L’Iran a exécuté deux autres prisonniers politiques kurdes

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IRAN / ROJHILAT – En 2018, les Kurdes représentaient 28 % des personnes exécutées en Iran, alors qu’ils ne constituent qu’environ 10 % de la population. L’année 2020 risque d’être pire.

L’Iran a exécuté le 14 juillet les prisonniers politiques kurdes Diako Rasoulzadeh et Saber Cheikh Abdollah, accusés de « guerre contre Dieu », à la prison d’Oroumieh. Les deux hommes avaient été arrêtés en 2013 et après une année sous la torture dans les services du renseignement de la ville de Mahabad, ils avaient été condamnés à mort.
 
Le Kurdistan Human Rights Network (KHRN) a confirmé mardi que Saber Sheikh Abdullah et Diako Rasoulzadeh avaient été exécutés plus tôt dans la matinée.
 
Reconnus coupables en 2017 de « moharebeh » ou de guerre contre Dieu, Abdullah et Rasoulzadeh ont été accusés d’appartenance au parti Komala, un groupe d’opposition armé kurde, et d’orchestration d’un attentat à la bombe en 2010 à Mahabad. Les avocats ont fait valoir que les accusations étaient fondées sur des aveux contraints obtenus par la torture.
 
Les deux prisonniers ont été arrêtés par les forces de sécurité à leur domicile de Mahabad en mars 2014, puis transférés au centre de détention du renseignement à Urmia.
 
Ils ont été condamnés à mort avec Hossein Osmani, un autre prisonnier politique, en octobre 2017 par la première branche du tribunal révolutionnaire d’Ourmia. Leurs verdicts ont par la suite été approuvés par la Cour suprême pour exécution fin octobre 2017.
 
Des dizaines de milliers de prisonniers politiques sont emprisonnés en Iran pour diverses accusations, dont la défense de la démocratie et la promotion des droits des femmes ou des travailleurs.
 
Selon un rapport de juillet 2019 du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran, des groupes ethniques minoritaires, notamment des Kurdes et des Azéris, sont détenus de manière disproportionnée et plus sévèrement condamnés pour actes de dissidence politique .
 
À la fin du mois dernier, Amnesty International a appelé Les autorités iraniennes doivent révéler les détails entourant l’exécution secrète du prisonnier iranien kurde Hedayat Abdollahpour et rendre son corps à sa famille, quelques jours après que des proches ont reçu son certificat de décès officiel.
 
Depuis la réimposition des sanctions américaines et l’intensification des tensions, les autorités iraniennes ont commencé à resserrer l’étau sur les militants syndicaux, les journalistes, les satiristes, les écologistes, les militants anti-peine de mort et les chercheurs, qui ont été détenus en masse, dont certains condamné lors de parodies de procès.
 

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