IRAN – Le régime iranien a exécuté Mojtaba Kian, un civil arrêté durant les quarante jours de guerre qui ont opposé l’Iran, Israël et les États-Unis, signale l’ONG kurde Hengaw.
Les autorités iraniennes ont procédé à l’exécution secrète de Mojtaba Kian, un détenu politico-sécuritaire arrêté durant les quarante jours de guerre qui ont opposé l’Iran, Israël et les États-Unis. Cette exécution, réalisée à la prison de Ghezel Hesar à Karaj, constitue la première confirmée impliquant un prisonnier lié à ce conflit.
Selon l’ONG kurde de défense des droits humains Hengaw, Mojtaba Kian a été pendu à l’aube du dimanche 24 mai 2026, après seulement trois mois de détention. Les autorités ont mené l’opération dans le plus grand secret, sans prévenir sa famille ni lui accorder une dernière visite.
L’agence de presse Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, a confirmé l’exécution. Kian était accusé d’« espionnage, de collaboration avec un État hostile et de transmission d’informations sur des centres industriels de défense à l’ennemi sioniste-américain en temps de guerre ».
D’après le récit des autorités judiciaires de la province d’Alborz et des services de sécurité, il aurait transmis, via des réseaux de communication, des coordonnées et des renseignements sensibles sur des sites de production de l’industrie de défense iranienne. Les médias d’État ont diffusé ce qu’ils présentaient comme ses aveux, affirmant qu’il avait fourni des informations de ciblage à des responsables israéliens.
Hengaw rappelle que le recours aux aveux forcés est une pratique systématique et bien documentée de l’appareil répressif iranien, souvent utilisée pour justifier les exécutions politiques et orienter l’opinion publique. Selon des sources proches du dossier, l’arrestation, l’interrogatoire et le procès de Mojtaba Kian se sont déroulés dans une opacité totale et avec une rapidité exceptionnelle.
Durant sa détention, le prisonnier a été privé de tout procès équitable et n’a pas pu bénéficier d’un avocat de son choix. Sa famille n’a été ni informée de la sentence ni autorisée à lui rendre une dernière visite avant l’exécution.
Hengaw exprime sa « profonde inquiétude » face à ce qu’elle considère comme le début d’une nouvelle vague d’exécutions visant les personnes arrêtées pendant le récent conflit. L’organisation qualifie l’exécution secrète de Mojtaba Kian d’« exemple flagrant de meurtre d’État et de représailles politiques » perpétrés sous couvert de motifs sécuritaires.
Elle dénonce par ailleurs le fonctionnement des tribunaux révolutionnaires iraniens, qui prononcent et exécutent des peines de mort dans un contexte militarisé, sans respecter les normes internationales les plus élémentaires. Hengaw juge ces pratiques comme une violation grave du droit à la vie et appelle la communauté internationale à réagir fermement pour mettre un terme à ce qu’elle qualifie de « machine de terreur » iranienne.