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ROJAVA. Qamishlo et Kobanê debout contre les récentes attaques anti-kurdes

SYRIE / ROJAVA – Des milliers de personnes ont manifesté ces derniers jours dans les principales villes kurdes du nord-est de la Syrie, notamment à Qamishlo et Kobanê, pour dénoncer les récentes opérations de sécurité menées par les forces affiliées au gouvernement de transition syrien (et plus particulièrement HTS) dans les localités kurdes de Tal Aran (Tell Aran) et Tal Hasel (Tell Hasel), dans la campagne orientale d’Alep.

Contexte des attaques

Selon des sources locales et des organisations kurdes (PYD, Conseil Démocratique Syrien – CDS – et le mouvement des femmes kurdes Kongra Star), des forces de sécurité ont lancé une campagne de perquisitions et d’arrestations dans ces deux localités à majorité kurde fin juin/début juillet 2026.

Plus d’une dizaine de jeunes Kurdes ont été arrêtés de manière arbitraire.

Des témoignages font état d’agressions contre des femmes et d’usage excessif de la force lors des raids.

Les habitants dénoncent des accusations « fabriquées » et une opération visant à intimider la population kurde de la région.

Ces localités, situées au sud-est d’Alep, ont une histoire douloureuse : en juillet 2013, elles avaient déjà été le théâtre d’un massacre perpétré par des groupes djihadistes (notamment Jabhat al-Nusra et DAECH), causant la mort de dizaines de civils kurdes. Les Kurdes y voient aujourd’hui un nouveau cycle de harcèlement et de pressions démographiques.

Les manifestations à Qamishli et Kobané

À Qamishli, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le centre de la jeunesse et dans les principales places de la ville. Ils ont brandi des drapeaux kurdes, des portraits de martyrs et scandé des slogans tels que : « Non à la répression contre les Kurdes ! » « Unité kurde face à l’oppression » « Tal Aran et Tal Hasel ne seront pas oubliés »

À Kobané, les rassemblements ont eu lieu sur la place de la Femme libre (Qada Jina Azad). Les participants ont exprimé leur solidarité avec les habitants des deux villages et ont mis en garde contre toute tentative de répétition des massacres du passé. Des femmes, très présentes, ont souligné le rôle central de la résistance féminine dans la défense des droits kurdes.

Les manifestations ont été organisées par des partis et organisations de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), dont le PYD, le CDS et des mouvements de femmes. Elles ont été globalement pacifiques, mais chargées d’émotion et de colère face au silence international.

Réactions politiques

Le PYD, le CDS et Kongra Star ont publié des communiqués fermes condamnant ces opérations, les qualifiant d’« actes hostiles » et d’atteintes aux efforts de stabilisation en Syrie. Ils exigent :

  • La libération immédiate des détenus.

  • L’arrêt des campagnes d’arrestations arbitraires.

  • Un dialogue sérieux sur les droits des Kurdes dans la Syrie post-Assad.

Ces événements interviennent dans un climat de tensions persistantes entre l’Administration autonome kurde et le gouvernement de transition à Damas, malgré plusieurs tentatives de cessez-le-feu et de négociations.

Un symbole plus large

Pour de nombreux Kurdes de Syrie, les attaques à Tal Aran et Tal Hasel s’inscrivent dans un schéma plus large de marginalisation et de menaces contre les acquis de l’autonomie du Rojava. Les manifestations à Qamishli et Kobané ne sont pas seulement de solidarité locale : elles expriment une volonté de résistance unie et un appel à la communauté internationale pour protéger les minorités en Syrie.

La situation reste tendue. Toute nouvelle escalade pourrait raviver des affrontements plus larges dans le nord-est du pays.