rojava, dans le Nord de la Syrie, et au Rojhilat, Kurdistan sous l’occupation iranienne. Universitaires, personnalités politiques, défenseurs des droits humains… de nombreux intervenants participeront au colloque qui aura lieu au Palais du Luxembourg. Voici le programme du colloque :
13h30 – 14h00 — Accueil des invités 14h00 – 14h10 — Mots de bienvenue 14h10 – 15h00 — 1er Table ronde Les bouleversements en Iran Modératrice : Hamdan MOSTAFAVI, Journaliste à Libération Intervenants :
  • Mahmoud AMIRY-MOGHADDAM, Iran Human Rights Watch, « Le bilan de la répression en Iran »
  • Asso HASSAN ZADEH, maitre de conférence en Droit à l’Université Catholique de Lyon, « Les aspirations Kurdes en Iran »
  • Azadeh KIAN, professeure émérite de sociologie à l’Université Paris Cité, « Quelles perspectives pour l’Iran »
  • Awyar SHEKHY, Hengaw Human Rights Organisation, « La répression au Kurdistan iranien »
15h00 – 16h30 — 2e Table ronde Rojava face aux retournements d’alliance Modératrice : Nazand BEGIKHANI, professeure invitée à Sciences Po Paris Intervenants :
  • Rami ABDULRAHMAN (invité), directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, « Le bilan humanitaire des récents affrontements entre l’armée syrienne et les FDS »
  • Naif BEZWAN, professeur invité à l’Université de Vienne, « Le ‘processus de paix’ en Turquie et la question de l’autonomie kurde : conséquences pour le Rojava »
  • Janroj KELES, maître de conférences à l’Université de Middlesex, « Les répercussions dans la diaspora kurde »
  • Michiel LEEZENBERG, professeur à l’Université d’Amsterdam, « Ce que représente le Rojava pour la gauche européenne »
16h30 – 18h00 — 3e Table ronde Que peuvent faire la France et l’Europe pour les Kurdes ? Modérateur : Kendal NEZAN, président de l’Institut kurde de Paris Intervenants :
  • Ilham AHMED, Co-présidente du Département des relations extérieures de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), « La situation au Rojava et perspectives »
  • Rémi FÉRAUD, sénateur de Paris
  • Paul MOLLAC (invité), député, France
  • Anna PIC (invitée), députée, France
  • Représentant(e) du KRG
18h00 – 18h15 — Mot de clôture Hamit BOZARSLAN, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)  
  Pour assister au colloque, il est nécessaire de se s’inscrire avant le 26 février 2026 à 16h. Cliquez pour s’inscrire

8 MARS. Les femmes kurdes mobilisées à travers l’Europe

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EUROPE – Le mouvement des femmes kurdes en Europe appelle à des manifestations et des événements dans de nombreuses villes du 1er au 10 mars. L’accent est mis sur la défense du Rojava, la libération des femmes et l’établissement de structures démocratiques. Le Mouvement des femmes kurdes en Europe (TJK-E) a publié son programme d’actions pour la Journée internationale des femmes. Du 1er au 10 mars, des manifestations, des tables rondes, des événements culturels et des projections de films sont prévus dans de nombreuses villes européennes. Dans un communiqué publié vendredi, le TJK-E a souligné que la paix ne se limite pas à l’absence de guerre, mais implique la mise en place de mécanismes sociaux qui consacrent institutionnellement l’égalité, la justice et la liberté. Les activités annoncées ne sont donc pas de simples manifestations, mais constituent également une contribution politique au renforcement de l’espace public démocratique. Les attaques contre le Rojava au centre de l’attention Le mouvement féministe qualifie les événements survenus depuis le début de l’année de nouvelle phase d’attaques structurelles contre les acquis kurdes, et notamment contre l’autonomie du Rojava. « Ces attaques ne sauraient être considérées comme de simples développements militaires. Il s’agit plutôt de l’expression d’un ordre étatique et patriarcal qui s’oppose à l’expérience d’une société démocratique », affirment-elles. Concernant le débat politique, le TJK-E se réfère également aux analyses d’Abdullah Öcalan, qui a mis en garde à plusieurs reprises contre les attaques visant l’autonomie du nord et de l’est de la Syrie. « L’objectif n’est pas seulement un territoire, mais un modèle de coexistence égalitaire qui place la libération des femmes et l’auto-organisation démocratique au cœur de ses préoccupations. » La révolution des femmes née au Rojava est présentée dans la déclaration comme un contre-modèle aux structures hiérarchiques, militarisées et étatiques. La lutte des femmes n’est donc pas seulement une question d’égalité, mais fait partie intégrante d’un modèle de société démocratique global. « Le 8 mars est un mandat politique » Le 8 mars revêt une importance historique particulière dans ce contexte, selon le TJK-E. « Défendre l’avenir commun de tous les peuples est indissociable de la défense de la liberté des femmes », souligne le mouvement féministe kurde. Les actions menées à l’échelle européenne du 1er au 10 mars se veulent donc non seulement des manifestations, mais aussi un appel à la mobilisation collective des forces démocratiques. Outre les manifestations, des ateliers, des représentations théâtrales, des projections de films et des débats sont prévus. La mobilisation se concentre principalement en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Scandinavie et en Grande-Bretagne. En Allemagne, d’importantes manifestations sont prévues notamment à Düsseldorf, Hambourg et Hanovre. En Suisse, plusieurs rassemblements et tables rondes sont programmés à Berne, Bâle, Zurich et Saint-Gall, entre autres. Le TJK-E invite les femmes, les jeunes et les organisations démocratiques à participer activement. La liste publiée comprend les dates déjà confirmées ; d’autres événements sont prévus dans d’autres villes. 1er mars 2026
  • Dortmund (DE) – Atelier « Révolution des femmes et famille démocratique », Komel, Bornstr. 166
  • Francfort (DE) – Panel, Saalbau Oberrad, 12h00
  • Hambourg (DE) – Panel, Centro Sociale, 15h00
  • Soleure (CH) – Réunion des femmes, 13h00
  • Zurich (CH) – Réunion de femmes et projection de film, Komel, 13h00
2 mars 2026
  • Hanovre (DE) – Représentation théâtrale sur Şehit Emine Erciyes, Kornstraße 17, 17h00
3 mars 2026
  • Langenthal (CH) – Réunion des femmes, 13h00
4 mars 2026
  • Bruxelles (BE) – Panel, Centre Jineoloji, 16h30
5 mars 2026
  • Hanovre (Allemagne) – Projection d’un film sur la révolution du Rojava, Komel
  • Aarau (Suisse) – Panel, 18h30
6 mars 2026
  • Hildesheim (DE) – Théâtre des femmes du Rojava, Steuerwalderstraße 64, 16h00
  • Winsen (Luhe) (DE) – Épreuve féminine, 19h00
  • Lucerne (Suisse) – Projection de film, 18h00
  • Genève (CH) – Projection de films, Centre Société démocratique Kurde
  • Londres (Royaume-Uni) – Projection de film, DTM, 11 Portland Gardens, Haringey, 18h00
7 mars 2026
  • Hanovre (Allemagne) – Table ronde sur la perspective politique du mouvement kurde, Kornstraße 17, 17h00
  • Düsseldorf (DE) – Manifestation du centre de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Immermannhof/HBF, 15h00
  • Wiesbaden (DE) – Épreuve féminine, Georg-Buck-Haus, 16h00
  • Berne (Suisse) – Événement féminin, 18h00
  • Winterthour (CH) – Manifestation, Paradeplatz, 13h30
  • Sion (CH) – Stand Rojava, Place de la Planta, 14h30
  • Helsingborg (SE) – Épreuve féminine, Komel, 16h00
  • Copenhague (DK) – Rallye, Vesterbro Torv/Rådhuspladsen, 13h00
  • Londres (Royaume-Uni) – Manifestation « One Billion Rise »
8 mars 2026
  • Hanovre (Allemagne) – Réunion de femmes (Kornstraße 17), suivie d’une manifestation à partir de 13h00, Opernplatz
  • Hambourg (DE) – Manifestation centrale, Landungsbrücken, 13h00
  • Darmstadt (DE) – Manifestation, Georg-Büchner-Platz, 13h30
  • Tessin (CH) – Manifestation, 14h30 ; suivie d’un événement pour les femmes à Komel, 16h30.
  • Berne (Suisse) – Manifestation, gare, 15h00
  • Saint-Gall (CH) – Manifestation, Kornhausplatz, 16h00
  • Winterthur (Suisse) – Projection de film, Komel, 14h00
  • Bâle (Suisse) – Manifestation, Place du Marché, 14h00
  • Bruxelles (BE) – Manifestation centrale, Gare Centrale, 11h00
  • Stockholm (SE) – Rallye, Medborgarplatsen, 14h00
  • Malmö (SE) – Rallye, Möllevångstorget, 15h00
  • Londres (Royaume-Uni) – Épreuve féminine, DTM, Haringey, 13h00
14 mars 2026
  • Bâle (Suisse) – Table ronde, Maison des syndicats, Rebgasse 1, 17h00

IRAN. Risque imminent d’exécution d’un otage kurde

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IRAN / ROJHILAT – Le prisonnier politique kurde Mehrab Abdollahzadeh a été arrêté lors des manifestations nationales de 2022 et condamné plus tard à mort pour « propagation de la corruption sur terre ». Les inquiétudes se sont intensifiées face au risque imminent d’exécution du prisonnier politique kurde Mehrab Abdollahzadeh, après que la 39e chambre de la Cour suprême a rejeté sa demande de nouveau procès et a refusé de suspendre l’exécution de sa peine de mort, a rapporté l’ONG Kurdistan Human Rights Network (KHRN). Malgré une demande de nouveau procès soumise ultérieurement par ses avocats, le tribunal a refusé de prononcer une ordonnance suspendant l’exécution. Son avocat, Sidad Shirzad, a qualifié de grave le risque d’exécution dans une publication sur la plateforme de médias sociaux X, et a déclaré : « La demande de réexamen déposée le 20 décembre 2025 a été rejetée par la 39e chambre de la Cour suprême le 27 janvier, et malgré le dépôt d’une nouvelle demande de réexamen le 17 février, la 39e chambre a refusé d’ordonner la suspension de l’exécution du verdict. Ce refus intervient en dépit du libellé explicite de la note relative à l’article 478 du Code de procédure pénale concernant la délivrance d’une ordonnance de suspension de l’exécution du verdict dès réception d’une demande de réexamen, ce qui ne laisse place à aucune contestation ni interprétation alternative. » Shirzad a déclaré qu’Abdollahzadeh avait été arrêté lors des manifestations nationales de 2022 et condamné plus tard à mort pour « propagation de la corruption sur terre » (efsad-e fel-arz), prétendument en lien avec le meurtre du membre du Basij Abbas Fatemiyeh à Orumiyeh. Il a ajouté que l’affaire comportait de nombreux vices de procédure et de fond, et que l’accusation de meurtre ainsi que la plainte de la famille de la victime n’avaient jamais été examinées par un tribunal compétent. L’avocat a également déclaré que la peine de mort avait été prononcée pour « corruption sur terre » plutôt que pour meurtre, et que malgré des objections répétées quant à la compétence, l’affaire n’avait pas été renvoyée devant le tribunal correctionnel pour mineurs n° 1. Shirzad a évoqué d’autres points, notamment le fait que les accusations aient été portées sans représentation légale, que le corps ait été enterré sans autopsie et avant la publication du rapport médico-légal, et qu’il n’y ait eu aucun aveu valable aux autorités judiciaires. Il a également relevé l’absence de mention explicite du nom de son client dans les déclarations du commandant du défunt, de ses collègues et des témoins présents sur les lieux. Il a décrit ces problèmes comme faisant partie des graves lacunes du dossier en sept volumes d’Abdollahzadeh. Arrière-plan Abdollazadeh, née le 15 mars 1998 à Orumiyeh, a été arrêtée par les forces de sécurité le 22 octobre 2022 lors du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » (Jin, Jiyan, Azadi). Il a été arrêté sur son lieu de travail, un salon de coiffure, par l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et transféré au centre de détention de l’agence, où il a subi 38 jours de torture physique et psychologique dans le but de le forcer à avouer sa participation à des manifestations et le meurtre d’un membre du Basij. Cependant, les images de l’incident en possession des forces de sécurité ne montrent pas Abdollahzadeh sur les lieux, et il a toujours nié toute implication dans le meurtre. Ce n’est que sous la pression exercée par l’arrestation de sa petite amie et les menaces de détention d’autres membres de sa famille qu’il a été contraint d’accepter la version des interrogateurs et de déclarer qu’il avait frappé et donné des coups de pied au membre du Basij lors de l’incident. Selon la source, « Mehrab a nié toutes les accusations lors des interrogatoires et devant le tribunal, allant jusqu’à demander l’examen des données de géolocalisation de son téléphone portable afin de prouver son absence sur les lieux du meurtre. Durant les 38 premiers jours de sa détention, malgré les demandes répétées de sa famille auprès des autorités sécuritaires et judiciaires d’Orumiyeh, aucune information concernant son sort n’a été reçue. Pendant toute cette période, il a été privé de visites familiales et de l’accès à un avocat. » Concernant la procédure judiciaire, la source a déclaré : « Après la fin des interrogatoires, il a été transféré à la prison centrale d’Orumiyeh. Son dossier a d’abord été renvoyé devant la septième chambre du Bureau d’enquête du Parquet populaire et révolutionnaire d’Orumiyeh, présidée par le juge Soltanzadeh. Après la mise en accusation, il a été transmis à la première chambre du Tribunal révolutionnaire islamique d’Orumiyeh pour son procès. À l’issue de trois audiences, dont deux par visioconférence et une en personne, il a été condamné à mort en quelques minutes, sans avoir pu se défendre. Le verdict a été prononcé le 19 septembre 2024 et lui a été notifié en prison un mois plus tard, le 21 octobre 2024. » Après le dépôt d’un appel par ses avocats, l’affaire a été renvoyée devant la Cour suprême, qui l’a transmise à sa neuvième chambre en février 2025. (ANF)

SYRIE. Documentation des crimes de guerre visant les Kurdes d’Alep

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SYRIE / ROJAVA – Des corps ensevelis sous des décombres et exécutions sommaires… L’Observatoire syrien des droits de l’homme a documenté certaines des atrocités commises par les gangs de Damas contre des civils du quartier kurde de Sheikh Maqsoud, à Alep, en janvier 2026.
 
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) a recueilli des témoignages choquants et accablants en provenance du quartier de Sheikh Maqsoud à Alep. Ces témoignages relatent les violations atroces subies par les civils lors des violents affrontements qui ont eu lieu en janvier dernier entre les forces du Gouvernement de transition et les Forces de sécurité intérieure (en kurde : Asayish), avant que les premières ne prennent le contrôle du quartier.
 
Un témoignage documenté indique que des hommes armés ont démoli un mur sur les corps de 17 civils, les ensevelissant complètement sous les décombres devant les maisons des habitants. Le mur a ensuite été reconstruit, masquant les lieux et dissimulant à nouveau les corps sous les décombres.
 
Par ailleurs, d’autres témoignages sur le terrain confirment que des individus armés ont lancé une grenade directement sur une voiture où des civils s’étaient réfugiés pour fuir les tirs nourris. Ces tirs ont entraîné leur mort et l’incendie du véhicule. Ces événements ont coïncidé avec des représailles généralisées, notamment des incendies et des actes de vandalisme visant des propriétés privées et des voitures appartenant aux habitants du quartier. Des bulldozers et des camions-bennes ont été utilisés pour ramasser un grand nombre de corps de civils et de militaires et les transporter de manière humiliante et inhumaine jusqu’au prétendu « Bureau de la charia », des pratiques que des sources décrivent comme des représailles contre la composante kurde de la région.
 
Concernant les violations individuelles, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a recueilli un témoignage détaillant le cas d’un jeune homme abattu de sept balles près de l’école Yassin Yassin. Laissé pour mort, il a été conduit à l’hôpital au péril de sa vie par sa mère. Par la suite, une force affiliée au gouvernement intérimaire a pris d’assaut l’hôpital, l’a enlevé et emmené vers une destination inconnue. Son sort demeure inconnu à ce jour, suscitant de vives inquiétudes quant à sa vie et à celle de dizaines d’autres détenus et personnes disparues de force, arrêtés pendant et après les opérations militaires dans la région.
 
L’Observatoire syrien des droits de l’homme, en publiant ces atrocités et en les portant à l’attention de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains, exige une enquête immédiate et impartiale afin d’identifier les responsables de ce massacre et de la dissimulation des corps. Il appelle également à exercer des pressions sur les forces au pouvoir pour qu’elles révèlent le sort des disparus et cessent les violations visant les civils en raison de leur appartenance ethnique ou religieuse.

TURQUIE. Une adolescente kurde victime de mauvais traitements en prison

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TURQUIE – Une adolescente kurde de 16 ans arrêtée récemment pour avoir tressé ses cheveux en réaction à la profanation du corps d’une combattante kurde en Syrie a été soumise à une fouille à nu et jetée dans une cellule avec des enfants emprisonnées pour des délits graves qui l’ont agressée à leur tour. Ses avocats ont porté plainte contre les mauvais traitements subis par la jeune fille. Un tribunal d’Izmir a rejeté l’appel d’une jeune fille de 16 ans arrêtée le 6 février pour des publications sur les réseaux sociaux soutenant les manifestations pour le port de tresses. Son avocat avait demandé sa libération après son inculpation pour « propagande en faveur d’une organisation terroriste [YPJ] ». Selon son avocat, la jeune fille, lycéenne, a subi une fouille à nu après son placement au centre de détention pour mineurs de Şakran suite à son arrestation. Elle demeure en détention après que le deuxième tribunal correctionnel pour mineurs d’Izmir a statué le 17 février que de forts soupçons persistent sur la base des éléments de preuve recueillis lors de l’enquête. Les accusations découlent de ses publications sur les réseaux sociaux, notamment une vidéo soutenant les manifestations de tressage de cheveux (en kurde : kezî), ​​qui ont émergé le mois dernier après qu’un membre armé du gouvernement intérimaire syrien ait été vu dans une vidéo exhibant la tresse d’une combattante kurde tuée à Raqqa et avec des propos moqueurs.

fouille à nu

S’adressant à bianet le 12 février, l’avocat Edhem Kuruş a déclaré que l’adolescente avait été soumise à des mauvais traitements, notamment à une fouille à nu. « Elle vit dans un environnement extrêmement stressant, marqué par de fréquentes disputes et bagarres entre les enfants. Elle nous a raconté qu’on lui avait cogné la tête contre une surface en marbre et qu’elle avait subi une fouille à nu », a déclaré Kuruş. « Une enfant en pleine croissance ne devrait pas être exposée à un tel environnement. » Il a ajouté que l’enfant avait été placé dans la même unité que d’autres personnes détenues pour des infractions liées à la drogue, au vol et aux agressions.

Le tribunal cite des « preuves concrètes »

Une fois l’acte d’accusation définitif, la défense a demandé la levée de la détention provisoire. Cependant, le tribunal d’Izmir a estimé que la présence de preuves concrètes et le risque de destruction de preuves ou de fuite de l’enfant justifiaient son maintien en détention. Le procès devrait débuter le 3 mars. La Cour constitutionnelle avait déjà statué en 2020 que le pouvoir accordé à la police de mener des « patrouilles virtuelles » en ligne était inconstitutionnel. Ce pouvoir, conféré en 2017 par un amendement à la loi sur les devoirs et pouvoirs de la police, autorisait les forces de l’ordre à obtenir des informations d’identité sur les internautes et à effectuer une surveillance en ligne dans le cadre d’enquêtes criminelles. La Cour a déclaré la loi inconstitutionnelle, affirmant que les données personnelles sont protégées par la Constitution et que la police ne peut enquêter sur des individus qu’avec un mandat du procureur. Elle a conclu que la mesure n’était pas conforme aux normes d’une société démocratique.

TURQUIE. Un journaliste détenu pour avoir couvert une affaire liée à DAECH

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TURQUIE – Alican Uludağ, journaliste turc de Deutsche Welle (DW), a été arrêté pour ses publications liées aux décisions de justice concernant les suspects de l’attentat commis par DAECH à Istanbul en 2016. Il est accusé de « diffusion de fausses informations » et d’« insulte au président ». Depuis plusieurs années, le régime turc criminalise et ou étouffe toute voix critique et viole la liberté d’informer des journalistes, essentiellement ceux des médias kurdes. Alican Uludağ, journaliste pour le service turc de la chaîne de télévision publique allemande Deutsche Welle (DW), a été arrêté hier soir pour avoir prétendument « diffusé de la désinformation » et « insulté le président » en raison de ses reportages et de ses publications sur les réseaux sociaux concernant l’affaire criminelle relative à l’attentat à la bombe perpétré par l’EI à l’aéroport Atatürk d’Istanbul en 2016, a annoncé le bureau du procureur général d’Istanbul. Transféré à Istanbul hier, Alican Uludağ a été déféré aujourd’hui devant le tribunal d’instance avec une demande d’arrestation suite à son interrogatoire par le parquet.

Les reportages sur les verdicts des tribunaux sont considérés comme de la désinformation.

Uludağ, dans un reportage de décembre 2024 pour Now TV, a révélé que la Cour de cassation avait cassé les condamnations de six accusés condamnés à la réclusion à perpétuité aggravée à 46 reprises chacun, ainsi qu’à 2 604 années de prison. Le 13e tribunal pénal d’Istanbul a condamné six individus pour « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel » et « meurtre avec préméditation », tandis qu’une septième personne a été condamnée à 12 ans de prison pour « appartenance à une organisation terroriste ». La Cour de cassation a jugé les peines prononcées excessives. Elle a estimé que trois accusés auraient dû être reconnus coupables d’« appartenance à une organisation terroriste », un de financement du terrorisme et un autre de complicité d’attentat. Suite à cet arrêt, six des sept accusés ont été libérés le 12 décembre 2024. Après la diffusion du reportage d’Uludağ, le Centre de lutte contre la désinformation de la Direction des communications a reconnu les diffusions, mais a affirmé que la décision ne s’appliquait pas aux principaux auteurs de l’attaque, considérant donc le reportage d’Uludağ qualifié de « désinformation ».

Condamnation de la RSF

Le représentant turc de Reporters sans frontières (RSF), Erol Öncerdoğlu, a condamné la détention d’Uludağ. « À l’heure où le pouvoir judiciaire cède aux pressions politiques, la détention du journaliste Alican Uludağ montre que la liberté de la presse en Turquie est confrontée à un avenir encore plus sombre », a-t-il déclaré. « Il a été arrêté simplement parce que ses enquêtes et ses critiques étaient dérangeantes. C’est tout. » Au cours d’une carrière journalistique s’étalant sur près de deux décennies, Uludağ a principalement travaillé comme journaliste judiciaire, se concentrant sur les violations des droits de l’homme, les affaires de corruption et les procès très médiatisés. Son travail a été récompensé par plusieurs prix, dont le prix Uğur Mumcu de journalisme d’investigation décerné par l’ Association des journalistes contemporains en 2019, le prix du reportage politique décerné par l’Association des journalistes turcs en 2020 et le prix Raif Badawi pour le journalisme courageux décerné par la Fondation Friedrich Naumann en 2021. (Bianet)

TURQUIE. Fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux ?

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TURQUIE / KURDISTAN – Le gouvernement turc va rendre obligatoire la vérification d’identité pour tout utilisateur des réseaux sociaux. Jusqu’à présent, le régime turc se contentait de censurer les comptes des utilisateurs kurdes ou ceux critiquant le gouvernement turc. La Turquie se prépare à introduire une vérification d’identité obligatoire pour tous les utilisateurs des réseaux sociaux, a annoncé le ministre turc de la Justice, Akın Gürlek. « La vérification d’identité sera essentielle sur les réseaux sociaux. Si une personne publie un commentaire ou un message, son identité sera forcément connue. Elle ne le fera pas avec un faux compte ou un faux compte étranger sans vérification d’identité », a déclaré Gürlek dans une interview accordée au quotidien progouvernemental Yeni Şafak et publiée hier.

« Projet d’isolement numérique »

L’Association pour la liberté d’expression (İFÖD) a décrit le règlement proposé comme « un projet d’isolement numérique qui englobe toute la société ». L’association a averti que cette réglementation détruirait l’anonymat sur Internet et pousserait les individus à l’autocensure par crainte d’être fichés.

ROJAVA. Les femmes resteront « une force invincible face à la tyrannie »

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SYRIE / ROJAVA – Plusieurs organisations de femmes du Rojava / Syrie du N-E ont publié un communiqué dans lequel elles déclarent que les « femmes kurdes, femmes arabes, femmes syriennes, femmes assyriennes, femmes arméniennes et bien d’autres, affirmons que chaque acquis que nous défendons aujourd’hui est un gage de fidélité à notre héritage, que nous ne laisserons pas se perdre ni être détruit ». À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, des organisations de femmes de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) ont publié une déclaration commune. Intitulée « Il n’y a pas d’alternative à la reconnaissance constitutionnelle pour protéger la révolution des femmes et garantir une Syrie démocratique », la déclaration se lit comme suit : Avant toute chose, nous nous inclinons avec respect devant les grands sacrifices consentis avec le sang des pionniers et des soldats tombés au combat, qui ont construit des ponts de leur corps et nous ont ouvert la voie par leur volonté, afin que nous puissions sortir des ténèbres de l’exclusion pour entrer dans la lumière de l’avenir. Contre toute attente Nous, les mouvements et organisations de femmes du Rojava, femmes kurdes, femmes arabes, femmes syriennes, femmes assyriennes, femmes arméniennes et bien d’autres, affirmons que chaque acquis que nous défendons aujourd’hui est un gage de fidélité à notre héritage, que nous ne laisserons pas se perdre ni être détruit. Nos cœurs sont meurtris et nos âmes brûlent de rage face aux atrocités commises par des éléments liés à des factions du gouvernement de transition ; des pratiques brutales qui bafouent toutes les valeurs humaines, depuis l’acte barbare de jeter notre camarade Deniz du troisième étage jusqu’au crime de sang-froid consistant à couper la tresse d’une combattante. Ces violations sont l’expression flagrante d’une mentalité salafiste et patriarcale imprégnée de haine, visant à briser la volonté des femmes qui ont combattu et triomphé du terrorisme. C’est une tentative pitoyable de terroriser la société en s’attaquant à ses symboles de lutte et de beauté. «Nous ne mendions pas pour obtenir nos droits.» Ce que la révolution des femmes dans le nord et l’est de la Syrie et dans tout le pays a accompli, ce n’est pas une simple concession, mais une libération des griffes d’une idéologie d’exclusion. C’est pourquoi, à l’approche du 8 mars, Journée internationale des femmes, nous sommes animées d’un esprit de résistance, et non de défaite. Du cœur même de la lutte, nous annonçons le lancement d’une importante campagne nationale et internationale visant à intensifier le combat sur tous les fronts. Nous ne mendions pas nos droits ; nous demandons des comptes à la communauté internationale et aux forces démocratiques quant à leur responsabilité historique et présentons nos revendications comme non négociables et non reportables. Ces revendications sont les suivantes : • L’inclusion explicite et sans ambiguïté des acquis de la révolution des femmes dans le nord et l’est de la Syrie, ainsi que dans l’ensemble de la Syrie, dans la nouvelle constitution et la garantie de la protection des femmes contre la mentalité patriarcale, exclusionniste et salafiste qui vise historiquement à écarter les femmes des postes de décision. • La mise en œuvre intégrale des points convenus le 30 janvier afin d’assurer l’achèvement des processus d’intégration et de garantir la participation effective et indépendante des femmes dans toutes les institutions militaires, politiques et administratives. • La reconnaissance constitutionnelle du système de « coprésidence » et l’introduction d’un quota de femmes d’au moins 50 % dans toutes les branches d’État et les comités constitutionnels comme garantie d’une égalité totale. • L’inclusion d’une clause constitutionnelle claire pour l’adoption du décret n° 13 relatif à la protection des droits linguistiques et culturels des Kurdes, tout en garantissant simultanément la protection des droits de toutes les communautés syriennes et de leur diversité culturelle. • Création de véritables comités participatifs, avec une large représentation des femmes, chargés de rédiger une nouvelle constitution démocratique qui protège les droits des femmes et de toutes les communautés et qui établisse un système démocratique décentralisé. • Préservation du caractère et de la structure uniques des Unités de protection des femmes (YPJ) et de leur reconnaissance constitutionnelle en tant que partie essentielle et intégrante du système de défense et de protection, reconnaissant leur rôle historique dans la lutte contre le terrorisme et la protection des valeurs humaines. • Un engagement absolu en faveur du respect des droits des femmes et des acquis juridiques et civiques déjà obtenus, et un rejet catégorique de toute législation qui maintient l’assujettissement des femmes ou diminue leur rôle social et politique. • Découvrir le sort des personnes disparues et des personnes disparues de force, poursuivre rapidement tous les auteurs de crimes et de violations brutales contre les femmes, et mettre en œuvre les principes de la justice transitionnelle afin d’assurer des réparations aux victimes et de prévenir l’impunité. • Garantir le retour sûr et volontaire de toutes les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays dans leur pays d’origine grâce à des garanties internationales qui les protègent des représailles et assurent leurs moyens de subsistance. • Un appel à la communauté internationale pour qu’elle reconnaisse le modèle d’autonomie gouvernementale et le rôle pionnier des femmes au sein de ce modèle comme un modèle national pour une solution globale pour la Syrie et pour assurer une transition vers une Syrie démocratique, pluraliste et décentralisée. Nous lançons cet appel à l’action à tous les mouvements féministes et aux forces démocratiques du monde entier : notre lutte aujourd’hui est le dernier rempart des valeurs universelles de liberté contre l’idéologie salafiste et patriarcale. L’attaque contre les femmes syriennes est une atteinte au cœur même de la démocratie universelle. C’est pourquoi nous vous appelons à renforcer les alliances de femmes et à exercer une pression internationale afin que la future constitution syrienne n’entraîne pas l’exclusion et la marginalisation de la moitié de la société. «Nous resterons une force invincible face à la tyrannie » Les années nous ont appris que notre organisation est notre forteresse. Ni le meurtre ni la violence ne peuvent nous intimider ni briser notre volonté. (…) Ceux·lles qui ont fait la révolution et préservé la dignité au prix de leur sang peuvent la protéger et imposer la logique d’une Syrie démocratique, pluraliste et décentralisée. Promesse aux femmes tombées et aux tresses coupées : nous resterons une force invincible contre la tyrannie et nous ne cesserons de lutter jusqu’à ce que nos acquis soient inscrits dans la Constitution. Vive la révolution des femmes ! Vive la révolution des femmes ! (…) Jin, Jiyan, Azadî ! » Signé par Kongra Star Union des femmes syriaques en Syrie Union pour la sécurité des femmes Sara – Organisation contre la violence faite aux femmes Mouvements artistiques et culturels féminins – Hîlala Zerîn Union des femmes yézidies au Rojava Parti démocratique de la liberté Parti démocratique pour la paix du Kurdistan Parti vert démocratique Union des avocats kurdes Parti démocratique kurde en Syrie Parti syrien de la construction et du développement Association des femmes Sawushka Fondation des femmes libres en Syrie Conseil des femmes du Mouvement de la société démocratique Autorité des femmes Parti démocratique du Kurdistan – Syrie Parti du message démocratique du Kurdistan Parti du changement démocratique du Kurdistan Mouvement de l’avenir du Kurdistan Parti démocratique kurde en Syrie (el-Party) Conseil de la justice Association des ambassadeurs pour les personnes handicapées Organisation Roz pour le soutien et l’autonomisation Organisation des leaders de la paix  ****** ANF