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Kobanê : Les Kurdes dénoncent la marginalisation et l’arabisation rampante imposées par Damas

SYRIE / ROJAVA – Les habitants du canton de Kobanê ont fermement condamné les récentes décisions administratives du gouvernement intérimaire syrien, prises sans aucune consultation de la population locale. Ils dénoncent particulièrement l’exclusion de la langue kurde et le changement des noms de lieux en arabe.

Mercredi, des dizaines d’habitants, d’étudiants et de professeurs de l’Université de Kobanê se sont rassemblés sur la place de La Femme Libre (Qada Jina Azad) pour lire une déclaration publique. Ils ont exprimé leur « profonde consternation » face à la mise en œuvre de l’accord du 29 janvier entre les Forces démocratiques syriennes et Damas, qu’ils jugent en totale contradiction avec l’esprit de partenariat promis.

Extraits de la déclaration :

« Ce que nous observons sur le terrain ne reflète ni un partenariat ni une intégration, mais plutôt l’imposition d’un fait accompli qui ignore la volonté de la population et ses droits légitimes. »

Les manifestants ont particulièrement dénoncé :

  • Le remplacement des noms kurdes par des noms arabes (Jalabiya, Serin, Sheikhlar, et le retour à « Ayn al-Arab » au lieu de Kobanê).

  • La marginalisation de la langue kurde dans l’espace public, notamment l’affichage du seul nom arabe du district de Jalabiya dans une région majoritairement kurde.

« Le nom Kobanê n’est pas une simple désignation géographique, mais une partie intégrante de notre identité culturelle et un symbole de notre résistance et de nos sacrifices. Toute tentative d’effacer ce nom constitue une attaque directe contre notre existence. »

Les habitants ont également exprimé une profonde colère concernant le maintien en détention de centaines de prisonniers de la région, près de quatre mois après l’accord, sans aucune mesure concrète de libération.

« Chaque jour, des mères attendent. Cette situation est une plaie ouverte dans le cœur de chaque foyer de Kobanê. Tant que nos fils resteront derrière les barreaux, il est vain de parler de construire une nouvelle Syrie. »

La déclaration rappelle que le respect des droits culturels, linguistiques et identitaires est un pilier de toute société pluraliste et démocratique, et constitue un droit inaliénable, non négociable.

Les habitants de Kobanê ont appelé le gouvernement intérimaire à revoir immédiatement ces mesures, à respecter l’esprit de l’accord et à associer réellement la population kurde aux décisions concernant son avenir. Ils ont également lancé un appel à la communauté internationale et à l’opinion publique syrienne pour qu’elles soutiennent leurs droits légitimes.