SYRIE / ROJAVA – Arrêtée avec ses deux jeunes enfants, Wisal Hanan, une mère kurde d’Afrin, reste emprisonnée depuis six ans alors que ces enfants viennent d’être libérés après des années de tortures subies dans les prisons syriennes gérées par la Turquie.

Arrêtée arbitrairement le 23 juin 2019 à Azaz alors qu’elle voyageait avec ses enfants Mohammad (9 ans à l’époque) et Diana (7 ans), Wisal Hanan, âgée aujourd’hui de 39 ans et originaire du village de Kamrouk (sous-district de Mabatli, canton d’Afrin), est toujours détenue dans la prison d’al-Rai.
Ses deux enfants ont passé cinq années entières (de 2019 à fin 2025) enfermés avec leur mère dans des conditions carcérales indignes, loin de toute norme humanitaire minimale. Ils ont grandi entourés de membres de groupes armés soutenus par la Turquie dans la zone occupée d’Afrin.
À la fin de l’année 2025, Mohammad et Diana ont enfin été remis à leur grand-père. Cependant, en raison de l’absence de documents officiels de mariage de leur mère, de la détention prolongée de Wisal et de l’absence de leur père, les enfants ne sont pas enregistrés légalement. Ils se trouvent ainsi privés d’accès à l’éducation, aux soins de santé et à toute protection juridique.
Depuis l’occupation d’Afrin par l’armée turque et les factions djihadistes alliées en 2018, des centaines de femmes et de filles kurdes ont été enlevées, violées, forcées au mariage, assassinées ou détenues arbitrairement. Les minorités (Kurdes, Alaouites, Druzes…) vivent dans un climat permanent d’insécurité dans les zones contrôlées par les groupes affiliés au Gouvernement intérimaire syrien.
Des voix s’élèvent aujourd’hui pour exiger :
La libération immédiate de Wisal Hanan ;
La protection effective de ses deux enfants ;
La traduction en justice des responsables de son arrestation arbitraire et de ses conditions de détention.
Wisal Hanan mérite la liberté. Ses enfants méritent de retrouver une enfance normale et une vie digne, loin des prisons et de la violence.