IRAK / KURDISTAN – L’Union patriotique du Kurdistan (UPK) aurait cédé le gouvernorat de Kirkouk au Front turkmène pour obtenir la présidence irakienne. L’accord très critiqué par le PDK, qui parle d’un grave échec pour les intérêts kurdes.
L’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a accepté de céder le gouvernorat de Kirkouk à des factions turkmènes et arabes sunnites dans le cadre d’un accord politique négocié à Bagdad. En échange, elle a obtenu le soutien législatif nécessaire à l’élection de Nizar Amedi à la présidence de la République d’Irak.
Selon des sources bien informées, cet accord multipartite, impliquant Bafel Talabani, Mohammed al-Halbousi, Qais al-Khazali et Rayan al-Kildani, prévoit une rotation du poste de gouverneur : les Turkmènes l’occuperont pendant sept mois à compter de juin, avant qu’il ne passe aux Arabes sunnites jusqu’aux prochaines élections provinciales.
En contrepartie, l’UPK a réclamé plusieurs postes compensatoires, dont le vice-gouvernorat, le commandement de la police de Kirkouk et les mairies des districts de Dibis et Daquq.
Cet arrangement, perçu comme un rapprochement avec Ankara, a provoqué une vive colère au sein des factions kurdes, y compris au sein même de l’UPK. Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) y voit un échec stratégique majeur et un dangereux précédent qui fragilise l’unité kurde à Bagdad.
Ali Hussein, membre du bureau politique du PDK, a fermement critiqué l’initiative : « Notre problème n’est ni avec Nizar Amedi ni avec l’UPK en tant que parti. Il s’agit d’un principe politique fondamental depuis 2003 : chaque composante désigne elle-même son représentant par consensus. Les Kurdes doivent présenter un front uni pour la présidence. »
Il a rappelé que Kirkouk est le « cœur du Kurdistan » et que le PDK n’a jamais cédé ce poste, même face au régime baasiste. Selon lui, la division kurde à Bagdad affaiblit la position du Kurdistan, facilite les agressions extérieures et compromet l’application de l’article 140 de la Constitution.
L’activiste kurde, Scharo Bajalan vient de réagir à cette décision qualifiée d’« honteuse » :
« Décision honteuse. Le front turkmène organise ouvertement des rassemblements qui appellent au déplacement des Kurdes à Kirkouk – des rassemblements qui revendiquent Kirkouk comme une ville turque tout en rejetant catégoriquement toute revendication kurde sur la ville. Par le passé, nous avons également vu des attaques régulières du front turkmène contre les résidents kurdes.