AccueilJournalismeJournalistes kurdes : « Nous resterons la voix de la vérité »

Journalistes kurdes : « Nous resterons la voix de la vérité »

SYRIE / ROJAVA – À l’occasion du 128e anniversaire de la presse kurde, les professionnels des médias de Kobanê ont réaffirmé leur engagement solennel à poursuivre leur mission d’information, malgré les périls et les tentatives d’étouffement. En cette journée symbolique du 22 avril, commémorant la parution du premier journal Kurdistan en 1898, les journalistes du Rojava rappellent que leur plume et leurs caméras sont des remparts contre l’oubli et l’injustice.

Un héritage de résistance né de l’exil

Pour Sterfan Jojo, de la radio Kobanê FM, l’histoire du journalisme kurde est indissociable d’un contexte de survie. À une époque où l’existence même du peuple kurde était niée et interdite par les puissances occupantes, le journal Kurdistan a brisé le silence. Malgré les massacres et les politiques de génocide, cette presse pionnière a jeté les bases d’une tradition de liberté qui permet aujourd’hui de documenter les violations des droits humains au grand jour.

  

Cet héritage a joué un rôle déterminant dans la préservation de la langue et de la culture kurdes, garantissant ainsi la pérennité d’une identité constamment menacée.

Témoigner au cœur des décombres et de la révolution

Mohammad Mustafa, correspondant pour Ronahi TV, souligne que le journalisme indépendant a été le moteur de la révolution du Rojava. Durant la bataille héroïque de Kobanê contre Daech, les reporters étaient en première ligne pour relayer les attaques et la résistance au monde entier.

Il rend hommage aux nombreux confrères pris pour cibles, emprisonnés ou assassinés pour avoir refusé de travestir la réalité. Cette volonté de documenter les agissements des forces d’occupation et les violations subies par la population reste le moteur de ceux qui, aujourd’hui, reprennent le flambeau de leurs collègues tombés au nom de la vérité.

La responsabilité sociale et le rôle des femmes

Judy Berçem, correspondante pour l’agence Nûjînha, insiste sur la responsabilité accrue des journalistes dans le contexte actuel. Face à la complexité des enjeux géopolitiques en Syrie, les professionnels des médias portent une mission de service public envers la société.

Elle souligne tout particulièrement la détermination des femmes journalistes, dont l’engagement sur le terrain est le garant d’une transmission fidèle de la réalité. Pour elles, comme pour l’ensemble de la presse libre de Kobanê, le chemin est tracé : continuer à informer, documenter et dénoncer, sans jamais céder à l’intimidation.