TURQUIE / KURDISTAN – Dans la province kurde de Şirnak (Şirnex), 36 chèvres sauvages auraient été tuées par des gardes villageois (des paramilitaires à la solde de l’armée turque). L’association environnementale locale dénonce une attaque ciblée contre la nature et exige des poursuites judiciaires.
Dans la province kurde de Şirnex (en turc : Şırnak), au nord du pays, des dizaines de chèvres sauvages ont été abattues par des gardes villageois armés. Selon l’Association écologique de Şirnex, ce massacre a eu lieu dans une zone rurale située entre les villages de Cilbiya et Biliga, dans le district de Silopi, et près du village de Sêgirkê (Şenoba), dans le district de Qilaban.
D’après les informations recueillies, 36 chèvres sauvages (en kurde : Pezkovî) ont été abattues à l’arme longue dans les monts Cûdî pendant la période de reproduction. De nombreux gardes villageois armés – des paramilitaires au service de l’État turc, qui se font désormais appeler « agents de sécurité » – auraient participé au massacre.
L’organisation environnementale parle d’un « massacre ciblé » et accuse les autorités de contribuer systématiquement à l’extermination de la faune sauvage par le biais de « politiques de destruction écologique ». « La nature et l’équilibre écologique sont détruits par des forces armées agissant avec le soutien de l’État », a déclaré l’organisation.
Chèvres de montagne (Pezkovî) tué à Şirnex © Ajansa Welat
L’abattage des chèvres est le dernier épisode d’une série d’attaques contre le fragile écosystème de la région. Ces tirs ont eu lieu pendant la saison des amours, aggravant encore l’impact sur la faune sauvage. « Une guerre contre la nature fait rage dans cette région depuis des décennies », a déclaré l’association.
L’organisation exhorte le gouvernement provincial turc, le ministère de la Culture et du Tourisme ainsi que le ministère de l’Agriculture et des Forêts à demander des comptes aux responsables et à prendre des mesures pour protéger la faune sauvage. Par ailleurs, l’association appelle les mouvements et militants écologistes du pays à ne pas ignorer cet acte. (ANF)