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IRAN. Craintes d’exécution imminente de trois prisonniers politiques

IRAN / ROJHILAT – Le transfert soudain et séparé de trois prisonniers politiques condamnés à mort de la prison centrale d’Urmia vers des lieux inconnus a fait craindre que leurs exécutions soient imminentes, signale l’ONG kurde Hengaw.

Selon l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme, les trois hommes — Naser Bakrzadeh, Yaghoub Karimpour et Mehrab Abdollahzadeh — ont été extraits de la prison dans la matinée et en début d’après-midi du 30 avril, sous des prétextes différents.

Naser Bakrzadeh a été convoqué au bureau d’exécution des peines avant d’être transféré vers un lieu tenu secret.

Yaghoub Karimpour a été sorti de prison sous le prétexte d’un transfert vers le bureau de médecine légale.

Mehrab Abdollahzadeh, qui était maintenu à l’isolement depuis deux jours, a lui aussi été emmené vers une destination inconnue.

Hengaw exprime une « vive inquiétude » face à ces transferts effectués dans des véhicules banalisés et met en garde contre un risque élevé d’exécution imminente. L’organisation rappelle que les trois hommes ont été condamnés à mort à l’issue de procédures judiciaires opaques, marquées par des actes de torture et de graves violations du droit à un procès équitable.

Condamnations pour « espionnage au profit d’Israël » ou « rébellion »

Naser Bakrzadeh, 26 ans, Kurde originaire d’Urmia, a été condamné à mort par la 2e chambre du Tribunal révolutionnaire pour « espionnage au profit d’Israël ». Sa peine a été confirmée pour la troisième fois par la 39e chambre de la Cour suprême dans une procédure accélérée de seulement 10 jours. La sentence lui a été officiellement notifiée le 25 avril 2026. Il a subi de violentes tortures au centre de détention d’al-Mahdi afin d’obtenir des aveux forcés et a récemment été battu à l’intérieur de la prison.

Yaghoub Karimpour, diplômé en droit public et originaire de Miandoab, adepte de la religion Yarsan, a été condamné à mort par la 1re chambre du Tribunal révolutionnaire d’Urmia pour « corruption sur terre par espionnage au profit d’Israël ». Arrêté pendant les douze jours de la guerre israélo-iranienne, il a été torturé pendant sa détention. Sa femme, Saboura Lotfi, a également été arrêtée pour faire pression sur lui. Sa condamnation à mort a été confirmée le mois dernier par la 9e chambre de la Cour suprême.

Mehrab Abdollahzadeh, 27 ans, Kurde originaire d’Urmia et militant du mouvement « Femme, Vie, Liberté », a été condamné à mort pour « rébellion (baghi) » par la 1re chambre du Tribunal révolutionnaire. Sa récente demande de réexamen judiciaire a été rejetée par la 39e chambre de la Cour suprême. Peu avant son transfert, il avait été placé à l’isolement après une altercation avec des responsables de la prison.