SYRIE / ROJAVA – L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) alerte sur une recrudescence des fouilles illégales et des pillages de sites historiques dans le nord de la Syrie. Selon des rapports récents, des groupes d’experts encadrés par les forces turques mènent des opérations méthodiques pour s’emparer d’artefacts antiques, au mépris des conventions internationales sur la protection du patrimoine.
Inspections sous escorte militaire à Manbij
Le mardi 21 avril 2026, un groupe d’experts liés à l’État turc a été déployé dans le village de Jabal Hemam, situé dans la campagne de Manbij. Sous la protection des forces de sécurité affiliées au gouvernement intérimaire syrien, ces individus ont étendu leurs inspections aux environs d’al-Khafsa et sur l’axe routier menant à Jarablus. Ces mouvements confirment une stratégie de repérage précise des zones archéologiques à fort potentiel.
Répression et fouilles forcées à Tel Aran
L’épisode le plus violent s’est déroulé le 18 avril dernier à Tel Aran, une localité de l’est d’Alep majoritairement habitée par la population kurde. Un convoi imposant, composé d’environ 250 hommes armés, d’agents des services de renseignement turcs et de spécialistes, a investi la zone.
Pour garantir le secret de leurs opérations, les forces d’occupation ont établi un périmètre de sécurité strict. Des coups de feu ont été tirés en l’air pour disperser les civils et intimider les curieux. À l’aide d’équipements de détection modernes, ces groupes ont mené des excavations massives durant plus de vingt-quatre heures, exhumant de nombreux objets historiques qu’ils vont faire écouler sur le marché noir des antiquités.
Harcèlement des populations et appel à la justice
Au-delà du pillage culturel, les habitants ont dénoncé un climat de terreur. Plusieurs familles ont été contraintes d’abandonner leurs foyers tandis que d’autres ont subi des insultes et des traitements dégradants. Ces exactions illustrent une volonté délibérée d’effacer l’histoire locale tout en opprimant les résidents.
Face à ce qu’ils qualifient de crime de guerre et de vol d’identité culturelle, les habitants de la région et les défenseurs du patrimoine exigent :
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L’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante.
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L’identification et la traduction en justice des responsables de ces fouilles illégales.
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La mise sous protection urgente des sites archéologiques syriens contre la prédation organisée.