LINGUICIDE. À l’occasion de la Journée de la langue kurde, ce 15 mai, dix artistes kurdes ont lancé un message fort et unitaire appelant à faire du kurde une langue vivante dans tous les aspects de la vie quotidienne.
« Faisons vivre le kurde non seulement dans les chansons, mais aussi à la maison, dans la rue, à l’école et sur le marché. Le kurde doit devenir la langue de l’éducation, de la vie publique et du commerce », ont-ils déclaré dans un message commun.
Un appel à la résistance culturelle
Les artistes Rotinda, Tara Mamedova, Kasım Taşdoğan, Helin Kılıçarslan, Serdar Canan, Ruken Yılmaz, Pîroz, Eylül Nazlıer, l’acteur Erdal Kaya et le danseur Serhat Kural ont lu tour à tour ce message :
« Des politiques d’assimilation visant les Kurdes sont menées en Turquie depuis des années. Lisons, écrivons et vivons en kurde. Notre langue n’est pas seulement un outil de communication ; elle est notre identité, notre honneur et notre mémoire collective. Disons-le ensemble : notre langue est notre existence, notre langue est notre identité ! »
Une journée symbolique
La Journée de la langue kurde, célébrée chaque année le 15 mai depuis 2006-2007, commémore le lancement à Damas, le 15 mai 1932, du magazine Hawar (« Le Cri »). Fondé par l’intellectuel kurde Celadet Ali Bedirxan et ses compagnons, ce fut le premier magazine kurde publié en alphabet latin.
Hawar a joué un rôle historique décisif dans la standardisation et la modernisation de la langue kurde, favorisant l’émergence d’une véritable littérature kurde moderne et devenant un symbole de résistance culturelle face à l’assimilation.
Une langue, une identité
Aujourd’hui encore, dans plusieurs pays où vivent les Kurdes, la langue reste soumise à des restrictions, des interdictions ou des politiques d’assimilation. Face à cela, la Journée du 15 mai est l’occasion de réaffirmer que défendre le kurde n’est pas seulement une question linguistique, mais un acte de résistance et d’affirmation identitaire.
Les artistes ont rappelé avec force que la vitalité d’une langue dépend de son usage quotidien : à la maison, dans l’éducation, dans l’art et dans la rue.
« Chaque mot kurde prononcé est un acte de résistance. »