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IRAK. Ouverture de trois fosses communes à Mossoul

IRAK / KURDISTAN – On annonce le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans la province de Mossoul et qui contiennent notamment les restes des soldats kurdes (Peshmergas), des civils yézidis exécutés par le groupe terroriste État islamique (Daech/ISIS ou EI) en août 2014.

Le gouverneur de Mossoul (Nineveh), Abdulqadir Dakhil, a annoncé le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans les districts d’Hermat et de Misharifa, à Mossoul.

Le gouverneur de Mossoul (Nineveh), Abdulqadir Dakhil, a annoncé le début des travaux d’exhumation de trois fosses communes situées dans les districts d’Hermat et de Misharifa, à Mossoul.

Dans un communiqué de presse, il a précisé que ces charniers contiennent les dépouilles de soldats kurdes (peshmergas), de Kurdes yézidis et d’habitants de Mossoul exécutés par les terroristes du groupe État islamique (Daech/EI) il y a une dizaine d’années, lors de la prise de contrôle de la région par le groupe terroriste.

La présence de victimes issues de différentes origines ethniques et religieuses dans ces fosses communes « témoigne de l’ampleur des crimes contre l’humanité commis par Daech », a souligné le gouverneur. L’administration locale apporte son plein soutien aux équipes d’exhumation, et des tests ADN seront réalisés par la Direction des fosses communes afin d’identifier les restes.

Une cérémonie funéraire et d’inhumation sera organisée à Mossoul pour les dépouilles exhumées.

Contexte : le génocide des Yézidis par Daech (2014)

Cet événement s’inscrit dans le prolongement des atrocités commises par Daech entre 2014 et 2017, et en particulier du génocide perpétré contre la communauté yézidie dans la région de Sinjar (Shengal), reconnu comme tel par l’ONU, plusieurs pays (dont la France, l’Allemagne et le Canada) et de nombreuses organisations internationales.

Le 3 août 2014, après le retrait des forces peshmergas, les combattants de l’État islamique ont lancé une offensive fulgurante contre les Yézidis, une minorité ethnoreligieuse kurdophone considérée comme « infidèle » par les djihadistes. En quelques jours :

  • Plusieurs milliers d’hommes et de femmes âgées ont été massacrés et jetés dans des dizaines de fosses communes (plus de 80 ont été identifiées à ce jour dans la seule région de Sinjar).

  • Plus de 6 400 femmes et enfants ont été enlevés. Les femmes et les fillettes (dès l’âge de 9 ans) ont été réduites en esclavage sexuel systématique, vendues sur des marchés aux esclaves, violées et torturées. Des milliers d’entre elles ont été transférées en Syrie ou en Irak.

  • Les jeunes garçons ont été enrôlés de force, convertis et entraînés comme enfants-soldats.

  • Près de 500 000 Yézidis (la quasi-totalité de la communauté en Irak) ont été déplacés, dont des dizaines de milliers piégés sur le mont Sinjar sans eau ni nourriture, menacés de mort par la soif et les combattants de Daech.

Selon les estimations de l’ONU, environ 5 000 Yézidis ont été tués durant l’été 2014. Plus de 2 800 femmes et enfants restent encore portés disparus à ce jour. Ces crimes — massacres, esclavage sexuel, conversion forcée et destruction de sites culturels et religieux — ont été qualifiés de génocide en raison de l’intention claire d’anéantir la communauté yézidie en tant que telle.

Les fosses communes découvertes à Mossoul, qui mêlent victimes kurdes (peshmergas et yézidies) et arabes de Mossoul, illustrent la barbarie indiscriminée de Daech, qui n’a épargné aucune population refusant sa domination.