SYRIE / ROJAVA – Plusieurs Kurdes d’Afrin, de retour chez eux, ont confirmé que leurs maisons et leurs terres agricoles restent occupées par des factions armées affiliées à la Turquie. Beaucoup se voient contraints de payer des sommes exorbitantes pour récupérer leurs biens.
Un habitant revenu avec le huitième convoi de rapatriement a déclaré à l’agence de presse ANHA que les familles installées dans sa maison refusaient de la libérer. Selon lui, ces nouvelles occupantes lui ont réclamé 2 500 dollars américains en échange de la restitution de son logement. Il a déposé une plainte auprès des autorités compétentes, sans résultat à ce jour.
Le problème dépasse les habitations. De vastes étendues de terres agricoles appartenant aux originaires d’Afrin auraient également été saisies, leurs propriétaires étant sommés de verser de l’argent pour y accéder à nouveau.
Dans le district de Shiyeh (Sheikh al-Hadid)
La « 30e Brigade » et la « 25e Division », placées sous le commandement d’Abou Amsha, exercent un contrôle étroit sur la zone. Selon des sources locales, ces factions extorquent régulièrement de l’argent aux habitants. Elles ont par ailleurs transformé le bâtiment de la poste et trois maisons privées en quartiers généraux militaires et logistiques, interdisant l’accès aux civils.
Dans ce même district, 521 familles liées aux factions armées y résideraient, tandis qu’environ 5 000 familles occupent la ville d’Afrin, la plupart originaires du gouvernorat de Deir ez-Zor.
Rappel des faits
L’État turc et ses alliés ont pris le contrôle d’Afrin en 2018, provoquant le déplacement forcé d’une grande partie de la population kurde et un important changement démographique. Des familles issues d’Idlib, Deir ez-Zor, Azaz, Hama et Homs ont été installées dans les logements abandonnés.
Dans le cadre de l’accord du 9 janvier entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Gouvernement intérimaire syrien, les deux parties s’étaient engagées à garantir le retour sécurisé des déplacés vers leurs régions d’origine. Plusieurs groupes d’habitants d’Afrin ont ainsi pu regagner leurs foyers ces derniers mois.
Cependant, des milliers de maisons appartenant aux résidents originels restent occupées par des familles affiliées aux factions armées et n’ont toujours pas été évacuées.