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ROJAVA. Quatre Kurdes arrêtés à Serekaniye livrés à la Turquie

SYRIE / ROJAVA — Quatre civils kurdes ont été arrêtés par des gangs armés soutenus par la Turquie à Serekaniye, puis remis aux services de renseignement turcs avant d’être transférés en Turquie. Leur sort reste inconnu, suscitant de vives inquiétudes.

Selon une famille kurde déplacée, les arrestations ont eu lieu alors que son fils, Juma Ahmed al-Azzo, originaire du village d’al-Manajir (au sud de Serekaniye), rendait visite à la région avec trois autres personnes : Mahmoud Hobo et son fils Walat, résidents de Tel Tamr, ainsi qu’Ahmed Qassem al-Awad, habitant de la région de Serekaniye.

L’arrestation s’est produite près du village d’al-Aliya. La « police militaire » des factions soutenues par Ankara aurait ensuite remis les quatre hommes aux services de renseignement turcs (MIT), qui les ont rapidement transférés en territoire turc.

Aucune information officielle n’a été communiquée sur leur localisation, leur état de santé ou les motifs de leur détention. La famille craint des actes de torture, des mauvais traitements ou une disparition forcée.

Violation du droit international

Le transfert forcé de civils syriens vers la Turquie sans procédure judiciaire régulière constitue une violation grave du droit international. Il contrevient notamment aux Conventions de Genève, qui interdisent le transfert de populations depuis des territoires occupés, ainsi qu’aux principes fondamentaux des droits humains interdisant la détention arbitraire et les disparitions forcées.

Contexte préoccupant

Ces arrestations interviennent alors que certains habitants déplacés tentent de retourner individuellement à Serekaniye (Ras al-Aïn). Beaucoup découvrent que leurs maisons et villages ont été pillés ou détruits par des groupes armés soutenus par la Turquie.

Les populations locales espèrent pouvoir regagner leurs foyers en toute sécurité, sans risque d’arrestation arbitraire ni d’extorsion, conformément à l’accord du 29 janvier dernier censé garantir la protection des civils et leur droit au retour. (ANHA)