Les œuvres de Zehra Dogan exposées en Turquie où elle risque la prison

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TURQUIE – ISTANBUL – Les œuvres de l’artiste kurde Zehra Doğan, créées en prison entre 2016 et 2019, sont exposées pour la première fois en Turquie alors que Dogan ne peut y retourner sans risquer de se trouver de nouveau en prison.
 
Zehra Doğan a été emprisonnée par le régime turc pour terrorisme et a acquis une renommée internationale après avoir quitté la prison et organisé une exposition à la Tate Modern de Londres.
 
Les œuvres de Zehra Doğan, emprisonnée à plusieurs reprises depuis 2016 pour terrorisme, sont exposées pour la première fois en Turquie.

3 des œuvres de Zehra Doğan exposées à Istanbul
 
Poursuivie pour avoir prétendument appartenu au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour ses œuvres axées sur les couvre-feux de 2016 dans plusieurs régions kurdes, Doğan a été emprisonnée deux fois.
 
Après avoir été libérée en février 2019, Dogan s’est fait connaître dans le milieu artistique mondial après son exposition à la Tate Modern de Londres en mai 2019, intitulée «Ê Li Dû Man», «ce qui reste» en kurde.
 
Organisée par M. Wenda Koyuncu et Seval Dakman, l’exposition de Doğan à Istanbul «Nehatîye Dîtın» («Pas vu» en kurde) comprend ses œuvres qu’elle a créées pendant ses deux séjours en prison entre 2016 et 2019.
(…) DUVAR
 
Qui est Zehra Dogan ?
 

Exilée en Europe peu de temps après sa libération de la prison, Zehra Dogan fut diplômée de l’Université de Dicle en tant que professeur d’art. Elle a débuté sa carrière de journaliste-artiste à partir de 2012 depuis la fondation de JİNHA [site d’information kurde exclusivement féminin] jusqu’à sa fermeture forcée en 2016, où elle a travaillé comme journaliste et éditrice.

 
Elle a rendu couvert la province et des districts de Mardin depuis le 24 juillet 2015, date à laquelle l’Etat turc a imposé des couvre-feux.
 
Elle a été arrêtée le 23 juillet 2016 à Nusaybin, d’où elle faisait son reportage, et a ensuite été incarcérée pour « appartenance à une organisation terroriste » et « propagande terroriste ». Doğan a été libérée le 9 décembre 2016 par un tribunal de Mardin, mais elle a été condamnée à 33 mois de prison lors de l’audience finale du 22 mars, pour avoir partagé ses peintures sur les réseaux sociaux et pour avoir rapporté les notes d’une fillette de 10 ans, Elif Akboğa.
 
Après la confirmation de sa peine par la cour d’appel locale, Doğan a été emprisonnée le 12 juin 2017 et placée dans la prison de Diyarbakır puis transférée dans la lointaine prison de Tarsus après avoir remporté le prix IWMF du courage.
 
À l’époque où Doğan résidait dans la prison de Diyarbakır, l’administration de la prison ne lui fournissait pas l’équipement nécessaire. Doğan produisit alors un colorant à partir de racines de plantes et de sang de menstruation.
 

La célèbre artiste Banksy a protesté contre la condamnation de Zehra Doğan par une projection d’une fresque en mars 2018 à Manhattan montrant Dogan derrière les barreaux avec la légende « Elle est condamnée à 2 ans et 9 mois et 22 jours pour avoir peint ce tableau ».

En mai, Tate Modern, musé d’art moderne à Londres, a accueilli une exposition de Zehra Dogan.

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