AccueilEuropeAllemagneALLEMAGNE. La police censure une affiche des YPJ à Hambourg

ALLEMAGNE. La police censure une affiche des YPJ à Hambourg

ALLEMAGNE – Une grande affiche de soutien à la campagne « Nous sommes tous YPJ » a été recouverte de peinture par la police dans le quartier de Schanzenviertel. L’action, qui visait le mur du centre autonome Rote Flora, a provoqué la colère des militantes kurdes, d’autant plus que ni les YPJ ni les YPG ne sont interdits en Allemagne.

L’affiche avait été apposée dimanche, à l’occasion de la journée internationale d’action en soutien à la campagne « Nous sommes tous des YPJ ». Cette dernière réclame l’intégration des Unités de protection des femmes (YPJ) au sein du ministère syrien de la Défense.

Dans de nombreuses villes d’Europe et au-delà, des rassemblements, débats et actions symboliques ont eu lieu ce week-end pour saluer le rôle des YPJ dans la défense de la révolution des femmes au Rojava (nord-est de la Syrie). À Hambourg, l’Alliance pour le Kurdistan a décoré le mur du Rote Flora en signe de solidarité, affirmant vouloir attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur les acquis démocratiques et féministes de la région.

« Nous avons une dette envers les YPJ »

Mercredi matin, les militantes du conseil des femmes kurdes de Hambourg, Rojbîn, ont découvert l’affiche entièrement recouverte de peinture. Elles ont exprimé leur indignation auprès de l’agence de presse kurde ANF.

« Nous condamnons fermement l’intervention de la police de Hambourg. Nous sommes tous des YPJ. Cette censure est incompréhensible », a déclaré une porte-parole, qui a comparé l’action policière à l’attitude des groupes islamistes en Syrie à l’égard des unités de défense des femmes.

« Nous avons une dette infinie envers les YPJ pour leur combat contre Daech et pour la défense des droits des femmes », a-t-elle ajouté.

Une pratique contestée à Hambourg

Ni les YPJ ni les YPG ne figurent sur la liste des organisations interdites en Allemagne. Pourtant, à Hambourg, la police intervient régulièrement contre l’affichage de symboles liés à ces groupes, contrairement à la pratique observée dans la plupart des autres Länder.

Selon les informations recueillies par l’ANF, les procédures pénales ouvertes dans ce cadre se soldent systématiquement par un non-lieu du parquet. Ces interventions reposeraient sur une directive interne du parquet général de Hambourg, dont le contenu resterait inaccessible, y compris aux avocats des personnes concernées.

Face à cette opacité, plusieurs militants ont saisi le tribunal administratif de Hambourg.