SYRIE / ROJAVA – À Afrin, canton kurde occupé par la Turquie depuis mars 2018, l’enseigne du palais de justice est bilingue turc-arabe. Le kurde a été purement et simplement effacé de l’espace public.
Damas ne proteste pas. Aucune réaction, aucune exigence de retrait. Pourtant, Afrin compte une très large majorité kurde et aucune population turque, rendant cette enseigne illégale au regard du droit syrien.

À l’inverse, à Hassaké, autre région à majorité kurde passée sous contrôle de Damas, le pouvoir retire systématiquement la langue kurde des panneaux officiels et menace de mesures coercitives, voire militaires, si elle réapparaît aux côtés de l’arabe.
Deux poids, deux mesures : la Turquie peut imposer sa langue en territoire syrien sans que Damas bronche, tandis que les Kurdes de Syrie se voient interdire la leur sur leur propre terre.
Il ne s’agit ni de souveraineté, ni de légalité. Seulement d’une hostilité assumée envers le peuple kurde et d’une soumission totale à l’Etat turc.