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KURDISTAN. Un opposant kurde d’Iran assassiné à Erbil

IRAK / KURDISTAN – Le corps d’un combattant du groupe d’opposition kurde d’Iran, PAK, a été retrouvé à Erbil, poignardé et abattu d’ un pistolet, dans un contexte de menaces croissantes de la République islamique d’Iran contre les groupes kurdes basés dans la région du Kurdistan.

Adib Khaldyan, membre de la direction du Parti pour une Vie Libre au Kurdistan (PAK), a identifié la victime comme étant Soran Mohammadzadeh, un cadre appartenant aux comités secrets du parti en Iran. Il a refusé de fournir davantage de détails sur les circonstances de l’assassinat.

« Nous attendons les résultats de l’enquête des forces de sécurité pour déterminer comment cet incident s’est produit », a déclaré Khaldyan, tout en affirmant être « certain » que l’Iran est derrière ce meurtre. « Ils ont mené des opérations similaires par le passé », a-t-il ajouté.

Les services de renseignement iraniens, notamment les Gardiens de la révolution et le ministère du Renseignement, sont régulièrement accusés d’avoir perpétré plusieurs assassinats ciblés dans les provinces d’Erbil et de Souleimaniye.

Téhéran qualifie les groupes d’opposition kurdes de « séparatistes » et de « terroristes », ce qui lui sert de justification pour mener des opérations d’élimination ciblée, tant sur le sol kurde qu’à l’étranger, via des commandos, des drones ou des missiles.

Précédents à Erbil et Souleimaniye

Parmi les assassinats les plus marquants attribués à l’Iran dans la région figurent :

  • Siamand Shaboi (KDPI) en 2023 ;

  • Mousa Babakhani (KDPI) en 2021.

Selon l’organisation Hengaw, les deux hommes présentaient des traces de torture avant d’être abattus. Hengaw a également documenté l’assassinat de Behruz Rahimi (PJAK) en 2022 à Souleimaniye, tué par balles dans sa voiture.

Assassinats en Europe

L’Iran est également accusé d’avoir éliminé des dirigeants kurdes de haut rang en Europe. Les cas les plus emblématiques restent :

  • L’assassinat d’Abdul Rahman Ghassemlou, dirigeant du KDPI, à Vienne en 1989 ;

  • Celui de son successeur, Sadegh Sharafkani, à Berlin en 1992.

À la suite de ce dernier assassinat, un tribunal fédéral allemand a conclu que ces meurtres avaient été directement ordonnés par les plus hautes autorités iraniennes, provoquant une grave crise diplomatique et le rappel temporaire des ambassadeurs européens à Téhéran.