TURQUIE. L’État turc protège les violeurs des femmes et des enfants kurdes

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TURQUIE / BAKÛR – Le Kurdistan du Nord est de nouveau secoué par une affaire de viols et proxénétisme impliquant des membres des forces armées turques dans la localité kurde de Gercus. Les autorités turques ont interdit aux médias de divulguer l’affaire et criminalisent les journalistes qui ont apporté à la connaissance du public ce nouveau crime visant les enfants et les femmes kurdes.
 
Il y a quelques jours, les médias kurdes ont appris l’existence de ce réseau de proxénétisme impliquant des membres des forces armées turques dans la localité kurde de Gercus quand une fille de 15 ans a avorté (pour la 3e fois) et dénoncé ce réseau de proxénétisme. Au moins une des femmes prostituées aurait également avorté il y a 3 mois. 
 
L’organisation kurde, le Mouvement des femmes libres (TJA) et le Conseil des femmes du HDP ont fait part de leur inquiétude face à la pédophilie et proxénétisme à Gercüş/Batman et ont déclaré que l’État turc protégeait les auteurs de viol (surtout dans les régions kurdes où le viol est devenu une arme de guerre contre le peuple kurde). 
 
Le Mouvement des femmes libres (TJA) et le Conseil des femmes du Parti démocratique des peuples (HDP) ont organisé un communiqué de presse à Mardin, concernant le viol d’une adolescente de 15 ans dans la localité de Gercüş devant une foule de femmes réunies devant le siège d’HDP à Mardin. Les femmes portaient des banderole et des pancartes dénonçant les viols et appelant les femmes à se défendre contre les viols. La responsable provinciale d’HDP, Münevver Ölker, s’est exprimée au nom des femmes.
 
Ölker a déclaré que la coalition AKP-MHP dirigeant la Turquie avaient adopté une attitude politique face au viol et aux abus sexuels, déclarant: « Le sergent spécialiste qui a violé İpek Er [une jeune de 18 qui s’est suicidée après être violée par le sergent turc] et causé sa mort a été récompensé en toute impunité par un état d’esprit abject. La même politique a été suivie dans le cas d’un officier de police des opérations spéciales BK. La sanction pour harcèlement et viol est éliminée dans le contexte juridique dans les provinces kurdes. »
 
Se référant aux développements qui ont suivi l’affaire de viol dans lequel 27 personnes sont impliquées dans le district de Gerçüş, Ölker a déclaré: « L’enquête concernant ceux qui ont commis un viol pendant 8 mois n’entraîne pas de condamnation pénale (…). Cela signifie être complice du crime. Nous disons non à la violence masculine de l’État, à la maltraitance des enfants, au harcèlement et au viol. »
 

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