AccueilKurdistanLes Kurdes, premières victimes collatérales de la guerre Iran – USA/Israël

Les Kurdes, premières victimes collatérales de la guerre Iran – USA/Israël

KURDISTAN – Malgré leur absence totale dans le conflit direct opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, les Kurdes paient un lourd tribut humain dans cette nouvelle guerre régionale. Depuis le début des hostilités en 2026, près de 15 morts et des dizaines de blessés ont été recensés au Kurdistan irakien (principalement parmi les Peshmerga et des civils touchés par des frappes iraniennes ou de milices pro-iraniennes). Du côté iranien, dans le Rojhilat (Kurdistan oriental), les bilans font état de centaines de victimes kurdes, avec notamment plus de 110 morts et près de 970 blessés rien que dans la province du Kurdistan iranien selon des sources officielles locales, suite aux frappes américano-israéliennes sur des zones à forte présence kurde.

Les Kurdes ne sont pas belligérants dans cette guerre. Ils n’appartiennent à aucune coalition, ni à l’OTAN ni à d’autres structures internationales qui, paradoxalement, soutiennent ou tolèrent les États qui les oppriment. Pourtant, ils se retrouvent une fois de plus pris entre deux feux : frappés d’un côté par les missiles iraniens et les milices chiites en Irak, et de l’autre par les bombardements sur les infrastructures sécuritaires du Rojhilat.

Ce statut de victimes collatérales n’est pas nouveau. Depuis plus d’un siècle, le peuple kurde est colonisé, divisé et massacré sur ses propres terres par les États-nations turc, perse et arabe (Turquie, Iran, Syrie, Irak). Refusant l’assimilation forcée, les Kurdes réclament simplement le droit élémentaire à l’autogouvernement, à la préservation de leur langue, de leur culture et de leur patrimoine. Au lieu d’un soutien international clair à cette lutte légitime, ils sont régulièrement accusés d’être des « collaborateurs », des « séparatistes » ou des « agents de l’Occident ».

Cette perversion du récit historique est particulièrement visible aujourd’hui : tandis que la Turquie bénéficie d’un soutien occidental au sein de l’OTAN et que la Syrie voit son autonomie kurde (le Rojava) progressivement démantelée, les Kurdes restent exclus des mécanismes internationaux censés protéger les droits des peuples.

Il est temps d’arrêter cette hypocrisie et d’admettre une évidence historique : la décolonisation du Kurdistan est indispensable pour empêcher la disparition progressive du peuple kurde, menacé d’assimilation forcée et, à terme, de génocide culturel et physique. Sans reconnaissance de leur droit à l’autodétermination, les Kurdes continueront d’être sacrifiés sur l’autel des grands équilibres géopolitiques.