IRAN / ROJHILAT – Il y a 79 ans jour pour jour, le leader kurde Qazi Muhammad (Peshawa Qazi Muhammad) a été exécuté par pendaison par le régime du chah Mohammad Reza Pahlavi.
Président de la République kurde de Mahabad, Qazi Muhammad fut pendu avec son frère Sadr Qazi et son cousin Saif Qazi sur la place Chwar Chira (Chahar Cheragh) à Mahabad — le même lieu symbolique où, un an plus tôt, le drapeau kurde avait flotté pour la première fois au-dessus d’un État kurde autonome.
Avocat et juge respecté, Qazi Muhammad est le fondateur du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI). En janvier 1946, il proclama la République de Mahabad, un État kurde éphémère dans le Rojhilat (Kurdistan de l’Est), avec pour capitale Mahabad et un territoire comprenant les villes voisines de Piranshahr et Naqadeh. Cette expérience d’autonomie dura moins d’un an : du 22 janvier au 15 décembre 1946.
Après le retrait des troupes soviétiques d’Iran, l’armée iranienne écrasa la jeune république. Qazi Muhammad, qui avait choisi de rester auprès de son peuple plutôt que de fuir, fut condamné à mort pour « trahison » lors d’un procès expéditif.
Son exécution n’a pas tué le rêve kurde. Au contraire, elle en a fait un puissant symbole de résistance. Aujourd’hui encore, le 31 mars est commémoré à Rojhilat comme le Jour des Martyrs.
Tragédie familiale
En septembre 1990, l’une de ses filles, Efat Ghazi, fut assassinée à Västerås, en Suède, par une lettre piégée destinée à son mari, l’activiste kurde Amir Ghazi. Un autre crime du régime sanguinaire iranien commis sur le sol européen qui est resté impuni.