Soutenue par le Gouvernement régional du Kurdistan, une initiative éducative d’envergure voit le jour en Norvège. En collaboration avec les centres kurdes d’Oslo, plusieurs écoles ouvriront prochainement leurs portes afin de permettre aux Kurdes de la diaspora de maintenir un lien vital avec leur langue et leur culture.
Une première école de langue proposera un enseignement dans les deux principaux dialectes, le sorani et le kurmanji. Porté par des enseignants bénévoles, ce projet s’inscrit dans une volonté plus large de sauvegarde du patrimoine immatériel kurde au sein des nouvelles générations.
Rezvan Warmeli, chef de la diaspora kurde en Norvège, a précisé au journal « The New Region » que l’établissement débutera ses activités avec quatre classes, chacune pouvant accueillir jusqu’à 17 élèves. Il a également souligné que cette création bénéficie de l’appui technique et institutionnel de la Confédération de la langue kurde.
Un programme entre racines et intégration
Selon les informations transmises par la Confédération au site The New Region, le ministère de l’Éducation du GRK fournira l’ensemble des manuels et fournitures scolaires. Si le programme s’appuie initialement sur le système éducatif de la région du Kurdistan, l’objectif à terme est d’adopter le modèle pédagogique norvégien (d’origine finnoise) pour favoriser une intégration harmonieuse.
Cette dynamique fait suite à la signature, en mars 2025, d’un protocole d’accord entre le Premier ministre Masrour Barzani, le ministère de l’Éducation et le Centre de la diaspora kurde. Ce partenariat vise à structurer l’enseignement du kurde à l’étranger en y intégrant l’histoire nationale et les luttes historiques du peuple kurde face à l’injustice.
« Nous prévoyons d’ouvrir davantage d’écoles de langue kurde à travers la Norvège », a déclaré Derin Mahmoud, enseignant bénévole. Bien que les inscriptions officielles ne soient pas encore closes, une cinquantaine d’élèves se sont déjà manifestés pour intégrer ce cursus.
Un enjeu de transmission face à l’exil
Au cours des dernières décennies, des milliers de Kurdes ont été contraints à l’exil vers l’Occident. Originaires du Kurdistan d’Irak, de Turquie, d’Iran ou de Syrie, ces familles ont fui des décennies de conflits politiques, de répression systématique et de violences. Dans ce contexte de déracinement, l’école devient un sanctuaire pour la transmission d’une identité souvent menacée dans les pays d’origine.