AccueilMoyen-OrientIranCas iranien : l'anti-impérialisme sans issue ni solution

Cas iranien : l’anti-impérialisme sans issue ni solution

Le journaliste kurde, Maxime Azadî critique les positions anti-impérialistes de la gauche, jugées irréalistes et incapables de proposer des solutions concrètes face à la brutalité des régimes oppressifs comme celui de l’Iran, soulignant l’inefficacité du droit international, qui protège davantage les États puissants que les peuples, et l’absence de réponse viable pour sauver les Iraniens, Kurdes ou Baloutches malgré leurs tentatives de libération…. sans parlé de Khamenei dépeint comme une figure quasi divine par cette même « gauche » qui était pourtant une « machine de mort » responsable d’exécutions quotidiennes contre diverses minorités et opposants à travers l’Iran mais aussi à l’étranger.

Maxime Azadî a écrit :

Même si l’opposition de la gauche à la guerre ou son « anti-impérialisme » peuvent se comprendre, ces positions paraissent déconnectées de la réalité du monde et des rapports de force actuels. Elles ne proposent pas de solution concrète. Lorsque l’on invoque le « droit international », force est de constater qu’il n’a, jusqu’à présent, pas fonctionné ; au contraire, il a souvent renforcé les appareils étatiques et laissé les peuples sans protection.
 
Face à des États devenus extrêmement puissants et aux intérêts globaux qui gravitent autour d’eux, les revendications de liberté et de démocratie des peuples se heurtent à un déséquilibre de forces terrifiant. L’« anti-impérialisme » au niveau du discours, ou les idéaux présentés comme des solutions, ne contiennent aucune formule magique capable de sauver ni les Iraniens, ni les Kurdes, ni les Baloutches.
 
Il est évident que vous n’irez pas « libérer » les Iraniens. Les Iraniens ont tenté de se libérer eux-mêmes, mais l’appareil auquel ils font face est d’une brutalité monstrueuse. Khamenei, dont certains pleurent aujourd’hui la mort, était une machine de mort qui s’est érigée en autorité quasi divine. Cette machine éliminait chaque jour, comme une moissonneuse, des Perses, des Kurdes, des Baloutches et des personnes appartenant à d’autres croyances ou opinions.
 
Nous savons aussi que le sort de ces populations n’a jamais réellement préoccupé Trump. Mais alors, que proposez-vous, vous ? Le statu quo ? Un droit international inopérant ? De nouvelles combinaisons d’intérêts entre puissances ? Supposons même que vous avanciez une proposition efficace : quelle serait votre formule concrète pour la mettre en œuvre ?
 

L’ensemble des hauts responsables tués étaient les architectes d’une machine de répression et de massacres

 
Le dirigeant kurde docteur Abdurrahman Qasimlo a été assassiné à Vienne en 1989 alors qu’il négociait une solution politique et pacifique avec l’Iran, peu après l’accession d’Ali Khamenei au poste de nouveau Guide suprême.
 
Quelques années plus tard, en 1992, Sadegh Sharafkandi a à son tour été tué par des agents iraniens dans un restaurant à Berlin.
 
En Iran, depuis le 28 février, l’ensemble des hauts responsables tués étaient les architectes d’une machine de répression et de massacres.