SYRIE / ROJAVA – Alors que l’attention internationale se porte ailleurs, les morts continuent de se faire sentir à Alep, au Rojava et au Kurdistan syrien. Une fois de plus, ce sont les enfants qui paient le prix fort.
Ce matin, une nouvelle tragique nous est parvenue du nord de la Syrie : quatre enfants de Kobané ont péri de froid, gelés dans une ville assiégée depuis des semaines. De très jeunes enfants, privés de toute protection, tandis que le monde reste silencieux.
L’information a été confirmée par Hevia Abdullah, coprésidente du Croissant-Rouge kurde, qui a dénoncé les conséquences directes du siège de Kobané. Selon le Croissant-Rouge, la ville continue d’être la cible d’attaques menées par l’ANS (armée nationale syrienne, milices armées alliées et soutenues par la Turquie), l’EI (organisation djihadiste responsable de crimes contre l’humanité) et d’autres forces paramilitaires soutenues par Ankara.
La situation humanitaire est catastrophique. Kobane manque de tout :
ni électricité,
ni eau potable,
ni pain, ni nourriture,
ni médicaments, ni matériel médical.
Toutes les routes reliant la ville au reste du monde sont coupées. L’eau et l’électricité sont coupées, tout comme l’aide humanitaire. À cela s’ajoutent les fortes chutes de neige et le froid glacial, qui aggravent des conditions de vie déjà extrêmement précaires.
Les enfants sont les premiers à en subir les conséquences.
Ils n’ont ni chauffage,
ni soins de santé,
ni possibilité de fuir.
Il faut le répéter clairement : parler du sort des Kurdes ne signifie pas ignorer les autres peuples. L’Iran, la Palestine et Gaza sont – à juste titre – au cœur du débat public depuis des mois, voire des années, et le resteront. Mais aujourd’hui, une autre tragédie est ignorée, se déroulant loin des projecteurs.
Des gens meurent aussi à Kobanê. Et trop souvent, personne n’en parle. C’est pourquoi il est urgent de briser le silence. Prendre la parole n’est pas une position idéologique :
c’est un acte d’humanité.
Par Nurgül Çokgezici