TURQUIE / KURDISTAN – Le jeune Kurde Diyar Koç, torturé par les forces turques et faussement accusé d’avoir abaissé le drapeau turc lors d’une manifestation pro-Rojava le 20 janvier 2026 au plus fort des attaques des gangs de Damas et de Turquie ciblant la région, a été libéré sous contrôle judiciaire.
Un étudiant universitaire kurde, Diyar Koç (DK), a été libéré après sa première audience, le 9 juin 2026. Il avait été arrêté et torturé en janvier lors d’une manifestation à Mardin.
Diyar Koç participait à une protestation contre les attaques des forces du gouvernement intérimaire syrien contre les régions à majorité kurde du nord-est de la Syrie (Rojava). Il a été violemment interpellé par les forces de sécurité turques.
Présenté dans les médias pro-gouvernementaux comme la personne ayant abaissé le drapeau turc du côté syrien de la frontière, il n’a pourtant fait l’objet d’aucune poursuite pour cet acte. Ni l’acte d’accusation, ni l’audience n’ont évoqué cette accusation.
Lors de l’audience au 2e tribunal pénal lourd de Mardin, Diyar Koç a comparu par visioconférence depuis la prison de Sincan à Ankara. Il a rejeté l’ensemble des accusations et a détaillé les tortures subies, affirmant avoir porté plainte contre ses tortionnaires. Son avocat, Rıdvan Kurt, a demandé sa libération, soulignant l’absence d’éléments matériels justifiant les poursuites.
Le tribunal a ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire et obligation de pointages réguliers au commissariat. La prochaine audience est fixée au 29 septembre 2026.
Déclarations de l’avocat
Me Rıdvan Kurt a déclaré à bianet :
« Aucune question n’a été posée à son client concernant le drapeau, ni dans l’acte d’accusation, ni durant l’enquête ou l’audience. Il n’existe ni preuve, ni enregistrement vidéo. Cette accusation est infondée et mon client l’a catégoriquement rejetée. »
L’avocat a précisé que Diyar Koç était poursuivi pour trois chefs d’accusation : appartenance à une organisation terroriste armée, propagande en faveur d’une organisation terroriste, intrusion dans une zone militaire interdite.
Ce qui s’est réellement passé
Le 20 janvier 2026, lors de manifestations le long de la ligne frontière Nusaybin-Kamışlı, des manifestants du côté syrien ont abaissé le drapeau turc situé dans l’ancienne zone douanière.
Des images de Diyar Koç, manifestant du côté turc de la frontière, ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux, l’accusant à tort d’être l’auteur du geste.
Selon le procès-verbal officiel des forces de l’ordre, les violences qu’il a subies ont été enregistrées comme une simple « chute de la tour ». Le document indique que des jeunes auraient jeté des pierres sur la tour de garde, le faisant tomber.
Arrêté le 23 janvier, Diyar Koç a d’abord été détenu à Mardin, puis transféré à Diyarbakır. En raison de la gravité de ses blessures, il a été admis en soins intensifs à l’hôpital Gazi Yaşargil, avec un risque d’hémorragie cérébrale.