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IRAN. Trois exécutions politiques en 24 heures à Urmia

En moins de 24 heures, les autorités iraniennes ont exécuté trois hommes à la prison centrale d’Urmia : deux prisonniers politiques kurdes, Naser Bakrzadeh (26 ans) et Mehrab Abdollahzadeh (27 ans), ainsi que Yaqoub Karimpour, adepte de la foi yarsan.

Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, les trois hommes ont été pendus à l’aube. L’agence officielle Mehr a confirmé ces exécutions.

Procédures expéditives et aveux sous torture

Naser Bakrzadeh, originaire d’Urmia, a été condamné à mort pour « espionnage au profit d’Israël ». Sa peine a été confirmée en seulement dix jours par la Cour suprême. Il avait subi de graves tortures au centre de détention d’Al-Mahdi pour lui arracher des aveux.

Mehrab Abdollahzadeh, arrêté lors du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022, a été exécuté pour « rébellion armée » (baghi) et « corruption sur terre » (efsad-e fel-arz). Il avait été placé à l’isolement quelques jours plus tôt après une altercation avec un gardien. Ses aveux ont également été extorqués sous torture, selon ses déclarations.

Yaqoub Karimpour, diplômé en droit public originaire de Miandoab, a été arrêté pendant les affrontements israélo-iraniens. Condamné pour « espionnage » et « corruption sur terre », il a vu sa peine confirmée récemment. Son épouse, Saboura Lotfi, a été arrêtée dans le but clair d’exercer une pression psychologique sur lui.

Une justice expéditive au service de la répression

Les trois hommes ont été brutalement transférés de leurs quartiers de haute sécurité vers l’isolement sous de faux prétextes (« transfert médical » ou « rencontre avec les agents d’exécution »). Hengaw dénonce des meurtres prémédités et des violations flagrantes de l’injustice historique subie par le peuple kurde ainsi que du droit à un procès équitable.

En avril 2026, le régime iranien a déjà exécuté au moins 26 personnes, dont 14 prisonniers politiques.

Ces exécutions s’inscrivent dans une nouvelle escalade répressive de la République islamique, qui instrumentalise la peine de mort comme arme de terreur, particulièrement contre les Kurdes et les minorités religieuses, dans un contexte de tensions régionales.

Hengaw reste particulièrement préoccupée par le sort d’autres prisonniers kurdes actuellement menacés.