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TURQUIE. Emprisonnement d’un ado kurde dont la responsabilité pénale est contestée

TURQUIE / KURDISTAN – Un adolescent kurde de 17 ans, résidant à Urfa (Riha), a été arrêté le 5 janvier 2026 à la suite d’une altercation sur une plateforme numérique. Il est accusé de « menaces par usurpation d’identité au nom d’organisations criminelles », d’« atteinte à la mémoire d’une personne » et d’« obtention illégale de données personnelles ».

Actuellement détenu dans un centre pour mineurs à Hatay, l’adolescent souffre de troubles psychiatriques graves et a fat plusieurs tentatives de suicide. Sa famille et ses avocats contestent fortement sa responsabilité pénale.

Rapports contradictoires sur sa santé mentale

Les documents d’enquête décrivent ses capacités mentales comme « limites ». En revanche, les rapports médicaux fournis par la famille et la défense attestent d’une déficience intellectuelle, d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et d’un suivi psychiatrique régulier.

Selon le droit turc, la responsabilité pénale exige que l’individu soit capable de comprendre la signification juridique de ses actes et d’orienter ses comportements en conséquence. Or, ces éléments restent contestés.

Tentatives de suicide en détention

Des avocats de l’Association des droits de l’homme (İHD) ayant visité l’enfant ont rapporté plusieurs tentatives de suicide et de graves crises pendant sa détention. La famille dénonce le fait que ses médicaments habituels ne lui sont pas correctement administrés, voire parfois refusés, aggravant considérablement son état de santé.

Intervention de la députée Newroz Uysal

La députée du parti DEM, Newroz Uysal, a vivement réagi : « La responsabilité pénale de cet enfant est discutable. Sa détention est sans fondement juridique. Il doit être libéré immédiatement. »

Elle dénonce le fait que l’État isole et punit un enfant vulnérable au lieu de le protéger et de lui apporter les soins nécessaires. « Il s’agit d’une personne facilement manipulable », a-t-elle souligné.

Lors d’une visite au centre de Hatay en février 2026, la députée a également documenté des cas d’agressions, d’insultes et de coupes de cheveux forcées à l’encontre des mineurs détenus.

Demande de libération urgente

Newroz Uysal et Beritan Güneş, autre députée DEM et membre de la sous-commission des droits de l’enfant, ont déposé une plainte auprès de la Commission d’enquête sur les droits de l’homme (İHİK) et une question parlementaire au ministère de la Justice.

« Nous ne devrions plus parler de détention, mais de protection et de libération immédiate pour cet enfant », a déclaré Newroz Uysal.